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Ventes pas chersTamagotchi Parti on Wii: J'ai vu sur la FNAC qu'il avait couté 7,06 euro,mais je le vend à 7 euro!
Je vendrai bientôt des bottes!!!
Samedi 01 Janvier 2011Poster un commentaire
Saison 1Episode 1: C'est une autre journée ordinaire pour la jeune londonienne Rose Tyler, employée au grand magasin Hendricks. Cependant les choses vont bientôt changer…
Pendant ce temps, Mickey Smith, le petit ami de Rose, qui l'avait conduite chez Clive, se fait attaquer par une poubelle vivante avant d'être avalé par cette dernière. Mickey est dès lors remplacé par un "clone" aux cheveux et au comportement très étranges. Grâce aux indications du Docteur, Rose déduit qu'il s'agit de "l'œil de Londres". (Une immense grande roue près de la gare de l'Eurostar, pour ceux qui sont allés à Londres ces derniers temps…). Le Docteur a son propre recours : une fiole de ce qu'il appelle l'anti-plastique, mais il veut d'abord tenter de raisonner la Conscience Nestene.
Tags associés : Doctor, who-saison
Mercredi 10 Novembre 2010Poster un commentaire
!!!!! Dangers pour la Terre !!!!!Méteorites:
Mercredi 03 Novembre 2010Poster un commentaire
Mythologie:Découverte
Présentation Dans la mythologie grecque, les dieux du panthéon polythéiste sont anthropomorphes et sont avant tout la personnification de forces qui gouvernent l’univers. Bien que certains d’entre eux semblent avoir un certain sens de la justice, ils peuvent se montrer mesquins et rancuniers comme Héra par exemple. La faveur des dieux est gagnée par des sacrifices et la piété, mais ceci ne garantit rien ; en effet, ils sont réputés pour leurs fréquents changements d’humeur ; leurs colères sont terribles et leurs amours peuvent être tout aussi dangereuses. Le monde de la mythologie grecque est complexe : monstres, guerres, intrigues et dieux inquisiteurs y sont nombreux, il y a aussi plusieurs héros tel que Bellérophon ou Héraclès et les généalogies s’entrecroisent. Cette complexité étant probablement due à la multiplicité des influences : babyloniennes, minoennes, achéennes, autochtones… À partir de ces influences diverses se sont forgés une multitude de récits que l’on pourrait qualifier de « nationaux », propres à une cité (le cycle thébain pour Thèbes, le cycle héracliéen pour Sparte). Toute l’activité des auteurs mythologiques grecs, depuis les aèdes jusqu’au pseudo-Apollonios, consistant à synthétiser cette multiplicité.
À l’époque « historique », une attitude vis à vis des récits mythologiques pourrait avoir été une interprétation littérale et non-critique des textes (tout au moins certains personnages publics étaient condamnés pour impiété). Cette approche est parfois comparée à la façon dont, par exemple, certains chrétiens créationnistes d’aujourd’hui interprètent littéralement la Bible comme un récit historique. Il semble que les Grecs se considéraient eux-mêmes descendants de héros mythiques, tendance qui se serait accrue avec l’évhémérisme. Le théâtre grec, avec Eschyle, Sophocle et Euripide, montre la façon dont les hommes conçoivent l’action des dieux dans leur monde. Dans l’œuvre d’Eschyle, le concept d’ananké préside ce qui peut être conçu comme un équivalent du destin dont serait absent le concept de déterminisme. En plus de son utilisation constante dans les arts et les sciences humaines comme la psychanalyse et son complexe d’Œdipe, la mythologie grecque fournit des récits très riches sur lesquels sont basés la plupart des problématiques et des thèmes de la littérature occidentale, que l’on peut encore apprécier aujourd’hui. Les personnages de la Mytholigie Au début il y avait le Chaos, qui engendra »la première génération » dont Ouranos qui lui sera le père de Cronos le Titan. Il régna à la place d’Ouranos, et épousa sa sœur Rhéa avec qui il eut comme enfants : Première génération des dieux olympiens
À l’âge adulte, Zeus libéra ses frères et sœurs du haut de l’Olympe, et engagea avec eux une lutte contre Cronos et les Titans, la guerre des Titans qui dura dix ans jusqu’à la victoire finale des Olympiens, aidés par les Cyclopes et les Hécatonchires. Zeus emprisonna les Titans dans le Tartare. Deuxième génération des dieux olympiens
De l’union de Zeus et sa première épouse Métis (une Océanide, déesse de l’ingéniosité) naquit :
De l’union de Zeus et Thémis (l’une des Titanides, déesse de la justice) naquirent :
De l’union de Zeus et Leto (Fille des Titans Coéos et Phébé) naquirent :
De l’union de Zeus et Mnémosyne (une Titanide, la déesse de la mémoire) naquirent :
Les Demi-dieux, enfants de Zeus et de mortelles
Ils régnèrent tous les deux sur Thèbes. Ce sont eux qui firent construire les remparts de la ville. Zeus se transforma en satyre pour séduire Antiope.
Elle eut quatre enfants les Dioscures renfermés dans deux œufs. De l’un sortirent Pollux et Hélène et de l’autre Castor et Clytemnestre qui eux étaient les enfants du roi de Sparte Tyndare.
Zeus se transforma en pluie d’or pour la séduire.
Zeus se changea en taureau blanc pour l’enlever.
Tout au moins chez Hésiode, le terme de héros désigne une race différente de celle des mortels et des dieux. Par la suite, on a nommé ainsi les demi-dieux ou les mortels honorés après leur mort, dont le destin est extraordinaire (par la naissance, le courage, les qualités). Ainsi, Tantale, Œdipe ou Cécrops sont des héros, au même titre qu’Héraclès, Achille ou Persée. Leur comportement les mène souvent à l’hybris et leur mort est la plupart du temps violente. Les héros sont souvent des fondateurs : Thésée est celui du synœcisme d’Athènes, Orphée des rites orphiques, Pélops donne son nom au Péloponnèse. Par extension, tout personnage ayant connu un destin digne d’être raconté est nommé héros, comme les chefs militaires de l’Iliade ou les héros éponymes d’Athènes, même si leur origine divine est lointaine. Les demis-dieux sont très souvent les fils de Zeus (comme Héraclès, appelé Hercule dans la mythologie Romaine) avec les mortelles, qu’il approcha sous des formes variées, comme pour la mère de Persée (voir ci contre avec la tête de Méduse), Danaé, il se transforma en une pluie d’or pour entrer à l’intérieur de la tour où la jeune femme était emprisonnée (un piège pour Iphigénie).
Les premiers Dieux ...
Les origines du monde ont toujours intéressé les hommes. De nos jours, on cherche une explication scientifique, mais il reste encore beaucoup de mystères ... C'est là-dessus que se basent à peu près toutes les religions, en donnant une explication, que certaines personnes peuvent croire. Dans l'antiquité, tout ce qui restait mystérieux dans la nature était expliqué par une légende. Et donc, pour commencer, les origines du monde sont à la base de la mythologie Grecque. Mais là, on se confronte à plusieurs histoires, qui souvent se recoupent mais aussi souvent se contredisent. Il y a la mythologie selon Ovide, celle selon Homère ... Je vais donc parler plutôt du mythe Olympien, qui reste le plus connu.
La cosmogonie La cosmogonie est l' explication de la création du monde. Tout à l'origine, régnait un effrayant mélange de terre, de boue, d'eau, parcouru de tourbillons de vents et dévasté d'explosions et de tornades de feu, ruisselant de lave en fusion, se repliant sans cesse sur lui-même. C'était le Chaos. Soit dit en passant, étant de formation scientifique, je ne peux pas m'en empêcher, on retrouve ici la notion mathématique de chaos, avec ses fractals ... En effet, un objet chaotique au sens mathématique du terme est souvent un objet de forme feuilletée. On prend une forme simple à la base, on la plie, on l'étire, on la replie ... comme une pâte feuilletée, et on obtient un fractal de dimension non entière ! Mais j'arrête là ma parenthèse, je m'égare ... Du Chaos naquit spontanément la Terre-Mère, qui sera la Mère-de-Toute-Chose. On dit que c'est de là aussi que viennent la Nyx (la nuit,mère du sommeil, de la mort et du Destin (les Moires, les Hespérides et Charron)), l' Héméra (le jour), l' Héter (l' air), ainsi que le Tartare (sorte de puits infiniment profond). C'est donc du chaos qu'est venue la vie, mais avec comme premier intermédiaire Gaïa, la Terre-Mère.
Gaïa mit au monde Ouranos, le Ciel, pour l'épouser et avoir des descendants. Gaïa et Ouranos, la Terre et le Ciel, étaient alors inséparables, il n'y avait aucun espace entre eux. De leur union naquirent douze titans, des deux sexes, qui étaient tous d' une immense beauté et d'une taille gigantesque. Ces Titans se sont ensuite mariés entre eux, puisque qu'il y avait 6 titans et 6 titanes, et ont donné naissance à diverses divinités. Mais Ouranos traitait mal Gaïa, et avait peur de se faire détrôner par un de ses enfants. Il les avait donc enfermés dans le Tartare, mais Gaïa aida l'un d'entre eux, Cronos, à prendre le contrôle des Titans et à se révolter. Ouranos fut castré, Gaïa fut fécondée par son sang et donna naissance à des monstres : les Alcades et Typhon. L'un d'entre eux, Atlas, sera plus tard chargé de soutenir la voûte du ciel au dessus de la Terre, pour empêcher Gaïa et Ouranos de se rejoindre. Gaïa regrettait d'avoir aidé son fils à combattre Ouranos, mais Cronos prit le pouvoir, et enferma de nouveau ses frères et soeurs les Titans, ainsi que les Géants, dans le profond Tartare ...
Cronos régna donc sur les Dieux ... Mais lui aussi avait peur que l'un de ses enfants ne le détrône et choisit de tous les dévorer dès leur naissance. Rhéa, sa femme, une Titane elle aussi, finit par se révolter et lui présenta à la place de son sixième enfant une pierre entourée de langes. Cronos, sans se méfier, engloutit la pierre.
C'est ainsi que Zeus fut sauvé de la cruauté de son père et caché sur une île, pour y être nourri par la chèvre Amalthée et éduqué par une nymphe. On raconte que des paysans étaient chargés de chanter et de faire beaucoup de bruit pour cacher les cris du nourrisson, et que son berceau était niché dans un arbre pour que son père ne puisse le trouver ni sur la Terre, ni dans le Ciel ... Dès que Zeus eut atteint l'âge adulte, il se révolta contre son père et fit boire une potion à Cronos, qui délivra ses cinq frères et soeurs. Puis, après avoir libéré les Hécatonchires et les Cyclopes, Zeus et ses frères et soeurs déclarèrent la guerre à Cronos, qui s'allia avec les Titans après les avoir sortis du Tartare.
Chaque clan établit son campement. Les Titans choisirent le mont Orthrys, tandis que Zeus et ses alliés s'installèrent sur le mont Olympe. Les Cyclopes avaient donné à Zeus la Foudre, à Poséidon le Trident et à Hadès le bonnet qui rendait invisible.
Chacun ayant choisi son clan, et sachant que les enfants des Titans pouvaient librement le choisir, tous les Dieux prirent part au combat. Mais les Olympiens s'assurèrent rapidement de la victoire, et Cronos et les Titans furent renvoyés dans le Tartare. C'est ainsi que Zeus succéda à une génération de dieux plus anciens ; il est plus sage, plus juste, et représente les forces naturelles. C'est pour garder ce nouvel ordre des choses que par exemple Atlas fut condamné à tenir éternellement la voûte du ciel sur ses épaules ... D'autres furent mieux servis par la gratitude de Zeus, par exemple Epiméthée et Prométhée. Mais Gaïa éprouve de la haine envers Zeus : celui-ci a humilié et combattu ses enfants. Elle décide alors de le châtier, avec ses alliés.
Pour se venger de Zeus, Gaïa enfante d'autres monstres : les Géants. Ces êtres, aux cheveux de serpent et à la queue de dragon, pouvaient livrer combat dès leur naissance. C'est pourquoi ce combat prit le nom de Gigantomachie. Le combat aurait pu durer éternellement si Zeus n'avait pas fait appel à Heraclès (Hercule). En effet, seul l'affront simultané d'un Dieu et d'un Humain pouvait tuer les Géants. Héraclès fit donc mourir tous les Géants, les uns après les autres ...
Mais le monde sur lequel il régnait était vide. C'est pourquoi il demanda à Epiméthée et à Prométhée, fils du titan Japet, de peupler le monde. Epiméthée voulut s'en charger entièrement, créa les animaux, et leur confia toutes les grâces : beauté, petitesse et ruse, ou grandeur et stupidité ... Il créa aussi les hommes, à partir d'une statuette d'argile façonnée à l'image des Dieux à laquelle il insuffla la vie. Mais il les laissa ainsi, et ils n'avaient aucun avantage sur les animaux. Prométhée était déçu. Pour réparer la faute de son frère, il déroba chez les Dieux des grâces supplémentaires, comme la logique chez Athéna, le feu dans l'atelier d'Héphaistos, pour les offrir aux hommes, qui devinrent supérieurs aux animaux. Mais Zeus fut furieux en apprenant les actions de Prométhée : le feu était un cadeau destiné exclusivement aux Dieux. Il le châtia durement, en l'enchaînant au sommet du mont Caucase. Chaque jour, un aigle venait dévorer le foie du malheureux, qui repoussait à chaque fois. (Dans une légende suivante, Héraclès le délivrera de son supplice ...) La création de Pandore et des femmes Héphaistos forgea un jour un être magnifique, qui ressemblait aux hommes : la femme. Zeus la trouva si belle qui décida de lui donner la vie. C'est ainsi que Pandore, première femme, vint à la vie. Athéna la couvrit de merveilleux habits, et Héra lui insuffla la curiosité. Epiméthée épousa ensuite Pandore, et ils descendirent sur Terre, où leur descendance donna les premières femmes.
Cependant, Zeus avait offert un petit coffret recouvert d'or à Pandore, et lui confia la clé. Il lui dit que pour rester heureuse, jamais elle ne devrait ouvrir le coffret. Mais au bout d'un certain temps, la curiosité que Héra lui avait donnée poussa Pandore à ouvrir le coffret. Celui-ci contenait tous les maux : la méchanceté, la haine, la peur, la jalousie, les maladies s'enfuirent pour courir le monde. Effrayée, Pandore referma le coffret sur la seule chose positive, restée au fond du coffret, qu'il contenait : l'espoir. Le déluge La race humaine était devenue décadente, à tel point que Zeus décida de provoquer un déluge. Il choisit Deucalion et Pyrrha, les seuls humains justes, pour construire un bateau qui accueillera les animaux. Le déluge dura 9 jours et 9 nuits. Quand Deucalion et Pyrrha retournèrent sur la terre ferme, ils se cachèrent le visage, et jetèrent derrière eux des cailloux. Les cailloux lancés par Deucalion se transformèrent en hommes, et ceux lancés par Pyrrha se transformèrent en femmes. Le premier homme se nommait Hellèn, d'où la civilisation des Hellènes.
Mon histoire s'arrête là, mais le règne de Zeus ne fait que commencer, et la mythologie remplie d'anecdotes à propos de l'époque qui va suivre ! Et pour finir, un arbre généalogique des Dieux ...
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a4/Arbre_g%C3%A9n%C3%A9alogique_des_dieux_et_h%C3%A9ros_grecs.jpg Tags associés : Mythologie, decouverte
Samedi 03 Juillet 2010Poster un commentaire
Chapitre 1 : Le bal de promo
Elle était incroyablement belle dans sa robe bleue hyacinthe, laissant apparaître ses belles épaules et entrevoir un très joli décolleté. Cette couleur était parfaite car elle faisait ressortir la couleur ivoire de sa peau fine. Alice avait vraiment du s’amuser à habiller Bella, enfin elle avait pu lui faire porter autre chose qu’un jean et des baskets, à mon plus grand plaisir … J’en arrivais même à oublier ce vilain plâtre, vestige d’une période que je préférai oublier. Plus que trois semaines et elle serait enfin libérée et pourrait redevenir un peu plus indépendante et redécouvrir la joie de conduire sa vieille Chevrolet que l’on ne supportait plus, Alice et moi tellement nous craignons qu’à chaque accélération, elle ne rende son dernier souffle. Enfin, ce soir, j’emmenais Bella au bal dans ma Vanquish, ma voiture pour les occasions spéciales comme j’aimais à le dire. J’avais envie que cette soirée soit parfaite pour Bella, qu’elle ait un souvenir de ce bal de promo comme l’un des plus beaux qu’elle ait connu mais avec elle, rien n’était simple. Je ne comprenais d’ailleurs pas pourquoi elle m’en voulait, elle avait l’air décidée à bouder pour l’instant. Je pensais que ce rituel du bal de promo était une étape importante dans sa vie alors j’étais bien décidé à lui redonner le sourire et je savais même comment m’y prendre … Un regard séducteur eut raison de sa fureur passagère et de mauvaise grâce, elle accepta de se laisser guider. Je voulais la faire danser même si elle détestait cela. Etre près d’elle et sentir sa peau tiède et son odeur tout contre moi, tout ce qui me rendait fou … Je mis mes bras autour de sa taille, la souleva telle une plume pour la poser délicatement sur mes pieds et nous envoler ainsi tel un tourbillon, nos deux corps étroitement enlacés. Malgré ces magnifiques moments, elle avait décidé de n’en faire qu’à sa tête et avait décidé de me pousser dans mes derniers retranchements … non je ne voulais pas qu’elle devienne un monstre !! Non elle devait vivre et profiter de la vie, celle qui l’attendait telle l’humaine qu’elle était et devait rester. Se marier, avoir des enfants et même vieillir c’était ainsi que la vie était faite pour elle mais y avait-il vraiment une place pour moi. Je lui avais promis de rester près d’elle tant que cela la rendrait heureuse et tant que cela serait bon pour elle. Mais étais-je réellement bon pour elle si je ne pouvais pas lui faire vivre tout cela ? Seul mon égoïsme exigeait que je reste près d’elle à espérer qu’elle serait toujours heureuse avec moi comme elle pensait l’être en ce moment mais je savais bien au fond de moi que notre situation ne pouvait pas durer indéfiniment. Alors elle insista pour reparler de son envie de devenir un vampire, elle était tellement persuadée qu’elle voulait vivre éternellement avec moi et ma position était bien évidemment toute autre… - Tu ne crois quand même pas que je cèderais si facilement, me moquais-je - On a le droit de rêver, soupira-t- elle - Cest donc vraiment ce à quoi tu rêves ? Devenir un monstre ? - Pas tout à fait, répliqua-t-elle, mon rêve c’est surtout d’être avec toi pour l’éternité. Pourquoi était-elle triste d’être humaine ? J’adorerai l’idée qu’elle puisse vivre auprès de moi pour toujours mais je n’en avais pas le droit … je ne voulais pas qu’elle meure ! - Bella, je resterai toujours auprès de toi, n’est-ce pas suffisant ? Demandais-je en lui caressant doucement le contour de ses lèvres douces et tièdes … et elle me sourit. Allais-je gagner si facilement ? - Ca l’est que pour l’instant ! me répondit-elle en me caressant le visage à son tour pour calmer le soupir qui émanait du plus profond du moi. Aucun de nous deux ne voulait céder - Ecoute, je t’aime plus que tout au monde. N’est-ce pas suffisant ? - Si, ça l’est, admis-je, pour l’éternité. Sur ces dernières paroles qui m’avaient radoucit, je déposais mes lèvres glacées sur son cou à la peau fine et translucide. Cette soirée fut tout de même magnifique, Bella me le concéda d’ailleurs, lorsque je la ramenai chez elle. Et cela m’emplit de joie à l’idée que cela pourrait la faire un peu changer d’avis sur son envie démesurée de devenir immortelle. Je rentrais ensuite chez moi pour lui laisser un peu d’intimité avant de se coucher et du temps pour raconter sa soirée à Charlie avant que je ne revienne lui tenir compagnie. Oui, j’avais le cœur léger au volant de ma vanquish, dépassant allègrement les limitations de vitesse car j’étais heureux mais pour combien de temps encore … Alice m’attendait, assise sur les marches de notre maison, l’air soucieuse et elle semblait pressée de me parler. - Edward, je crois que nous avons un problème ! - Alice, qu’est-ce qui se passe ? Demandais-je inquiet - J’ai eu deux visions, bon ça, ce n’est pas nouveau par contre ce qu’il l’est un peu plus c’est que l’une représentait quelque chose qui s’est produit et l’autre des images de ton futur apparemment … Cela ne m’était jamais arrivé alors j’angoisse un peu et me demande si je dois les prendre au sérieux ?? - Ne t’inquiète pas Alice, tu sais très bien que tes visions ne sont pas une science exacte même si elles peuvent être très précieuses nous ne pouvons pas nous permettre de nous focaliser dessus en permanence … - Oui je sais, mais je n’aime pas quand elles sont aussi floues et qu’elles concernent ton futur dit-elle d’une voix boudeuse - Alors commence par la vision qui s’est déjà produite ! - Et bien, j’ai vu Victoria … - Victoria … je ne pensais pas entendre parler d’elle si vite ! Dis-je inquiet - Oui, elle était au bal ce soir et elle vous observait Bella et toi - Elle nous observait mais pourquoi ? Pourquoi n’est-elle pas intervenue ? Pourquoi ne m’as-tu rien dit pendant le bal ? Elle aurait pu attaquer Bella !! Rageant après l’inconscience de ma sœur - Pour commencer calme toi, j’ai préféré ne rien te dire tout de suite, j’ai vu que tu étais heureux avec Bella ce soir et des soirées comme cela vous n’en aviez jamais eu, vous étiez si beaux, je n’ai pas eu le courage de vous déranger … et puis si Bella avait entendu parler de Victoria, elle aurait détesté les bals pour de bon ! dit-elle pour essayer de me faire sourire et dédramatiser la situation - Ouais, je t’excuse, c’est gentil de ta part ! Mais tu en penses quoi ? Dis-je en me radoucissant - Je pense qu’elle n’a rien tenté car elle n’était pas là pour ça du moins pas maintenant ! - Comment ça ? - Elle est venue nous prévenir en quelque sorte … que la mort de James ne restera pas impunie !! Elle veut entretenir notre peur et en sachant ce que Laurent nous a dit à son sujet, on ne peut que le penser, elle est redoutable et on ne doit pas la sous-estimer. - Donc tu penses qu’elle savait que tu la verrais et que cela été suffisant pour le moment !! Demandais-je comme pour valider son raisonnement - Oui, elle savait que seule face à nous, elle ne peut rien … je crois qu’il est trop tôt pour elle !! - Aie ! Cela ne me plait pas du tout, cela me confirme que je n’apporte que des ennuis à Bella et que cela ne se terminera jamais bien … Dis-je tristement - Non, Edward, ne dis pas ça, tu sais très bien que tu es tout pour elle alors ne recommence pas à douter de tout ! - Ouais … il me semble que tu as aussi parlé d’une deuxième vision…dis-je en m’essayant à côté d’elle sur les marches - Je ne préfère pas trop t’en parler pour le moment car je ne sais pas si elle a un lien avec Victoria ou autre chose et si je te le dis, j’ai bien peur que tu ne t’inquiètes une fois encore … - Alice, s’il te plait, tu ne m’as jamais rien caché et tu sais très bien que je peux lire tes pensées alors fais moi gagner du temps car je ne suis plus trop d’humeur à attendre. Elle se tourna vers moi et me regarda dans les yeux, m’implorant de lire ses pensées sans doute était-ce trop dur pour elle de me la raconter ou trop confus … quoiqu’il en soit cela ne présageait rien de bon. La vision qu’elle me délivra fut terrifiante … elle me touchait directement au cœur comme si on me l’avait arraché. J’étais dans un brouillard noir, tout était flou autour de moi, je ne voyais plus les visages des gens et leurs voix n’étaient que des bourdonnements. Comme si j’étais seul au monde … non cela ne pouvait pas être possible, je n’étais plus seul !! Mais où était Bella ? Et si c’était à cause de Bella que j’étais dans cet état … non cela ne pouvait pas être vrai !! Puis tout au contraire la vision me projeta une lumière intense … trop intense pour nous les vampires, nous ne devions pas nous exposer au soleil avec le risque d’être démasqué, cela nous était interdit car nous brillons comme des diamants en pleine lumière !! Là aussi il y avait des visages tout aussi flous mais ils parlaient fort semblaient heureux … ils étaient nombreux, très nombreux vêtus de rouge. J’étais seul une fois encore avec cette fois une envie d’en finir, je voulais … mourir !! Ce fut sur cette dernière image que la vision s’arrêta et tant mieux car je n’étais pas capable d’en voir plus. Plein de questions vinrent me bousculer car cette vision m’avait vraiment déstabilisé, jamais Alice ne m’avait vu mourir … Pourquoi voudrais-je mourir ? Qu’est-ce qui pouvait m’avoir autant ébranlé ? Avais-je tué Bella ? M’avait-elle demandé de partir ? Ne m’aimait-elle plus ? Là, j’étais perdu, inquiet mais que devais-je faire ? Alice comprit mon désarroi et tenta de me rassurer en prenant mes mains dans les siennes. - Edward, je savais que cette vision allait te déstabiliser et c’est pourquoi je ne voulais pas te la raconter. Tu as insisté pour la voir et maintenant je sens que tu doutes et tu risques de tout remettre en question. Moi non plus, je ne comprends pas ce qu’elle signifie mais elle semble si vraie … elle me touche et m’angoisse aussi du fait que c’est bien la première vision que j’ai de toi , voulant mourir. Elle pourrait être vraie, et si c’était le cas, je n’ose pas penser à ce qui a pu arriver pour que tu sois dans cet état. Dit-elle, la voie tremblotante - Oui, je me sens mal, je n’avais jamais imaginé que je puisse vouloir en finir mais après la douleur que j’ai ressenti pendant ta vision, je ne peux pas imaginer qu’elle ne puisse pas se dérouler… dis-je en me prenant le tête entre mes mains - Que fait-on ? Tu veux que l’on en parle à Carlisle ? - Carlisle ne pourra rien y faire pour le moment, je crois que cette vision est bien plus profonde et je préfère attendre qu’elle se complète avec le temps. Je ne veux alarmer personne tant que nous n’avons pas plus d’éléments. Cette vision me concerne alors j’ai le droit de décider comme je l’entends. Je te demande de garder cela pour toi encore un peu s’il te plait ? - … D'accord…, je comprends ton trouble mais saches que si la vision devient plus précise ou qu’elle se répète, je serai dans l’obligation d'en parler à Carlisle. Je ne veux prendre aucun risque. En attendant je ferai de mon mieux pour que Jasper ne devine rien de mon inquiétude. - Merci Alice !! Dis-je en lui déposant un léger baiser sur le front Elle me sourit puis rentra, me laissant seul, débité et des mauvaises pensées plein la tête. J’avais besoin de réconfort, de me sentir bien … j’avais besoin d’elle, je devais aller retrouver Bella. Je fus très rapidement à sa fenêtre, elle dormait déjà et j’en étais soulagé car j’aurai eu de grandes difficultés à lui cacher mon malaise. Elle l’aurait remarqué comme toujours, avec sa pertinence habituelle, que mes yeux n’étaient plus Onyx mais noirs … non pas à cause de ma soif mais par toutes les terreurs intérieures que j’éprouvais. Je me couchais près d’elle et déjà son enivrante odeur me rassura, les battements de son cœur réguliers m’apaisèrent. J’embrassai ses cheveux …et elle se tourna vers moi, tout en dormant pour se blottir sur mon torse en murmurant mon prénom. Comme je l’aimais … Elle dormait profondément maintenant, elle rêvait comme à son habitude mais cette fois elle ne parlait pas, elle avait juste un sourire radieux sur les lèvres. Oui, je crois que notre soirée lui avait bien plus plu qu’elle n’avait osé le montrer et j’en étais heureux. Quelle chance elle avait de pouvoir rêver … j’adorerai rêver d’elle … malheureusement pour moi, les vampires ne dormaient pas. Dans mes rêves, j’aurai pu me laisser aller avec elle au lieu de me contenir à chaque instant pour ne pas lui faire de mal. Je pourrai enfin lui rendre ses baisers avec toute l’ardeur qu’elle me témoignait, m’obligeant d’ailleurs trop souvent à lui demander d’être sage et de stopper notre étreinte. Oh que oui, j’aimerai rêver d’elle !! Mais j’avais déjà la chance de pouvoir l’admirer toutes les nuits depuis trois mois et je devais m’en contenter car je savais trop bien que si je me laissais aller à mes pulsions d’homme, elle pourrait mourir et c’était hors de question. Saurait-elle se contenter de cela, d’un amour inconditionnel mais platonique … et dangereux pour sa vie. Elle pense que oui, pour le moment car elle dit m’aimer mais cela sera-t-il toujours suffisant ??
Chapitre 2 : l’anniversaire
L’été s’écoula placidement, pas de nouvelles prévisions d’Alice confortant cette fameuse vision de ma mort à venir. Pas de traces de Victoria non plus. Sur ce point, j’avais décidé d’en parler à Carlisle et on avait décidé de ne rien faire mais de surveiller toute disparation ou phénomène étrange dans la région. Par contre, je redoublai de vigilance et de précaution pour la surveillance de Bella. Nous n’avions presque pas été séparés pendant ces trois derniers mois juste le temps que j’aille chasser et c’était Alice qui prenait aussi discrètement que possible la relève. Ce fut ainsi d’ailleurs que leur amitié se renforça, elles étaient vraiment complices et je comprenais mieux maintenant lorsque ma soeur me disait qu’elles allaient devenir de grandes amies, avant que je ne connaisse vraiment Bella. Je pouvais maintenant aisément rester auprès d’elle sans avoir peur de la tuer … je savais résister à son odeur, à son corps (bien que cela soit de plus en plus difficile) mais pas à son sang, du moins le goût de son sang dans ma bouche restait tout de même un souvenir indescriptible … mon plus horrible souvenir à dire vrai ! Lorsque j’avais voulu la sauver et aspirer le poison de James de son sang, j’avais senti que je ne pouvais plus m’arrêter de boire tellement il était délicieux, c’était véritablement ma drogue. Mais cela m’avait prouvé aussi l’amour que j’avais pour elle et c’était grâce à lui que j’avais trouvé la force d’arrêter pour ne pas la tuer. Seul Carlisle en avait été capable avant moi. Je savais que j’avais réussi quelque chose d’incroyable pour un vampire mais saurai-je recommencer si je devais à nouveau être confronté à une telle situation. J’en doutais encore … Mon amour pour Bella était inexplicable, j’avais un amour irrévocable et inconditionnel pour elle mais tenacement marié à une peur panique de la voir mourir par ma faute ou de lui faire du mal. Mon égoïsme l’emportait sur tout le reste c’est pourquoi comme je lui avais promis à l’hôpital de Phoenix, je resterai près d’elle, tant que cela la rendrait heureuse et surtout que cela serait bon pour elle mais jusqu’à quand ? Arriva le jour tant redouté par Bella, son dix-huitième anniversaire, ce jour qu’elle maudissait. Je le savais car faute de pouvoir le deviner, on en avait beaucoup parlé cet été car elle ne supportait pas de vieillir et encore moins d’avoir dix-huit ans alors que moi j’en avais seulement et éternellement dix-sept. Encore une de ses réactions que je n’arrivai pas à comprendre, pourquoi n’aimait-elle pas cette journée, normalement les gens aiment être l’attraction d’un jour et recevoir des cadeaux. Mais bien évidemment pas Bella car elle n’était pas comme tout le monde. J’avais donc éviter soigneusement de lui souhaiter à l’inverse de ma sœur qui c’était précipité pour lui souhaiter et en plus devant tout le lycée. Elle avait même dévoilé à l’avance les cadeaux que ses parents Charlie et Renée allaient lui offrir. Je ne pouvais pas lui en vouloir, elle était très excitée par la petite fête qu’elle organisait pour Bella car des fêtes d’anniversaires chez les vampires cela n’existait pas. Elle était tellement enjouée qu’elle ne laissa aucune chance à Bella de s’esquiver. De mon côté, pour lui faire plaisir tout de même, j’avais concédé un énième visionnage de Roméo et Juliette. Je savais qu’elle l’avait vu plusieurs fois et que ce visionnage n’était qu’un prétexte pour retarder son arrivée à la fête. J’acceptais donc de voir s’exterminer les Montaigu et les Capulets. Je m’asseyais à côté d’elle dans le canapé après avoir pris soin de l’envelopper dans le plaid qui le décorait. Je ne voulais pas qu’elle prenne froid à mon contact trop prolongé. Cela me permettait aussi de ne pas sentir sa chaleur irradier tout mon corps et de contrôler toutes les sensations que cela me procurait. Je voulais tout de même lui montrer que je visionnai ce film pour lui faire plaisir et le lui fit remarquer - Roméo m’a toujours tapé sur les nerfs ! - Que lui reproches-tu ? Me demanda-t-elle un peu offensée semblait-il mais pourquoi ? Sans doute aimait-elle Roméo ? - Et bien pour commencer il est fou amoureux de Rosaline, ce qui ne l’empêche pas de s’enticher très vite de Juliette. Il accumule les erreurs ce type. Il aurait voulu détruire son bonheur tout seul qu’il ne s’y serait pas pris autrement. - Tu préfères que je le regarde seule ? Me demanda-t elle en laisser échapper un léger soupir - Non, de toute façon, c’est toi qui m’intéresse, pas le film dis-je en promenant mes doigts sur son bras en espérant lui déclencher quelques frissons tels que ceux que je venais de ressentir quelques secondes auparavant. Tu vas pleurer ? - Si je suis attentive, sûrement …Admit-elle - Alors je ne te distrairai pas ! Mais je ne pouvais pas tenir parole, j’avais trop envie de la toucher, de sentir son odeur en lui effleurant les cheveux avec mes lèvres. Alors pour ne pas trop la distraire tout de même, je décidai au contraire de la captiver en lui murmurant les vers de Roméo à son oreille … ce qui eut le mérite de la faire fondre en larmes lorsque Juliette découvrit Roméo mort à ses pieds. Ne souhaitant pas la voir pleurer plus longtemps, je me senti obligé de parler. - J'avoue que je l’envie un peu, ce Roméo … soupirais-je en lui séchant délicatement ses larmes avec une mèche de ses cheveux - Juliette est très jolie … Dit elle comme si cela devait être une évidence pour moi, comme si cette Juliette pouvait être plus belle qu’elle ! - Pas à cause d’elle, dis-je dégouté pour lui faire comprendre que je trouvais sa remarque ridicule, à cause de la simplicité de son suicide. Vous avez vraiment de la chance, vous les humains ! Il vous suffit de boire un petit mélange d’extrait de plantes et hop … - pardon ? Oups, j’avais du dire quelque chose qu’il ne fallait pas, c’était vraiment rageant de ne pas savoir ce qu’elle pensait, à cause de cela je répondais trop souvent le contraire de ce qu’il fallait… Moi qui avait pris l’habitude de lire les pensées, cette situation inconnue me désarçonnait surtout avec les réactions parfois illogiques de Bella. Il fallait donc que je lui explique ma remarque et voir si elle allait me comprendre … - Bah, c’est juste qu’il m’a fallu considérer cette solution. - Mais qu’est-ce que tu racontes ? Me demanda-t-elle en me toisant du regard Oui je devais vraiment m’expliquer et lui dire ce que je ressentais. - C’était au printemps dernier, quand tu as failli être tuée … Je devais m’interrompre pour respirer profondément et me calmer car un flot de mauvaises pensées et de tristes souvenirs venaient de m’envahir à l’évocation de cette période. Le verbe tuer était toujours trop dur à dire quand il s’agissait de Bella. - Bien sûr, ma priorité était de te retrouver vivante, pour autant, j’avais envisagé d’autres éventualités. Et je te l’ai dit, ce n’est pas aussi aisé pour moi que pour un humain. - Dautres éventualités ? Répéta-t-elle comme pour me faire comprendre qu’elle n’avait pas saisi ce que je voulais lui avouer. - Enfin, voyons ! M’exclamais-je surpris par sa naïveté, il était évident que je ne comptais pas vivre sans toi ! Mon seul problème était la façon dont j’allais m’y prendre. Alors j’ai songé à me rendre chez les Volturi, en Italie pour les provoquer. Je sentais qu’elle commençait à s’énerver … - C'est qui ces Volturi ? - une famille, dis-je vaguement, un clan très ancien et très puissant. Ce qui pour nous ressemble à une famille Royale. Carlisle a brièvement vécu avec eux. Tu te rappelles ? - oui. Je lui avais parlé du passé de Carlisle, lors de sa première visite chez nous. Je n’étais pas sûr qu’elle ait tout retenu mais sa réponse à l’instant me prouva encore que je la sous-estimais. - Bref, repris-je, on n’irrite pas les Volturi, sauf à souhaiter mourir … ou a subir le sort qui nous est réservé, à nous autres vampires. Là, j’avais du lui faire très peur, car elle semblait effrayée, vraiment effrayée, comme j’aurai aimé lire ses pensées à cet instant pour savoir ce qu’elle pensait. Elle prit mon visage entre ses mains et me le serra très fort. Aussi fort qu’elle le pouvait en fait mais c’était certainement pour me faire sentir qu’elle n’appréciait pas et je regrettais aussitôt d’en avoir trop dit une fois encore. - Je t’interdis d’avoir pareilles idées à l’avenir ! Quoiqu’il puisse arriver, je t’interdis de te détruire !! - Je n’ai pas l’intention de t’exposer à de nouveaux dangers donc le sujet est clos. Comme je le craignais j’en avais trop dit … et la pensée de ces nouveaux dangers fit resurgir la vision d’Alice sur Victoria et mon inquiétude s’amplifia. Mais Bella ne voulait pas clore le sujet, elle avait l’air attristé par mes paroles et ne voulait pas croire que je pourrais mourir pour elle. Mais si je le pouvais. Oui mourir comme j’étais prêt à le faire dans la dernière vision d’Alice … serait-ce cela la raison ? Bella allait mourir et je voudrais en finir ? Non je devais m’ôter cette idée de l’esprit tout de suite cela ne pouvait, non, cela n’arriverai pas. - Si c’était à toi qu’il arrivait quelque chose ? Voudrais-tu que je me suicide ? Elle était effectivement triste et je la comprenais, je ne voudrai pas qu’elle meure car elle avait une vie à vivre alors que moi, je n’aurai plus rien à faire sur cette terre si elle disparaissait de ma vie. Je n’avais même jamais pensé qu’elle puisse se suicider et pour quelles raisons le ferait-elle ? - Je comprends ton point de vue … un peu. Mais que ferais-je sans toi ? - Ce que tu faisais avant que je ne débarque dans ta vie et te complique les choses. - Ainsi formulé, ça parait tellement simple … Dis-je en soupirant mais c’était totalement impossible - Ca l’est ! Je ne suis pas très intéressante, tu sais. Décidément, Bella ne voyait pas l’intérêt que je lui portais, tout chez elle m’intéressait, elle était devenue le centre de mon univers. Le même univers qui était vide de sens durant les quatre-vingt dix années de ma vie passée avant elle. Je devais protester mais à quoi bon, elle ne me croirait pas alors il fallait mieux en finir avec cette conservation. - Ce sujet est clos aussi !! Et justement j’entendis Charlie qui approchait. Je m’écartai donc doucement de Bella pour adopter une position un peu plus formelle. Cela me fit sourire et Bella compris aussitôt que son père arrivait et au même moment on pouvait entendre les pneus de sa voiture de patrouille rouler sur les graviers de l’allée. Bella prit ma main et la serra fermement … comme pour me dire qu’elle ne comptait pas s’éloigner. Même si je savais que son père ne n’appréciait pas beaucoup, il pouvait au moins supporter que sa fille me donne la main en sa présence. Charlie semblait d’excellente humeur et avait même acheté une pizza pour épargner à sa fille de préparer le repas comme elle le faisait tous les soirs. Il voulait lui épargner tout travail domestique le jour de son anniversaire et Bella l’en remercia. C’est à cet instant que je décidai d’en profiter pour demander la permission de lui enlever Bella pour sa fête d’anniversaire. Je me doutais bien qu’il lèverait la punition qu’il nous infligeait depuis notre retour de Phoenix. Mais Bella aurait aimé qu’il nous en empêche … tant qu’il lui éviter la fête de ce soir. Pas de problème, m’avait-il répondu trop soulagé de n’être pas invité et pouvoir regarder le match tranquillement. Il lança à Bella l’appareil photo que Renée et lui, lui avait offert afin d’immortaliser la soirée et pouvoir ranger ces photos dans l’album qu’il lui avait acheté pour l’occasion. Mais il avait oublié que Bella n’avait pas toujours une très bonne coordination de ses mouvements … et l’appareil photo ne dut son salut qu’à mon promptitude à le rattraper. Cela me valut la gratitude de Bella et les félicitations de Charlie. Bella prit mon visage comme premier cliché et dans la foulée Charlie nous lança un amusez-vous bien les enfants qui n’avait d’autre signification qu’une envie d’être enfin seul. Je n’avais pas besoin de lire ses pensées pour deviner que le match allait débuter. Je me retrouvais au volant de son antique Chevrolet pour l’emmener à la fête. La vitesse réduite qu’elle m’imposait, m’irritait au plus au point et je tentais plus d’une fois d’accélérer avant de me raviser à cause des reproches de Bella. - Doucement, m’avertit-elle - Tu sais ce qui te plairait vraiment ? Un joli coupé Audi, puissant, et silencieux. En fait, cela me plairait surtout car je savais que Bella détestait la vitesse et se moquait bien d’avoir une vieille voiture. - Ma voiture me convient parfaitement. Et à propos de dépenses inutiles, si tu tiens à la vie, tu as intérêt à ne rien m’avoir acheté pour mon anniversaire. - Je n’ai pas déboursé un sou ! Jurais-je C’était la vérité, j’avais confectionné son cadeau moi-même et j’avais hâte de savoir si elle l’aimerait. - Bien - Tu me rendrais service ? - Ca dépend … me répondit-elle soucieuse - Bella, soupirais-je, en prenant un air sérieux, le dernier vrai anniversaire que nous avons célébré a été celui d’Emmett en 1935. Alors, je t’en prie, laisse nous un peu de mou et fais un effort. La famille est super enthousiaste. Alice était excitée par l’événement mais Carlisle et Esmé avait beaucoup contribué à ce que la fête soit réussie même Emmett avait voulu participer à son cadeau. Je voulais qu’elle mette un peu plus d’entrain et profiter de notre soirée car ils le méritaient. Je l’avais volontairement un peu sermonnée car je savais que je pouvais ainsi la désarçonner et espérer un peu d’aide de sa part. - Je vais essayer, me promit-elle - Ilfaut aussi que je te prévienne - Oui ? - Tout le monde est à la maison - Pardon ? Emmett et Rosalie sont rentrés d’Afrique ? S’étonna-t-elle
- Emmett souhaitait être présent. Il appréciait sincèrement Bella, il représentait en quelque sorte le grand frère qu’elle n’avait pas. - Et Rosalie ? - Ne t’inquiète pas, elle saura se tenir. Je savais ce que pensait Bella de l’attitude de Rosalie à son égard, elle avait ressenti les réticences que cette dernière avait envers elle depuis que nous sortions ensemble. Toute ma famille aimait Bella sauf Rosalie qui disait que notre relation n’avait pas de sens. Elle en voulait à Bella de m’avoir captivé et de ce fait de passer moins de temps avec ma famille. Elle voulait que tout redevienne comme avant que Bella n’apparaisse dans notre vie … mais cela n’était pas possible. Par contre Rosalie avait raison sur un point, je restais un danger pour Bella et potentiellement ma famille aussi, certes le parfum de son sang ne leur faisait pas le même effet qu’à moi mais elle restait une tentation importante et tant qu’elle serait humaine elle serait en danger. Ce n’était pas le moment de repenser à tout cela, c’était le soir de Bella alors je décidais de nous divertir un petit peu en changeant de sujet. - Si je n’ai pas le droit de t’offrir l’Audi, n’y-a-t-il pas un cadeau que tu accepterais ? - Est-il nécessaire que je te répète ce que j’attends de toi ? Répondit-elle à voix basse Ma tentative avait avortée, décidément elle avait l’art de me contrarier, moi qui voulait l’épargner en évitant de repenser à Rosalie, c’était elle qui voulait me reparler du seul et unique sujet que je ne souhaitais plus évoquer. Je fronçais les sourcils en espérant qu’elle comprenne que ce n’était pas le moment pour parler de tout ça. - Pas ce soir, s’il te plait, Bella - Tant pis, Alice sera peut-être d’accord, elle !! Cette fois sans était trop ! Pourquoi me faisait-elle du chantage ? Et en plus elle y mêlait Alice ? Je lâchais un grondement sourd et menaçant en guise de protestation. - Ne rêve pas ! Ceci ne sera pas ton dernier anniversaire ! - C'est injuste ! Je serrai les mâchoires tellement fort que je n’en fis grincer les dents. Elle était vraiment impossible et têtue par moment. Enfin, nous arrivions à la maison, Bella semblait apprécier les efforts qu’avait fait Alice pour décorer les abords et l’intérieur de notre demeure avec de gigantesques guirlandes lumineuses et des lanternes japonaises. Elle poussa un léger gémissement que j’identifiais toutefois comme une angoisse car effectivement Alice en avait peut être un peu trop fait en allant jusqu’à mettre de grandes vasques de Rose de chaque côté de la porte d’entrée. Je soufflais un bon coup pour éloigner mon énervement encore bien présent et faire illusion devant ma famille. - C’est une fête, lui rappelais-je, tâche de jouer le jeu - Compte sur moi ! Marmonna-t-elle Je descendis de la voiture et un fit le tour pour lui offrir mon bras. - J’ai une question ! Me dit-elle Aussitôt je me raidis, m’attendant encore à une question dérangeante. - Si je donne la pellicule à développer, apparaitras-tu sur les photos ? Je m’attendais tellement à ce qu’elle pose une question qui m’agacerait que je ne pus m’empêcher de rire à l’annonce de celle-ci. C’était confirmé, je devais m’attendre à tout avec Bella. Je riais encore lorsque j’ouvris la porte de la maison mais je fus vite stoppé par la réaction de Bella face à l’abondante décoration que lui avait préparé Alice. Bella aimait les choses simples tout le contraire d’Alice qui voulait toujours ce qu’il y avait de plus beau et de plus raffiné. Elle semblait embarrassée par tout ce faste et je voulais la réconforter en lui montrant que j’avais deviné sa détresse. Je lui enlaçais la taille et lui déposais un baiser sur le front en guise d’encouragement et pour lui rappeler aussi la promesse qu’elle m’avait faite de faire un effort pour ma famille et de s’amuser. Son désarroi était visible et perceptible par les battements accélérés de son cœur au point que Carlisle se sentit obligé de s’excuser auprès d’elle. Il la prit par les épaules et lui chuchota en aparté - Désolé, Bella, nous n’avons pas réussi à réfréner les ardeurs d’Alice. Au même moment, Alice me parla par la pensée : - Edward, il va se passer quelque chose ce soir - Que veux-tu qu’il se passe Alice ? - Je ne sais pas exactement mais dans ma vision, j’ai vu Jasper qui voulait faire du mal à Bella - On sait que Jasper peut encore être attiré par le sang humain alors c’est normal que tu redoutes qu’il réagisse en compagnie de Bella mais je vais me tenir prêt au cas où …car même s’il a passé du temps avec elle à Phoenix, il continue à garder ses distances. Il ne doit pas encore être assez fort pour résister. - J'espère que je me trompe car cette vision pourrait tout bouleverser et comme je suis sûre que ce ne sera pas intentionnel de sa part, tout peut encore changer. Quant à Bella, Emmett allait entamer la conversation pour la mettre un peu plus à l’aise, lui et Rosalie ne l’avait pas revu depuis leur départ pour l’Afrique au début de l’été. - Tu n’as pas changé, se moqua-t-il faussement déçu. J’espérais une différence perceptible, mais tu rougis toujours autant. - Merci beaucoup … Répondit-elle en rougissant encore plus Il pouffa de rire - Je dois m’absenter une minute, ajouta-t-il avec un clin d’œil en direction d’Alice. Attendez-moi pour commencer à vous amuser. Abandonnant la main de Jasper, Alice s’approcha de Bella alors que lui restait un peu plus en retrait - C’est l’heure des cadeaux ! Décréta cette dernière en la prenant par le coude pour la conduire à la table où se trouvaient les cadeaux. - Alice, je t’avais dit que je ne voulais rien … Rétorqua Bella avec un air de martyre - Et je ne t’ai pas écoutée, la coupa-t-elle. Déballe celui-là, en lui fourrant le paquet dans les mains Le paquet était de la part d’Emmett, Rosalie et Jasper. Elle déballa le cadeau mais y trouva une boite vide et toute gênée, elle bégaya - Euh … merci Jasper éclata de rire et Rosalie esquissa un sourire en comprenant bien qu’elle n’avait pas deviné ce qu’était son cadeau. - C’est une stéréo pour ta camionnette, lui expliqua Jasper. Emmett est en train de l’installer. Comme ça, tu ne pourras pas la refuser. Nous savions tous que nous devions un peu lui forcer la main pour être sûre qu’elle accepte nos cadeaux. - Merci Jasper, Rosalie dit-elle - Merci Emmett ! Dit-elle plus fort pour que ce dernier puisse l’entendre. Il la remercia par un rire joyeux et communicatif qui nous parvint de l’extérieur. - Anotre tour, à Edward et à moi, la pressa ensuite Alice en lui tendant un petit paquet plat Aussitôt Bella se tourna pour me fusiller du regard - Tu avais promis ! Avant que je puisse me justifier, Emmett surgit dans l’entrée en criant tip top au bon moment !! Il avait été si rapide à installer la stéréo qu’il pouvait maintenant profiter du déballage des cadeaux … - Je n’ai pas dépensé un sou !! Lui répétais-je en écartant une mèche de ses cheveux et elle frissonna à mon contact - Très bien, céda-t-elle Emmett se moquait, amusé par le comportement étrange de Bella à mon égard. Lui savait, comme toute ma famille que ce cadeau ne m’avait effectivement rien coûté. Il ne comprenait pas, comme moi du reste, pourquoi elle ne voulait pas de mes cadeaux … normalement tout le monde aimait ça. Ce cadeau, nous l’avions composé ensemble Alice et moi, elle m’avait aidé à rendre ma mélodie merveilleuse, elle représentait les sentiments que j’éprouvais pour Bella des prémices de notre histoire à son avenir … incertain mais ponctué de l’amour que je lui portais. Cette mélodie était devenue sa berceuse, celle que je lui fredonnais le soir pour l’endormir.Je pensais que lui en faire un CD lui permettrait de l’écouter et de penser à moi. Bella prit le cadeau tout en m’adressant une mimique agacée et elle glissa son doigt sous l’emballage pour le décoller. - Zut ! Ronchonna-t-elle lorsque l’arrête du papier entama sa peau. Elle retira son doigt pour inspecter les dégâts. Une unique goutte de sang perlait de sa minuscule coupure mais c’était déjà trop pour une maison pleine de vampires. Aussitôt je sentis l’odeur enivrante de son sang. Alice me fit part de sa vision, je vis que Jasper allait bel et bien attaquer Bella et si je n’intervenais pas, elle allait … mourir. Je devais la protéger - Non ! Hurlais-je Et tout se passa très vite Je me jetai sur Bella si fort qu’elle s’étala en travers de la table qui s’écroula en démolissant du même coup, tout ce qu’Alice avait patiemment préparé : gâteaux, vases de fleurs et cadeaux … Elle tomba dans l’éparpillement du cristal brisé mais je ne pouvais pas la retenir car je devais en priorité arrêter Jasper qui s’était déjà lancé dans notre direction … il me heurta violemment. Un grondement sinistre monta de sa poitrine tout en essayant de me repousser. Ses dents claquèrent juste devant mon visage … J’étais plus fort que lui malgré ses années d’expérience de combats, car ma volonté de sauver Bella me rendait plus puissant, déterminé à ce que personne ne l’approche. J’aurai même pu me battre avec ma propre famille s’il le fallait. Heureusement Emmett l’attrapa et l’immobilisa grâce à sa force colossale et il fallait au moins cela pour contenir Jasper qui se débattait. Jasper n’avait pas su résister à une minuscule goutte de sang, cet évènement remettait en cause tout ce qu’il s’était efforcé d’apprendre depuis qu’il avait rejoint notre famille. Je n’avais pas été assez prudent, je savais que nous ne pourrions jamais être totalement maîtres de notre nature profonde J’avais sous-estimé le danger auquel j’exposais Bella, tout cela était de ma faute … est uniquement de la mienne. Pauvre Bella, elle était ahurie, désorientée, ses grands yeux chocolat n’exprimaient que peur et inquiétude. Les débris de verres avaient entaillé un de ses avant-bras, son sang coulait abondamment et l’odeur de son sang s’était répandue dans toute la pièce si bien que nous étions tous devenus ses bourreaux potentiels.
Chapitre 3 : Résignation
Seul Carlisle avait pu garder son calme, sa voix était posée mais autoritaire car nous avions besoin d’être guidés, c’était une situation nouvelle et difficile pour nous tous. - Emmett, Rose, faites sortir Jasper Ce dernier essayait toujours de se libérer et attaqua toutes dents dehors. Son regard n’exprimait plus que de la folie. Je m’étais accroupi devant Bella pour la protéger, je ne pouvais plus respirer, j’étais focalisé sur Jasper, prêt à riposter …un grognement d’avertissement s’échappa de mes lèvres serrées. Rosalie se posta devant lui et aida Emmett à l’entrainer dehors. Esmé tenait une main devant son nez. Elle s’adressa ensuite à Bella avant de suivre les autres dehors pour s’éclaircir les idées. - Je suis vraiment navrée, Bella. Je sentais Carlisle qui s’approchait de moi avec précaution et lu dans ses pensées qu’il voulait seulement ausculter Bella. Je savais pertinemment qu’il ne perdrait pas le contrôle, ses années d’expérience dans la médecine, le rendait moins sensible au sang humain. - Laisse-moi approcher, Edward … Me murmura-t-il J’acceptais sa demande et me détendit, je lui faisais confiance et il fallait soigner Bella. Il s’agenouilla pour examiner son bras, elle était complètement perdue même si elle tentait de prouver le contraire car elle n’aimait pas se montrer faible et qu’on la plaigne. Alice était restée, elle me regardait dépitée mais elle ne disait rien et ses pensées étaient toutes axées sur ses regrets. Elle regrettait que sa vision ne se soit une fois encore révélée exacte.Je devrais la remercier car elle m’avait permis de contrer l’attaque de Jasper … mais elle se reprochait malgré tout de l’avoir vu si tard. Mais qui aurait pu prévoir que Bella se couperait avec un malheureux bout de papier. Cela faisait partie de sa vie d’humaine, c’était totalement anodin mais pas pour nous … qu’est-ce que ce sera la prochaine fois ? On ne pouvait tout de même pas s’empêcher de respirer à la moindre égratignure. Non, ce n’était plus possible, nous ne devions plus prendre de risque, ni pour elle, ni pour ma famille. Carlisle voulut emmener Bella aux urgences mais bien évidemment elle refusa, il décida de la soigner ici. Plus je m’approchais d’elle et plus l’odeur de son sang devenait obsédante. Je devais arrêter de respirer pour ne pas craquer. Je la soulevais pour l’emmener jusqu’à la cuisine et Carlisle lui tenait le bras. - Comment vas-tu Bella ? Lui demanda-t-il - Ca va . Répondit-elle sur un ton presque assuré Comment arrivait-elle à se maitriser à ce point après tout ce qu’il venait de se passer. Elle était vraiment courageuse ou elle préférait déjà ignorer cet accident. J’étais pétrifié, le visage fermé. Tout ce sang me faisait perdre la tête, cette odeur était un supplice, elle me rappelait le goût divin de son sang. Je devais résister être plus fort que mes instincts, battre le monstre qui bouillonnait en moi. Ce serait si facile de la tuer, son cou à quelques centimètres de mes dents acérées, elle était si vulnérable, fragile … Je devais me ressaisir, résister, j’avais déjà trouvé la force une fois, je devais y arriver de nouveau. Je l’aimais trop pour lui faire du mal, il fallait que je l’éloigne de moi pour reprendre mon souffle. Je la déposais sur une chaise de la cuisine et resta tout de même près d’elle au cas où Jasper ou quelqu’un d’autre ne serait tenté de l’attaquer. - Je t’en prie, va t’en, soupira-t-elle - Je suis capable de me contenir, mentis-je Je serrai les mâchoires car le fait de parler m’avait obligé à respirer et à sentir de nouveau cet irrésistible parfum … mes prunelles étaient devenues très noires et elles témoignaient de la soif qui me dévorait. La tentation était vraiment insupportable … son sang chantait pour moi c’était ma drogue et je me sentais comme un drogué en manque. Je commençais à devenir fou. - Inutile de jouer les héros, Carlisle n’a pas besoin de ton aide. Va respirer l’air frais - Mieux vaudrait que tu rejoignes Jasper avant qu’il ne dépasse les bornes, intervint Carlisle. Je suis sûr qu’il s’en veut terriblement à présent. Toi seul peux le calmer
- Oui, renchéris Bella, va retrouver ton frère - Comme ça, tu serviras à quelque chose, ajouta Alice Je n’étais plus en mesure de résister, il était effectivement préférable que je sorte de cette pièce. L’air frais me ferait le plus grand bien, j’avais besoin de m’éclaircir les idées. Je filais par la porte de la cuisine, honteux de n’être pas assez fort pour soutenir Bella. Je n’étais même pas capable de la réconforter, de la rassurer. J’étais bel et bien un monstre, j’avais été tellement focalisé par son sang que je ne m’étais même plus soucié de son bien être. J’étais pitoyable … je me détestais. Alice s’éclipsa peu de temps après moi, n’y tenant plus elle aussi. Elle vint me rejoindre dehors et me mit sa main glacée sur mon épaule - Edward, je suis désolée - Désolée de quoi Alice, tu n’y es pour rien, tu m’avais prévenu, je pensais que tout irait bien mais j’ai oublié trop rapidement ce que nous étions ! - Jasper a craqué, j’aurai du être plus vigilante comme cela n’était pas prémédité, je n’avais aucune certitude sur ce qui ce passerait. - Ne te reproche rien, s’il te plait … cela devait arriver c’est tout ! - Peut être, mais te voir dans cet état, je n’aime pas ça, qu’est-ce que tu as ? - Je m’en veux, j’ai exposé Bella une nouvelle fois ! Par ma faute, elle a failli mourir et je ne peux même pas la réconforter car le monstre que je suis est plus fort que mon amour pour elle !! Cela ne peut pas continuer, je ne dois plus l’exposer ainsi. - Qu’est-ce que tu veux dire ? - Je dois me résigner à la laisser vivre sans moi. Ma promesse ne tient plus, je ne peux plus rester près d’elle car je ne lui apporte rien de bon. Je vais devoir la quitter pour son bien, pour sa survie … pour le bien être de tous, d’ailleurs. Je vous ai fais endurer une épreuve, cela aurait pu être un carnage ce soir et la fin de notre mode de vie que l’on a eu tant de mal à instaurer. Mon égoïsme n’est plus tolérable … je dois me faire à l’idée que Bella sera mieux sans moi ! - Edward, ne soit pas si radical, laisse toi le temps de réfléchir, ne la punit pas ainsi, elle n’y est pour rien … - Je sais qu’elle n’y est pour rien, ce n’est pas à elle que j’en veux ni même à son habituelle maladresse, mais à moi et à moi seul !! - Tu as toujours la possibilité de la transformer si cela t’ai autant insupportable de la quitter ! - Non Alice, pas toi, ne me dis pas cela, je pensais que tu comprenais, toi au moins. Si je la transformais, elle perdrait son âme et je serai un meurtrier. Elle a sa vie devant elle je ne veux pas lui enlever … je me bats chaque jour pour ne pas lui faire de mal voire comme ce soir pour ne pas la tuer alors tu comprendras que je ne peux pas me résoudre à la transformer. C’est au dessus de mes forces ! - Excuse-moi, je ne peux pas comprendre ce que tu vis mais je te trouve tellement malheureux, tu as droit au bonheur et ta décision va y mettre fin, c’est injuste. Tu vas la faire souffrir, Edward, je l’ai vu …énormément souffrir - Elle s’en remettra, les humains ont la faculté d’oublier avec le temps au contraire de nous. Elle refera sa vie et trouvera le vrai bonheur auprès de quelqu’un d’autre, un humain, qui sera fait pour elle et la rendra heureuse. Elle pourra avoir une vie normale … je ne pourrai jamais lui apporter cela. Je ne suis pas fait pour elle … Dis-je d’une voix étranglée par l’émotion. - N'agit pas sur le coup de l’émotion, prend le temps de réfléchir pour ne rien regretter, te préparer à ton départ et surtout l’épargner au maximum en commençant à prendre tes distances si c’est ce que tu veux … - C’est tout réfléchit !! Mais il va de soit qu’il me faudra du temps pour m’y préparer, je ne sais pas si je vais y arriver … Sentant que j’avais besoin de réconfort, elle se blottit contre moi et je la serrai fort dans mes bras pour la remercier d’être présente … d’être toujours là. - Je vais la raccompagner, Carlisle a fini. Dis-je en tentant de me ressaisir. A mon retour, nous devrions avoir une discussion tous ensemble car ma décision va avoir des conséquences pour chacun. Je ne ferai rien avant d’avoir votre appui et de trouver une solution acceptable pour vous. Je me rapprochais de la maison, juste à temps pour entendre Carlisle qui parlait avec Bella - Je vais de ramener chez toi, lui dit-il - Je m’en occupe, dis-je en surgissant dans la pièce J’avais du mal à cacher mon malaise, je devais me maitriser pour ne rien dévoiler à Bella pour le moment. J’osais penser que ma décision pouvait changer. - J'aime autant que ce soit Carlisle. Me répondit-elle en regardant son chemisier tâché de sang Elle devait craindre que je ne craque de nouveau … - Je vais bien, Dis-je comme pour la rassurer, il faut que tu te changes. Charlie risque d’avoir une crise cardiaque s’il te voit dans cet état. Je préviens Alice. Alice l’emmena se changer, elle réussit à trouver une chemise d’Esmé dont la couleur approchait de la sienne. Charlie ne devait s’apercevoir de rien. Pendant qu’elle se changeait à l’étage, je pu capter les pensées de ma soeur. Bella était en train de s’inquiéter de ce qui allait se passer et comment allait Jasper. Elle ne lui en voulait pas. Cela ne m’étonnait pas car Bella n’était pas comme çà. Mais réalisait-elle qu’elle aurait pu mourir sans mon intervention ? Non je ne crois pas, elle comptait sans doute trop sur moi, et c’était de ma faute, je l’avais tant habitué ainsi. Cet accident venait de prouver que ma protection avait ses limites, cela devait changer. Je l'attendais dans l'entrée et dès qu'elle arriva, je lui ouvris la porte, sans un mot. J'en étais incapable, ma culpabilité était trop pesante. Alice lui donna ses affaires, son appareil photo et ses paquets dont le mien à moitié ouvert et qui était devenu la cause de tous mes soucis. - Tu nous remercieras plus tard, quand tu les auras tous déballé. Esmé et Carlisle la saluèrent et je sentis trois paires d'yeux qui me scrutaient . Mon impassibilité devait les inquiéter, du moins c'était ce que je devinais dans les pensées d'Esmé. Ma mère me connaissait bien et savait que ce silence ne présageait rien de bon … J'accompagnai Bella jusqu'à sa voiture et elle monta, pour une fois sans protester. Pendant que je contournai le véhicule, j'aperçus Bella qui arrachait le gros ruban rouge qu’Emmett avait collé sur son nouvel autoradio et le cacha sous ses pieds. Elle devait détester ce cadeau ou alors elle voulait déjà oublier les mauvais souvenirs de cette soirée pourtant je pensais qu'elle aurait aimé cette stéréo et elle avait semblé heureuse tout à l'heure … je ne pris pas plus de temps pour comprendre ce que cela signifiait, je n'en avais pas envie. Plus maintenant. Le trajet se déroula dans un silence pesant, je ne voulais pas parler … mais cela ne plaisait guère à Bella, la connaissant elle avait besoin de savoir ce que je pensais. - Disquelque chose - Que veux-tu que je te dise ? - Que tu me pardonnes … Murmura-t-elle Pourquoi devrais-je lui pardonner ? De quoi parlait-elle ? Elle ne se sentait tout de même pas coupable ? Bella avait toujours le chic pour réagir à côté de la plaque … autant cela me faisait souvent rire autant ce soir cela me mit en colère - Te pardonner ? À toi ? De quoi ? - Si j'avais été plus prudente, rien de tout cela ne se serait passé - Bella, tu t'es coupée avec un bout de papier. Tu ne mérites pas d'être fusillée pour ça !! - N'empêche, c'est de ma faute Je ne pouvais plus retenir ma colère à présent, elle n'avait rien compris. - Ta faute ? Si tu t'étais blessée chez Mike Newton en présence de Jessica, d'Angela et d'autres amis normaux, qu'aurait-il pu arriver de grave ? Qu'ils soient à cours de pansement ? Si tu devais trébucher sur une pile d'assiettes et ce, sans que personne t'y précipite, aurait-ce était un drame ? Au pire, tu aurais mis du sang sur la banquette de la voiture pendant qu'ils t'emmenaient aux urgences. Mike Newton t'aurait tenu la main pendant que l'on te recousait et il n'aurait pas eu besoin de lutter contre l'envie de te tuer pendant les soins. Ne t'accuse pas, Bella. Cela ne sert qu'à augmenter le dégout que j'éprouve à mon encontre. - Veux-tu bien m'expliquer pourquoi nous en sommes à évoquer Mike Newton ? S'emporta-t-elle Pourquoi s'énervait-elle ? Certes je ne l'aimais pas non plus mais lui, il était humain et ne lui ferait pas de mal du moins pas au point de la tuer … - Parce qu'il serait beaucoup plus sain pour toi de le fréquenter. - Plutôt mourir ! Toi seul comptes. - Inutile d'être aussi théâtrale. - Inutile d'être aussi bête. Je ne réagi pas à cette remarque, je savais qu'elle ne me comprendrait pas, alors à quoi bon. Je n'avais pas envie de me disputer avec elle. Je devais au contraire profiter de chaque instant en sa compagnie puisque j'avais décidé de la quitter. Nous étions enfin arrivés chez Bella, je coupai le contact sans pour autant me tourner vers elle. Pourtant je devais me ressaisir, la regarder, apprendre chaque trait de son visage … elle allait tant me manquer. Mais j'étais perdu entre lui faire plaisir ce soir en restant à ses côtés car je sentais qu'elle le voulait et ma raison qui m'invoquait de déjà m'éloigner. - Tu restes, cette nuit ? Me demanda-t-elle - Mieux vaudrait que je rentre. Ma raison semblait avoir décidé pour moi mais pour combien de temps … car Bella ne semblait pas décider à baisser les bras, elle. - C'est mon anniversaire. Tenta-t-elle Oui, je le savais que trop bien mais cela devenait exaspérant car toute la journée elle m'avait demandé de ne pas mentionner son anniversaire et là maintenant comme elle ne savait pas comment me retenir, elle l’invoquait. - N'espère pas jouer sur tous les tableaux, riposte-je d'un ton sec. Soit tu acceptes que l'on te le souhaite, soit tu refuses. Pas les deux en fonction de tes sautes d'humeur. Cela aurait du la faire réagir mais au lieu de cela, elle laissa s'échapper un petit soupir de soulagement … bizarre ! J'aurai tellement voulu lire dans ses pensées à cet instant pour voir si elle sentait toute ma souffrance et mes questions et si c'était pour cela qu'elle voulait me garder près d'elle ce soir comme tous les autres soirs. - Alors, va pour les célébrations ! On se voit là-haut !! Dit-elle en descendant de la Chevrolet Elle tendit les bras pour que je lui donne ses cadeaux et je ne pu m'empêcher de lui faire remarquer - Tu n'es pas obligée de les accepter ! C'est vrai, peut être que cela lui serait trop douloureux et elle repenserait à cette horrible soirée. Je devais lui laisser le choix pour qu'elle ne se sente pas obliger de les ouvrir. - J'y tiens. - Je te signale que Carlisle et Esme ont dépensé de l'argent. - Je m'en remettrai . Dit elle en claquant la portière et essayant de porter maladroitement ces paquets sous son bras valide Je descendis aussitôt de la voiture pour l'aider. - Laisse-moi les porter. Je te retrouve dans la chambre Elle sourit. Elle avait gagné, je ne pouvais définitivement rien lui refuser … - Merci - Bon anniversaire, lui soufflais-je Je me penchais pour l'embrasser et mes lèvres effleurèrent les siennes puis je me reculais mais Bella se hissa sur la pointe des pieds pour que notre baiser puisse durer plus longtemps. Je n'avais pas la force de l'embrasser, c'était trop dur, sa chaleur, son odeur, les battements de son cœur m'auraient fait perdre la tête et j'aurai perdu toute ma détermination à la quitter. J'étais déjà dans sa chambre et je m'étais installé sur son lit afin de pouvoir suivre la conversation avec son père à travers les pensées de Charlie et surtout savoir s’il allait remarquer quelque chose. Pourvu qu'il ne s’aperçoive de rien car elle avait déjà un plâtre à cause de moi, si en plus il voyait la blessure de ce soir, il me bannirait pour toujours de chez lui … peut être que c'était ce qu'il fallait après tout pour être sûr que j'arriverai à la quitter. Elle entra dans le salon pour saluer son père: - Bella ? - Salut, papa. - Comment c'était ? - Alice a exagéré. Fleurs, gâteau, bougies, cadeaux et tout le toutim - Que t'ont-ils offert ? - Une stéréo pour ma camionnette. - Super ! - Oui, je monte me coucher. - A demain - C'est ça. Charlie semblait ne rien avoir remarqué au premier abord mais Bella avait du faire quelque chose qui dévoila sa blessure … et malheureusement il était très observateur. - Qu'est-il arrivé à ton bras ? - J'ai trébuché, rien de grave. - Bella, soupira son père d'un air résigné - Bonne nuit, papa Il ne semblait pas surpris, effectivement Bella avait une telle malchance et elle était si régulièrement maladroite que son père n'avait pas eu de mal à la croire. Seulement ce qu'il ne savait pas, c'était que pour une fois elle n'y était pour rien. C'était moi le seul fautif et cela l'aurait sûrement énervé ! Assis sur son lit, j'étais en train de jouer avec l'un de ses paquets cadeaux lorsqu'elle apparut devant moi … elle s'était changée et avait mis un charmant petit pantalon accompagné d'un débardeur ravissant. Cela lui allait à ravir, bien mieux que son ancien survêtement troué qui lui servait de pyjama. - Salut ! Lui dis-je pour l'accueillir J'espérais que ma voix ne reflétait pas trop ma tristesse. Elle s'approcha de moi, repoussa les cadeaux et s'installa sur mes genoux. - Salut ! Murmura-t-elle en se blottissant contre mon torse glacé. Puis-je ouvrir mes présents maintenant ? - D'où te vient ce brusque enthousiasme ? - Tu as éveillé ma curiosité … Dit-elle en attrapant le cadeau de Carlisle et Esmé Mais je lui repris des mains pour lui ouvrir, je ne voulais pas d'une deuxième catastrophe pour la soirée. - Si tu permets, lui suggérais-je Je le déballais rapidement pour lui rendre une boite blanche - Tu me crois capable d'ouvrir le couvercle ? Dit-elle d'un air bougon Ce qu'elle découvrit à l'intérieur sembla lui faire plaisir mais elle mit du temps à réagir, c'était deux billets d'avions pour aller voir sa mère. - Nous allons à Jacksonville ? - C'est l'idée - Je n'en reviens pas. Renée ne va plus se tenir. Tu es sûr que cela ne t'embête pas ? Il fait grand soleil, là-bas, tu devras rester à l'intérieur toute la journée - Ne t'inquiète pas, j'y arriverai. Si j'avais deviné que tu réagirais aussi bien, je t'aurai obligé à l'ouvrir devant Carlisle et Esmé. J'avais peur que tu protestes - Naturellement, c'est beaucoup trop. Mais je serai avec toi … - Tu me donnes des regrets de ne pas avoir dépensé d'argent. Je ne savais pas qu'il t'arrivait de te montrer raisonnable. En fin de compte j'aurai pu lui offrir l'Audi peut-être … puisque j'aurai été avec elle aussi, quand elle … non quand je l'aurai conduit. Sans doute allait-elle trouver mon cadeau ridicule maintenant. Elle voulut s'emparer de mon paquet mais j'eus le temps de le déballer complètement avant de lui donner. Je lui tendais le boitier transparent contenant un CD - Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-elle perplexe Je sortis le CD et le glissa dans sa stéréo posé sur sa table de nuit … ma mélodie se fit alors entendre doucement dans sa chambre. Je guettais sa réaction pour voir si mon cadeau lui faisait de l'effet comme je l'avais tant souhaité. Je vis aussitôt des larmes lui monter aux yeux, elle devait avoir mal à son bras - Tu as mal au bras ? M'inquiète-je - Non, ce n'est pas çà. Oh Edward, c'est si beau. Tu n'aurais pas pu trouver mieux. C'est merveilleux. Elle se tut pour écouter ma mélodie … qui était devenue sa berceuse. J'étais heureux, elle aimait mon cadeau. Cela me rendit joyeux un instant - Je me suis dit que tu n'accepterais pas que j'achète un piano pour te la jouer ici, lui dis-je - Et tu as eu raison. - Comment te sens-tu ? Ajoutais-je lui montrant son pansement - Très bien. Elle me mentait car elle se mordit la lèvre inférieure, elle faisait toujours cela quand quelque chose l’embarrassait. Je ne voulais pas qu'elle ait mal. - Je vais te chercher un calmant - Je n'ai besoin de rien. Protesta-t-elle Mais je la déposais déjà sur son lit et me dirigeais vers la porte lorsqu'elle me souffla - Charlie ! Il n'était pas au courant que je passais mes soirées et mes nuits avec sa fille et il n'aurait vraiment pas apprécié, déjà sans cela il ne m'aimait pas … mais il n'avait pas à s'inquiéter, il ne pourrait jamais rien se passer avec Bella. C'était trop dangereux pour elle. - Ilne m'entendra pas, lui promis-je en disparaissant dans le couloir La porte de sa chambre n'eut même pas le temps de se refermer que j'étais déjà de retour avec son verre à dents et un flacon de cachets. Elle les avala sans objecter, j'avais vu juste, elle avait mal. - Ilest tard … Lui rappelais-je pour qu'elle comprenne qu'il fallait qu'elle dorme Je la soulevai d'un bras et tira la couverture de l'autre puis la borda. Je m'allongeais ensuite à côté d'elle, allongé sur la couette pour qu'elle n'ait pas froid à mon contact, tout en l'enlaçant. Elle appuya sa tête sur mon épaule et lâcha un soupir de contentement. - Merci encore, murmura-t-elle - De rien. Un long moment s'écoula, elle écouta la musique et moi, j'étais perdu dans mes pensées et elle s'en aperçut. - A quoi penses-tu ? Chuchota-t-elle - Au bien et au mal … Hésitais-je J'en avais déjà trop dit car je la senti se raidir - Tu te souviens que je t'avais ordonné d'oublier mon anniversaire ? S'empressa-t-elle de me dire comme si elle ne voulait pas savoir vraiment ce à quoi je pensais ou alors s'en doutait-elle et elle ne voulait pas en parler. - Oui, lui répondis-je sans comprendre ce qu'elle voulait - Eh bien, j'ai changé d'avis et je crois que, vu l'occasion, j'aimerai que tu m'embrasses de nouveau. - Tu es bien exigeante, ce soir. - C'est vrai. Mais bon, ne te forces surtout pas Cette remarque eut le mérite de me faire sourire, comment pouvait-elle penser que je me forçais pour l'embrasser. C'était tout le contraire, je devais me contenir pour arrêter … - Dieu me garde de jamais rien faire contre mon gré… marmonnais-je Je lui pris le menton délicatement et attira son visage contre le mien. Je débutai mon baiser avec prudence car j'avais toujours peur que mon poison ne la tue. Mais ce soir, à l'idée que peut être ce serait notre dernier baiser et que je ne voudrai jamais l'oublier, je ne pus me retenir. Mes lèvres devinrent plus pressantes et le cœur de Bella se mit à battre la chamade. Ma main se glissa dans sa chevelure et maintins sa tête bien en place pour être sûr que mes dents ne libèrent pas mon poison sous l'effet de l'excitation. Elle ébouriffa mes cheveux mais je la laissais faire c'était si agréable. Elle se pressa contre mon corps avec avidité, je sentais son désir et le mien se retrouver. Je devais m'arrêter avant d'aller trop loin, avant de lui faire mal. Je devais quitter sa chaleur et interrompre ce baiser. Je la repoussais doucement et elle retomba sur son oreiller, haletante quant à moi j'étais hors d'haleine. - Désolé lui murmurais-je. C'était déraisonnable - Ca m'est complètement égal ! dit-elle essoufflée - Tâche de dormir, Bella. - Non, je veux que tu m'embrasses encore - Tu surestimes mes capacités à me contrôler - Qu'est-ce qui t'attire le plus, mon sang ou mon corps ? Me défia-t-elle Les deux sans aucun doute et c'était cela tout le problème. Je pensais savoir me maîtriser face à son sang et j'avais échoué, je pensais que je saurai dominer mon désir et il n'en était rien. Je la voulais entièrement à moi mais c'était exclu … - C'est du pareil au même, lui répondis-je en souriant. Et maintenant, si tu cessais de jouer avec le feu et dormais, hein ? - D'accord . Céda-t-elle Elle glissa son bras blessé contre mon épaule glacée comme pour apaiser la douleur de sa blessure puis je la regardais s'endormir. Son sommeil était agité, elle grelottait par moment comme si je lui donnais froid. Sentait-elle mon mal-être, devinait-elle ce que je m'apprêtais à faire ?
J'aurai du la laisser dormir et rentrer chez moi pour discuter avec les miens mais je préférai avant tout profiter de ces derniers moments avec elle comme si rien n'allait changer …J'avais besoin d'entendre encore un peu les battements de son cœur, sa chaleur contre ma peau de glace. Sur le matin, avant que le soleil ne se lève, elle fit un cauchemar et murmura non Edward, ne pars pas. Ces mots me figèrent car ils avaient une saveur particulière à présent. Je devais la laisser, elle se réveilla lorsqu'elle ne me sentit plus à côté d'elle, je lui dis de se rendormir en l'embrassant rapidement sur le front et m'en alla tel un voleur par la fenêtre.
Chapitre 4 : le Départ
En à peine dix minutes, je fus arrrivé chez moi. Je devais parler à ma famille avant de retourner au lycée. Tout le monde me rejoignit dans la salle à manger, Carlisle, Esmé et Jasper s’étaient assis tandis qu’Emmett et Rosalie se tenaient debout derrière eux. Ce fut Alice qui entama la discussion : - Comment va Bella ? Elle me demandait ça comme pour me mettre à l’aise. Peine perdue … - Elle va bien, elle a un peu mal au bras mais rien de sérieux. Lui répondis-je sur un ton tendu - Et pour le reste ? - Elle se sent fautive mais cela lui passera - Jasper, ce sent vraiment très mal, tu sais, il préfère s'exiler quelque temps, il a besoin de se retrouver seul. Je lui ai proposé de l'accompagner en Alaska, à Denali. Je le regardai aussitôt droit dans les yeux, je n’avais pas besoin de lire ses pensées pour savoir qu’il ne savait plus quoi faire pour rattraper son erreur. Il avait craqué … mais je ne pouvais pas me résoudre à lui en vouloir. Il n’osait pas croiser mon regard, il me craignait comme s’il avait peur d’affronter ma colère. Il avait des raisons de me craindre mais j’étais bien trop perturbé moi-même pour le déclarer seul fautif. Il était de mon devoir de le rassurer, je le ferai avant son départ pour Denali - Je m'en veux de vous imposer tout cela… Dis-je en les regardant un à un - Cesse de te torturer, pense avant tout à toi et Bella, as-tu pris ta décision ? Me demanda calmement Carlisle - Oui, je n'ai pas d'autre choix que de la laisser, cela a déjà bien trop affecté notre famille, cela ne peut plus durer… Dis-je la voix étranglée par l’émotion - Edward, réfléchis bien, il s'agit de ton bonheur ! Intervint Esmé, nous, on s'adaptera à tes besoins comme on la déjà fait auparavant pour tes frères et sœurs. - C'est gentil maman, mais ma relation avec Bella fait du mal à tout le monde et à elle particulièrement. Je dois payer le prix de mon égoïsme à vouloir l'aimer alors que ça m'est interdit !! J'ai compris maintenant, je me résigne… Percevant ma douleur, Esmé vint me rejoindre et me prit dans ses bras - A la bonne heure !! Ne put s'empêcher de dire Rosalie, je te l'avais toujours dit que ce n'était qu'une question de temps pour que tu te sépares d'elle. On a déjà tous, bien trop souffert à cause d'elle et maintenant tu vas nous forcer à partir alors que l'on était bien ici - Rose ! Arrête !! Intervint Carlisle.On fera ce qui est nécessaire, on doit soutenir Edward dans cette épreuve. Si Edward pense que le mieux pour Bella et pour nous tous, c'est de partir dans ce cas, on partira. - En es-tu sûr Edward ? Ne vas-tu rien regretter ? Demanda Esmé en me regardant droit dans les yeux Bien sûr que non je n’étais sûr de rien, je ne voulais pas me séparer d’elle encore moins dans ses conditions… mais quel autre choix avais-je à présent ? - Je m'en voudrais toute ma vie mais je fais cela pour son bonheur, elle doit vivre … alors oui on doit partir … - Très bien, alors dans ce cas nous allons tous rejoindre Alice et Jasper à Denali , concluCarlisle.Ils partent les premiers, Moi je dois m'occuper de couvrir nos traces et Esmé de prévoir le déménagement des meubles, aidés de Rosalie et Emmett. Toi, Edward, prends ton temps pour faire tes adieux à Bella, nous devrions être prêts dans deux ou trois jours grand maximum. Je ne peux pas partir comme cela de l'hôpital ce serait trop visible. Une fois, tous à Denali, nous déciderons de notre prochaine destination pour nous installer. Le sort en était jeté maintenant, je devais la quitter mais cette perspective me perturba totalement. Je n'y arriverai pas, si je ne prenais pas vraiment mes distances dès à présent. Je devais avoir le moins de contact physique possible avec elle, pour ne pas être tenté de replonger dans mes doutes et de craquer. J'avais pris une décision douloureuse et je devais m'y tenir mais à quel prix … je devais lui mentir pour son bien, faire comme si je n'avais pas existé et m'effacer petit à petit de son quotidien puis de sa vie. Je sentais qu'une brèche venait de s'ouvrir dans mon coeur pourtant sans vie. Ce cœur que Bella avait réussi à faire renaître, j'allais définitivement le détruire. Je l'attendais sur le parking du lycée dissimulant au mieux mon mal être. Je lui tendis la main pour l'aider à descendre de sa voiture et lui demandait : - Comment vas-tu ? - Bien. Me répondit elle Nous fîmes le trajet jusqu'en classe en silence, elle ne me posa aucune question. C'était très étrange mais cela m'arrangeait, je n'étais pas encore prêt à m'expliquer. La matinée s'écoula lentement. Ce ne fut qu'une fois arrivés à la cantine qu'elle du sentir que quelque chose n'allait pas. - Où est ta sœur ? Me demanda-t-elle inquiète - Avec Jasper … Lui répondis-je - Ilva bien ? - Il a préféré s'éloigner quelque temps . - Quoi ? Où ça ? - Il n'a pas arrêté de destination particulière … mentis-je - Et Alice l'a accompagné … Dit-elle visiblement déçue - Oui. Elle sera absente un moment. Elle voulait le convaincre d'aller à Denali. Cette fois, je n'avais pas menti mais je sentais que Bella était mal, elle s'était tassée sur sa chaise. Qu'avait-elle ? Je me doutais qu'Alice allait lui manquer mais elle semblait vraiment ressentir une douleur. - Tu as mal au bras ? M’enquis-je soucieux - Oublie cet imbécile de bras cinq minutes, veux-tu ? Me rembarra-t-elle Cette réplique clôtura la discussion et me confirma aussi qu'il y avait bien quelque chose d'autre qui la faisait souffrir. A la fin des cours, je la rejoignis à sa voiture et ce fut elle qui interrompit le silence - Tu passes, ce soir ? Pas trop tôt? - En quel honneur, ce délai ? M’étonnais-je - Je travaille. J'ai échangé ma journée d'hier avec Mme Newton. - Ah, c'est vrai . Je le savais pourtant mais j'avais déjà oublié, preuve que mon esprit commençait à vagabonder ailleurs qu'autour de Bella …. - Mais tu me rejoins dés que je suis à la maison, hein ? - Si tu veux . Dis-je sans entrain - Tu sais bien que oui ! Je restais sans réaction à cet excès d'enthousiasme qui en temps normal m'aurait fait sourire. A la place, je lui répondis sur un ton indifférent - Atout à l'heure, alors … Tout en lui déposant un léger baiser sur le front puis retourner à ma voiture. Pendant que Bella alla travailler chez les Newton, je décidais de rentrer à la maison pour dire au revoir à Alice et Jasper. Je devais rassurer ce dernier pour lui dire que tout cela n’était pas sa faute. Tout le monde s’afférait à la maison, Esmé organisait le déménagement, Emmett et Rosalie décidaient quelles voitures nous devions emmener pour notre escapade en Alaska, les autres iraient au garde meubles avec tout le mobilier, tant que nous ne trouverions pas notre destination finale. Alice, quant à elle, semblait n’attendre que moi, pour pouvoir partir avec Jasper - Tu as l’air complètement anéanti, Edward ! Tu fais peur à voir, tu sais … Ayant accès à mes pensées, elle savait même que ce n’était pas qu’une impression. J’étais d’ores et déjà brisé avant même mon départ … - Je sais … mais je dois prendre mes distances avec Bella et je souffre le martyre. Ne pas lui parler, ne plus la toucher alors que je l’aime, c’est vraiment insupportable. Elle comprend que quelque chose ne va pas mais heureusement ou malheureusement d’ailleurs, je ne sais plus, elle ne pose plus aucune question. Elle semble s’en accommoder alors que pour moi, c’est un supplice. Je ne sais pas si je vais réussir à tenir encore longtemps. Dis-je malheureux - Ne soit pas plus lâche que tu ne l’es déjà ! Tu dois affronter les conséquences de ton choix aussi difficiles soient elles. Alors fais ce qu’il faut pour que tu y arrives même si cela doit être très douloureux. Dit elle comme pour me redonner de l’élan - Cela implique que je prenne encore plus mes distances et lui faire croire qu’elle ne compte plus pour moi … Devinais-je - Edward, j’ai peur que tout cela ne soit plus grave que ce que tu imagines car j’ai eu de nouveau « ta » vision …et une nouvelle image c’est imposé à moi ! Cette vision lui était venue alors qu’elle aidé Carlisle à faire quelques cartons dans son bureau. - J’étais en train de l’aider à décrocher ses photos du mur et en touchant l’une d’elle …je t’ai vu sur une place, seul, désespéré, prêt à faire une énorme erreur. Et le plus inquiétant c’est que cette place, elle se trouve … à Volterra ! - Chez les Volturi ?? Demandais-je totalement surpris - Oui !! - Pourquoi voudrais-je aller les voir … Oui, pourquoi irai-je jusqu’en Italie, il n’y avait qu’une seule raison qui me forcerait à y aller. - Peut être pour mourir … Roméo ! Répliqua Alice à l’unisson de mes pensées - Je ne pourrai envisager de mettre fin à mes jours que si Bella meurt … ne me dit pas qu’elle va mourir ? Demandais-je rageur Je ne pouvais pas imaginer qu’elle puisse mourir … mais pourquoi cette vision alors ? Et si elle était exacte … non cela ne pouvait pas se réaliser. - Je n’en sais rien mais j’ai vu qu’elle allait être très malheureuse mais elle ne doit pas mourir. - Sûrement pas, c’est pour cela que je m’éloigne d’elle, cela n’aurait pas de sens. Je vais lui faire promettre de ne rien commettre d’imprudent… ce serait réduire à néant mes efforts si elle devait mourir alors que je suis parti ! - J’avoue que je n’y comprends rien non plus, j’en saurai sans doute plus dès que tu seras parti …alors en attendant soit prudent toi aussi, tu veux bien !! me dit-elle en me prenant la main - Oui, je te le promets, on se revoie dans deux jours normalement. Car je n’étais pas encore tout à fait sûr de réussir ma douloureuse mission - Une dernière chose, j’imagine que je n’aurai pas le droit de lui dire au-revoir ? Elle va penser que je ne l’aimais pas ? Me demanda Alice, résignée - Je ne préfère pas que tu l’as vois, une rupture brutale est préférable !! Elle comprendra que Jasper avait besoin de toi et je suis sûr qu’elle ne t’en voudra pas. Ne t’inquiète pas. Non elle ne lui en voudrait sûrement pas au contraire, elle risquait de se sentir coupable de tout çà - Elle me manquera, je l’aimais beaucoup …c’était ma meilleure amie ! - Je le sais que trop bien …Puis-je voir Jasper un instant ? Dis-je pour changer de sujet - Il arrive … Dit-elle en me lâchant la main pour se mettre un peu à l’écart Jasper vint nous rejoindre, il évitait toujours d’affronter mon regard mais je pris la parole rapidement pour tenter de le mettre à l’aise - Je m’excuse de ne pas t’avoir parlé avant mais comme tu le sais, j’ai du prendre une décision importante … - Oui, je sais puisque c’est de ma faute !! Répondit-il comme si c’était une évidence - Non Jasper, arrête, tu n’y es pour rien, cela devait arriver tôt ou tard, c’est juste tombé sur toi, c’est tout et je le regrette ! Je savais que fréquenter Bella était un danger pour elle, pour moi mais je n’avais pas songé aux autres membres de notre famille… Je pensais que son sang ne dégageait cette odeur incroyable « que pour moi ». - Effectivement, j’ai été très surpris car son sang m’a fait un tel effet, je n’avais jamais encore ressenti cela avant. Je m’en veux horriblement, à cause de moi, tu es obligée de la quitter … Dit-il d’un air penaud Non, ce n’était pas entièrement de sa faute, c’était moi qui l’avait exposé au danger, je me devais de le corriger. - A cause de moi, je dois la laisser …c’est de ma faute, je n’aurai jamais du l’exposer… Le sujet est clos maintenant et tu n’y es pour rien alors on oublie cela s’il te plait ! Dis-je d’une voix quelque peu autoritaire pour être sûr qu’il ait compris que je ne souhaitais plus l’entendre parler ainsi. - Il me faudra du temps pour me pardonner. Je me pensais plus fort … Dit-il en regardant Alice comme pour s’excuser de sa faiblesse. Elle avait mis tant d’ardeur pour le protéger et le surveiller à travers ses visions qu’il ne pensait pas être assez bien pour elle, à présent. - Le plus important est que Bella t’ait pardonné et moi aussi, du reste alors cesse de te torturer et part avec Alice pour te changer les idées ! - Je ne suis pas digne de votre pardon mais merci … Dit-il en me prenant dans ses bras, visiblement très ému - Ne me remercie pas car je ne le mérite pas, bon voyage à vous deux … Alice vint nous rejoindre et m’embrassa. Ce baiser avait pour but de m’aider à supporter l’intense douleur à venir et me rappeler qu’elle serait toujours à mes côtés. Charlie n’allait pas tarder à rentrer et je savais que si je m’installais avec son père devant la télé avant qu’elle ne rentre, Bella n’oserait pas me déranger pensant que j’essayais de sympathiser avec lui. Pendant le trajet qui m’emmenait jusqu’à chez elle, je réfléchissais à la conversation que je venais d’avoir avec Jasper. Quelque chose m’intriguait … Pourquoi était-il autant attiré par son sang ?? Presque autant que moi … pouvait-il être amoureux d’elle ?? Non c’était impossible, il ne lui aurait pas fait de mal … ou alors il savait que je la protègerai et que je la sauverai de son assaut ? Cette pensée me paniquait !! Non ce n’était pas possible, je me trompais, Jasper aimait Alice et il avait été attiré par le sang de Bella car il n’était pas encore assez fort pour résister au sang humain !! Je devenais vraiment fou pour penser à de telles bêtises. Comme prévu, j’arrivais chez elle, le premier. Je m’installai sur les marches du perron guettant l’arrivée imminente de son père. A son arrivée, quelques instants plus tard, il fut surpris de me voir seul mais me laissa entrer et échangea même quelques paroles anodines avec moi. J’étais satisfait, j’avais mon échappatoire pour éviter d’affronter Bella, car ce soir encore, je ne trouvais toujours pas la force de commencer à lui expliquer mes intentions. J’avais encore besoin de sa présence car être loin d’elle trop longtemps, n’était pas encore chose aisée mais je sentais que j’allais réussir. Je devais réussir pour être crédible au moment de mon départ et savoir résister à tout envie de revenir une fois parti … Mais elle, comment réagirait-elle ? J’étais persuadé qu’elle s’en remettrait mais je devais l’aider en disparaissant totalement de sa vie et pour être crédible je devais aussi lui faire croire que mes sentiments avaient changés en modifiant totalement mon attitude envers elle. J’entendis sa voiture se garait dans l’allée et je me figeais instantanément … allais-je réussir à ne pas craquer ? Ses yeux chocolat me manquaient déjà, je les regardais si peu à présent, je n’avais plus le droit de croiser son regard. J’avais peur qu’elle ne comprenne et qu’elle me retienne … du moins je le pensais. Quand elle entra, nous étions tous les deux, assis sur le canapé, les yeux rivés sur la télévision. - Bonsoir … Lança-t-elle mollement - Salut Bella, répondit Charlie sans quitter le poste des yeux. On vient juste de finir les restes de la pizza. Elle doit encore être sur la table. - Très bien Comme je sentais qu’elle ne bougeait pas, attendant bien évidemment un geste de ma part, je levais la tête en lui adressant un sourire poli et lui dis sans entrain - J’arrive tout de suite … en regardant de nouveau le poste de télé Aussitôt je compris que je l’avais contrariée si bien qu'elle se réfugia dans la cuisine. Elle avait du comprendre que je ne comptais pas me lever. Elle revint quelques temps plus tard, munie de son appareil photo, l’air faussement joyeux. Elle se déplaça et se mit devant nous et nous prit en photo. - Qu’est-ce que tu fiches Bella ? Se plaignit son père Elle s’asseya devant le divan en affichant une mine bizarrement enjouée. - Voyons, tu sais bien que maman ne va pas tarder à m’appeler pour vérifier que j’utilise mes cadeaux. Il faut que j’y travaille avant qu’elle ne se vexe. - Mais pourquoi me photographies-tu, moi ? Ronchonna-t-il - Parce que tu es beau. Et comme c’est toi qui as acheté l’appareil, tu n’y échapperas pas. - Hé Edward !! M’appela-t-elle Prends en une de mon père et moi Elle me lança l’appareil, en évitant soigneusement de croiser mon regard … avait-elle peur de ce qu’elle lirait dans mes yeux ?? J’aurai eu peur à sa place. - Souris, Bella ! Murmurais-je Puis son père prit l’appareil pour nous prendre tous les deux. Je me mis debout et Bella se planta à côté de moi, presque comme deux étrangers. Elle m’enlaça tout de même par la taille en évitant toujours de me regarder. - Souris, Bella ! S'exclama à son tour Charlie Elle inspira profondément et s’exécuta, son cœur battait la chamade …comme si elle était mal à l’aise mais je savais maintenant qu’elle l’était. Son père décréta que la séance photos était terminée pour ce soir et cacha l’appareil sous l’oreiller à côté de lui, en se rasseyant. De mon côté, j’en profitai pour me libérer de l’étreinte de Bella avant que sa chaleur n’anéantisse le peu de volonté qu’il me restait. Je dus me forcer à me rasseoir dans le canapé car, avant je lui aurai caressai la joue et rendu son étreinte … mais il fallait mieux ne plus y penser, je me faisais inutilement du mal. Puis l’émission se termina et sonna l’heure de mon départ forcé. Je me redressais et dit : - Ilfaut que je rentre - Aplus ! Répondit Charlie Elle se leva maladroitement et me suivit jusque sur le perron mais je filai droit à ma voiture, sans la regarder, ni la toucher, je ne devais pas prendre le risque de céder et de faire machine arrière. - Tu ne restes pas ? - Pas cette nuit, dis-je en montant dans ma Volvo et m’éloignant aussi vite que possible. Pourquoi ne réagissait-elle pas ?? Pourquoi ne voulait-elle pas me poser une multitude de questions ?? Je ne comprenais pas son silence mais quelque part il m’arrangeait, il me facilitait la tâche, on évitait tout conflit comme si l’on se préparait au pire tous les deux … J’arrivais chez moi, retrouvant une maison partiellement vide de meubles et quasiment inhabitée. Alice et Jasper étant partis, il régnait une ambiance sinistre dans la maison … Esmé m’avait laissé mon piano, attendant le dernier jour pour l’enlever, espérant peut être que j’aurai envie de m’y installer et de jouer ma berceuse. La berceuse de Bella, mais c’était justement pour cette raison que je ne pourrai plus toucher un piano. Bella, était ma source d’inspiration alors ne plus l’avoir, signifiait plus de musique car je n’aurai plus de plaisir à jouer de toute façon. Esmé pourrait même le vendre cela m’était complètement égal. Tout cela me pesait et je ne voulais plus rester entre ses murs, j’avais besoin de me vider l’esprit, de hurler… je me sentais si mal, mon cœur se déchirait en petits morceaux. J’étais un monstre d’agir ainsi, j’en avais conscience mais c’était tout ce que j’avais trouvé pour la protéger de moi. Et son silence, le fait qu’elle reste sans réaction me dépassait totalement… me comprenait-elle ou souhaitait-elle aussi que je parte. J’avais besoin de courir pour tenter d’oublier quelques instants ma douleur et mes doutes. Je chassais espérant que cela me soulagerait mais ce fut peine perdue … et la journée suivante fut tout aussi morose.
Chapitre 5 : La fin
Le troisième jour arriva enfin … le jour de mon départ et du même coup celui de notre séparation. Carlisle avait pu tout régler comme il le souhaitait et le reste de la famille était sur le départ. Je devais les suivre le soir même, j’avais décidé de faire mes adieux à Bella après le lycée. Cette perspective me fit prendre encore plus de distance avec elle toute la journée, ne lui adressant quasiment plus un mot ni même un geste je m’étais enfermé dans une bulle pour essayer de me préparer à la discussion que je redoutais tant. Après le lycée, je la suivis jusqu’à sa voiture et lui dit : - Ca ne t’ennuie pas si je passe chez toi ? - Bien sûr que non ! S'exclama-t-elle - Tout de suite ? Insistais-je en lui ouvrant la portière - Pourquoi pas ? Répondit-elle. Je dois juste poster une lettre à Renée. Je te retrouve là-bas. Je lui pris l’enveloppe pour la poster moi-même, je ne voulais plus perdre de temps. J’avais besoin de lui dire et cela ne pouvait plus attendre, ces trois derniers jours avaient été une véritable torture et si je voulais avoir une chance de survivre il fallait que je parte vite. Je pensais que l’éloignement me ferait du bien et m’aiderait à apaiser ma souffrance, c’était trop dur de la voir à présent. - Je m’en charge. Ca ne m’empêchera pas d’être chez toi le premier . Lançais-je en lui faisant un sourire inexpressif mais j’espérais que cela suffirait à la mettre à l’aise. De toute façon, je n’étais pas capable de faire mieux. - Ata guise. Accepta-t-elle visiblement soucieuse Comme prévu, je fus arrivé avant elle et descendit de ma voiture quand je la vis arriver. Je lui pris son cartable comme je le faisais tout le temps mais au lieu de l’emporter sur mon épaule pour la suivre chez elle, je le reposais sur son siège afin qu’elle devine peut être que je ne reviendrais pas … Je lui pris la main et lui proposais d’aller nous promener. Elle fut surprise mais ne répondit rien. Elle ne disait toujours rien, pas de protestation … étrange car Bella avait toujours quelque chose à dire. J’aurai tout donné pour savoir ce qu’elle s’imaginait à cet instant. Si elle se disait comme moi, que tout allait de travers et que je faisais sûrement une très, mais très grosse erreur. Je lui tenais la main tout en l’emmenant à l’orée du bois près de sa maison, je ne voulais pas qu’elle se perde car elle n’avait pas vraiment le sens de l’orientation. Sa main chaude et douce allait me manquait, je la touchais pour la dernière fois. Son pouls était très rapide, elle était nerveuse, elle savait que je n’allais pas bien et devait se demander ce qui se passait, il fallait que je lui parle … mais comment m’y prendre ? Je m’adossais à un tronc d’arbre et la dévisagea impassible. J’arrivais à regarder son visage, me plonger dans ses yeux … je pouvais le faire maintenant car je voulais qu’elle voit ma souffrance mais y parviendrait-elle ? Elle était si belle … mais elle semblait énervée. Voulait-elle enfin me parler ? J’allais peut-être enfin savoir ce qu’elle ressentait. - Allons-y, discutons ! Décréta-t-elle Là, je pris une grande inspiration comme si j’avais besoin de respirer … non, c’était pour me donner du courage … le courage de lui mentir. - Nous partons, Bella. - Pourquoi maintenant ? Encore un an et … - Ilest grand temps, Bella. Nous nous sommes déjà que trop attardés à Forks. Carlisle a beau prétendre avoir trente trois ans, il a l’air d’un gamin. C’était inéluctable, alors aujourd’hui ou demain … Je prétextais que le problème venait de Carlisle qu’il nous obligeait à partir et je pensais que ce serait une excuse qu’elle comprendrait aisément. - Quand tu dis nous … Chuchota-t-elle - Ils’agit de moi et des miens. Elle agitait la tête de bas en haut comme si elle n’avait pas compris, comme si elle était assommée. - D'accord, je viens aussi A cet instant, je regrettai déjà de ne pas avoir prévu ses réactions afin d’avoir le moins de paroles blessantes possibles et de paraître sûr de moi. J’aurai du pourtant, sachant qu’il m’était impossible de lire ses pensées. -Impossible, Bella. Notre destination … ce n’est pas un endroit pour toi ! Balbutiais-je Ma réplique était un peu nulle d’ailleurs, j’espérais qu’elle le remarquerait. - Quel que soit le lieu où tu es, j’y ai ma place. Bien sûr qu’elle y avait sa place … dans mes rêves les plus beaux. Mais ce temps-là était fini et je devais lui dire que j’étais une mauvaise chose pour elle. Elle devait le comprendre même si je devais lui faire de la peine. - Je ne t’apporte rien de bon, Bella - Ne sois pas idiot, me répondit-elle en cherchant son souffle, tu es ce qu’il y a de mieux dans ma vie … Elle pensait tout l’opposé de moi, j’étais la pire chose qui puisse lui arriver. Je pouvais lui causer la mort et cela avait déjà failli arriver par deux fois déjà. Elle me voyait comme un super héros, je lui avais déjà dit qu’elle était à côté de la plaque, moi j’étais et je serai toujours le méchant. Elle avait une vision de moi totalement usurpée, je pouvais être celui qu’elle aimait mais pour cela je devais amadouer le monstre en moi et j’avais échoué … - Mon univers n’est pas fait pour toi - Ce qui s’est passé avec Jasper, ce n’était rien, Edward, rien du tout !! Au contraire, elle se voilait la face, cet évènement m’avait permis d’ouvrir les yeux. Elle pensait peut-être quand disant cela elle soulagerait ma peine mais ce n’était pas de la peine que je ressentais, c’était plutôt un profond dégout de moi-même. - En effet, il est juste arrivé ce qui devait arriver tôt au tard. - Tu as juré ! A Phoenix, tu as promis que tu resterais - Tant que c’était ce qu’il y avait de bon pour toi … Lâchais-je d’un ton brusque car cette phrase était caduque, je n’étais plus celui qu’il lui fallait et cela m’irritait - Non ! C’est à cause de mon âme hein ? Cria-t-elle tout à coup. Carlisle m’en a parlé, je m’en moque, Edward, si tu savais ce que je m’en moque ! Prends – moi mon âme. Je n’en veux pas, sans toi. Je te l’ai déjà donnée. Je poussais un long soupir à l’écoute de ses dernières paroles, je ne pouvais que regarder le sol car si je regardais ses yeux, j’aurai craqué à cet instant précis. J’étais partagé entre le fait qu’elle me faisait confiance au point de me donner son âme mais d’un autre, elle confirmait sa volonté qu’elle voulait être transformée tout en sachant que je me l’étais interdit. Je ne deviendrai pas un meurtrier, pourquoi je luttais tant pour la quitter sinon. Elle ne devait pas mourir, sa vie ne devait pas se résumer qu’à moi, il fallait que je trouve quelque chose qu’elle puisse croire. Je lui lançais un regard dur et lui asséna : - Je ne veux pas que tu viennes Bella Avait-elle compris ?? Au bout d’un long moment, elle réagit comme hébétée. - Tu … me … quittes ? - Oui Hébétée, cette fois elle l’était, elle plongea son regard dans le mien et je du trouver la force d’y faire face comme si je n’avais aucun regret. Je luttais contre mon envie de lui dire, non Bella, je te mens, je veux rester près de toi, je t’aime, si tu me dis reste, je resterai… Cette discussion était devenue insupportable. Oserais-je aller plus loin dans mon mensonge, s’il le fallait oui, j’en serai obligé. Voir sa douleur me dévorait de honte, je me détestais mais souhaitait-elle m’entendre ? M’avait-elle cru ? Puis elle prononça une phrase qui me laissa perplexe … - Ca change tout. Mais que voulait-elle dire ? Pour le savoir, je devais lui en dire plus … en dévoilant un peu de ma vérité … - Naturellement, une part de moi continuera à t’aimer en quelque sorte. Mais je suis … las de jouer un rôle qui n’est pas moi. Je ne suis pas humain. J’ai trop longtemps laissé l’imposture s’installer. J’en suis désolé. - Arrête. Ne fais pas ça. Je lui avais fait mal à présent mais pas encore assez pour être … crédible … que je détestais ce mot. - Tu ne m’apportes rien de bon, Bella. Ce fut un silence, je m’attendais à ce qu’elle me réponde ou s’énerve comme elle le faisait souvent mais là … elle ne répondit rien !! Avais-je réussi à lui faire croire cette abomination aussi facilement … Elle était toute ma vie et en quelques phrases, elle avait réussi à me croire ?? Pouvait-elle douter de mon inconditionnel amour ?? - Si c’est ce que tu souhaites … Murmura-t-elle - J'ai une dernière faveur à formuler cependant, si ce n’est pas trop te demander Elle avait l’air « aux abois » comme si elle avait peur de mes mots. J’étais un monstre de lui faire endurer tout cela. Je voulais la prendre dans mes bras … mais cela m’était impossible. Si elle venait vers moi, je ne la repousserai pas… Non, … je devais me ressaisir, j’avais fait le plus dur. - Tout ce que tu voudras. Me répondit-elle Là, la vision d’Alice me revint et le fait qu’elle puisse mourir m’ébranla … s’il lui arrivait quelque chose quand je ne serai plus là, je ne pourrai jamais me le pardonner. Je l’aimais plus que tout ! Je cru percevoir une lueur étrange dans ses yeux, elle semblait hypnotisée par mon regard. Elle avait peut être senti mon malaise ? - Pas d’acte téméraire ou stupide … Lui ordonnais-je. Entendu ? Mais il ne fallait pas qu’elle pense que je m’intéressais encore à elle alors je préférai m’expliquer - C’est à Charlie, que je pense, bien-sûr, il a besoin de toi … Prends soin de toi … pour lui. J’aurai tellement voulu dire … pour moi !! - D'accord - En échange je vais te faire une promesse. Je te jure que tu ne me reverras plus jamais. Je ne reviendrai pas. Je ne t’entrainerai plus dans ce genre d’épreuves. Vis ta vie, je ne m’en mêlerai plus. Ce sera comme si je n’avais jamais existé. J’y avais été un peu fort … mais elle ne me répondait toujours pas. Pourquoi ne me disait-elle pas que je me trompais ?? Pourquoi ne me retenait-elle pas ?? Je lui avais donné tous les arguments pour qu’elle réagisse et me dise qu’elle m’aimait …Non, au lieu de cela, elle acceptait sans rien dire. C’était peut-être qu’elle le voulait elle aussi ?? Dans ce cas, je devais lui dire qu’elle irait mieux après mon départ afin qu’elle sache qu’elle pourrait se reconstruire et m’oublier pour reprendre une vie … sans moi. - Rassure-toi, vous autres les humains, avez la mémoire courte. Le temps guérit les blessures de ceux qui appartiennent à votre espèce. - Et la tienne ? Quelle question. Je ne t’oublierai jamais !! Mais cela je ne pouvais pas lui dire. Je devais encore mentir pour qu’elle me croit et elle était visiblement décidée à me croire sans broncher. Cela me perturbait vraiment … - Eh bien … je n’oublierai pas. Toutefois ma … race se laisse facilement distraire. Je souris comme si cela pouvait être vrai … - Voilà, c’est tout. Nous ne t’importunerons plus. - Je ne reverrai plus Alice, haleta-t-elle Je savais qu’elle aurait de la peine de ne plus voir ma soeur car elles étaient devenues très proches mais pour être efficace, mon départ devait regrouper tout le monde et stopper tout contact avec elle. - Non, ils ne sont plus ici. Je suis resté pour te dire au-revoir. - Alice est partie ? - Elle aurait souhaité t’expliquer mais je l’ai persuadé qu’une rupture brutale valait mieux … pour toi. - Adieu Bella … Lui dis-je d'une voix étranglée par l'émotion - Attends ! Me supplia-t-elle mais sans plus de conviction Je pensais qu’elle m’aurait empêché de partir par tous les moyens, au lieu de cela elle semblait résignée … elle m’avait cru !! J’étais abattu mais cela me confirma que c’était sans doute mieux ainsi finalement et qu’elle m’oublierait plus facilement qu’elle ne le pensait. Je lui déposais un léger baiser sur le front, en humant une dernière fois ses cheveux … en lui chuchotant : - Fais attention à toi Je la laissais donc là, seule, m’attendant à la voir pleurer, hurler ou me dire qu’elle m’aimait pour me retenir. Au lieu de cela … elle me laissait partir. Elle m’avait cru au point de croire que ce que l’on avait vécu ne signifiait rien, que notre histoire n’avait jamais existé. J’étais sous le choc moi aussi ! Je me détestais de lui avoir fait du mal mais elle allait s’en remettre puisqu’elle me laissait partir. J’avais été dur pour être sûr qu’elle comprenne, oui, elle avait compris un mensonge mais pas ce que j’aurai voulu … mon cœur était mort une deuxième fois. Il était vide sans l’amour de ma Bella et je ne supportais encore moins l’idée de la laisser seule …
Chapitre 6 : Seul
J’avais besoin de m’éloigner très rapidement de Bella … mais avant cela j’avais une dernière chose à faire. Comme je n’étais pas sûr qu’elle serait en état de retrouver son chemin, je préférai laisser un mot à Charlie. J’écrivis de telle sorte qu’il pense que c’était écrit de sa main. Suis partie en balade avec Edward. N’en ai pas pour longtemps. B J’aurai du la ramener moi-même chez elle … mon côté protecteur reprenait déjà le dessus mais je savais que j’avais agi au mieux et que je ne pouvais plus revenir en arrière. Je montais ensuite dans sa chambre afin de cacher tous les cadeaux que nous lui avions offert ainsi que les photos de moi. Je lui avais promis de disparaître de sa vie et de ne laisser aucune trace de mon existence… Je ne pouvais tout de même pas détruire ces six mois de sa vie où nous avions été heureux … je décidais de tout cacher dans sa chambre. Je voulais qu’elle puisse les découvrir un jour, elle pourrait ainsi repenser à moi et peut être qu’elle chercherait à me retrouver. J’avais remarqué que l’une de ses lattes de parquet n’était pas solidement fixée, et il me fut aisé de tout poser à cet endroit tout en étant à peu prés sûr qu’elle ne les trouverait pas de sitôt … C’était le but, elle devait reprendre sa vie là où elle l’avait laissé, retrouver ses amis qu’elle ne fréquentait presque plus car son unique passe temps c’était moi !! Et elle, elle était mon unique raison de vivre … et plus rien n’avait de sens désormais. A quoi allais-je remplir mes journées et mes nuits sans elle ? Mes nuits ne seront plus jamais les mêmes, je n’aurai plus le bonheur de la regarder dormir ni même l’entendre murmurer mon prénom … Toutes ces tristes pensées m’assaillir pendant tout mon court trajet jusqu’en Alaska, trop occupé à réfléchir je ne regardais même plus le compteur de vitesse qui s’affolait. Je l’avais quitté à peine depuis une heure que je me demandais déjà ce qu’elle pouvait faire et espérait qu’elle allait bien. Je pensais que retrouver les miens allait m’apaiser un peu mais l’idée de voir ces trois couples heureux et amoureux me donnait déjà la nausée. Avant de rencontrer Bella, j’avais du mal à supporter d’être le seul solitaire de la famille mais sans Bella cela allait être encore pire. Je devais les retrouver pour les rassurer mais je savais déjà que je ne pourrai pas rester là-bas. D’une part, parce que Tania tenterait sans doute de me faire de nouvelles avances pensant que cela pourrait me faire le plus grand bien. Elle représentait les tentations que j’avais mentionné à Bella mais ce n’était nullement le cas, mon cœur n’appartenait qu’à cette dernière et je n’avais plus aucune attirance pour personne. Mon esprit était désormais trop accaparé à s’en sortir pour être tenté par quiconque. D’autre part, je m’étais investi d’une mission … je devais neutraliser Victoria car je savais qu’elle continuerait à rôder autour de Bella. Il ne faudrait pas qu’elle s’aperçoive qu’elle était seule à présent car elle deviendrait une proie plus que facile.Je n’étais pas un traqueur mais j’avais plein de temps libre devant moi pour tenter de le devenir. J’espérer que cette mission me permettrait de tenir la tête hors de l’eau quelques temps. J’étais enfin arrivé à Denali. Il faisait nuit et quasiment tout le monde était parti chassé. Seule Alice m’attendait, elle s’inquiétait pour moi. - Edward, je suis heureuse de te revoir … Me dit-elle en me serrant dans ses bras - Moi aussi, même si je ne suis pas là où je voudrais être… - Je ne sais pas si tu veux l’entendre mais Bella ne va pas bien du tout ! Me confia-t-elle visiblement anxieuse - Quand je l’ai quitté, elle semblait bien allée, elle se sent mal mais cela va lui passait … et puis elle a accepté sans broncher mon départ alors je suis certain qu’elle va s’en remettre très rapidement. Cesse de l’espionner, maintenant, s’il te plait. On ne doit plus interférer dans sa vie, je lui ai promis. Je voulais paraître fort mais le fait que Bella puisse allait mal me perturbais et je n’en revenais toujours pas qu’elle m’ait laissé partir aussi facilement. - Très bien, à l’avenir je garderais mes visions de Bella pour moi … Répondit-elle boudeuse - En parlant de vision, rien à signaler de particulier ?? Lui demandais-je pour changer de sujet - Et bien, les choses ont changé ici … comme tu le sais, Tania et ses sœurs ont fais connaissance de Laurent. Il est parti dès qu’il a su que l’on arrivait, Irina serait tombée sous son charme mais Tania reste un peu plus réservée car il semblerait que le régime végétarien ne soit pas sa tasse de thé … - Pourquoi est-il parti ?? Demandais-je surpris - Je pense qu’il voulait nous éviter, Tania ne s’étale pas sur le sujet … mais je ne pense pas qu’il soit une menace. - Peut-être pas pour nous mais s’il trainait avec Victoria, je pense que le sang humain reste sa priorité. Et Victoria, tu as du nouveau ?? Demandais-je soupçonneux - Elle prépare quelque chose, mais c’est encore confus car elle n’a rien arrêté de précis, je t’en parlerais dès que j’en serai un peu plus - Et Jasper, comment va-t-il ? - Mal … Mais quitter Forks lui a fait du bien. Mais en parlant de Tania, tu sais qu’elle t’attendait, je l’ai vu te faire des avances ! Me dit-elle d’un air mutin comme pour tenter de me distraire - Elle est en train de perdre son temps, mon cœur est déjà pris et le restera jusqu’à l’éternité ! Parle lui s’il te plait, je ne tiens pas à l’éconduire une nouvelle fois ! Dis-je excédé Tania m'avait déjà déclaré ses sentiments lors de ma dernière visite et je lui avais déjà dit qu’il ne se passerait rien entre nous. Je pensais qu’elle l’avait compris mais le fait de quitter Bella avait du changer la donne … - Très bien, je vais m’en occuper, je vois bien que tu ne pourras rien lui dire sans la blesser … - Merci Alice … Tu salueras tout le monde pour moi, j’ai besoin d’être seul. - Je sais … mais n’oublie pas qu’on est là. Je ne vis personne pendant plusieurs jours, je ne distinguais même plus exactement, les jours et les nuits se confondaient et je ne sortais chasser que lorsque tout le monde était à la maison. J’évitais scrupuleusement tout contact, je n’avais pas envie de parler ni même de penser ou de bouger. Chacun semblait comprendre mais je sentais bien qu’à la longue mon comportement en agacerait certain. D’une part, pour nos hôtes qui me trouvaient un peu trop théâtral alors qu’il ne s’agissait que d’une humaine après tout … et d’autre part, pour ma famille qui ne souhaitait pas rester en Alaska indéfiniment. J’étais responsable d’un malaise général sous-jacent. Ceci allait m’obliger à réfléchir même si c’était douloureux. Pour être sûr de ne plus embêter, ni déranger personne et pouvoir ruminer comme je le souhaitais, je devais partir, changer d’air. Mais pour aller où, faire quoi ?? Quand j’allais mal, je venais ici pour me ressourcer mais dorénavant ce n’était plus pareil, cet endroit n’était plus celui qu’il me fallait. Emmett et Jasper avaient bien essayé de m’initier à leur combat de catch, Rosalie aurait souhaité que je l’aide à bricoler une des vieilles voitures de Tania, quant à Esmé, elle aurait tant aimé que je rejoue du piano. Carlisle, lui ne disait rien et sentait bien qu’il ne pouvait rien faire pour ma maladie, la seule qu’il ne savait pas guérir … la maladie d’amour. Beaucoup pensait que j’aurai déjà du l’oublier, plus d’un mois s’était écoulé mais j’étais toujours abasourdi, proche du néant et ni rien, ni personne ne pourrait changer cela. Un profond manque s’était installé en moi, ne plus la voir, l’entendre ou la sentir m’effrayais. Seule sa présence aurait pu m’apaiser … j’allais devoir tenter de survivre sans mais je ne m’en pensais pas capable, pas encore. Ne restait qu’Alice, qui ne me demandait rien car elle seule, pouvait partager mes pensées et savait dans quel état je me trouvais … et ce fut elle qui m’aida à prendre une grande décision. Elle vint me rejoindre lors d’une de mes rares sorties nocturnes, nous étions en pleine forêt, fin octobre et la neige commençait à pointer le bout de son nez. La ville de Denali était située aux abords d’un parc national immense, l’un des plus grands du nord des Etats Unis. Un lieu de chasse inespéré pour nous avec des ours noirs, des grizzlis, au plus grand plaisir d’Emmett. Pleins d’autres variétés encore qui ne manquaient pas d’attrait. Notamment les lynx, ces petits félins que j’appréciais particulièrement même s’il me fallait en tuer au moins deux pour avoir l’équivalent d’un puma. Les paysages étaient à couper le souffle, si je n’étais pas si malheureux, j’aurai pu passer des heures à contempler leur beauté. Ce paysage froid et blanc me ressemblait beaucoup à la seule différence, qu’il reflétait calme et apaisement alors que moi je n’étais qu’un esprit torturé et rempli de doutes. - Alors tu pars ? Me demanda-t-telle - Oui, mais je comptais un peu sur toi pour savoir où je devais aller ?? - Et bien, comme je le craignais Victoria, prépare quelque chose … - Et quoi d’autre ? - Elle compte s’en prendre à … Bella, elle prépare sa vengeance et je ne sais pas comment elle a su que Bella était seule mais grâce à cette information, elle prévoit vraiment de s’attaquer à elle vu que tu n’es plus là pour la protéger … Cette information fit déferler une multitude d’images devant mes yeux pour terminer sur ma vision chez les Volturi. Je savais que je ne pouvais pas laisser Victoria agir et tuer Bella, je n’étais pas parti pour lui faire endurer encore plus de malheur voire … la mort. Je devais m’en mêler et stopper ses plans, cela ne devait être la fin ni pour Bella, ni pour moi c’était Victoria qui devait mourir et ma traque allait devoir commencer. - Si … je vais la protéger mais à distance, Victoria ne doit plus être un problème pour Bella, les vampires ne doivent être qu’un … mauvais souvenir pour elle ! J’espérais tout de même que même après les horreurs que je lui avais dit, elle puisse encore penser à moi et ne pas être devenu un cauchemar. - Et comment vas-tu t’y prendre « vengeur masqué » ? Me demanda-t-elle pour me taquiner - La traquer, cela ne doit pas être si compliqué ?? - Tu ne l’as jamais fait, tu ne veux pas que l’on t’accompagne ? - Non, c’est mon combat, j’ai dit que je ne vous mêlerai plus à tout ce qui touche de près ou de loin à Bella, et puis j’ai du temps à revendre pour la pister. Je dois juste la retrouver pour commencer mais ce n’est pas le simple … A dire vrai, j’appréhendai même cette épopée. - Et tu comptes sur moi, j’imagine ! Dit-elle en souriant - Oui, comme toujours. - J'ai du mal à la localiser … - Donne moi des détails de ta vision et peut être que je pourrai t’aider. Alice se frotta les tempes et tenta de revoir sa vision, pour moi elle était trop flou pour y comprendre quoique ce soit… - Une chose est sûre, elle ne va pas directement à Forks, elle semble encore confuse sur sa destination. Elle s’arrête en divers endroits comme si elle cherchait quelque chose. Elle ne va pas te faciliter la tâche, j’ai l’impression. - iI y a quelque chose qui m’intrigue … de quelle manière a-t-elle pu avoir l’information comme quoi Bella était seule, soit elle l’a déjà épiée, soit elle a été informée par quelqu’un qui me connaisse …ou connaisse notre famille. Cela réduit grandement les possibilités. Quelle personne aurait osé se renseigner sur le sujet ?? Une personne qui connaît Victoria mais aussi la famille de Tania … Laurent par exemple. - Laurent savait pour notre venue et a du être ensuite prévenu par Irina pour toi et Bella. - Et si l’arrivée de Laurent à Denali n’était pas si innocente, sans doute que Victoria avait son plan depuis bien longtemps, je dirai même depuis le bal de promo et elle s’est tenue informée par Laurent de tout ce qui se passait dans notre famille via Irina. - Oui c’est plausible et très machiavélique ce qui expliquerait que Laurent nous évite car si tu avais pu lire ses pensées, tu aurais pu tout deviner … mais d’un autre côté, je ne vois pas pourquoi Laurent s’en prendrait à Bella ? Il n’était pas vraiment lié à Victoria et ils ne formaient pas une meute à proprement parler. Non je ne pense pas qu’il soit notre principal souci. Tu l’aurai sans doute déjà vu dans tes visions ? - Certainement … tu dois avoir raison sur le fait qu’il ne tentera rien à l’encontre de Bella … Me répondit-elle songeuse. - Au fait, je ne pense pas pouvoir t’aider aujourd’hui encore mais je vais tenter de te donner une piste avant mon départ… - Ton départ ?? Repris-je surpris - Oui, on savait tous que l’on ne resterait pas indéfiniment ici et puis Carlisle a trouvé notre nouveau point de chute, Ithaca, dans l’état de New York. Je ne pense pas les suivre tout de suite car j’ai un autre projet en tête… Evidemment que je le savais. Carlisle avait besoin d’exercer de nouveau, Esmé avait besoin, elle aussi, de s’occuper les idées avec un nouveau projet de restauration. - Wouah ! Mais vous allez à l’autre bout du pays pourquoi un tel choix ? - Carlisle a eu la chance de trouver un poste à temps partiel dans la prestigieuse université de Cornell, c’était un rêve pour lui et en parallèle il travaillera de nuit à l’hôpital d’Ithaca. Quant à Esmé, elle aurait décroché un contrat pour la restauration d’une maison du 17ème siècle au nord de la ville. C’est un sacré boulot car la bâtisse est classée monument historique !! Un challenge qu’elle a envie de relever. - Je suis très heureux pour eux, ils vont pouvoir passer à autre chose … chacun doit reprendre le cours de sa vie … Excepté moi … je n’avais plus de vie alors j’allais la dédier dans un premier temps à éloigner et neutraliser Victoria. - Si tu as besoin de moi, tu sauras me contacter … Je voulais éviter de la contacter autant que possible, Alice aussi devait pouvoir s’occuper d’elle et de Jasper. Se retrouver tous les deux pour aider ce dernier à combattre son attirance encore très présente pour le sang humain. - Je ne veux plus d’importuner avec tout cela, pars faire ce que tu as prévu … et Jasper t’accompagne ? Elle envisageait de retrouver ses origines. Cette envie était devenait obsédante depuis que Bella lui avait confié les révélations de James à son sujet. Ces recherches allaient lui permettre de se consacrer à autre chose que Bella et moi et c’était une très bonne nouvelle. - Oui, je pense que son soutien sera précieux car je ne sais pas trop ce que je vais trouver en entamant ces recherches. A notre retour, il envisage peut être de reprendre les études et de s’inscrire à Cornell pour étudier la philosophie. - Tu vas où exactement ? - Je vais d’abord me rendre à l’asile où j’ai été internée, pour voir ce que je peux retrouver dans les archives sur ma famille … rien que de retrouver mon nom de famille sera une victoire … peut être que mes visions pourront m’aider sur ce coup là. - Je te souhaite sincèrement de trouver quelque chose qui te permettra de comprendre un peu plus ce qui c’est passé. - Et toi, on te reverra quand ? Je n’osais pas lui avouer que je n’envisageais pas de les revoir avant un bout de temps mais je ne voulais pas lui faire de peine alors je laissais planer le doute. - Je ne sais pas trop, si ma traque m’amène près de chez vous, je passerai sinon on s’appellera et puis je ne serai pas de très bonne compagnie alors autant que je vous laisse tranquille quelques temps. - Ne dis pas de bêtise, nous sommes une famille et on est là pour t’aider à passer ce cap difficile ! Et puis pense à Carlisle et Esmé, ils auront besoin de te voir … - Je sais que vous avez toujours été là pour moi mais aucun soutien ne me fera du bien en ce moment, la solitude me parait préférable. - très bien, mais sache que l’on est là pour toi, ne l’oublie jamais ! - merci mon petit lutin !! Lui dis-je en lui embrassant tendrement le front Après une longue chasse au cœur du vaste et magnifique parc de Denali, nous nous assîmes tous les deux sur un tronc d’arbre, songeant qu’il s’agissait sans doute de notre dernière conversation avant longtemps. Alice avait toujours été la personne de ma famille dont j’étais le plus proche, d’une part parce que nous avions un don tous les deux et qu’il nous rapprochait énormément et d’autre part, elle était la gentillesse incarnée. Je la considérais vraiment comme ma petite sœur. - Je dois te donner des indications pour que tu puisses retrouver Victoria rapidement et la suivre du mieux que tu pourras sans te faire remarquer … - Cela m’aiderait beaucoup en effet ! Lui dis-je en souriant - Elle est près de Vancouver ces temps-ci … - Très bien, j’ai le point de départ de mon voyage, j’espère que je serai à la hauteur. - J'en suis sûre et je te contacterai s’il y a le moindre changement. - Bonne chance dans ta quête ! - Bonne chance à toi aussi … Je n’avais plus de temps à perdre à présent mais avant tout je me devais de dire au revoir à Esmé et Carlisle et leur expliquer que je ne viendrai pas avec eux. Alice les avaient prévenu et m’attendaient tous les deux devant le perron. Je pris Esmé dans mes bras et Carlisle me fit une accolade. Esmé avait déjà les larmes aux yeux … - Alice vous a déjà prévenu ? - On sait juste que tu ne nous suis pas à Ithaca !! Répondit Carlisle quelque peu ému - En effet, j’ai décidé de suivre la piste de Victoria pour m’assurer qu’elle n’attaquera pas Bella et puis surtout pour ne pas vous imposer ma sinistre présence. - Ne sois pas bête, nous t’aimons et nous savons quelle épreuve tu traverses, nous n’exigeons rien de toi. Dit Esmé en me prenant la main - Merci maman d’être aussi compréhensive mais l’éloignement et la solitude me sont nécessaires ! - Nous t’attendrons mais ne fais rien qui pourrait te mettre en danger, prend soin de toi !! Renchéri Carlisle - Je viendrai vous voir dès que je le pourrai et vous appellerai régulièrement. C’était une promesse que je n’étais pas sûr de tenir à cet instant mais elle avait au moins le mérite de les soulager. Je les embrassais une dernière fois en leur demandant de dire au revoir de ma part à Jasper, Emmett et Rosalie. Je m’éloignais de ceux que j’aimais une nouvelle fois, à cet instant je sortis de ma poche, une chose très précieuse … une boite à souvenir en quelque sorte et j’en avais bien besoin en ce moment pour me redonner du courage. C’était le bouchon de la bouteille de limonade de Bella … lors de notre première conversation dans la cantine, le jour où elle m’avait exposé ses théories sur les super héros. Elle pensait que j’en étais un …mais j’étais à l’inverse le méchant, celui qui aurait pu lui faire du mal !! Ce bouchon était un souvenir important pour moi, il marquait le jour où j’avais enfin compris que Bella représentait celle que j’attendais depuis toujours. En serrant fort ce petit bouchon entre mes doigts, le délicieux visage de Bella m’apparut tel un ange avec ses magnifiques yeux chocolat. Elle était plus belle encore que mes récents souvenirs. Elle me souriait comme si elle m’avait pardonné de l’avoir abandonné comme si elle savait que je l’aimais plus que tout … Cette vision éphémère eut le mérite de me redonner un peu d’aplomb. J’embrassai ce nouvel allier et le remis dans ma poche car il me permettrait peut être d’affronter ma nouvelle solitude …
Chapitre 7 : DécouverteJe savais que je fonçais droit vers l’inconnu … J’avais peur de ne pas être à la hauteur car je me considérais plus comme un vampire mélomane et romantique qu’un traqueur entrainé. Cette traque était sans doute une folie mais un mal nécessaire pour me permettre d’avancer, de penser à autre chose que mon amour perdu. Je devais apprendre à survivre loin des miens et de celle que j’aimais. Pourchasser Victoria allait me permettre d’apaiser mes inquiétudes sur le danger qu’elle représentait pour Bella, et allait me donner un but pour les longues semaines ou les interminables mois à venir, tant qu’elle s’avèrerait être un danger réel ! Cette situation était une première pour moi. Etre éloigné des miens, ne plus avoir une vie dite « normale », du moins une vie imitant le plus possible celle des humains. Vivre dans une belle maison, étudier et aller au lycée, écouter la musique sans jamais sans lasser, jouer de longues heures sur mon piano, conduire mes voitures … tout ce qui constituait la façade que l’on exposait depuis plusieurs années. Des vampires sédentaires jouant la comédie de la vie humaine, cela pouvait surprendre, mais vivre au contact de Bella m’avait confirmé que c’était ce que je désirais. Cela exigeait de se déplacer à la même lenteur qu’eux, respecter leurs règles, mentir sur notre âge ou nos compétences et faire en boucle le lycée puis l’université plusieurs années de suite mais en retour nous avions une vie paisible et la sécurité d’un logis. Le plus dur pour moi, était d’avoir le contrôle sur mon instinct pour résister à l’attirante odeur du sang humain … j’en avais été capable avant Bella même lorsque je commençais à avoir très soif, mais son enivrant parfum avant tout bouleversé. Autant, je n’avais pas réussi à me maitriser face à mon envie de boire son sang autant celui des autres humains ne me procurer plus aucune envie. Du moins, je le pensais … Suivre Victoria, impliquer un changement radical de ma façon de vivre, je devais apprendre à survivre comme elle, à une exception près … sa nourriture. A la différence de notre famille, elle ne se nourrissait exclusivement que de sang humain. Sa chasse ne constituait pas à traquer des animaux en pleine forêt … non, Victoria procédait tout autrement. Elle arpentait les rues des grandes villes ou villages pour y dénicher sa proie. Elle la suivait ensuite, puis l’abordait pour la séduire en l’hypnotisant par son parfum, son haleine et sa beauté machiavélique. Lorsque sa victime apercevait ses pupilles rouges sang, il était déjà trop tard ! Je ne souhaitais pas assister à ces agissements, je devais pour cela ne pas être trop près d’elle et grâce à mon don de pouvoir lire ses pensées et mon puissant odorat, je pourrai être en retrait. Par contre d’avoir accès à ses pensées pouvait autant être un atout pour moi afin de savoir ce qu’elle comptait faire contre Bella que d’être un cauchemar en ressentant la jouissance de boire du sang humain… Par tous ces aspects, cette traque était un vrai défi. J’avais laissé ma voiture à Alice et Jasper car pour suivre Victoria, il m’était plus simple de courir que de risquer de me faire repérer avec ma Volvo. Je devais retrouver un côté de moi, beaucoup plus primitif, loin du confort que je connaissais. Je devais me résoudre à dire adieu à ma voiture et oublier l’ivresse de la vitesse automobile. Toutefois je ne me débrouillais pas si mal en courant … si bien que je fus arrivé à Vancouver en presque trois heures. Je me lançais déjà à la recherche de Victoria dans cette grande ville que je connaissais un peu, pour y avoir fait étape une fois, avec Carlisle et Esmé, lors d’une de nos nombreuses visites à Denali. Vancouver était une ville jeune et très cosmopolite, s’y mélangeait toutes les origines. Je décidais de commencer par le quartier chinois de la ville. En effet, le festival Chinatown Night Market battait son plein et j’étais sûr que cela attiserait l’appétit de Victoria. Tant de victimes vulnérables et faciles, c’était un luxe dont elle ne pouvait pas se priver. Le quartier Chinois de Vancouver était le plus important d’Amérique du Nord, il était du même coup remplis de visiteurs. Elle n’allait avoir que l’embarras du choix. J’arpentais pendant un très long moment, les rues animées de la ville, les unes après les autres mais aucune trace de Victoria, je fus saisi d’un malaise comme si je mettais trompé comme si j’avais râté quelque chose. Je commençais même à douter des visions d’Alice, elle avait pu se tromper … Victoria avait pu changer d’itinéraire ? J’étais abattu, désorienté. Je m’assis sur un banc au beau milieu de tout ce brouhaha, les odeurs écœurantes de cuisson asiatique, les multiples conversations à voix haute, les rires des passants et cette musique désuète, sensait être dépaysante … Je recevais un flot continu d’envie, de désir, de crainte et de peur, c’était un bruit incessant qui m’empêchait de me concentrer pour capter les pensées de Victoria … C’était la première fois depuis bien longtemps que je me retrouvais confronté à autant d’humains, c’était totalement déstabilisant, tous mes sens étaient altérés. Je voulus quand même tenter une dernière recherche vers le quartier le plus touristique Gastown. Je ne devais pas baisser les bras si facilement. Après une marche éprouvante parmi tous ces humains braillards, j’entendis brièvement des pensées qui me venaient distinctement comme si elles étaient plus puissantes que les autres. Je ne mis pas longtemps à comprendre que c’étaient celles de Victoria … le verbe tuer étaient bien trop présent dans ses pensées. Elle était bien là, j’avais eu raison de persévérer. J’étais soulagé de l’avoir enfin localisé, un sentiment de fierté m’envahit, je n’étais peut être pas si nul comme traqueur, tout compte fait. Cette confrontation avec tout ce monde, m’avait convaincu que je n’étais bien que loin de tout ça. Mon isolement était bien le meilleur choix pour ne pas devenir fou. Il était donc préférable de garder mes distances des humains et du même coût de Victoria afin de ne pas assister à son repas, c’était définitivement au-dessus de mes forces. Etre témoin de la mort d’un humain m’aurait encore plus rappelé la souffrance de Bella après l’attaque de James. La fragilité de son frêle corps face à l’impressionnante force de son agresseur, la facilité avec laquelle il aurait pu la tuer, fit venir le venin dans ma bouche. Il m’était encore très difficile de repenser à l’état dans lequel se trouvait Bella après l’agression de James. Je me sentais fautif comme à chaque fois qui lui arrivait quelque chose de mal, car tout était de ma faute, m’aimer la confronter à un danger perpétuel. Elle ne méritait pas toutes les souffrances que je lui avais fais endurer. Notre amour devrait rester un amour interdit, une humaine ne pouvait pas aimer un vampire… J’avais eu raison de partir, j’avais eu raison de me confronter à mon égoisme. Bella méritait le bonheur, la sécurité et je ne pouvais lui procurer que mon amour inconditionnel et une présence sans faille à ses côtés. Elle en attendait plus, je le savais et c’était une des raisons pour lesquelles, elle insistait tant pour être transformée … elle voulait notamment plus de contacts physiques entre nous. Moi aussi, bien évidemment, il m’était devenu très difficile de l’embrasser, la caresser sans vouloir aller plus loin d’autant plus que je sentais son désir se mêlait au mien. Les accélérations de son cœur étaient aussi violentes que le désir que j’avais pour elle. Je la désirais à un tel point que je n’arrivai presque plus à stopper nos baisers pour éviter que mon venin ne la tue. Je ne pouvais pas me laisser aller avec elle, je devais constamment me contenir … j’aurai pu quand même continuer toute sa vie ainsi, si c’était ce qu’elle voulait. J’aurai appris à me maîtriser comme j’avais déjà su le faire, j’aurai pu faire n’importe quoi pour elle. Avait-elle repris le court de sa vie, était-elle passée à autre chose ? Je lui avais demandé de le faire d’ailleurs, alors elle en aurait le droit … mais je ne voulais pas imaginer qu’un autre homme puisse la toucher, la caresser, la désirer, lui rendre ses baisers … la rendre heureuse. Avait-elle réussi à m’oublier, à ne plus m’aimer ?? L’idée qu’elle puisse aimer un autre que moi me donna la nausée, j’avais envie de crier … j’allais devenir fou si je n’arrêtai pas d’y penser. Et si j’allais l’espionner, en pleine nuit dans sa chambre, pour la voir, peut être même la toucher dans son sommeil, j’arriverai sans doute à savoir si elle m’avait oublié. Elle ne m’entendrait pas, ne me verra pas, elle ne saura même rien de ma visite … j’en avais tellement besoin … sentir son enivrante odeur, le subtil parfum de ses cheveux, caresser sa peau si délicate … Non, bien sûr que non, je ne pouvais pas y aller ! Si j’y allais, je savais que j’allais craquer et ne plus repartir, si je la voyais … il me serait totalement impossible de repartir ! Au lieu de cela, j’étais condamné à me torturer pour le reste de mon existence … et ça, j’y étais habitué. Plutôt que souffrir atrocement à chaque fois que je pensais à elle, je préférai devenir fou et espérer qu’elle puisse m’attendre … prier qu’elle n’avait pas cru mes mensonges, qu’elle m’aimerait toujours. On aurait ainsi la chance de se revoir un jour et le destin nous réunirait … oui, je voulais laisser décider le destin. J’avais eu la chance de la rencontrer et de l’aimer, pourquoi n’aurai-je pas la chance de la retrouver ? Oui, je voulais y croire … j’avais besoin d’y croire sinon je ne serai plus rien. Cette pensée me rassura et je pus retrouver un peu d’entrain pour me concentrer sur mon objectif qui était Victoria. Oui, Victoria … Son repas terminé, je la sentis apaisée tant et si bien qu’elle prévoyait de rester encore un peu sur Vancouver. Je m’attendais, à ce qu’elle file vers Forks au lieu de cela c’était un tout autre plan qu’elle avait à l’esprit. Bella ne semblait plus tout à fait être son premier souci, et le but de sa nouvelle quête me fit sourire car je n’envisageais pas Victoria sous cet angle là. Ce que je vis me rappela la vision d’Alice où elle m’avait dit que Victoria était indécise sur sa destination, elle semblait chercher quelque chose. Oui, elle cherchait en effet… Pour moi, c’était une meurtrière, une tueuse sans scrupules ni remords mais en ce moment son unique objectif était de remplacer James dans son cœur ou tout au moins pour assouvir ses désirs personnels. Victoria était en quête d’un nouveau compagnon …
Chapitre 8 : Alice, James … Victoria
J’avais appris aussi plusieurs choses sur Victoria, notamment et cela n’en était pas moins intéressant … les circonstances de sa création mais pas seulement la sienne… Même si nos souvenirs humains étaient le plus souvent devenus très flous, étonnamment Victoria avait une mémoire très riche en évènements de son passé mais aussi de ceux qui avaient marqué sa vie. En effet, Victoria avait conservé beaucoup de souvenirs concernant la vie de James mais certains étaient douloureux pour moi à imaginer car ils touchés quelqu’un de très proche… Alice ! Alice et James avait le même créateur, ils auraient été engendrés tous les deux par le pire tueur en série des années cinquante. On aurait dit qu’il avait transmis à James sa haine des humains et son désir de tuer … Il y était d’autant plus vite parvenu car James avait déjà beaucoup de potentiel et avait juste besoin de temps pour être façonner. Heureusement il n’en avait pas eu le temps pour Alice … même si le mot heureusement n’était pas le plus approprié. Tout bascula pour James, lors de sa vingtième année, il habitait dans une petite bourgade dans la banlieue d'Austin. N’ayant pas été très doué pour les études ni même pour un quelconque travail, on lui avait proposé de travailler comme palefrenier dans plusieurs ranchs de la région mais il avait refusé n’aimant pas non plus se salir les mains. Il partit donc pour Dallas, espérant y trouver un boulot tranquille … mais ça même à l’époque cela n’existait pas. Très rapidement, il traina dans les rues sans un sou. C’était une situation qu’il ne pouvait supporter … il ne lui restait donc plus qu’une solution, voler les passants. Ce fut ainsi qu’il s’en prit aux plus faibles que lui et dès qu’une personne se trouvait isolée dans la rue, il l’agressait. Au début, il était imprécis et rapide mais avec le temps, il y prit du plaisir … sentir la peur des gens, les voir pleurer, le supplier longuement, tout cela l’excitait. Puis un jour, il serra un peu trop fort le cou d’une pauvre femme … et il bascula alors, du côté des meurtriers. La sensation de puissance que cela lui procura, était visiblement tout aussi intense que boire du sang humain pour un vampire. Mais un jour, il s’attaqua à plus fort que lui … son créateur, du nom de Desmon. Son plan était bien rôdé et il ne se cachait presque plus pour commettre ses agressions. Seulement ce jour-là, son créateur eut l’ascendant sur lui. Ayant détecté le potentiel de James, Desmon ne put se résigner à le laisser mourir … et James devint ainsi un vampire. Son instinct du mal s’amplifia et la délectation de boire le sang humain décupla son aversion pour l’espèce humaine. Les humains étaient devenus insignifiants, périssables et les acteurs impuissants de ces sinistres jeux. Tous deux formèrent un duo diabolique, en tuant à tour de rôle … chacun choisissant la victime de l’autre. James était un homme qui aimait énormément les femmes et son désir avait, lui aussi décuplé avec sa transformation. Ces deux premières années de nouveau né, ne furent orientées que sur ses plaisirs sadiques de meurtres et de tortures. Son terrain de jeux s’était élargi et avait largement dépassé le Texas. Il fit escale au Mississippi, ce serait dans cet état qu’il aurait rencontré Alice … Le fait de penser à ma sœur, me serra le cœur, j’allais découvrir des choses la concernant qu’elle-même ignorait encore … sans était presque indécent mais elle serait soulagée d’en savoir plus. Toutefois je ne pourrai pas me résoudre à lui raconter toute la vérité. Je ne savais pas si elle supporterait de tout entendre. Alice appartenait à une riche famille de la ville de Jackson où son père était le plus gros exploitant de coton de l’Etat du Mississippi. Je comprenais mieux maintenant pourquoi elle avait toujours du goût pour les belles choses … elle avait déjà connu çà ! Rien ne la prédestinait à croiser la route de James tout sauf, ce malheureux jour où elle eu la vision de la mort de son père. Cette vision fut très violente et criante de vérité au point qu’Alice ne pu s’empêcher d’aller prévenir ce dernier. Avant ça, elle n’avait eu que quelques visions qu’elle avait interprété comme des prémonitions. Cela ne l’alarmait pas et en parlait aisément à sa famille, qui elle, en revanche était totalement sous le choc et la considérait comme à moitié folle car aucune de ses prédictions ne s’était encore avérée exacte. Alice aimait beaucoup sa famille mais ses parents et sa soeur ne lui rendait pas aussi bien … ils ne supportaient « sa différence ». Elle, elle s'en moquait de ne pas être autant aimée qu'elle ne les aimait mais sa famille était tout ce qu'elle possédait. C'est pourquoi malgré tout, elle se précipita rejoindre son père sur un de ses immenses champs de coton tout en sachant qu’il ne tolérerait pas cette énième incartade. Elle risquait l’asile, elle le savait mais la vie de son père était plus importante. Ce fut sur le chemin que James l’aborda, tout d’abord attiré par sa grâce naturelle et son magnifique visage enfantin. Alice était jeune et naïve, elle se laissa charmer. James avait cette beauté envoûtante et cette odeur attirante qui séduisaient tant les humaines. Elle était flattée par son insistance car il était le premier homme à lui témoigner autant d’intérêt … Elle se sentit en confiance et se dévoila un peu trop, anxieuse pour son père et pensant que cet inconnu la comprendrait. Contre toute attente il ne l’attaqua pas tout de suite, James avait envie de s’amuser et trouvait Alice très à son goût jusqu’à envisager d’en faire sa compagne. Il la suivit jusqu’au champ de coton de son père car il était curieux d’en savoir plus sur elle, il la trouvait particulière. Malheureusement, le père d’Alice n’appréciait pas les visions de sa fille surtout quand elles le concernaient. Il se mit dans une colère noire contre elle et décida de la faire interner à l’asile comme il l’avait d’ailleurs menacé. Personne ne devait savoir que sa fille était devenue totalement folle ! Ce n’était pas du tout concevable pour une famille de leur rang. Si cela était ébruité, ils deviendraient la risée de toute la ville. James voulait s’assurer de la véracité des visions d’Alice car si celle-ci s’avérait exacte, il aurait de grands projets pour elle… Il resta là, caché après le départ d’Alice pour l’asile. Son père était lui aussi resté, imperturbable, n'éprouvant aucun remord concernant l'internement de sa fille …. Il donnait ses directives pour la livraison de la récolte quotidienne jusqu’au moment où l’accident arriva … un des chevaux de l’attelage du chariot dédié au transport de la récolte s’emballa et fonça directement sur le père d’Alice. Le malheureux homme fut mortellement piétiné … La découverte des visions d’Alice avait accentué l’intérêt que James lui portait, il la voulait coûte que coûte, encore plus depuis qu’il savait que ces visions pouvaient se réaliser. Une fois transformée, ses dons auraient décuplés et elle pourrait lui être très utile. La pauvre Alice se trouva internée chez les fous alors qu’elle voulait seulement aider son père. Elle avait été emmenée telle une pestiférée … comme si elle était devenue orpheline. Ce serait un infirmier de l'asile qui lui aurait annoncé la mort de son père … Je n'osais même pas imaginer sa souffrance, elle s'était « sacrifiée » pour le garder en vie mais cela n'avait servi à rien … quelle effroyable douleur … comme si … comme s'il devait arriver quelque chose à ma Bella … il me serait totalement impossible de m'en remettre. Même une profonde amnésie n'y ferait rien, mon amour dépassait tout ça, la vie, la mort, non je n'osais même pas penser qu'il puisse lui arriver quoique que ce soit. Ma pauvre Alice… James parla de sa découverte avec Desmon et ce dernier fut très intéressé lui aussi. Peut être trop même car il ne voulait pas laisser le talent inestimable d’Alice à James mais plutôt se l'accaparer pour lui. Les deux vampires étaient devenus rivaux et allaient se battre pour décrocher ce nouveau trophée, le travail en équipe était bel et bien terminé, l'un devait prendre l'ascendant sur l'autre. Leur rivalité était consommée … Desmon alla la nuit même, kidnapper Alice. Son expérience jouait en sa faveur et il prit de l’avance sur James. Ce dernier n’était pas encore le traqueur que j’avais rencontré. Le créateur couru toute la nuit pour la cacher dans les marécages du fleuve Mississippi afin de dissimuler leurs traces. Je préférai éviter les détails de sa transformation car ce fut vraiment insupportable et je comprenais mieux pourquoi elle avait complètement oublié sa vie d’humaine après de telles atrocités jusqu’à en occulter la mort de son père. James les retrouva mais il était trop tard, tous deux la pensaient morte, elle agonisait littéralement dans la puante moiteur des marécages. La transformation était en train de s’opérer si bien qu’elle ne pouvait plus bouger, ni même respirer. Desmon n'ayant engendré qu'un seul vampire, James, ses connaissances en cette matière étaient très limitées. Il comprenait surtout qu'il n'avait pas su se maitriser et avait énormément fait souffrir ma pauvre sœur… James était furieux d’avoir perdu ce qu’il convoitait tant et s’en prit à Desmon. S’ensuivit une terrible bagarre … et ce fut James qui l’emporta. L’élève avait enfin dépassé le maître. Pensant Alice morte, il l’avait laissé agonisante dans les marécages, livrée à son triste sort. Cette vision me déclencha un frisson, je n’aurai jamais imaginé qu’elle ait pu vivre de telles horreurs. Je me devais de l’épargner et de lui dire le moins de chose désagréable possible sur les conditions de sa transformation, elle ne devait pas tout savoir, je ne le tolèrerais pas. Voir sa souffrance de l’époque m’était insupportable, Alice ne devait en aucun cas voir ça, je me devais de modifier quelque peu mes découvertes pour ne pas la blesser. Je comprenais maintenant pourquoi il avait été tant surpris de revoir Alice après ce fameux match de base Ball … après tout ce temps et il la voyait vivante … s'il ne m'avait pas vu réagir aussi violemment pour protéger Bella il s'en serait peut être pris à ma sœur ? Quoiqu'il en soit il avait fait du mal à deux des femmes que j'aimais le plus au monde. J'avais bien fait de le tuer même si je détestais l'idée de me voir comme un meurtrier mais avec James je n'avais pas eu le choix ! Enfin, … je ne pouvais pas lui en vouloir totalement car s'il n'avait pas croisé son chemin, je ne l'aurai jamais rencontré, elle n'aurait même jamais été un vampire et elle n'aurait jamais pu nous faire découvrir quel ravissant et adorable petit lutin elle pouvait être … elle me manquait elle aussi, ses encouragements, sa présence et son rire enfantin. Je devais être fort et assumer mon choix de solitude, je devais trouver la force de continuer ! James n'ayant pas obtenu ce qu'il désirait, continua sa course et retourna à Dallas dans cette ville où il se sentait bien, c’était devenu son repère, il y avait ses habitudes. La ville s’était agrandi grâce aux gisements de pétrole, plusieurs milliers de personnes étaient arrivées lui garantissant de quoi se nourrir pour pas mal de temps. Ce serait à cette période qu’il aurait croisé la route de Victoria, à un moment de son existence où il se retrouvait seul, sans son créateur qui avait aussi été son guide … il ne voulait plus rester seul. Ces victimes suivantes ne furent que des femmes de différents types et nationalités, cherchant ce petit plus qui ferait qu'il en choisirait une. Lui aussi voulait avoir sa créature. Son choix se porta sur cette fille tout à fait différente des femmes de l’époque, toutes mariées très jeunes et installées à la maison pour s’occuper de mari et enfants. Victoria, elle, avait du quitter ses parents car ils voulaient la confiner dans ce beau modèle de vie du rêve américain. Elle, elle ne rêvait que d’aventure et d’être légale des hommes, être « cow-boy » était son leitmotiv. Ils s’étaient tous moqués d’elle car une femme n’avait pas du tout sa place dans un ranch et encore moins les capacités pour diriger un troupeau de bétail. Une femme dans un milieu exclusivement destiné aux hommes, elle n’avait aucune chance. Malheureusement elle persévéra et cela ne lui valut que maltraitances et moqueries de tous les cow-boys qu’elle sollicitait dans différents ranchs. Tout ce qu’elle pu trouver ce fut un boulot de nettoyage d’écuries, elle n’avait même pas le droit de s’occuper des chevaux. Elle accepta malgré tout, trop heureuse d’évoluer dans le milieu qu’elle avait choisi. Mais elle ne restait qu’une femme et les hommes étaient un peu trop entreprenants envers elle … si bien qu’un jour, il se produisit ce qui allait tout déclencher … elle fut sérieusement abusée et agressée par deux d’entre eux. Elle devint alors une femme haineuse et prête à tout pour se venger de ces agresseurs. Ce fut dans cet état d'esprit qu’elle croisa la route de James, un soir dans un bar … elle avait besoin de noyer ses horribles souvenirs alors que lui, il venait chercher son diner. Il sut la mettre rapidement en confiance, son charme mêlé à l’alcool lui facilitait la tâche. Elle lui raconta aisément toute sa vie … Lui, il la trouvait vraiment surprenante, persévérante et particulièrement séduisante pour une simple humaine. Tout cela l’amena à lui proposer un marché. Il allait l’aider à se venger … Il lui fit conclure un pacte et lui confia du même coup ce qu’il était. Il lui proposa de la transformer afin de devenir une femme encore plus séduisante, et extrêmement forte pour éliminer ses agresseurs et les faire atrocement souffrir. Elle pourrait ainsi assouvir son désir de vengeance mais en échange elle acceptait de devenir un monstre et d’être redevable d’une dette auprès de James … celle de vivre éternellement auprès de lui en signe de reconnaissance. Sa vie ayant été brisée, elle ne regretterait rien de sa vie d’humaine et fut même heureuse à l’époque à l’idée qu’elle pourrait oublier quelques périodes de sa misérable vie. James, lui, avait tout gagné, abreuver sa soif et une compagne qui se révéla être une véritable tueuse à l’effigie de son créateur. Un couple était né … Aujourd’hui encore, elle ne regrettait rien … sa rencontre et sa vie de nomade auprès de James étaient ce qui pouvait lui arrivait de mieux, elle avait été heureuse et était devenue une femme forte ayant désormais l’ascendant sur les hommes. Plus jamais elle ne serait obligée d’obéir à la gente masculine ! Son monde s’était écroulé à la mort de James, tout avait basculé et vivre sans lui, cela n’avait plus la même saveur. Elle souffrait énormément de son absence et j’en étais la cause … je lui avais enlevé ce bonheur en le tuant. Sa vengeance s’était logiquement portée sur moi … elle voulait me faire souffrir et savait pertinemment qu’en s’attaquant à Bella, elle me visait directement. Elle était mon talon d'Achille en quelque sorte et Victoria comptait s'en servir. Elle ne lâcherait rien, je le savais à présent, je devais me méfier d’elle quoiqu’il arrive, elle devait effectivement rester ma priorité.
Chapitre 9 : ApparitionCe fut ainsi qu’après Vancouver, elle s’arrêta à Calgary. Pendant ses chasses en ville, je décidais de m’éloigner de Victoria, d’une part pour aller me nourrir mais aussi pour m’extraire de toutes les mauvaises pensées qui erraient continuellement dans son esprit. Elle pensait au mal du soir au matin même si ces derniers temps la quête d’un nouveau compagnon l’avait un peu radoucit. Je filais donc vers le nord pour découvrir le parc national de Banff. Ce parc était réputé pour y croiser des Wapitis, des bisons et des couguars … mon met favori. Je m’aventurais alors dans ces magnifiques forêts pour guetter un puma, car j’avais eu si peu de chance d’en débusquer un à Forks, qu’ici je voulais y parvenir. Cet animal était très rapide presque autant que moi. J’allais pouvoir me dégourdir les jambes et sa saveur était la meilleure parmi toute l’espèce animale. Je réussi à en flairer un et le suivit jusqu’au sommet Bow. Cet endroit me coupa le souffle car j’avais face à moi, un paysage féérique : le Lac Peyto. C’était un bassin d’eau glaciaire d’une couleur turquoise saisissante, cette beauté était totalement intemporelle, inaltérable … un peu comme celle d’un vampire. Je pouvais comprendre maintenant l’attirance que l’on suscitait sur les gens, c’était hypnotisant. Mes yeux n’arrivaient pas à s’en détacher. J’étais seul, mais pour une fois depuis plusieurs semaines, la douleur que j’avais dans la poitrine s’était un peu atténuée … ce paysage était si apaisant qu’il me permit de profiter pleinement de cette beauté et m’en fit presque oublier mon puma. Ce ne fut qu’après une course effrénée autour du lac que je pus l’arrêter … Je ne pu rester que très peu de temps dans cet endroit si merveilleux car Victoria s’était déjà remise en marche. Nous étions début novembre et cette fois-ci, elle m’entraina vers Winnipeg. Elle ne prévoyait toujours pas de se rendre vers Forks et j’en étais soulagé car il m’aurait été très difficile de retourner là-bas sans aller rendre une visite nocturne à ma Bella. Même si l’attente était longue et pénible, je me devais tout de même de continuer à suivre Victoria tant que la vision d’Alice n’aurait pas évoluée. N'ayant pas de nouvelles de sa part, je considérais que ce n'était toujours pas le cas. Je l’aurai souhaité pourtant car cette traque avait mis mon humanité à rude épreuve et sérieusement ébranlé ma foi végétarienne. Voir ses innocents mourir me répugnait, entendre leurs dernières pensées, leurs subliques pour ne pas mourir. Le pire, c’était d’écouter la satisfaction de Victoria après chacune de ses chasses où elle se remémorait le goût de ses victimes, plus particulièrement les hommes. Elle ressemblait tant à James pendant ses moments là, il avait vraiment réussi à en faire sa chose, il en avait fait son élève et elle perpétuait son souvenir. Autant j’avais tissé une relation saine et de confiance avec Carlisle comme un père et son fils autant les autres de mon espèce ne semblaient pas tous assez fort pour en faire de même. Plus d’une fois, je m’étais demandé ce que je serai devenu si ce n’était pas Carlisle qui m’avait transformé … j’aurai sans doute pu finir comme James. Non, il ne fallait mieux pas y penser, je me battais encore pour ne pas être un meurtrier … le sang humain rendait fou et même ma longue expérience d’abstinence n’avait pas suffit … Alors oui j’aurai pu être comme lui et cette idée me fit hurler et m’atteignit droit au coeur car c’était pour cette raison que j’avais perdu Bella. J’avais besoin de prendre un peu de distance pour être loin de Victoria et ses pensées pour essayer de retrouver mes esprits. Etant capable de repérer l’odeur et capter les pensées de Victoria très facilement à présent, je pouvais me permettre de m’éloigner assez loin d’elle pour aller me nourrir. Je pouvais tenir sans manger aisément, plus de deux semaines, j’étais moins prisonnier de ma soif qu’elle. Contrairement à moi, elle ne pouvait tenir pas plus d’une semaine. Elle se nourrissait, pas temps pour calmer sa faim, mais plutôt pour assouvir son désir de meurtre et le plaisir de s’abreuver de ce nectar chaud et délectable. M’étant assuré que cette fois, Victoria comptait rester un peu plus longtemps sur place, je décidais de m’aventurer vers la ville de Churchill dans la baie d’Hudson car c’était la saison des … ours polaires. Un peu de distraction me ferait du bien ! A cette période de l’année, la première banquise commençait à se former conséquence des températures déjà très basses pour la saison. Cette banquise devenait un immense terrain de jeux pour le roi de l’Arctique et il n’hésitait même plus à s’approcher des habitations. Cela obligeait les habitants à se cloîtrer chez eux la plupart du temps et valoir aussi la réputation à cette ville, de capitale mondiale de l’ours polaire. Les gardes forestiers demandaient même de l’aide aux chasseurs pour les emprisonner dans des prisons appropriées voire même pour en tuer certains, ceux qui récidivaient leurs attaques sur les hommes. J’étais un chasseur, moi aussi … je pouvais les aider ainsi après le puma, j’allais me faire un festin d’ours polaire. Le sang d’ours ou de puma ne valait pas celui des humains mais ce sang de gros mammifères permettait de donner l’illusion. Cette ville restait peu fréquentée car son accès n’était possible que par le train, elle était pour ainsi dire coupée du monde. Il n’y avait pas d’afflux de touristes, ni de curieux en tout genre, à mon plus grand bonheur.Je pus entamer ma chasse à l’ours, l’idée de tuer une proie équivalente au poids de six humains, m’exaltait d’une part mais m’effrayer tout autant. Les ours se retrouvaient sur la banquise pour guetter les phoques, leur principale nourriture… Ils étaient au sommet de la chaine alimentaire alors que moi, j’étais une abomination de la nature, je n'étais pas répertorié comme espèce redoutée … J’allais ainsi pouvoir inverser la logique de la nature, j’allais devenir le prédateur. C’était une chasse totalement différente de celle que nous pratiquions à Forks, ici pas de forêts, que de la neige et de la glace à perte de vue. Je ne pouvais pas chasser à couvert, derrière les arbres mais plutôt tapis sur le sol à fixer ce désert blanc. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les ours se dissimulaient très bien dans cet univers malgré leur taille et leur poids imposants. Ils risquaient d’être des adversaires redoutables … L’attaque de nuit me semblait la plus judicieuse, ma vue me le permettait et me garantissait aussi aucun spectateur. Après de longues heures d’attente, une tête ronde hissait sur une grosse boule de poils ivoire s’avança vers moi. L’ours n’avait pas pu détecter ma présence car mon immobilité et mon absence de pouls pouvaient me faire passer pour un rocher faisant parti du décor. Un sérieux avantage pour la chasse pour une fois je fus presque heureux de ne plus avoir de coeur … C’était la période de chasse pour les mâles, après quatre mois de jeun durant l’été, ils étaient à cran et très dangereux. Je ne pouvais pas espérer meilleur adversaire pour tester ma force, ma vélocité et me faire quelques frayeurs pour me tirer de ma torpeur. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser à Emmett, il aurait adoré vivre çà avec moi mais il devra se contenter de mon récit, s’il y était décidé à me croire. Moi, combattre un ours polaire … même moi cela me surprenait alors Emmett … il allait sûrement me chambrer pour les dix années à venir !! Raison de plus pour que je réussisse mon combat face à cette grosse boule de poil. Malheureusement pour cette fois, l’ours s’était éloigné, je devais me contraindre, patient à attendre … un prochain faux pas. Immobile dans la neige fixant le ciel, j'écoutais le bruissement du vent dans la toundra, je retrouvais enfin un peu de sérénité. Une magnifique aurore boréale était en formation. Le spectacle était grandiose, des stupéfiantes bandes de couleur rouges et vertes se dessinaient sous mes yeux. J’aspirais à ce calme retrouvé, je fermais les yeux, je désirais partager cet instant de plénitude et de magnificence avec ma Bella. Mon étoile parmi ces multitudes d'étoiles. Comment partager cela avec elle alors qu’elle était au moins à deux milles kilomètres de moi ? Cette douloureuse pensée déclencha un frisson qui parcouru tout mon corps … la douleur dans ma poitrine recommençait à me brûler. Désespéré, je voulu tenter une nouvelle fois l’expérience du bouchon, il m’avait permis de la voir et j’avais vraiment envie de recommencer. La voir, m’apaiserait et ferait disparaître les doutes que j’avais accumulé après ces semaines de traque. Elle me donnerait sûrement la force d’affronter ma peur de combattre un ours… Je trouvais totalement ridicule voire risible d’en être réduit à un minuscule objet en plastique pour assouvir mon désir le plus cher mais je n’étais plus bon à rien sans elle, alors en être réduit à cette extrémité ne me choquait plus. Je sortis « mon » bouchon de ma poche et le serra très fort comme si l’intensité de ma force avait une quelconque importance. J’haletais de peur qu’elle n’apparaisse pas puis mon fol espoir prit forme … même au-delà de mes espérances. Je fus envahi par un immense bonheur, ce fut cent fois, non … mille fois mieux que la dernière fois … Bella m’apparut allongé dans la neige près de moi, elle me tenait la main. Je ressentis alors comme une caresse de ses doigts tièdes sur le dos de ma main glacée… c’était merveilleux comme si j’étais revenu en arrière, dans la clairière. Je ressentis de nouveau la même chose que ce fameux jour. J’aurai tant aimé que cet instant puisse durer éternellement … je restais totalement immobile de peur qu’elle ne disparaisse. Ses cheveux dégageaient leur délicieux parfum, j’entendais son cœur battre paisiblement. Je m’imaginais alors lui caressant le contour des lèvres avec mes minces doigts glacés, puis sur ses joues si douces … passer ma main dans ses longs cheveux … pour ensuite l’enlaçer prudemment dans mes bras de pierre et sentir sa chaleur irradier tout mon corps. J’aurai ensuite posé mon oreille contre sa poitrine pour écouter l'apaisante mélodie de son cœur et nous aurions regardé ensemble cette magnifique aurore polaire. Un vrai moment de plénitude comme si rien d'autre n'existait à part nous. Mais au moment où je voulus l’embrasser … un cri strident se fit entendre … et ma Bella disparu aussitôt. Chapitre 10 : Rencontre
Ce cri ressemblait à un cri de désespoir et de douleur, il fut ensuite accompagné d’un énorme grognement … visiblement celui d'un ours. C'était à environ deux kilomètres de moi, aux abords de la ville. Quelqu'un était en danger, je devais allé vérifier qu'il n'avait pas besoin d'aide. Au pire des cas, je pourrai peut être enfin m'attaquer à un ours ? Je me précipitais vers la ville peu éclairée, silencieuse, dans un premier temps puis je pus rapidement capter des pensées et entendre un souffle saccadé, des gémissements de douleur et des grognements. J'étais bien dans la bonne direction. C'était une jeune femme … elle pestait car son arme de service s'était enraillée et qu'elle n'arrivait pas à atteindre ses balles anesthésiantes pour neutraliser l'ours devant elle qui devenait bien trop menaçant. Elle souffrait mais réussissait à garder son sang froid malgré tout … il fallait que je l'aide car l'ours l'avait déjà attaqué une fois et revenait à la charge J'arrivais en courant derrière cet agresseur pour récupérer les balles anesthésiantes, me postait près d'elle et lui demandait aussi calmement que possible. - Votre arme ? En lui tendant ma main - Oui, oui, tenez … Me répondit-elle toute secouée, en me donnant son fusil Je chargeais rapidement l'arme avec les balles et mes mouvements secs et rapides la débloquèrent facilement. Je tirai deux fois sur l'ours, une balle dans l’abdomen et une près du cœur espérant que l’anesthésiant ferait plus vite son effet. Il aurait été plus simple de le tuer par moi même, mais ce témoin gênant ne me le permettait pas. En attendant que le produit agisse, je me tournais vers la jeune femme effrayée, pour la protéger, je devais la mettre à l'abri. Elle essaya de se déplacer toute seule en se trainant sur le sol enneigé mais elle avait une impressionnante entaille à la jambe droite … provoquait par l'ours. Je sentis rapidement l'odeur de son sang … mais étonnamment il ne me fit pas l’effet que je redoutais. Toutefois je devais tout de même me contrôler, je cessais de respirer avant de la toucher. Je la pris dans mes bras en la serrant le moins possible afin qu'elle ne puisse pas remarquer mes membres gelés même si sous le choc, je savais qu'elle n'y prêterait pas attention. Je l'éloignais rapidement pour la poser à l'abri sous un perron de magasin, sans visibilité sur l'endroit où se trouvait son assaillant. Elle n'eut pas le temps de me remercier que j'étais déjà reparti vérifier que l'ours commençait à manifester une quelconque fatigue. J’avais tout de même eu le temps de capter ses pensées car bizarrement malgré sa panique, elle avait les idées claires, elle ne songeait qu’à une chose son sac à dos qui contenait sa trousse à pharmacie. L’ours, lui était toujours là, fier et bien véloce, il continuait d'avancer dans la ville. Ayant vérifié que personne ne pouvait me voir, je me ruais sur lui pour tenter de le ralentir et le faire tomber. Ma vitesse et l'effet de surprise eurent raison de son immense stature, il tomba sur le sol de tout son long. Il était comme assommé, il essaya par deux fois de se relever mais sans résultat, il commençait enfin à se calmer. Dommage, j'aurai bien voulu continuer le combat et je l'aurai même bien tué, vu qu'il avait attaqué cette jeune femme innocente. Il l'aurait bien mérité mais j'avais capté certaines pensées de cette dernière et je m'étais ravisé à l'idée de tenter quoique ce soit …. Elle me cherchait à présent, j'allais devoir m'assurer qu'elle allait bien, je ne pouvais pas me résoudre à la laisser seule, blessée, dans ce froid. Je revins vers elle aussi naturellement que possible car je n'avais plus l'habitude d'approcher les humains d'aussi prêt. Cette perspective m’effrayait quelque peu vu qu'elle perdait du sang abondamment. Je n’avais pas mangé depuis plusieurs jours et la vue du sang pourrait être un mauvais déclencheur … mais une chance pour moi son sang ne me procurait pas la même attraction que celui de Bella. Je lui tendis son sac sachant qu’elle serait soulagée en le voyant : - Tenez, je crois que l’ours Teddy dors maintenant … Dis-je pour tenter de nous mettre mutuellement à l’aise - Merci énormément de m’avoir aidée, j’étais en bien mauvais posture ! Me remercia-t-elle avec un très charmant accent québécois Je pris quelques instants pour la contempler, découvrir celle que j’avais sauvée. Elle n’avait rien de commun avec Bella si je pouvais me permettre de les comparer et puis de toute manière, Bella était incomparable, elle était unique à mes yeux. Cette inconnue avait de longs cheveux noirs noués par une queue de cheval, des yeux en forme d’amande d’un éclatant vert émeraude, ses joues ainsi que son nez étaient rougis par le froid et elle gardait un sourire lumineux malgré les circonstances. Je devinais sa grande et fine silhouette sous son épaisse doudoune. A dire vrai, c’était une très jolie jeune femme, une trentaine d’années tout au plus. Elle prit son sac et sortit aussitôt la trousse à pharmacie en disant : - Je vais devoir improviser car le premier médecin est au moins à cinq cents kilomètres ! Depuis le temps que je trimballais cette boite, elle va enfin me servir ! Me dit-elle avec un grand sourire Elle m’impressionnait, elle arrivait à faire de l’humour après avoir frôlé la mort - Puis-je vous aider ? Lui demandais-je plus par galanterie que par envie car la vue de tout ce sang me rendait la gorge très sèche - Non merci ça ira, vous en avez déjà bien assez fait. Je savais que cela pouvait m’arriver tôt au tard, je m’étais entrainée. Je dois juste passer à la pratique … et puis plus de peur que de mal, la blessure est moins importante qu'il n'y paraît ! Me répondit-elle en fouillant dans sa trousse pour trouver de quoi lui faire un bandage - Mais que faisiez-vous seule face à cet ours ? Lui demandais-je plus par politesse que par curiosité. Les réponses je les avais déjà grâce à ses pensées cela allait me permettre d’être un peu plus à l’aise en sa présence. Cet avantage allait m’aider à affronter cette proximité, du moins, je l’espérais. - Oui, pardon je me présente je m’appelle Carol, je suis officier au sein du Manitoba Conservation … c’est l’organisme de protection de la nature du conté. Me répondit-elle comme pour m’expliquer ce qu’elle faisait. - Enchanté, Edward Cullen ! Dis-je en voulant lui serrer la main mais je me ravisais aussitôt. L’idée de la toucher, m’intimidait et je redoutais surtout qu’elle ne remarque ma froideur. Pour qu’elle ne s’aperçoive de rien je pris le parti de lui poser des questions pour l’occuper et éviter qu’elle ne s’attarde trop sur moi : - Je suppose que se retrouver nez à nez avec un ours est monnaie courante, ici !! Dis-je en souriant à mon tour et évitant le plus possible de regarder sa jambe blessée - Oui particulièrement en ce moment, ils sont tellement nombreux et dangereux, ils ont faim et je suis sensée les protéger en les capturant pour les éloigner des habitations. Ici les gens sont armés et n’hésiteraient pas à les tuer. Je te remercie d’ailleurs de ne pas l’avoir fait. Elle m’avait tutoyé sans s’en apercevoir tout de suite mais ce repris aussitôt … - Excuse-moi pour le tutoiement mais chez moi, au Québec on tutoie tout le monde … ce n'est pas irrespectueux, tu sais ! Me dit-elle tout en se bandant approximativement la jambe, je mourrais d’envie de l’aider mais je me retenais. - Mais que vous est-il arrivé ce soir, pourquoi étiez-vous seule ? Demandais-je un peu sur le ton du reproche comme si je voulais qu’elle sache qu’une femme ne devait pas être seule la nuit pour affronter ces animaux féroces. - Et bien j’étais en train d’appâter les ours qui s’aventureraient trop près de la ville, avec de l’huile de phoque. Une fois à ma portée je devais les endormir pour que mon collègue puisse les transporter en cellule. Malheureusement, il y en a un qui m’a aperçut et il s’en est prit à moi. Mon arme s’est grippée, je n’ai pas pu riposter et il m’a touché … si tu n’étais pas intervenu, il m’aurait sûrement réduit en pièces ! Dit-elle en me regardant plus intensément cette fois ce qui me mit mal à l’aise car je ne semblais pas l’intimider. - Je suis heureux de vous avoir aidé ! Mais votre collègue, où est-il passé ? Lui demandais-je pour la distraire - Oh, oui … je dois l’appeler pour qu’il vienne le chercher et l’enferme pour la nuit. Il était autant occupé que moi, il nous arrive de capturer jusqu’à cinq ours par soir et nous ne sommes que deux … Dit-elle comme pour se justifier en prenant son talkie-walkie accroché à sa ceinture et contacta son collègue. Il devait arriver d’ici une dizaine de minutes comme il était lui même occupé. Carol avait terminé son bandage des plus sommaires mais au moins il n’y avait plus de sang et je pus enfin un peu me relâcher. Je lui proposais du même coup de la raccompagner chez elle, en l’aidant à se relever : -Voulez-vous que je vous ramène ? - Non, mon collègue le fera après ses interventions ! Me répondit-elle un peu gênée - Je ne vais pas vous laisser aussi longtemps dans le froid à cette heure tardive ! Non je vais vous déposer. Insistais-je, je ne pouvais pas me résoudre à la laisser seule. Il y avait quelque chose chez elle de rassurant, elle me mettait à l’aise naturellement et aucune de ses pensées ne se focalisaient sur moi. Pouvoir les lire, me permettait de retourner la situation en ma faveur ou préparer une réponse appropriée. J’avais envie de passer un peu de temps avec elle … mais je n’arrivais pas encore à m’expliquer pour quelles raisons. - Tu n’as pas autre chose à faire que t’embêter avec moi ? Demanda-t-elle sincèrement curieuse - Non, je viens d’arriver par le train de cet après-midi et je n’ai pas réservé d’hôtel, je vais là où le vent me porte …. - Quelque chose à oublier ? Demanda-t-elle compréhensive comme si elle devinait la source de mon errance - Plutôt quelqu’un … Répondis-je pensif même je savais que je n’y parviendrai jamais Je l’aidais à marcher jusqu’à sa moto neige, mon bras autour de sa taille et elle, s'appuyait sur mon épaule. Cette proximité ne me mettait nullement mal à l’aise à présent … le fait qu’elle puisse sentir le froid émanant de mon corps n’avait plus d’importance car je savais que cela n’en avait pas pour elle. Avant de nous installer, elle me dit : - Edward, tu peux me tutoyer, je ne suis pas si vieille quand même ?? Dit-elle en riant - Très bien, … je … t’emmène où exactement ? Lui répondis-je en riant à mon tour, elle avait un tel naturel qu’il m’aurait été difficile de lui refuser - Voilà qui est mieux !! Je ne suis pas loin dans un gîte à cinq minutes ! - Tu n’as pas peur qu’un inconnu te ramène chez toi ? Lui demandais- je inquiet de son inconscience. Mon visage s'était soudainement figé. - Non, je ne vois pas pourquoi je devrais avoir peur de toi, ce serait trop long à t’expliquer pour le moment mais je suis sûre que tu ne me feras rien, je ressens ton … combat intérieur … et ton profond mal être … me dit-elle en me fixant droit dans les yeux Je restais sans voix face à cette déclaration, elle avait un don, elle était capable de ressentir les humeurs, les sentiments des gens. Je ne m’expliquais pas encore comment elle y parvenait mais je n’allais pas tarder à le savoir. Je pouvais lui faire confiance, je le sentais et puis sa présence me faisait un tel bien après tant de solitude que mon égoïsme, encore lui, l’emportait. - Très bien, tu l’auras voulu … Lui dis-je perplexe Je l’installais en amazone sur la moto et m’assis derrière elle … le froid étant perçant. La nuit était bien avancée. Elle se blottit contre moi et je remerciais inconsciemment son épaisse doudoune d’atténuer la chaleur de son corps pour éviter de me remémorer de trop douloureux souvenirs.
Chapitre 11 : Carol
Quelques minutes plus tard, je découvrais un charmant petit chalet qu’elle occupait au beau milieu du nul part. Il était petit mais coquet, le feu de cheminée était encore activé, elle s’en réjouissait d’ailleurs car elle l’avait allumé juste avait de partir. Je la déposais sur son petit canapé recouvert par un pancho mexicain très coloré, toute la pièce l’était d’ailleurs. Elle était décorée par beaucoup d’objets à connotation indienne ce qui s’associait parfaitement bien à l’ambiance du lieu. Des masques de Chaman et différents capteur de rêves étaient accrochés au mur, une agréable odeur d’encens se répandait dans la pièce. Pendant qu’elle se mettait à l’aise, je décidais de remettre du bois dans le feu pour qu’elle puisse se réchauffer. Sa jambe lui faisait mal mais elle ne disait rien … elle prit un antalgique dans sa trousse à pharmacie et instantanément je lui proposais d’aller lui chercher un verre d’eau. Elle ne peut s’empêcher de me le faire remarquer : - Tu es toujours aussi prévenant ?? - Oui j’ai été éduqué comme ça, je sais que par moment cela fait un peu trop mère poule car B … ma sœur me le fait très souvent remarquer … mais je suis comme çà, je ne changerai pas. Affirmais-je J’allais dire Bella mais je m’étais ravisé, je ne pouvais pas parler d’elle … c'était trop difficile. - Elle a tort ta sœur, moi je trouve ça plutôt sympa. Je n’ai pas eu la chance d’avoir un frère, cela doit être pour ça. J’adore que l’on s’occupe de moi surtout depuis que je suis ici car je suis régulièrement seule. - Et tu es ici depuis longtemps ? M'enquis-je - Je suis là depuis à peine un an et j’ai un contrat pour trois années. Le froid et la nuit sont durs à supporter mais vivre tel un Hermite ne me déplait pas, je peux me rapprocher de la nature ce que je recherche depuis toujours. - Mais comment es-tu arrivé dans ce trou perdu ? Demandais-je réellement surpris Elle avait beau rechercher le contact avec la nature je n’arrivais pas à comprendre qu’elle puisse autant aimer l’isolement. Elle était jeune et belle, elle aurait pu avoir beaucoup d’autre distraction … décidément les humaines, je n’arrivais toujours pas à les comprendre. - Et bien, tout d'abord ce n'est pas aussi perdu que tu sembles le penser. Cet un endroit riche pour les amoureux de la nature comme moi. L'été, dans la baie on peut apprécier le balai de plus de trois mille Belugas … c'est magique. On peut aussi admirer la toundra en technicolor entre juin et aout avec ces merveilleuses couleurs vives et changeantes … un vrai bonheur. Et pas besoin de télévision, j'ai du grand spectacle tous les soirs dans le ciel avec les aurores boréales. J'adore vivre ici … s’arrêta-t-elle enjouée puis repris … Enfin, moi, ce sont plutôt mes origines qui m'ont amené ici car même si cela ne se voit pas j’ai du sang indien dans les veines … Cette dernière phrase me fit monter le venin dans la bouche, l’évocation des mots sang et veines restait synonyme de tentation. Je fus pris d’un terrible frisson mais ces yeux étincelants d’enthousiasme me calmèrent, elle avait une telle aura, qu’il m’était impossible de lui résister. Elle voulait vraiment me faire partager son passé, c’était visiblement important pour elle et j’allais rapidement comprendre pourquoi. - Mon arrière arrière grand père est tombé fou amoureux d’une française fraichement débarquée au Québec. Elle faisait partie d’un groupe de cent cinquante femmes destinées à repeupler la province. Elle vint rapidement s’installer sur notre réserve à Wendake au nord de la ville du Québec et après s’être mariés, ils eurent deux fils …Ce fut le début du métissage entre blanc et indiens ainsi avec le temps nous avons quasiment perdu tout signe distinctif indiquant nos origines… Dit-elle en grimaçant pour essayer de se mouvoir sur son canapé - Tu ne veux pas te reposer ? Un peu de sommeil te ferait du bien ! Lui proposais-je - Non, j’ai tellement peu l’occasion de parler à quelqu’un. C’est vraiment un plaisir que tu sois là. Je dormirai plus tard quand la douleur sera vraiment atténuée. Dit-elle mécontente, elle ne voulait pas paraître faible devant moi. - Donc tu es d’origine indienne, je ne connais pas très bien votre culture, nous avons bien des indiens près de chez moi, les Quileute mais je les connais très peu … Repris-je pour la calmer Je ne voulais pas lui dire que nous avions un traité datant de plusieurs années et que nous n’étions pas vraiment en très bon terme. - Les Quileute … mon grand père m’en a parlé. Ils ont de grands pouvoirs et sont très proches des loups. Tu devrais apprendre à les connaître, ils pourraient d’apprendre beaucoup de choses. - Ouais … Répondis-je pensif mais je ne savais déjà pas si je retournerai à Forks, un jour alors m’imaginer être amis avec eux cela m’était impensable. Pour moi, ce n’était juste que des ennemis ! Mais le fait de savoir qu'ils avaient des pouvoirs ne m'étonnait pas, je les avais toujours trouvé un peu étranges. - Nos légendes prétendent que les humains sont en relation spirituelle avec un animal sauvage, moi, mon animal totem est l’ours, c’est mon grand père qui me la donnait à ma naissance … ce qui m'a valut le nom indien de Apje'jit Shush … petite ourse ! Et toi, tu as un animal fétiche ? Je répondis sans réfléchir - Le puma … - Drôle de choix, en général chez nous les garçons ont une véritable vénération pour les loups mais dis moi pourquoi ce félin te plait tant ? - J’adore sa grâce, sa vélocité … c’est un animal que j’admire. Je ne pouvais pas lui avouer que c'était principalement son sang que je préférais. - C’est donc l’ours qui t’a amené ici ? Lui demandais-je pour me changer les idées car penser à ce Puma m’avait de nouveau donné soif - Oui et non … J’appartiens à la tribu des Hurons-Wendat. Nous sommes qu’une petite minorité de trois mille personnes et du boulot il n’y en a pas pour tout le monde. Une maigre partie a le droit de travailler sur la réserve notamment sur le camp touristique de la ville mais pour les autres c’est le chômage assuré. Alors l’état nous alloue une bourse pour trouver un travail ailleurs que sur la réserve. C’est dur de quitter les siens mais grâce à cela j’ai pu terminer mes études et entrer au Manitoba conservation. Ce travail est une chance en or pour moi, côtoyer les ours et être en communion avec la nature … Ce que venait de m'expliquer Carol me donna une idée insensée mais je devais la tenter tout de même. Bella aussi devait avoir la chance de faire ce qu’elle aimait surtout maintenant que je n’étais plus là pour l’influencer. Elle devait poursuivre ses études et je savais qu’elle n’avait pas les moyens de ses ambitions. Elle était talentueuse et je voulais qu’elle réussisse. Cette idée de bourse était une très bonne idée. Je devais en parler à Jasper, il avait plusieurs contacts influents et allait certainement pouvoir m’aider à ce sujet. A ma prochaine étape, j'allais devoir m'en occuper sérieusement … cette perspective me rendit heureux. C'était comme si j'allais pouvoir me rapprocher d'elle mais d'une autre façon… - C’est mon grand père qui me manque le plus mais je sais qu’il est toujours avec moi … dit-elle en touchant le collier qu’elle arborait autour du cou. C’était un très joli pendentif en ébène dans lequel était sculptée une patte d’ours, maintenu par un fin lacet de cuir. Il avait été confectionné par son grand père, il avait une grande importance pour elle …Grâce à lui, j’ai ce don de ressentir les choses et les sentiments. C’est un grand chaman, il m’a initié et m’a transmis son savoir … aujourd'hui encore j'apprends beaucoup. C’est pourquoi je perçois ta tension, tes sentiments mélangés de peur, d’inquiétude, cette tristesse insoutenable que tu enfermes … et tous tes secrets… Je restais figé par cet ultime mot, avait-elle deviné qui j’étais ? Mon visage se ferma et je me raidis aussitôt. - N'ai aucune crainte, je ne veux rien savoir, je ne te juge pas, seul ton esprit m’intéresse et il est riche d’enseignement sur ce que tu es … M'avoua-t-elle - Il n’y a rien d’intéressant à connaître sur moi, je suis un monstre … M'exclamais-je - Sans doute un monstre d’égoïsme mais rien de plus. L’égoïsme d’aimer envers et contre tout c’est ta seule erreur … mais à qui peut-on le reprocher ? L’amour véritable ça se croise qu’une fois alors on le vit à fond !! - Oui …mais moi je l'ai abandonné … je suis parti comme un lâche !! Elle me manque tellement, il ne se passe pas une minute, pas une seconde sans que je ne pense à elle. Je ne peux pas aller la rejoindre, je suis mauvais pour elle. Elle sera mieux sans moi !! Dis-je envahit par l’émotion - L'amour impossible voilà la raison de ta profonde et insondable tristesse … elle te ronge, il faut te ressaisir ! Dit-elle avec insistance - Je n’y arrive pas, la vie sans elle n’a aucun sens, chaque jour est une lutte pour ne pas me morfondre dans la douleur, tu es même la première personne à qui j’ai envie de parler depuis plusieurs semaines. Je ne sais pas si je vais tenir … Dis-je au bord des larmes - Mais si tu vas réussir, la spiritualité pourrait t’aider ! Me rétorqua-t-elle convaincue - Cela ne veut pas dire grand chose pour moi, je n’y connais rien … j'ai plutôt tendance à être du même avis que mon père Carlisle. Il croit en l'existence d'un dieu car son père était lui même pasteur mais pour moi, si un dieu existe sous quelque forme que ce soit, je suis convaincu que l'enfer existe aussi et qu'une place m'y attend déjà ! M’emportais-je soudainement. Carlisle s'était forgé une opinion bien à lui sur notre possible rédemption, il avait eu quatre cents ans pour y réfléchir et espérait que le fait de sauver des vies l'aiderait à payer sa dette. Mais ma vision des choses était toute autre, pour moi, les vampires que nous étions, serions tous damnés. Aucun au-delà ne pourrait nous accueillir puisque nous n'avions plus d'âmes … - L'idée d'un jugement dernier après la mort et celle d'une véritable loi du talion dans l'au-delà n'existent pas dans notre culture. Pour nous, nous admettons l’immortalité de l’âme et une vie future où l’homme sera récompensé ou puni selon ses mérites … - Je ne pense pas avoir … d’âme … je ne peux pas en avoir une … Dis-je incrédule - Tout le monde en a une … même les êtres … surnaturels. Notre croyance fait cas, d’alliance entre les êtres surnaturels et les humains et qu’elle doit être préservée pour maintenir un équilibre harmonieux de l’univers. Me dit-elle pour tenter de me convaincre que je me trompais. L’idée que je puisse avoir une âme me troublais, j’étais tellement sûr du contraire depuis tout ce temps que Carol remettait tout en question. L’idée même que je sois un vampire ne la rebutait pas car elle savait beaucoup de choses sur moi sans avoir à lui dire, ni lui mentir, cette conversation était complètement incroyable quand on songe que je ne la connaissais que depuis très peu de temps. Ce sentiment de bien être qu’elle dégageait, était au lié au fait qu’elle communiquait avec les esprits et autres êtres surnaturels. Grâce à ces talents de Chaman, tout être vivant avait une signification sur terre et elle était convaincue que j’en avais une… Elle ressentait la fatigue à présent et lutter contre le sommeil mais elle voulait continuer cette conversation, je l'en dissuadé car elle avait vraiment besoin de repos : - Je t'emmène te coucher, on continuera cette conversation demain ! Lui lançais-je sur un ton faussement autoritaire - Demain … cela veut dire que tu comptes rester ?? Me demanda-t-elle visiblement ravie Oui je comptais rester car je sentais qu'elle avait encore plein de choses à m'apprendre et je n'étais pas prêt à quitter encore une fois, un endroit où je commençais à me sentir … bien. - Tu crois que tu pourrais me supporter une journée entière ?? La taquinais-je - Bien évidemment ! Si je peux t'apporter mon aide, j'en serai très heureuse et d'ailleurs j'ai une petite idée sur la question ! Si tu es prêt à tenter l'aventure … seulement, je t'impose deux conditions … - tu m'intrigues ??? - Permets- moi de te parler franchement ? Dit-elle en me fixant droit dans les yeux - Oui bien sûr … Lui répondis-je incrédule - Edward, qui que tu sois, ne doute plus jamais du fait que tu as une âme. Ne sombre pas dans la dépression, va de l’avant, laisse les esprits te guider. Si tu ouvres un peu ton cœur à la spiritualité, tu verras les choses autrement. Laisse moi essayer … Me supplia-t-elle Je n'avais plus rien à perdre et elle semblait tellement convaincue de pouvoir m'aider que je ne pouvais pas lui refuser. J'étais d'ores et déjà curieux de ce qui allait se passait. Ces yeux émeraude étaient à cet instant, remplis d'étincelles de joie, de mystère et … de magie. - Très bien … mais tu parlais de deux conditions ? La questionnais-je - Oui justement mais fameuses conditions, je te demande d'ouvrir ton esprit ce qui veut dire que tu dois occulter pour cette journée du moins tout ce que tu pensais savoir sur ton passé et ton futur… et le plus important il faut rester … à jeun. C'est important pour ce que je veux te faire découvrir. Murmura-t-elle gênée J'avais compris sa gêne mais je ne m'en n’offusquait guère car elle faisait tant d'effort pour ne faire aucune remarque sur ce que j'étais que je ne pouvais rien lui reprocher. Je pouvais bien tenir une journée de plus sans me nourrir … même si je commençais avoir de plus en plus de mal à me contenir. - Je suis prêt à te faire confiance et j'accepte tes conditions ! Lui répondis- je en la prenant dans mes bras pour l'emmener dans sa chambre Je la posais délicatement sur son lit puis la laissais pour qu'elle retrouve un peu d'intimité. Elle en profita du même coup pour appeler son collègue. Elle le rassura sur son état et lui demanda un jour de congé pour le lendemain. Elle s'endormit paisiblement pendant que moi, je retournais dans ce froid polaire pour réfléchir. Tenter de comprendre tout ce que Carol avait pu m'apprendre. Cela chamboulait considérablement ma vision de ce que j'étais mais l'idée qu'elle veuille m'aider me touchait particulièrement. Elle comme moi étions confrontés à une situation nouvelle et totalement inédite … à quoi devais-je m'attendre ? Je n'en avais aucune idée car je n'avais rien pu déceler dans ses pensées mais ce mystère me plaisait. L'aube pointait à l'horizon à présent, je me sentais comme empreint d'une nouvelle énergie, j'avais enfin retrouvé un peu d'espoir …
Chapitre 12 : MagieQu'allait-elle pouvoir me montrer d'aussi extraordinaire ? ? Elle était si heureuse et pressée de me le faire découvrir que son engouement allait finir par être contagieux. Carol avait réussi à nouer avec moi une relation particulière en très peu de temps, elle avait du talent pour ressentir les choses et les gens, c'était indéniable. Elle était absolument stupéfiante. Je ne voulais pas aller la chercher trop tôt, elle avait besoin de se reposer surtout après sa blessure et puis d'un autre côté je redoutais un peu l'épreuve qu'elle me préparait. Faire comme si mes cent ans d'existence n'était qu'une hallucination et que mon futur ne rimait pas forcément avec l'enfer et la damnation, relevait de l'impossible mais je l'avais promis et je devais faire comme si. Je devais tout oublier pour une minuscule et sans doute mémorable journée … Je m'étonnais encore de lui avoir fait aussi vite confiance, d'ordinaire j'étais plutôt renfermé et très méfiant mais Carol avait enlevé toute crainte, méfiance ou gêne, c'était la raison pour laquelle je voulais me laisser guider. C'était un jour sans soleil, à mon plus grand soulagement. Je ne voulais pas rendre cette journée encore plus étrange. Carol acceptait déjà bien le fait que je sois un vampire mais autant ne pas en rajouter. Je ne savais pas comment elle aurait réagit si elle m’avait vu briller comme un sapin de noël. Le ciel était laiteux prêt à neiger … et le froid était toujours aussi perçant. J’étais anxieux tout en étant animé d'une incroyable curiosité lorsque je frappais à sa porte. Étonnamment, elle vint promptement m'ouvrir. Elle ne boitait que très légèrement comme si j'avais rêvé sa blessure de la veille. Elle m'accueillit avec un magnifique sourire et vêtue en habit traditionnel, je sus alors qu'il s'agissait d'une journée particulière pour elle aussi. C’était une très jolie robe en peau marron rehaussé par une ceinture multicolore mettant en valeur son corps longiligne. Elle s’était tressée les cheveux … elle avait l’air ainsi d’une véritable petite indienne. Elle vint me rejoindre et ferma la porte après avoir récupéré sa grosse doudoune afin d’affronter ce froid polaire. Je m’enquis aussitôt de sa jambe : - Tu vas pouvoir marcher ? Ta jambe ne te fait plus mal ?? Lui demandais-je véritablement surpris - Je me suis fabriquée un onguent à base de plantes pour accélérer la cicatrisation et cela a atténué du même coup la douleur. La chance d’être un Chaman en devenir … Me répondit-elle en souriant - Je suis impressionné, tu ne boites presque plus ! - Les miracles de la médecine indienne … mais ce n’est que le début !! Me dit-elle d’un air malicieux - Que me réserves-tu alors ?? - Et bien suis moi … ce n’est pas loin …. Nous nous mirent en marche vers un bois à environ un kilomètre de chez elle. Nous arrivâmes à l’orée du bois et j’aperçus perdue au milieu des arbres, une hutte en forme de bulle recouverte de branchages et de vieilles couvertures de laine. Une légère fumée en sortait par le haut … Carol perçut mes interrogations et me donna rapidement quelques explications : - Il s’agit d’une hutte de sudation, elle permet de se connecter avec les quatre éléments la terre, l’eau, le feu et l’air … pour ce que je veux te faire découvrir, on parle plutôt de hutte vision. Je te donne ainsi accès à notre universelle sagesse, tu vas pouvoir emprunter le chemin de l’authenticité, du respect de soi, de la nature et de la vie. Dit-elle d’un ton passionné - Et bien, je suis honoré que tu m’accordes une telle confiance ! Lui confessais-je - Je suis convaincue que cette expérience unique peut t’aider à te libérer des liens ou des questions qui troublent ton âme et ton esprit. Tu as besoin d’y voir plus clair et les pouvoirs des quatre éléments vont t’y aider … Affirma-t-elle
Elle entra la première, je fus tout de suite saisi par la chaleur qu'il régnait à l'intérieur … il y faisait très sombre, il n’y avait qu’un léger halo de lumière qui provenait du toit, juste assez pour laisser paraître un endroit propre et accueillant. Le sol était tapissé de sauge et d'armoise ce qui dégageait une entêtante odeur boisée. Au centre se trouvait un trou d'une soixantaine de centimètres où se consumait un feu. Ce dernier était bordé par plusieurs pierres de lave et une bassine d'eau avait été déposée juste à coté..
Carol enleva son manteau et je fis de même. Elle s'installa devant le feu et me demanda de m'asseoir de l'autre côté, face à elle. Elle commença à m'expliquer ce qui allait se produire. Elle allait pratiquer un rituel chamanique qui devait purifier mon corps et mon esprit pour cela elle devait réciter des prières aux quatre éléments. Elle devait leur offrir en cadeau de la sauge, de l'armoise, du tabac et du cèdre, ces quatre présents garantissaient la venue des esprits forts ainsi que la purification de l’air dans la hutte lors du rituel. La sauge éloignerait les ondes négatives car les esprits ne se manifesteraient que dans un environnement pur. Elle allait ensuite verser l'eau sur les pierres pour obtenir de la vapeur purifiante appelée souffle divin. Celui-là même qui devait notamment me faire entrer dans les mystères de mon âme, de mes proches disparus. Les pierres, elles, devaient révélaient ma mémoire originelle. Elle me confessa qu'elle m'avait demandait d'être à jeun afin d'être un peu plus « faible » que d'ordinaire, cela devait me rendre plus réceptif à tout ce qui pourrait se passer. Elle me dit que rien ne devait m'inquiétait et que tout pouvait se produire mais à aucun moment je ne devais paniquer. Certaines choses pourraient avoir un sens et d'autres non … Elle me confia que mon esprit pourrait se brouiller dans la vapeur, que mes certitudes sur ce que j'étais, sur ce que je pourrai être, n'auraient plus court. Seuls mon cœur et mon âme allaient se manifester, ils devaient transpirer et accoucher d'un rêve, d'une vision, de souvenirs … En somme tout était possible. Enfin, elle me garantit qu'à la fin du rituel, je ressentirai comme une grande paix intérieure et que certaines choses devraient me paraître plus évidentes … Elle m'avait donné tellement d'explications qu'il mettait totalement impossible de ne pas penser que j'allais vivre un moment unique et je trépignais d'impatience de voir ce que les esprits me réservaient. Carol commença à verser l’eau sur les pierres chaudes en entonnant plusieurs prières puis divers chants spirituels destinés à la terre, l’eau, l'air et le feu. Elle déposa ensuite les présents leur étant destiné. Au bout de longues minutes, une épaisse vapeur commença à se propager dans la hutte et la chaleur devint de plus en plus enveloppante. L’humidité qui y régnait, trempait littéralement ma chemise que je décidais d’enlever. Les chants de Carol devinrent plus lointains, je n’entendais plus qu’un léger bourdonnement, je me sentais à l’abri, protégé comme un fœtus dans le ventre de sa mère. La vapeur avait entièrement envahi notre bulle protectrice. Il n’y avait plus que moi et des nuages tout autour … j’avais l’impression de flotter dans un univers de coton, cette douce chaleur caressait ma peau dure et glacée, elle me procurait d’intenses frissons de profond bien être. Je n’avais jamais encore ressenti un tel instant de paix, d’apaisement, de plénitude, ce fameux souffle divin m’avait imprégné. Des minuscules lueurs incandescentes se mirent alors à danser devant moi, au début un peu de manière désordonnée puis elles se regroupèrent comme pour former un visage … Un visage familier, enfouit depuis très longtemps dans les tréfonds de ma mémoire. Il était magnifique et il me souriait, ses yeux verts étincelaient, elle était resplendissante de beauté … Elle apparut entièrement devant moi avant que je n’ai eu le temps de réaliser qu’il s’agissait de ma mère : Elisabeth Masen. Cet univers artificiel déroutait littéralement toutes mes émotions et perceptions de la réalité. Je restais tout d’abord immobile à la regarder ne sachant plus si je devais croire ou non ce qui était en train de se produire. C’était totalement irréel de voir ma mère devant moi comme si elle n’était jamais partie … mais j’avais tant rêvé de la revoir une dernière fois … que je devais absolument profiter de cette chance incroyable et unique de la serrer dans mes bras. Elle, elle me reconnut tout de suite et me tendit les bras où je vins la rejoindre. C’était bien elle, tout y était, l’odeur et la chaleur de sa peau, son sourire éclatant et expressif, ses longs cheveux couleur bronze. Des larmes de joie coulaient le long de ses joues … elle prit mon visage entre ses mains douces et délicates. Sa chaleur réconfortante me ramena plus de cent ans en arrière, j'étais redevenu un petit garçon plein d'insouciance, de naïveté et couvé par un amour maternel débordant. Mon enfance à Chicago, me revint par flash, le bonheur de vivre auprès de mes parents, leur amour envers et contre tout, les sensations d'être humain … les joies et les peines de ma vie d'alors. Tout ce que ma transformation m'avait enlevé, tout ce que j'avais oublié me revenait en mémoire. Ce que je vivais à cet instant, ce que je ressentais, était indéchiffrable ! Magique tout simplement ! J’avais enfin une occasion inespérée de redécouvrir mon ancienne vie, réapprendre qui j’étais, ce que je pensais, ce que je désirais à l’époque. Toutes ces images étaient dorénavant gravées en moi et plus jamais je ne les oublierai, je savais maintenant qui était Edward Anthony Masen … Ses yeux ne quittèrent jamais les miens, ils me témoignaient tant d'amour que je comprenais enfin que je tenais là, une chance incroyable de pouvoir lui faire mes adieux … je n'avais jamais pu lui dire au-revoir, la maladie l'ayant emporté avant que Carlisle ne me transforme. Cet instant merveilleux le faisait pour moi !!! Elle m'embrassa ensuite tendrement les joues et me murmura : - Tu remercieras de ma part, le docteur Carlisle de t'avoir sauvé, il a fait le bon choix qu'il n'en doute jamais, ni toi d'ailleurs. Tu es un garçon extraordinaire, profites pleinement de la longue vie qui t'attend. Quelque soit tes décisions, j'aurai toujours confiance en toi, tu ne me décevras jamais. Je t'aime mon fils, quand dieu l'aurait décidé on se retrouvera … - … Je t'aime maman ! Lui répondis-je, envahit par l'émotion. Elle disparut avant même que je ne puisse ajouter autre chose … Je n'eus guère le temps de reprendre mes esprits que le feu s'activa devant moi, d'énormes flammes rougeoyantes se formèrent, elles réagissaient aux prières de Carol, elles semblaient bercées par ses paroles. Je compris aussitôt que l'esprit du feu se manifestait, il fut accompagné rapidement par une bourrasque de vent qui témoignait de la présence de l'air. La terre se mit tout à coup à gronder sous nos pieds et la vapeur redoubla d'intensité … Les quatre éléments nous avaient rejoins ! Carol avait réussi … mais elle ne me voyait plus, elle était transcendée par les esprits, elle ne faisait plus qu'un avec eux. Le feu, la terre, l'air et la vapeur se mélangèrent dans un énorme tourbillon qui m'aspira … je fus soulevé du sol. Le feu parcourait à présent tout mon corps, sa puissance m'avait même redonné la vie comme si du sang coulait à nouveau dans mes veines, ma peau commençait rapidement à rosir … Le plus incroyable fut encore que je pouvais sentir de nouveau les battements de mon cœur. Cette sensation était totalement indescriptible … après tant d'années de survie sans ce formidable organe, il m'était absolument impossible de décrire tout ce que je ressentais. Entendre mes pulsations mélodieuses résonnaient dans tout mon être, éprouver le besoin de respirer à plein poumons … et ce n'était qu'une infime partie des innombrables choses que je redécouvrais. Mais pourquoi les esprits m'imposaient-ils une telle torture ? Ils n'avaient pas à me rappeler combien il était merveilleux d'être un humain, je le savais déjà. Depuis que j’avais rencontré Bella, je tentais de me remémorer les bribes de mon ancienne vie avec beaucoup de nostalgie d’ailleurs. C’est pourquoi le cadeau des esprits, si je pouvais le nommer ainsi, me touchais particulièrement …ils m’avaient offert l’accès à tous mes souvenirs, à l’intégralité de ma vie d’avant … un cadeau inestimable ! Y avait-il quelque chose à comprendre ? Non, Carol me l'avait interdit … Tout ça provenait de mes envies, de mon vécut, de mes rêves et sans doute de mon inconscient. Soudain un souffle interrompit mes réflexions, une mélodie des plus familières se fit entendre. Elle était empreinte de merveilleux souvenirs de Bella … c'était ma berceuse. Mon cœur se mit à battre la chamade, cela me remémora les innombrables fois où Bella était dans cet état, principalement quand nous avions une certaine intimité ou proximité. J’adorais entendre ce son si particulier qui était synonyme de vie … cette même vie que je protégeais et qui m’avait obligé à m’exiler. Quelle merveilleuse sensation … c'était étrange de l'entendre dans mon corps plutôt que dans le sien. Puis un deuxième battement vint se mêler au mien … tout aussi rapide et joyeux. Je le reconnus aussitôt, pour l'avoir écouter des heures durant. C'était elle !! Oui, c'était bien ma Bella ! Ce n’était plus du tout une simple hallucination mais bien le fruit de ce que je désirais plus que tout au monde. Elle se tenait devant moi, ses yeux étaient embués de larmes, ils me témoignaient tant d'amour et de désir que je n'avais plus aucun doute sur son pardon. Elle m'aimait, je n'aurai jamais du en douter, d'ailleurs. L'intensité de son regard valait toutes les paroles du monde. Elle se jetta aussitôt dans mes bras sans un mot … L’irrésistible parfum de ses cheveux m’enivra, ses mains douces caressèrent mon torse pour s’arrêter sur mon cœur. Elle me sourit car elle avait sans doute remarqué que je n’étais le bloc de granit qu’elle connaissait et que mon cœur était aussi vivant que le sien. Immédiatement je ressentis des milliers de petites décharges électriques dans mon bas ventre et mes reins. Je mourrai d’envie de l’embrasser et cette fois je comptais bien lui démontrer tout ce que je ressentais pour elle, je n’aurais pas à m’arrêter une fois encore, de peur de lui faire du mal. Je pouvais et je voulais me laisser aller à mes impulsions. Le désir que j’éprouvais pour elle était sans limite mais je voulais tout d’abord, redécouvrir l’odeur de sa peau … Je commençais par embrasser son cou, sa gorge et chaque centimètre de son magnifique visage. Je lui murmurai son prénom, combien je l’aimais et à quel point elle me manquait. Aussitôt sa respiration s’accéléra … Je lui caressais ensuite du bout de mes doigts, la naissance de sa poitrine, ses seins, ses reins puis la pris fermement d'une main par la taille puis de l'autre derrière la nuque, pour le témoigner mon empressement à l’embrasser. Elle frissonna, non pas de froid mais de désir, mes membres froids n’existaient plus, ma chaleur était égale à la sienne. C’était tout nouveau et unique pour moi mais si merveilleux. N’y tenant plus, nos lèvres avides se rencontrèrent, ce premier baiser fut si passionné qu’un intense déferlement d’images se déroula devant mes yeux. Tous les merveilleux moments passés ensemble, de notre première soirée au restaurant, en passant par notre premier baiser et au bal de promo … pour se terminer sur une dernière image qui fut la plus percutante … celle où je vis Bella en robe de mariée, radieuse et heureuse au bras de son père. Cette vision aurait pu être totalement fabuleuse, si j’avais au moins eu la certitude que c’était avec moi qu’elle se marierait … Puis nous restâmes immobiles un long moment dans les bras l’un de l’autre, nos deux cœurs battant à l’unisson. Ses baisers étaient passionnés, plein de désir, elle était dans mes bras chauds et protecteurs, je pensais qu’elle serait heureuse et que j’aurai la chance d’entendre sa voix. Au lieu de ça, elle ne disait aucun mot, elle était souriante, magnifique mais toujours figée dans ce mutisme qui me déroutait. Une fois encore, je détestais de ne pouvoir lire ses pensées … mais qu’avait-elle ? Comme pour me soulager, ses immenses yeux chocolat se plongèrent dans les miens, ils m’apaisèrent aussitôt. Elle posa un doigt sur ma bouche comme pour m’indiquer de ne rien dire. Ce fut elle qui parla … enfin : - Edward … n’essaie pas de changer … je t’aime tel que tu es … Elle m’embrassa une dernière fois, ce baiser avait la saveur d’un baiser d’adieu … peut-être pour elle mais pas pour moi car j’avais acquis la conviction que cela n’arriverait pas … je ne voulais plus jamais lui dire adieu. Je voulais la retenir, j’aurai tellement aimé qu’elle reste avec moi, j’avais tant de choses à lui dire mais mes forces m’avaient littéralement abandonné, je tombais à genoux sur le sol épuisé. Elle disparut … je m’écroulais alors, anéanti et totalement inconscient …
Chapitre 13 : Et maintenant ?Je me réveillais complètement désorienté, mes membres étaient tous engourdis, lourds comme si je revenais d’un long sommeil. Je me sentais anormalement faible, affamé … et particulièrement déçu d’être redevenu un vampire. Je n’avais aucune idée du temps qui s’était écoulé entre mon entrée dans cette hutte et mon récent réveil. J’aurai dit deux ou trois heures tout au plus mais étrangement Carol n’était plus près de moi, cela signifiait sans doute que mon pseudo coma avait duré bien plus longtemps. Le feu se consumait encore et répandait une légère lueur pour me permettre de distinguer ce qui se trouvait autour de moi. J’étais allongé sur le sol à l’endroit même où j’étais tombé, toujours torse nu. Mon manteau et ma chemise étaient posés près de moi avec un mot : Edward, Je n’ai pas réussi à te réveiller, tu étais bien trop épuisé alors je t’ai laissé te reposer. Viens me dire au-revoir avant ton départ, je voudrais être sûre que tu vas bien Carol Les mots épuisé et reposer, me firent sourire car je ne les avais jamais employé pour me décrire. Nous, les vampires nous n’étions jamais fatigués, ne dormant jamais, nous n’avions nullement besoin de nous reposer … Je venais de vivre une expérience tout à fait unique qui avait même temporairement modifié mon état. Carol avait raison sur deux points, mon cœur et mon inconscient s’étaient révélés … j’avais effectivement acquis quelques certitudes mais pour combien de temps. J’avais besoin de la voir une dernière fois pour la remercier et faire un point avec elle de tout ce que j’avais vécu. Avant toute chose, j’avais besoin de me mourir car ma gorge me tiraillait et c’était bien trop risqué de la voir dans cet état. J’étais atrocement affamé, cette expérience m’avait puisé tant d’énergie que j’étais véritablement vidé. Cela devait sans doute être le signe que le rituel avait correctement fonctionné ? Je me rhabillais comme je le pus et sortit de cette hutte. Il faisait jour … c’était visiblement le matin, le soleil était déjà bien levé derrière un banc de nuages. Un rapide calcul s’imposait … cela faisait presque vingt quatre heures que j’étais entré dans cette même hutte. Waouh !! Je comprenais mieux l’état dans lequel je me trouvais… mais je devais retrouver des forces au plus vite pour entamer la chasse. Chasser … oui mais quoi ?? Chasser dans une région peuplée essentiellement d’ours … ours protégés pour couronner le tout, n’était plus du tout une si bonne idée. Je n’avais pas assez de force de toute façon pour en affronter un, j’étais beaucoup trop faible, je devais donc me rabattre sur des cibles plus faciles. J’avançais péniblement, en trainant les pieds car mes jambes étaient douloureuses, je détestais être dans cet état, cette faiblesse n’était pas moi … je détestais cette vulnérabilité, je pouvais enfin imaginer un peu ce que vivait Bella au quotidien. Ne rien maitriser, avoir peur de tout, craindre pour sa vie … Oui Bella … ma Bella !! Elle m’aimait, elle m'avait pardonné … je l’aimais, elle me manquait désespérément … alors qu’est-ce que je fichais encore ici ?? Et bien, je lui avais fait une ignoble promesse et je me devais de la tenir. L’incroyable expérience que je venais de vivre ne devait en rien me dérouter de mes objectifs. Les esprits voulaient m’apaiser et on su de quelle manière s’y prendre mais ma résolution restait la même : protéger Bella, d’autant plus que cette vision de mariage m’intriguait profondément. Cela signifiait essentiellement qu’elle allait réussir à être heureuse mais … sans moi, elle ne pourrait jamais devenir ma femme. A mon plus grand regret … J’avais tout à fait conscience que j’avais vu ce que je désirais voir, son pardon et son amour mais qu’en était-il réellement ?? Une fois encore cela devait être mon égoïsme qui me poussait à penser que tout était oublié et que je pouvais rejoindre Bella comme si rien ne s'était passé comme si je ne l'avais jamais quitté … quel imbécile !! Non ce n'était pas si simple, non je ne pouvais pas y retourner même si j'avais changé et que j'avais obtenu bon nombre de réponses à mes interminables questions. Mon esprit était encore trop embrouillé et mes découvertes s’avéraient être beaucoup trop récentes pour prendre une quelque conque décision. Et cette faim qui me tiraillait … ne facilitait pas mon raisonnement. Ma gorge était devenue brûlante et extrêmement douloureuse, il fallait absolument que je chasse. J’avais réussi à me traîner jusqu’à la baie d’Hudson, assez loin de la ville et de chez Carol. Le fleuve était recouvert d’une épaisse couche de glace où se trouvait une colonie de phoques. Rapidement, mon futur repas s’imposa à moi comme une évidence. Ces phoques ne devraient pas être trop difficiles à attraper ? En tout cas, ils n’étaient pas réputés pour leur vitesse alors j'avais toutes mes chances. Il fallait que je sois vraiment dans un piteux état pour en être réduit à m’attaquer à de misérables phoques mais l’idée qu’ils soient la proie favorite des ours me rasséréna. Cela voulait peut être dire qu’ils n'étaient peut être pas si mauvais … après tout. Oh, il m’en faudrait au moins une bonne dizaine pour être rassasié mais je n’avais pas d’autre choix. Il aurait été préférable d’attaquer de nuit pour être certain de ne pas être vu mais ma faim était bien trop encombrante et il fallait la calmer au plus vite avant que mes plus vils instincts ne se réveillent. Il aurait été si facile d’attaquer un humain, j’aurai toujours été le plus fort même dans cet état lamentable. La solution d’attaque de jour restait la plus judicieuse et peu risquée à la condition que je m’y prenne bien. Je décidais donc de ramper jusqu’au groupe d’une cinquantaine de phoques qui dormaient paisiblement sur la banquise. Ils étaient tous assez proches les uns des autres pour se protéger du vent glacial et ils m’offraient du même coup une parfaite cachette pour agir sans être vu. Là encore, comme pour l’ours, ils ne furent pas effrayés par ma présence, faute de pouls, je ne représentais pas un prédateur … malheureusement pour eux, ils se trompaient. Je pus entamer mon repas, en les mordant un à un sans même effrayer les autres. Les phoques n’avaient pas le temps ni de gémir, ni de se débattre, ce qui ne perturbait en rien leurs congénères et me permettait ainsi d’économiser mon énergie. J’étais vraiment pitoyable, ainsi allongé sur la banquise, camouflé parmi tous ces phoques en train de me nourrir pour tenter de recouvrer des forces. J’étais tombé bien bas !! Après avoir vécu d'aussi intenses émotions cela devait être sûrement le prix à payer pour avoir eu droit à autant de bonheur et d’amour. Je n'avais d'ailleurs rien fait pour avoir un tel cadeau, mon état désastreux était sans doute le revers de la médaille. Je fus effectivement rassasié comme je l’avais prédis et tous mes sens ainsi que ma force me revinrent enfin, à ma plus grande satisfaction. La nuit n’allait pas tardée à tomber et je devais retrouver Carol avant son départ pour le travail. Ce qu’elle m’avait permis de vivre n’avait pas de prix et je ne savais pas comment la remercier. Je savais bien qu’elle ne faisait pas cela pour avoir quelque chose en retour mais juste pour aider une … âme en peine. Étonnant, j’osais penser que j’avais peut être … une âme ! Je devais bien avouer que je ne savais plus trop où j’en étais et puis avoir une âme cela signifiait quoi pour moi ? Si c’était juste une histoire de connaître ma destination finale à savoir l’enfer ou le paradis et bien les esprits pensaient m’avoir donné les clés pour obtenir la réponse à cette éternelle question. L’apparition de ma mère n’y était pas pour rien dans mes nouvelles incertitudes. J’avais encore besoin d’y réfléchir même si mon avis ne serait plus aussi tranché qu’autrefois sur moi ou sur l’avenir de … Non, l’avenir de Bella ne devait pas changer, notre amour quoique merveilleux car partagé et intense comme celui de Roméo et Juliette, devait rester un amour tragique et … impossible. A vouloir s’aimer, ils en avaient perdu la vie … tous les deux !! Je ne pouvais pas prendre ce risque avec Bella, je ne pouvais même pas envisager qu’elle puisse … mourir au nom de notre amour. D’avoir son pardon et de savoir qu’elle m’aimait, allait devoir me suffire. Je ne pouvais pas espérer plus … sa vie en dépendait. Un avenir heureux l’attendait, je l’avais vu mais je n’y figurais pas sinon je l’aurai vu me dire : oui !! Et puis elle n'avait que dix huit ans, j'étais si l'on peut dire son premier amour, elle pensait m'aimer toute sa vie comme tous les jeunes amoureux. Moi, je pouvais l'aimer toute mon existence car j'avais acquis l'expérience et la conviction que c'était elle, la femme de ma vie, j'avais fait d'autres rencontres et eut plus de cent ans pour y réfléchir et me découvrir. Bella, elle, n'avait réellement connu que moi, tout ce qu'elle avait ressenti était si intense car c'était la première fois qu'elle vivait cela … elle aurait certainement envie de découvrir d'autres choses et elle l'avait peut être déjà fait. J'allais devoir très rapidement oublier cette idée car je sentais déjà une énorme douleur envahir toute ma poitrine, comme un étau qui enfermait mon coeur de granit. Une pression trop appuyée pourrait le faire éclater en milliers de morceaux qui s'éparpilleraient dans mon enfer de souffrance et ainsi plus aucun amour ne serait alors possible. Mon esprit s’était certes purifié grâce au rituel de Carol mais il paraissait évident qu’il ne m’aurait pas guérit de mon inconditionnel amour pour Bella. Bien au contraire celui-ci avait été renforcé même si l’idée qu’elle puisse vivre heureuse et aimer quelqu’un d’autre que moi, me faisait atrocement souffrir. Je l’avais abandonné … je devais en payer le prix ! J'allais devoir dorénavant continuer mon insignifiante existence en tentant du mieux que je le pouvais de la protéger des dangers à venir. Victoria en restait toujours un mais Alice devrait tout de même me le confirmer car cette traque commençait sérieusement à me taper sur les nerfs. Je n’aspirais qu’à rester dans un coin et laisser le temps et les évènements me malmenaient. Je n’avais plus envie de poursuivre cette tueuse car à trop côtoyer ses pensées, mon instinct de tueur avait tendance à refaire surface et je ne souhaitais plus que cela se reproduise. J’allais devoir retourner sur Winnipeg, vérifier si Victoria y était toujours et j’aviserai ensuite de la suite à donner à tout ça… Je fus rapidement arrivé devant chez Carol, la nuit commençait à tomber, il fallait que je la vois avant mon départ. Je n’avais pas envie de partir, je serai bien resté ici quelques jours de plus si cette foutue traque ne m’avait pas obligé à me remettre en route. Carol m’avait tellement apporté … sa présence rassurante, sa gentillesse, sa bonne humeur contagieuse, sa discrétion sur ce que j’étais et l’incroyable cadeau qu’elle m’avait offert. Je lui serai éternellement redevable et je trouverai bien un moyen de la remercier. Elle vint promptement m’ouvrir et un sourire radieux illumina son visage cerné. Elle semblait bien fatiguée … je n’étais pas le seul à avoir eu du mal à me remettre de mes émotions. Je ne pus m’empêcher de la prendre dans mes bras … geste instinctif pour lui témoigner toute l’amitié que j’avais pour elle. Elle fut surprise mais ne me repoussa pas, elle n’avait pas fuit au contact de mon corps dur et glacial. Aussitôt son odeur m'enveloppa et mon visage vint s'enfouir dans le creux de son cou, son parfum était divin, boisé et légèrement poivré … c'était si particulier que je pris une longue inspiration afin de le savourer et de ne jamais l'oublier. Je captais au même moment une pensée de Carol et je compris que je ne devais pas aller plus loin … elle pourrait se méprendre sur mes intentions. Elle s'était attachée à moi et je représentais visiblement bien plus qu'un simple ami … Mais que m’arriverait-il ?? Mes instincts d’humain revenaient, je le sentais … car jamais je n’aurai fait cela auparavant. Je fus très surpris par mon attitude qui me ressemblait si peu. Je fis aussitôt un léger pas en arrière comme pour m’excuser mais Carol me retint en me saisissant une main. Sa chaleur irradia instantanément ma main glacée et estompa en même temps mon angoisse puis une légère onde électrique traversa tout mon corps … Ce n’était pas du désir que je ressentais, à l’instar de ce que j’éprouvais au contact de Bella, mais plutôt une étrange attirance que je n'arrivais à décrire. Elle avait compris ma gêne, encore une fois, sans que je n’ai eu à lui dire un seul mot. Elle voulait tant me rassurer et me protéger. Cette situation était très surprenante car auparavant c’était moi le protecteur, je devais protéger et m’assurer que Bella ne risquait rien … et maintenant tout était inversé. J’étais devenu si vulnérable que Carol se sentait obligée de me protéger. C’était d’ailleurs un peu la même relation que celle d’Alice et Jasper. Alice surveillait constamment le futur de Jasper, ses humeurs pour être sûre qu'il ne soit plus jamais tenté par le sang humain. Elle ne pouvait s'empêcher de le rassurer continuellement. Selon moi, dans une relation, l’homme devait toujours être le plus fort émotionnellement et physiquement afin de soutenir celle qu’il aimait. Alice et Carol me prouvaient le contraire … en amour tout était possible. J’avais encore beaucoup de chose à apprendre et je prenais de plus en plus conscience que j’avais pris une mauvaise décision en quittant Bella … Tout en ayant toujours sa main dans la mienne, Carol me murmura quelque peu émue : - Je suis heureuse de te revoir, j’avais peur que tu ne partes sans me dire au-revoir… - Je n’aurai jamais pu te faire cela, je te dois tant … - Mais je n’ai rien fait d’extraordinaire, j’ai juste essayé de t’aider car je ne supportais pas de te voir endurer une telle souffrance. Tout le reste, tu l’as fait tout seul !! Tu as une telle aura que ce rituel restera éternellement gravé en moi. Je n'avais jamais vécu cela auparavant, j'ai enfin réussi à communiquer avec les quatre éléments … et je suis sûre que cela … c'est grâce à toi ! - Ne te sous-estimes pas, s’il te plait, c’est un immense cadeau que tu m’as offert bien plus que je ne le méritais !! - Et qu’as-tu vu justement ?? Je n’ai pas du tout eu accès à tes visions ? Je sais juste que tu m’as fait peur car tu es resté connecté avec les esprits puis inconscient très longtemps. D’ordinaire le rituel dure deux ou trois heures et pour toi cela à durer environ une dizaine d’heures … cela m’a valu une sacrée migraine et une grosse fatigue mais à te voir j’ai le sentiment que cela valait la peine? N’est-ce pas ? Me demanda-t-elle maintenant enjouée et m’accompagnant jusqu’au canapé pour nous asseoir tout près l’un de l’autre. Elle n’avait toujours pas relâché ma main. - Avant que tu ne me répondes je voudrais tenter quelque chose ? Puis-je ? Me demanda-t-elle en me prenant mon autre main et en s'asseyant en tailleur sur son canapé, face à moi. J'acquiesçai d'un léger signe de tête, perplexe, que me réservait-elle encore ? Elle ferma les yeux, sa chaleur irradia aussitôt mes deux mains. Les siennes étaient brûlantes, elles se mirent à trembler légèrement, son cœur se mit à battre plus rapidement. Je sentis sa chaleur traverser mon corps en un éclair et elle s'exclama avec son accent québécois toujours aussi enjoué : - Totalement fascinant !! Incroyable !! Dit elle en ouvrant les yeux qui me fixaient avec une stupéfiante intensité … Ta mère te ressemble beaucoup, elle était si belle !! Me lança-t-elle comme pour me surprendre - Tu veux me dire que tu viens te voir tout ce que j'ai vécu dans la hutte juste en me touchant les mains ?? Lui demandais-je totalement surpris - Et bien oui !! Cela ne m'était jamais arrivé, tu as de telles capacités et une générosité sans limite ! Tu as pu ainsi me faire tout partager ! Normalement on a jamais accès à l'esprit ou l'âme des gens et donc on se sait jamais ce qu'ils ont vécu et ils n'arrivent d'ailleurs quasiment jamais à nous l'expliquer et s'en est très frustrant. Sans leurs explications on ne peut pas les aider ou les guider … mais avec toi, j'ai enfin pu avoir accès à ce que tu as vécu et je ne m'en remets toujours pas ! Les esprits ont été extrêmement généreux avec toi, c'est une grande marque de respect dans notre croyance et j'espère que tu ne douteras pas de tout ce que tu as pu vivre ? - J'en doute si … c'était beaucoup trop beau, beaucoup trop surréaliste pour me dire que cela m'est réellement arrivé !! Retrouver l'intégralité de mes souvenirs de ma vie d'avant, revoir ma mère … et puis revoir ma … , la toucher … l'embrasser … imaginer son pardon … Je n'arrivais même plus à terminer ma phrase tellement j'étais submergé par l'émotion. - Justement, crois-tu que tu aurais eu le droit de vivre tout cela si tu ne le méritais pas ?? Ecoute moi bien … Me lança-t-elle en prenant mon visage glacé entre ses deux mains douces et chaudes. Son regard était si expressif, elle n'appréciait guère que je remette en doute le bien fondé de ce que j'avais vécu. Je t'interdis de douter !! Ce que tu as vécu s'est réellement produit et cela doit justement t'aider à avancer, à aller de l'avant même si tu n'as pas la réponse à toutes tes questions, tu as quand même trouvé des réponses à d'autres. Tu dois absolument arrêter de te morfondre !! Sans s'en rendre compte, elle était en train de me caresser la joue avec son pouce, sentir son doigt chaud parcourir ma peau glacée était si agréable, si doux et réconfortant. J'étais réceptif à sa tendresse, elle me faisait tant de bien. Pourquoi la laissais-je me toucher ainsi, pourquoi ne la repoussais-je pas ?? Je sentais cette attirance prendre de l'ampleur et l'emporter sur ma raison. Je devais me ressaisir … - Et toi, tu ferais quoi si tu avais vu comme moi que la personne que tu aimais plus que tout, allait se marier … mais pas avec toi ?? Lui demandais-je comme pour lui rappeler que mon coeur était déjà pris, comme si j'avais besoin de me rassurer pour ne pas craquer. Elle ne fut guère désarçonnée et me répondit du tac au tac comme elle savait si bien le faire : - Tu as deux solutions : te battre ou laisser faire le destin ! Tu l'aimes beaucoup trop pour revenir en arrière alors maintenant que tu as la certitude de son pardon et de son amour, laisse toi le temps de bien y réfléchir, poursuis ta quête et d'ici quelques temps tu retourneras dans sa vie et tu verras s'il y a toujours une place pour toi. Elle doit, elle aussi découvrir si elle peut vivre sans toi … et continuer sa vie. J'ai bien peur que si tu reviens trop tôt dans son existence, tu ne reprennes la même décision tragique au moindre problème. Tu dois être sûr de toi pour retourner auprès d'elle, c'est à ce prix seulement que tu seras heureux … - Oui, je suppose que tu as raison … nous avons besoin de temps pour faire le point, je vais être obligé de faire confiance à mon destin … je crois que tu m'as véritablement donné un conseil avisé car je suis beaucoup trop troublé pour faire la part des choses. J'ai effectivement besoin de temps … - Où comptes-tu aller maintenant ?? me demanda-t-elle la voix empreinte d'une légère émotion. Elle voulait que je reste près d'elle encore un peu … j'en avais envie aussi mais plus je restais et plus elle s'attachait à moi. Je ne voulais pas lui faire de peine, je ne voulais pas une nouvelle fois faire du mal … je devais partir. - Je vais continuer mon errance … j'ai aussi une ou deux choses à régler et puis après on verra, j'attendrai un geste des esprits pour agir ! Lui répondis-je avec un petit clin d'œil pour la faire sourire et faire disparaître la peine qui emplissait ses traits. - Ils t'aideront, j'en suis sûre, tu es un peu l'un des nôtres maintenant !! Essaie de ne pas m'oublier ?? Me taquina-t-elle Elle se leva du canapé et je fis de même … elle vint aussitôt se blottir dans mes bras. Elle posa sa tête à l'endroit où aurait du battre mon cœur. Et elle murmura : - Il n'a pas besoin de battre pour être aimé, il est vivant et profondément ancré en toi. Prends soin de toi … donne moi de tes nouvelles quand tout ira mieux pour toi … - Si tu as besoin de quoique ce soit n'hésites pas à m'appeler … je serai toujours là ! Lui dis-je en l'éloignant de moi doucement pour fouiller les poches de mon manteau à la recherche de mon portable. Je ne l'avais pas sur moi, je ne l'avais même jamais eu, je l'avais volontairement laissé à Alice pour être sûr que l'on ne me dérange pas car à l'époque je ne voulais parler à personne mais depuis la situation avait évoluée. Je lui notais donc mon numéro de portable ainsi que celui d'Alice au cas où … car je ne savais pas trop quand je serai de nouveau véritablement joignable. Je la serrai une dernière fois dans mes bras, je sentais ses sanglots silencieux contre ma poitrine … j'étais bouleversé qu'elle soit si triste, elle m'avait témoigné tant d'affection sans jamais ne rien attendre de moi. C'était effectivement un être exceptionnel et je comprenais maintenant toutes les incroyables facultés qu'elle possédait, elle les méritait et même encore plus … je lui souhaitais ardemment. Lorsqu'elle fut apaisée, je pris congé le cœur lourd de devoir quitter un endroit où j'aurai pu rester, où j'aurai pu à nouveau aimer si tout avait été différent …
Chapitre 14 : ChicagoMon retour sur Winnipeg fut long et difficile, mes pensées avaient du mal à quitter Churchill et Carol … le même trajet me prit le double de temps. L'idée de retrouver les horribles desseins de Victoria ne m'aidait pas non plus à me montrer rapide et vaillant. Comme pour couronner le tout, j'avais pris du retard sur cette dernière … trois petits jours. Victoria avait déjà quitté Winnipeg mais sa trace était maintenant trop ancienne pour pouvoir la pister. Cette pensée m'énerva instantanément, j'étais véritablement un piètre traqueur ! Il ne me restait qu'une seule solution pour sortir de cette impasse : Alice. J'allais devoir l'appeler et l'idée de la déranger une fois encore avec mes histoires m'agaçait au plus au point. Malheureusement je n'avais pas le choix, je devais la contacter pour savoir quelle suite je devais donner à toute cette détestable histoire. N'ayant bien évidemment pas mon portable, j'allais être dans l'obligation de téléphoner d'une cabine publique … minable !! Heureusement, j'avais au moins conservé ma carte bancaire sinon j'aurai du faire la manche pour obtenir quelques pièces … Après avoir arpenté plusieurs rues, je me décidais pour une petite cabine isolée, près d'un petit parc totalement désert en cet fin d'après midi désastreuse car horriblement pluvieuse. Je pris une grande inspiration car j'appréhendais t'entendre la voix de ma soeur après tout ce temps, après tout ce que je savais sur elle et qu'elle ignorait … elle me manquait mais je devais être fort et ne rien dévoilait de ma tristesse. Heureusement, elle décrocha rapidement et j'entendis sa petite voix enjouée. Je n'eus pas le temps de dire que c'était moi … elle le savait déjà à attendre la façon dont elle m'accueillit : -Edward !!! Comme je suis heureuse !!! Je savais que tu m'appellerais !! Où es-tu ? Que fais-tu ? J'étais inquiète je n'ai pas eu de vision de toi depuis plus de trois jours … - Stop Alice !!! Laisse moi au moins en placer une !! L'interrompais-je pour stopper son interrogatoire - Oui, oui, excuse moi mais je suis si contente … alors comme ça tu as perdu Victoria ?? - Malheureusement oui, je ne me débrouillais pas si mal que ça jusqu'à présent mais là il semblerait que j'ai un peu perdu de mon assurance … - Tu as l'air différent, ta voix est moins … monocorde … tu sembles reprendre le dessus … je me trompe ? - C'est un bien grand mot et puis ce serait trop long à t'expliquer … je pense vous rendre une petite visite prochainement, j'ai des choses à te raconter et j'aurai besoin de l'aide de Jasper pour une ou deux affaires … Pourrait-il me donner le contact d'un de ses hommes de confiance, j'ai quelques importantes transactions à effectuer ? J'avais en effet besoin de lui pour qu'il m'aide à faire octroyer une bourse à Bella grâce à ses différents contacts, cela ne devrait pas être trop dur en leur graissant un peu « la patte ». On devrait réussir à faire quelque chose. Je voulais aussi aider Carol en faisant en sorte que le Manitoba conservation la garde définitivement et non plus pour trois ans … elle aimait tant ce vivre à Churchill et s'occuper des ours. Elle serait ainsi à l'abri du besoin pour elle et les siens et pourrait se livrer entièrement à son don de chaman. C'était le minimum que je puisse faire pour elle. Nous avions de l'argent alors autant en faire profiter ceux qui en avait besoin et qui méritait de réussir … - C'est super … Répliqua Alice comme pour valider mes pensées - Désolée Alice mais je ne vais pas pouvoir rester très longtemps car il pleut comme vache qui pisse et je suis trempé … alors on se racontera tout ça quand on se verra. Tout le monde va bien au moins ? Je ne pouvais pas m'empêcher de penser à Carlisle et Esmée, je leur avais tant fait de peine … - Oui, t'inquiète … ils seront ravis de savoir que tu vas nous rendre visite … ils seront soulagés aussi d'avoir de tes nouvelles, on était tous si inquiet ! Dit-elle d'une voix moins assurée - Je sais, je suis désolé, cette solitude m'est nécessaire et c'est mieux pour tout le monde que je sois loin de vous … vous n'avez pas à subir mon état si pitoyable … vous me manquez tous profondément … Je devais me ressaisir sinon j'allais craquer … - Heu !! Alors tu sais où est Victoria ? Dis-je en me raclant la gorge - Elle est à Chicago … tu as su pourquoi elle n'avait pas de destination précise encore ? Je savais qu'elle pensait à Forks mais n'osait pas me le dire. - Elle se cherche un nouveau compagnon et j'imagine que cela l'oblige à lambiner! Dis-je en tentant de faire de l'humour pour qu'elle ne remarque pas mon malaise. Dès qu'Alice eut prononcé le nom de Chicago j'eus un flash de plusieurs souvenirs se référant à mon enfance dans cette ville, à mes parents, à ma maison, … j'étais curieux de la découvrir car je ne la connaissais pas du tout. Je n'avais jamais osé y aller avant sachant que je ne me souviendrai de rien … mais tout ça c'était avant car je savais dorénavant où j'avais vécu et j'étais pressé d'approfondir mes souvenirs. - Prends soin de toi, Ok ?? - On se voit bientôt, je te préviendrais de mon arrivée, Embrasse tout le monde pour moi !! … Alice ?? - Quoi ?? Me questionna-t-elle inquiète - Merci !! Merci pour tout !! - De rien grand frère, tu sais combien je t'aime ! - Bye, mon petit lutin … Murmurais-je en raccrochant Elle m'avait tellement manqué … l'entendre m'avait fait du bien !! Elle n'avait pas changé et c'était rassurant de penser que ma famille ne m'en voulait pas de mon attitude si désinvolte envers eux. Je ne supportais plus l'idée d'inquiéter Carlisle et Esmée, ils étaient si aimants et compréhensifs que leur rendre une petite visite rapide les rassureraient. Toute cette pluie me rendait nostalgique de Forks … mais je devais aller de l'avant alors à moi Chicago !! Je quittais la Chicago de l'ouest canadien pour la vraie ville cette fois, ma ville de naissance … par deux fois … Le trajet fut assez court, j'avais parcouru les mille deux cents kilomètres rapidement, j'adorais tant la vitesse, zigzaguer entre les arbres, sentir le vent fouettait mon visage de marbre, courir si vite sans jamais être essoufflé. Dommage Bella n'aimait pas ça, cela la rendait malade, j'aurai sans doute réussi à la faire changer d'avis avec le temps … Je ne pourrai jamais oublier la première fois que je lui avais fait découvrir cette autre fascinante faculté que je possédais. C'était après notre merveilleux moment passé dans la clairière, notre communion avait été si parfaite, la découverte inoubliable de ce que nous ressentions vraiment l'un pour l'autre. Je mettais totalement ouvert à elle ce jour là alors que j'avais une peur implacable de lui faire du mal voir de la tuer. J'avais réussi à dominer le monstre ce jour là … j'étais tellement heureux que je voulais lui faire goûter la joie de la vitesse, partager mon bonheur avec elle. Malheureusement pour nous, elle n'apprécia pas comme je l'aurai souhaité. Elle était si belle, même nauséeuse que je n'avais pu me retenir de l'embrasser, toucher pour la première fois ses lèvres si douces, tièdes et parfumées … mais Bella ne put s'empêcher d'en vouloir plus, elle avait été plus entreprenante que je ne le pensais, déjà à cet instant elle savait ce qu'elle voulait. Je ne pu retenir un léger sourire en repensant à cet instant. Moi qui luttais contre le démon pour ne pas la tuer, elle comme toujours, sûre que je ne lui ferai rien, n'avait pu se maîtriser. Elle était si imprévisible mais c'était une des qualités chez elle que j'aimais le plus, ne jamais savoir à quoi m'attendre … j'aurai tant aimé revenir en arrière, voir si je pouvais changer le cours des choses, juste pour enlever cette insoutenable douleur qui emprisonnait ma poitrine à chaque fois que je pensais à ma Bella. Non, je savais bien que c'était impossible et mon seul bonheur serait de conserver ces souvenirs intacts dans ma mémoire comme autant de pierres précieuses d'un trésor. Ce fut avec une légère pointe d'émotion que je vis apparaître devant moi en même temps que le soleil se levait : la ville des vents, une expression sensée la qualifier un peu comme la ville des péchés pour Las Vegas. Elle était gigantesque avec ces gratte-ciels nombreux, à perte de vue, mais j'avais tout de même l'impression d'être chez moi … je me sentais si petit devant autant d'immensité. L'idée d'affronter à nouveau tous ces humains et leurs sinistres, stupides, arrogantes pensées me déplaisait mais je devais endurer tout cela, je l'avais mérité c'était une de mes nombreuses punitions … et puis j'avais un secret espoir de découvrir de nouvelles choses sur ma vie d'humain. Le soleil ne fit qu'une courte apparition et les nuages vinrent rapidement couvrir le ciel suffisamment pour que je puisse arpenter les rues de Chicago sans attirer l'attention. Pour ne pas renouveler la désagréable mésaventure de Vancouver, je devais pouvoir localiser Victoria aisément sans avoir à lui courir après … Chicago s'y prêtait bien justement avec toutes ces monstrueuses tours, de magnifiques points d'observation en perspective. Tout ceci me donna une idée lumineuse, j'allais profiter d'un des atouts de cette ville … la Sears Tower. Cette tour fut la plus haute des États Unis pendant une trentaine d'années avant que le gigantisme de Taïwan ne l'emporte sur nous. Jouer les touristes ne me plaisait guère mais je faisais cela en espérant localiser Victoria plus rapidement Sears Tower mesurait plus de quatre cents mètres de haut, dommage qu'un vampire ne puisse pas voler cela m'aurait éviter de prendre un de ces ascenseurs. Ils étaient certes rapides mais être confiné avec plusieurs dizaines d'humains même pour quelques secondes m'oppressait. Je n'avais plus qu'à retenir ma respiration et me fredonner ma berceuse histoire de supporter cette épreuve. Une minute plus tard, j'étais enfin libéré, je pouvais de nouveau respirer et profiter de la magnifique vue panoramique qui se présentait devant moi. Ce Sky deck était impressionnant, situé au cent troisième étage de la tour, on avait l'impression de dominer le monde. Le ciel était suffisamment dégagé pour que je puisse distinguer grâce à ma vue perçante face à moi, le lac Michigan mais aussi plus loin sur la droite les prairies de l'Illinois et les champs à perte de vue de l'Indiana. Je n'avais qu'un seul mot : Waouh !! C'était incroyable … mais je devais me concentrer sur les rues de Chicago. Je fermais les yeux et me laisser bercer par les bruits environnants … tous mes sens étaient en ébullition. Je distinguais tant de choses … les voix des touristes près de moi, le vent qui soufflait et bourdonnait dans mes oreilles, la sonnerie de l'ascenseur qui déversait ces touristes par dizaines … puis plus lointain les klaxons des voitures, la circulation dense, les sirènes de police, l'effervescence de la ville … et encore plus lointain les bruits des pas des passants sur le goudron des trottoirs, j'arrivais même à distinguer les talons aiguilles d'une femme fatale ou les mocassins d'un business man. Vinrent rapidement ensuite toutes leurs pensées, si le maquillage de cette dernière n'avait pas coulé et si l'autre n'était pas trop en retard pour sa réunion avec son patron … génial !! Les malheurs et bonheurs des uns et des autres me percutèrent de plein fouet. Il me fallait faire le ménage dans tout ce brouhaha incessant. Me focaliser sur des pensées horribles, morbides, sadiques si je voulais pouvoir capter celles de Victoria et la retrouver. Que je détestais cette idée … Enfin au bout de longues minutes, je parvins à la localiser … ces pensées n'étaient pas très éloignées, un peu plus au sud d'où je me trouvais. Elle râlait qu'elle était obligée de se cacher et d'attendre ce soir pour retrouver le jeune homme sur lequel elle avait jeté son dévolu la veille. Il avait réussi à lui échapper mais n'aimant pas perdre elle allait lui faire payer … de statut de compagnon idéal, il était redescendu à vulgaire casse croûte … Victoria était toujours autant détestable. La descente en ascenseur fut moins insupportable que la montée car j'étais préparé à ce que j'allais affronter. Je me dirigeais à présent vers le sud à la rencontre de Victoria, j'avais du temps devant moi pour la pister de plus près car elle ne se montrerait qu'à la tombée de la nuit. Sur mon chemin, j'aperçus un panneau mentionnant le Lincoln Park, j'eus immédiatement l'impression que je connaissais cet endroit. Je devais m'y rendre pour en avoir le coeur net. Je longeais Stockton drive, une sensation de déjà vu s'empara de moi … j'entrais dans le parc et entamais une promenade qui m'amena jusqu'au Zoo. Mon regard se figea, j'eus un flash de mon enfance : je devais avoir six ou sept ans, mes parents étaient fiers de me faire découvrir tous ces animaux, c'était un privilège à l'époque et j'avais adoré d'ailleurs cette découverte même si j'avais ressenti une immense peine de voir tous ces pauvres animaux en cage. Et dire que maintenant, c'étaient certains d'entre eux qui me permettait de me nourrir … quelle ironie. Je savais que j'avais vécu dans ce quartier, il y avait bien trop de choses qui me semblaient si familières. Je continuais mes découvertes et arriva devant une rangée de plusieurs maisons historiques, leur année de construction était gravée sur la pierre … Elles étaient toutes largement plus âgées que moi, deux cents ans environ. Je les regardais toutes minutieusement lorsque mon regard se fixa plus particulièrement sur l’une d'entre elles … le numéro dix sept … tout un symbole quand on songe que ce sera mon âge pour l'éternité ! C'était elle, la maison de mon enfance, j'en étais sûr ! Une intense émotion m'envahit, je dus m'asseoir sur les marches du perron car j'avais l'impression d'avoir le tournis, chose qui ne m'arrivait pourtant jamais. La spirale des souvenirs m'aspirait … d'où cette sensation de ne plus sentir le sol sous mes pieds. Plusieurs flashs me parvinrent encore … Mes parents l'avaient acheté pendant la grossesse de ma mère, cette maison fut la mienne pendant près de dix sept ans. C'était impressionnant tout ce que je me rappelais à présent, j'arrivais à voir mon passé comme si j'étais en train de lire un livre. Nous n'étions pas vraiment ce que l'on aurait pu communément appeler des bourgeois mais nous vivions confortablement car mon père avait une très bonne place dans l'un des plus grands abattoirs de Chicago. A cette époque le commerce de la viande était le domaine de prédilection de cette ville. Il y avait les plus grands abattoirs du pays, c'était la plaque tournante de ce commerce et la fierté de Chicago pendant longtemps. Ce fut même d’ailleurs de là que naquirent les « Chicago bulls » !! Mon père Anthony Masen était un homme bon, éperdument amoureux de ma mère et un père présent. J'avais si peu de souvenirs de lui pourtant… Je me souvins alors d'une conversation que ma mère et moi avions eut pour mes huit ans. J'avais demandé à mes parents un petit frère ou une petite sœur comme cadeau d'anniversaire, ma mère m'avait répondu aux bords des larmes que c'était impossible, que je serai toujours le seul et unique enfant qu'ils auraient. Une complication après l'accouchement avait obligé les médecins à l'opérer et du même coup à ne plus pouvoir avoir d'autre enfant. C'est pourquoi je représentais tant à leurs yeux … j'étais l'unique fruit de leur amour. Pour célébrer ma naissance mais surtout pour remercier ma mère de m'avoir mis au monde, mon père lui offrit une magnifique bague. Elle était de forme ovale, entourée de pierres rondes le tout serti de diamants sur un fin anneau d'or. Mon père voulait que cette bague représente tout l'amour qu'il avait pour elle et la joie qu'il ressentait d'être père … Ma mère, elle, voulait transmettre cette bague au doigt de la femme qui deviendrait un jour ma femme. Voilà qui étaient mes parents … j'étais fier d'eux mais encore plus heureux de découvrir que Carlisle et Esmée leur ressemblaient beaucoup et que j'avais énormément de chance de les avoir dans ma vie. Tous ces souvenirs étaient tellement empreints d'amour que je ne pouvais que remercier une fois encore les esprits de m'y avoir donné accès et je devais m'en montrer digne. Quelque chose me frappa tout de même … Carlisle ne m'avait jamais parlé de cette bague ? J'aurai tellement aimé l'avoir en souvenir de mes parents, de ma vie d'avant et si je devais un jour … épouser Bella … Non malheureusement cela était exclu … mais cela aurait été merveilleux de pouvoir lui offrir cette bague, elle représentait tant de chose, la vie, l'amour, elle n'avait pas de prix. J'étais encore tout chamboulé par mes découvertes lorsque je me dirigeais le cœur lourd vers le quartier touristique de la ville et le plus peuplé aussi, celui où Victoria avait décidé d'y trouver refuge. C'était le quartier du Loop, très sympa à visiter mais plutôt à éviter la nuit car il était assez mal fréquenté. Tout ce qu'il fallait pour combler la tueuse. Ce quartier était très étendu, je ne pus me rapprocher de Victoria qu'une fois la nuit tombée, j'avais marché à une allure humaine et cela m'avait retardé. Je l'avais retrouvé, elle était à peine à deux cents mètres de moi, très occupée à maltraiter un jeune homme qu'elle avait ligoté. Sa crinière rousse flamboyante en brillait presque dans la nuit. Elle ne pensait qu'à torturer ce pauvre garçon, se disant qu'il avait perdu sa chance d'être un fidèle compagnon et cela la réjouissait encore plus de le faire souffrir. Ne voulant pas écouter ni même assister à ce misérable spectacle, je décidais de m'éloigner mais une erreur d'inattention me fit shooter dans une cannette vide qui trainait au sol, aussitôt je me figeais … J’avais peur d'avoir compromis ma présence, j'allais être démasqué. Quel imbécile !! Moi d'ordinaire si agile et attentif, j'avais bêtement trahi ma présence à cause de mes vagabondages d'esprit … j'étais encore plongé dans mon passé alors que je devais agir sur l'avenir. Il ne me restait plus qu'à espérer qu'elle ne m'avait pas entendu … Victoria se tourna dans ma direction … j'eus juste le temps de me cacher derrière un monticule d'ordures. L'odeur était nauséabonde mais c'était bien le dernier de mes soucis. Elle ne semblait pas m'avoir vu car elle ne vint pas à ma rencontre et j'en fus fortement soulagé. Toutefois une chose étrange se produisit … ses pensées ne se focalisèrent plus sur sa victime mais s'orientèrent brusquement sur Bella. Elle était en train d'énumérer toutes les tortures qu'elles lui infligeraient et se satisfaisait déjà de son plaisir à la voir mourir … Aussitôt une énorme décharge de colère et de rage m'envahit, je voulais lui régler son compte tout de suite à cette satanée meurtrière. Mais je me ravisais promptement … en pensant à la chose suivante : et si elle m'avait vu et qu'elle voulait me faire réagir pour me débusquer ? Elle savait que si elle touchait à Bella, je réagirais automatiquement, cela pouvait être un piège alors je ne devais pas prendre de risque et ne pas réagir même si tout mon être me suppliait le contraire. Ou alors, tout simplement, le châtiment qu’elle infligé à sa victime lui donnait des idées pour celui qu’elle réserverait à Bella. Ce n’était sans doute qu’une coïncidence ! De plus, ses pensées s'étaient rapidement réorientées vers autre chose et elle envisageait de retourner dans son Texas natal, là où elle avait rencontré James … Ces nouveaux projets firent quelque peu retomber ma rage. Toutefois, j'avais acquis une certitude, Bella était toujours présente dans ses pensées et pour cela je devais régler mes affaires avec Jasper au plus vite pour être fin prêt quand elle déciderait de retourner sur Forks … et là je prendrais un vrai plaisir à la faire disparaître définitivement.
Chapitre 15 : VisiteVictoria étant en route pour le Texas, je pouvais ainsi profiter d'un bref intermède pour retrouver ma famille. J'avais prévenu Alice de mon arrivée, avant que je ne quitte Chicago. Elle m'avait d'ailleurs confirmé les intentions de Victoria de se rendre au Texas, ce fut donc soulagé que je pu rejoindre temporairement les miens. Alice m'avait indiqué la route à suivre et ce fut avec une certaine allégresse que je parcourus les quelques centaines de kilomètres qui me séparait d'Ithaca. J'avais décidé de profiter un maximum de ma visite pour tenter de me changer les idées et surtout pour rassurer Esmée et Alice qui avaient tendance à toujours trop s'inquiéter pour moi. Ithaca était bien plus grande que Forks ce fut notamment l'une des principales raisons pour lesquelles Carlisle et Esmée avaient décidé de s'éloigner de la ville et avaient loué une ravissante maison tout près de la Danby State Forest. Cette forêt était l'endroit idéal pour pouvoir chasser sans être vu et sans attirer l'attention. Plus je m'approchais et plus j'appréhendais ces retrouvailles, j'étais dans un état pitoyable et je ne voulais pas leur faire honte … j'aurai du me changer car j'étais toujours vêtu avec les mêmes vêtements qu'au moment de mon départ de Denali. Alice allait me faire une crise, c'était presque sûr … J'arrivais devant la grande demeure qui avait de légères ressemblances avec celle que nous avions à Forks. Elle était grande et semblait spacieuse, ravissante et fraichement repeinte, Esmée avait du passer par là. Je pris une grande inspiration pour me donner le courage d'avancer, de supporter les multiples questions et regards que j'allais affronter. Fort heureusement je n'eus pas droit au comité d'accueil en arrivant mais Alice ne put s'empêcher de pointer le bout de son petit minois avant que je n'ai fini de franchir le perron. Elle se jetta directement dans mes bras et me fis instantanément partager toutes les pensées et visions qu'elle avait eu durant mon absence … en évitant soigneusement de faire allusion à Bella. Je ressentis immédiatement sa crainte, ses peurs, ses angoisses qui l'avaient complètement envahi durant toute la longue période où je n'avais donné aucun signe de vie … mais comme à son habitude, elle ne m'en tenait pas rigueur. Et comme je l'avais deviné, elle ne put se retenir de me faire remarquer ma piètre apparence : - Et bien Edward … c’'est quoi ce look ?? Tu lances une nouvelle mode ?? Arrête ça tout de suite, cela ne te va pas du tout ! Heureusement que je suis là pour y remédier !! Me taquina-t-elle en touchant dédaigneusement mes vêtements - Je sais … mais ce n'était pas vraiment ma priorité, tu m'excuseras, petite soeur … Lui répondis-je en lui ébouriffant les cheveux - Allez, rentre, on va s'occuper de ça … Dit-elle en me prenant la main pour m’inviter à franchir le seuil de la maison Le hall d'entrée était magnifique, minutieusement décoré dans un style épuré mais chic, on reconnaissait tout de suite la patte d'Esmée. Il conduisait sur une grande pièce, lumineuse grâce à une immense baie vitrée qui offrait une superbe vue sur la forêt. Je ne pu m'empêcher de remarquer qu'elle avait aussi installé un très beau piano à queue, plus précisément mon piano et il trônait outrageusement au beau milieu de la pièce. C'était si parfait, si accueillant que l'on se sentait tout de suite à l'aise. La plupart des meubles étaient ceux de Forks car Esmée s’y était attaché mais elle avait tout de même agrémenté cette pièce avec beaucoup de choses que je ne connaissais pas. La table de salle à manger était toujours la même, celle qui n’avait jamais autant servi que du temps où j’avais croisé les yeux de Bella … Il y avait eu pas mal de discutions animées autour de cette table. Dommage, il n’y en aura certainement plus d’autre … Esmée et Carlisle vinrent nous rejoindre, elle était très émue et lui tentait de dissimuler son émotion. Je ne pus prononcer aucun mot, moi aussi j'étais si heureux de les revoir … n'y tenant plus ce fut Esmée qui vint se blottir dans mes bras. Elle encercla mon visage de ses paumes douces et glacées et me murmura la voix étranglée par l'émotion : - Oh Edward … Quel bonheur de te revoir ? J'étais si inquiète, ne nous laisse plus jamais sans aucune nouvelle … c'était insupportable … - Je suis désolé maman de vous avoir infligé tout ça mais j'en avais besoin, je sais que je vous ai fais du mal mais rester avec vous, n'aurait pas été la meilleure solution, je le sais aujourd'hui … et j'espère que vous me pardonnerez ? - Mais bien sûr que l'on te pardonne, il ne peut en être autrement !! Me répondit-elle en faisant signe à Carlisle de s'approcher Il était si retenu, je ne l'avais encore jamais vu comme ça, il avait du mal à réaliser que je sois réellement là, devant eux … il avait imaginé le pire et me voir devant lui était un indicible soulagement. Ce fut moi qui m'avança vers lui et lui fit une chaleureuse accolade, j'avais eu si peur de l'avoir déçu mais instantanément cette inquiétude se dissipa avec l'arrivée de Jasper dans la pièce. J'avais oublié les bienfaits de son pouvoir si apaisant. Puis nous parlâmes tous les cinq longuement sur ce que chacun avait vécu durant tout ce temps. Carlisle et son plaisir d'enseigner à l'université de Cornell, Esmée tout à son bonheur de restaurer une vieille bâtisse du dix septième siècle, Jasper avait repris le chemin des cours pour étudier la philosophie, et Alice, elle, se préparait pour une expédition dans le Mississipi, à la recherche d'indices sur ces origines. Ils m'apprirent aussi que Rosalie et Emmett étaient au beau milieu d'un long périple en Europe, ils voulaient passer du temps ensemble et s'éloigner de la morosité ambiante … celle que je leur avais à tous imposé ! Ce fut ensuite à mon tour de leur faire un bref résumé de mon épopée mais en laissant quelques zones d'ombres volontaires sur mon incroyable expérience dans la hutte, ainsi que mes découvertes sur le passé d'Alice principalement. Je trouvais qu'il était encore beaucoup trop tôt pour aborder ces sujets là, l'heure était aux retrouvailles et je voulais en profiter pleinement. Alice insista pour que j'aille me changer car elle ne supportait pas du tout de me voir habiller tel un miséreux. Pour lui faire plaisir, je la suivis à l'étage de la maison où se trouvait les chambres, Esmée avait tenu à m'en réserver une même si elle n'était pas du tout sûre à l'époque de me voir y passer du temps un jour. La chambre qu'elle m'avait réservé était décorée et disposée à l'identique de ma chambre de Forks. Cela me procura instantanément une violente douleur dans la poitrine car je me revoyais avec Bella dans cette chambre … nous deux, affalés dans ce vaste canapé en cuir à nous taquiner. Redécouvrir mon impressionnante collection de CD toujours rangée par date comme j'aimais à le faire, me fit sourire … car elle me rappelait l'étonnement de Bella devant mon « mur » de CD. J'avais l'impression que tout appartenait à une autre personne. Comme s'il s'était écoulé une éternité depuis mon départ de Forks … Alice avait même poussé le vice à laisser en évidence mon CD préféré « Clair de Lune » près de la chaine hi fi. Qu'essayait-t-elle de me dire ?? De continuer à y croire, Alice était toujours si optimiste pour tout qu'elle ne pouvait pas se résoudre de me voir vivre sans Bella. Esmée, de son côté, pensait me faire plaisir en ce disant que je reprendrai plus facilement mes marques dans un environnement que je connaissais, elle ne se doutait pas que je serai si nostalgique. Elles étaient si gentilles et essayaient tant de me rendre les choses agréables que je devais me forcer un peu … alors toutes ces adorables attentions devait effectivement me faire plaisir. Mais faire comme si tout allait bien, ce n'était définitivement pas ce qui me caractérisait le mieux. Jouer à la comédie du bonheur retrouvé, très peu pour moi. Je ne pouvais pas rester avec eux, supporter tant de gentillesse pour m'être agréable, pour ne pas leur faire plus de peine encore … Il était évident que mon errance était toujours une nécessité. Alice interrompit mes pensées en m'indiquant du doigt un immense dressing : - Tu me ferais énormément plaisir si tu daignais te changer … même si habillé de haillons tu restes toujours aussi beau … me dit-elle en soupirant -Très bien si tu insistes … lui répondis-je en feignant de râler car en m'examinant de plus près, je n'avais vraiment pas fière allure. - Si tu veux après, Jasper se propose de t'accompagner chasser, vous pourrez ainsi parler de tes affaires urgentes !! Choses que je ne suis pas sensée savoir, j'imagine ?? Me demanda-t-elle d'une moue boudeuse - Non je ne préfère pas … pour le moment … me repris-je pour ne pas la vexer et pour qu'elle n'examine pas trop mon futur à ce sujet. Je lui avais imposé de ne pas interférer dans la vie de Bella contre son consentement alors si elle apprenait ce que je m'apprêtais à faire, elle me « tuerait » !! -Très bien dans ce cas … à plus tard alors … Je sentais bien qu'elle était un peu déçue mais c'était mieux ainsi même Jasper ne devrait savoir que le minimum à ce sujet. Je ne voulais plus impliquer ma famille dans l’avenir de Bella, tout le monde devait passer à autre chose et visiblement mes proches y parvenaient. Je devais reconnaître que c’était agréable de revêtir des vêtements propres et neufs à en juger certaines étiquettes encore attachées à des habits dans le dressing. Cela restait malgré tout totalement futile et superficiel mais Alice y tenait tant … je lui devais au moins ça ! Jasper m’attendait dehors, il était visiblement toujours mal à l’aise vis-à-vis de moi, il se sentait encore coupable de tout ce qui c’était passé. Il ne cessait de penser que s’il n’avait pas craqué, je ne serai jamais parti et Bella sera toujours à mes côtés. Cela me paraissait si loin tout ça, j’avais complètement dépassé ce stade … les reproches, les regrets … Il était de mon devoir de le rassurer et de le mettre de nouveau en confiance et peut être que l’impliquer dans mes projets pourrait l’aider à se sentir moins coupable ?? Je le suivis jusque dans cette grande et vaste forêt, peuplée de plusieurs espèces d’animaux et je fus même heureux d’en retrouver certains … je ne savais pas pourquoi mais j’avais envie d’un ours. Oh ce ne serait pas un ours polaire mais un ours brun serait déjà un beau défi ! Jasper était intrigué par mon choix car d’ordinaire seul le puma ou les félins m’intéressaient, j’avais toujours trouvé l’ours trop balourd et prévisible. Mon passage à Churchill m’avait fait changer d’opinion et je savais maintenant de quoi ils pouvaient être capables et je les respectais. Jasper tenta de me taquiner pour nous mettre mutuellement plus à l’aise : - Et bien Edward, tu as de nouvelles envies ? - J'avais une mauvaise opinion de cet animal avant, je crois que je l’avais trop associé à Emmett pour être tenté d’y toucher !! Dis-je pour le faire sourire puis reprisJe me suis retrouvé nez à nez avec un ours blanc, j’ai vu sa hargne, sa vélocité, sa force…je ne les vois plus comme de vulgaires nounours ! Je n’ai pas pu en manger un à ce moment là alors je vais me rattraper !! - Je crois qu’Emmett va adorer ça ! S’exclama Jasper en riant J’étais tellement plein de fougue, je me sentais moins accablé que d’ordinaire, ma famille m’aidait à me ressourcer. J’étais convaincu que j’avais bien fait de venir avant tout pour eux mais il semblait que cela avait une légère influence sur moi aussi. Je savais que ce ne serait autant temporaire qu'éphémère mais c’était un moment de répit dans mon immense douleur. J’avais l’illusion que tout était redevenu comme avant … mais un horrible tiraillement dans la poitrine me rappela rapidement qu’il n’en était rien. Je n’étais rien sans elle, cette comédie familiale n’allait pas durer et je la jouer plus pour leur faire plaisir que pour mes propres besoins. Cette fois, l’ours n’eut pas de répit … j’avais gagné ! Malheureusement son sang n’avait absolument pas l’arôme subtil et envoutant du Puma par contre sa quantité de sang me garantissait force et vélocité pour bien longtemps. Ce fut donc après notre copieuse chasse que Jasper et moi nous mirent à parler de mes projets : - Jazz, j’aurai besoin de ton aide ? - J’ai cru comprendre cela, Alice m’en a touché un mot … me répondit-il avec un léger sourire - J’aurai besoin d’un de tes nombreux contacts pour faire transférer de l’argent de manière un peu …murmurais-je quelque peu mal à l’aise - Illicite ? Me demanda Jasper en souriant - Oui … je suis désolé je n’ai pas trop l’habitude de tout cela, je sais que c’est plutôt toi le spécialiste de ce type de transaction dans la famille …
- Oh mais ne soit pas gêné Edward, je comprends. Tu souhaites que je t’aide ou tu veux intervenir seul ? - A dire vrai, j’aimerai bien avoir ton aide mais … cela concerne Bella … et si Alice le sait, elle ne comprendra pas … - Je garderai cela pour moi et si jamais elle soupçonne quelque chose, je trouverai bien quoi lui dire !! - Je t’en remercie ! Lui dis-je soulagé - Alors c’est quoi ton plan ? - Je voudrai faire attribuer une bourse à Bella pour lui donner une chance de pouvoir continuer ses études au collège puis à l’université de son choix, qu’elle soit réputée ou non d’ailleurs. Je ne veux pas qu’elle néglige ses études, elle a un tel potentiel. Avant de me connaître, elle avait même déposé un dossier pour avoir une aide financière, basée sur le mérite, pour pourvoir étudier à l’université de Washington. Elle m’en avait parlé au début de notre relation avant qu’elle n’ait ce stupide projet de … devenir un monstre. Elle a besoin de cette chance, tu comprends et je voudrais lui donner … Je n’osais pas lui avouer que c’était aussi une manière déguisée de me sentir toujours proche d’elle … Allait-elle deviner que c’était moi derrière cette histoire ?? Accepterait-elle mon aide ? J’espérais avoir la réponse à ces questions un jour …
- bBen évidemment que je comprends et je vais t’aider sans hésiter, je crois bien que j’ai la personne qu’il te faut : Isaac Randall, c’est un homme très doué et va savoir nous guider pour mener à bien ton projet.
- Et puis j’aurai aussi autre chose à lui demander. Je voudrais aider une amie en lui garantissant son métier non plus pour trois ans mais pour beaucoup plus. Tu crois qu’il saura trouver une solution avec son employeur …
- Je te propose qu’on aille le voir tout de suite, je lui passe un coup de fil pour le prévenir et on y va ? - Merci Jazz! Il ne me répondit pas car il était trop ému pour cela. Il tenait effectivement là, une occasion de ce racheter comme je le soupçonnais. Ce Monsieur Randall avait son bureau dans New York, plus exactement dans le quartier du Bronx au nord de la ville. Le quartier n’avait pas très bonne réputation mais pour le type de clientèle qu’il avait, le secteur correspondait tout à fait. La ville de New York n’était vraiment pas éloignée d’Ithaca et après une course effrénée entre Jasper et moi pour savoir qui serait le plus rapide, nous fûmes arrivés à la tombée de la nuit. Je connaissais un peu cette ville pour y être venu quelques fois, la dernière en date était pour le passage à l’an 2000 … pour fêter la fin du vingtième siècle siècle avec Emmett et Jasper. Je n’avais d’ailleurs pas compris à l’époque pourquoi tous ces humains étaient tout autant fascinés que très craintifs à l’idée d’entrer dans un nouveau millénaire. Je ne savais pas encore à l’époque que les humains n’aimaient pas particulièrement vieillir, qu’une fête ou un anniversaire n’était pas forcément synonyme de plaisir et de joie. Bella m’avait aussi appris ça … Ce fut Jazz qui me tira de mes pensées …
- On est arrivés … je sais que l’endroit ne fait pas bonne impression mais je te garantis que cet homme sait être discret et compétent … me dit-il comme pour s’excuser
- Je te fais confiance, je ne porte aucun jugement …
Ce n’était effectivement pas l’important, tant que j’obtenais ce que je voulais, le reste n’avait aucune importance. Nous entrâmes dans un vieil immeuble miteux où régnait une odeur de nourriture infecte qui provenait des étages supérieurs, c’était l’heure du dîner apparemment. Le bureau de Monsieur Randall se trouvait au rez de chaussée et j’en fus heureux car je n’aurai pas supporté de sentir cette entêtante odeur plus intensément. Cet homme petit et trapu, vêtu d’un costume trois pièces négligemment repassé, nous fis signe de nous asseoir. Son eau de toilette bon marché se mélangeait à la désagréable odeur ambiante, tout cela ne m'aidait pas à me mettre à l'aise. Lui non plus ne l'était pas complètement, il était effrayé quelque peu à l’idée d’avoir deux vampires face à lui. Depuis le temps que Jasper et lui faisaient affaire ensemble, il soupçonnait ce que nous étions. Je ne pu m’empêcher de lâcher un petit rictus à cette idée que lui interpréta comme une mise en garde. J’avais temporairement oublié que je reflétais une image de tueur, l’amour que me portait Bella m’avait tant radoucit … j’avais tant voulu dompter le monstre en moi que j’avais tendance à vouloir ignorer ce que je reflétais. - Que puis-je pour vous messieurs ? Nous demanda-t-il d’une voix mal assurée - Nous avons besoin de vous, Isaac, pour deux affaires très importantes et urgentes aussi … et l’argent n’est pas un problème … le rassura Jasper
- Bien évidemment Monsieur Jasper …vous êtes mon meilleur client, je n’ai pas du tout cette crainte ! Lui répondit-il d’une voix mielleuse
- Je vous présente mon frère Edward … et c’est pour lui que nous sommes là ! Nous avons deux contrats assez spéciaux à vous confier …
Cet homme eut instantanément un large sourire, il se réjouissait à l’avance de l’énorme commission qu’il allait s’octroyer. Malgré tout, cet homme ne me semblait pas manipulateur et Jasper lui faisait confiance alors je le devais moi aussi. Pendant de longues minutes, il m’écouta soigneusement en prenant des notes, seul des petits hochements de têtes me firent comprendre qu’il pouvait effectivement faire quelque chose pour moi. Et ce fut avec une mine réjouie, à la fin de mon récit qu’il me dit : - Monsieur Edward … pas d’inquiétude, je peux vous aider ! Je vais devoir brouiller les pistes au maximum pour que personne ne puisse vous retrouver mais tout cela est réalisable … laissez moi deux ou trois jours et je vous dirai ce que je compte faire. Quel sera à peu près votre budget ? - Je n’y ai pas vraiment réfléchis mais je pensais allouer un fond de départ puis donner une somme tous les mois comme le ferai une vraie bourse … - Et pour la Manitoba Conservation jusqu’à combien je peux leur graisser la patte ? - Pas de limite … faites monter les enchères jusqu’à ce qu’ils disent oui …
Il me regarda totalement éberlué mais fit mine de conserver son aplomb. Jasper, lui, me regardait du coin de l’œil se demandant qui pouvait être cette amie pour qui j’étais prêt à dépenser tant d’argent …
- Très bien, je vous recontacte au plus tard dans trois jours et vous pourrez valider mon plan … ou le modifier si besoin …
- Merci Isaac !! Le remercia chaleureusement Jasper J’étais soulagé, je savais que tout se mettait en place et j’en étais ravi. J’avais hâte que tout soit réglé pour que je puisse reprendre ma route. J’allais devoir rester plus longtemps que prévu mais cela me laissait le temps ainsi de parler à Alice et discuter de mes découvertes avec Carlisle. J’étais sûr qu’il allait être fasciné … par les esprits, ma nouvelle opinion sur les âmes des êtres surnaturels, lui confier le message de ma mère. Jasper aurait voulu me faire visiter New York mais je lui concédais que j’avais dépassé mon quota de visites touristiques ces derniers temps et je préférais nettement retourner dans la maison familiale. Sur le trajet du retour ce fut moi, le vainqueur de la course, survolté à l’idée de pouvoir m’immiscer quelque peu dans la vie de Bella même si j’avais promis le contraire. Oh elle ne le saurait pas car elle ne découvrirait pas que c’était moi derrière cette bourse … mais si elle le découvrait ?? Qu’en penserait-elle ?? Je l’ignorais et cela m’attristait mais m’excitait tout autant … elle tiendrait là une preuve qu’elle était toujours dans mon cœur et que je voulais l’aider. Le comprendrait-elle ainsi ? Malheureusement avec Bella, je ne pourrai jamais le savoir et puis elle m’avait cru si facilement quand j’avais osé lui mentir. Les esprits m’avaient indiqué qu’elle m’avait pardonné, qu’elle m’aimait mais pour elle, qu’avait-elle comme vision de moi ?
Celle d’un vampire soi disant amoureux d’elle à la folie mais qui l’abandonnait du jour au lendemain en disant ces phrases horribles qui résonnaient encore dans ma tête : Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrai pas. Poursuis ta vie, ce sera comme si je n'avais jamais existé … J’avais si peur qu’elle m’ait écouté, qu’elle soit passée à autre chose justement … Cette bourse me permettait de me raccrocher à une illusion … celle qu’elle ne douterait plus jamais de l’amour que j’avais pour elle …
Alice nous accueillit le sourire aux lèvres, un peu trop malicieux à mon goût :
- Aors les garçons, comme ça on fait une virée à New York et on me prévient pas !! Jasper et moi nous nous regardâmes espérant qu’Alice n’avait rien vu de plus … je sondais rapidement ses pensées pour voir qu’elle ne soupçonnait rien. - Un tour dans le Bronx, rien de très intéressant, Edward ne voulait pas vraiment visiter !! Lança Jasper pour me taquiner - J’avais plus envie de passer du temps avec ma petite sœur, ce n’était pas une bonne idée ?? La taquinais-je pour la faire changer de sujet - Bien sûr que si …S’écria-t-elle en se collant contre mon torse
Jasper nous laissa seuls, il devait se préparer pour ses cours de philosophie du lendemain matin. Carlisle était à l’hôpital et Esmée était encore sur son chantier de restauration… nous pouvions donc parler librement tous les deux. Nous nous dirigeâmes vers le salon où Alice s’installa devant mon piano me faisant signe de m’asseoir à côté d’elle … Elle voulait que nous jouions un morceau ensemble comme au … bon vieux temps ! Cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas touché ou même entendu le son d’un piano.
Elle se mit à jouer ma … ou plutôt notre berceuse, celle qu'elle m'avait aidé à rendre encore plus magnifique, plus authentique de ce qu'était Bella pour moi au travers de cette mélodie. Alice voulait la jouer en souvenir de son amie et moi … pour lui crier mon amour … j’aurai tant aimé qu’elle puisse nous entendre.
A la fin du morceau, Alice ne put s’empêcher de me poser cette éternelle question :
- Je n’ai toujours pas le droit de regarder comment elle va, hein ?? J’aimerai tant savoir si elle va bien ???
- Non Alice … Lui murmurais- je d’un ton mal assuré Pourtant je mourrai d’envie de savoir comment elle allait mais non, mon supplice était de l’ignorer. - Et toi comment tu vas ?? - Chaque jour est une nouvelle épreuve mais j’apprends à vivre avec cette douleur sans trop savoir jusqu’à quand je tiendrai … - Tu y arriveras …i l faut que tu y arrives … Dit-elle d’une voix remplie d’émotion Elle avait serré ma main au même moment pour me montrer une nouvelle fois cette vision : j’étais toujours dans ce brouillard noir, tout était flou, confus autour de moi, je ne voyais plus les visages des gens ni même leurs voix, je ne percevais que des bourdonnements. Comme si j’étais seul monde … la souffrance que j’éprouvais actuellement n’était nullement comparable à celle que je ressentais dans cette vision. Elle est épouvantable, surréaliste, intolérable !! Puis tout au contraire la vision me projeta une lumière intense … trop intense … et au loin je pouvais entendre les douze coups de midi … il y avait des visages tout aussi flous mais cette fois ils parlaient fort, semblaient heureux … ils étaient nombreux, très nombreux vêtus de rouge comme s’ils fêtaient quelque chose. J’étais seul une fois encore, je distinguais parfaitement une place qui devait être celle de Volterra comme me l’avait avoué Alice avant mon départ. Mais cette fois je percevais mon envie d’en finir pour de bon, je voulais … mourir à tout prix !! Alice était inquiète que cette vision n’ait pas disparue, elle semblait me poursuivre apparemment. Elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi je voulais en finir alors que Bella était sensée être en sécurité loin de Victoria et loin de … moi. J’avais complètement oublié cette vision … elle me perturbait. Qu’allait-il pouvoir se passait pour que je veuille tant en finir avec mon existence ?? Ma seule explication possible : je n’allais plus pouvoir supporter encore longtemps de vivre sans Bella ? Elle avait sûrement refait sa vie, elle était heureuse comme lorsque je l’avais vu dans la hutte, elle allait se marier et je ne pourrai pas y survivre. Cela ne pouvait en être autrement … Mais si mon idée de bourse fonctionnait, Bella songerait peut être à m’attendre et à se convaincre que je l’aimais toujours ainsi peut être que cette terrible vision disparaitrait ??? Dans tous les cas, Alice comme moi devions parler d’autre chose, cette vision nous avait tous deux ébranlé. J’allais lui demander de l’accompagner jusqu’au Mississippi avant de me rendre dans le Texas : - Alice … - Bien sûr que je serai très heureuse que tu m’accompagnes ? Me devança-t-elle toute heureuse - Et si je te disais où entamer tes recherches … - Tu as un nouveau don, Edward ?? Je sais déjà où aller !! J’ai une vision brève mais précise qui m’incite à me rendre dans le Mississippi alors je m’y rends car j’ai envie d’y croire …Je ne vois pas ce que tu pourrais m’apprendre de plus ?? Me taquina-t-elle moqueuse - Ah bon, tu ne me crois pas … oui, j’ai un don celui de lire les pensées … celles de Victoria ont été très enrichissantes d’ailleurs … Elle se figea instantanément, elle m’avait prise au sérieux et j’avais enfin toute son attention - J'ai eu accès aux souvenirs de Victoria et j’ai découvert de quelle manière tu avais croisé James … Tu habitais avec ta famille, dans la ville de Jackson, tu avais déjà plus ou moins des visions étant humaine, c’est pourquoi d’ailleurs ce don s’est déclaré lorsque tu as été transformée … J’hésitais à lui expliquer plus en détails, de peur de l’effrayer, je ne voulais pas lui faire de mal mais ces yeux étaient suppliants … elle voulait en savoir plus. - Ta première vraie vision a été celle de la mort de ton père … c’est en voulant le prévenir que James t’a rencontré … malheureusement il ne t’a pas cru car il ne supportait que tu dises toutes ces choses qui ne se produisaient jamais, ton père te croyait folle et c’est lui qui t’a fait enfermé dans un asile … Alice restait stupéfaite, elle était incapable d'émettre le moindre son, seuls ces yeux décrivaient une intense émotion. Elle avait pris mes mains entre les siennes afin de savourer ces souvenirs certes éprouvants mais réels. Elle avait enfin la chance de découvrir qui elle était … ce qui lui était arrivé. Avant de rencontrer Carol, j’étais comme Alice, je désespérais de ne pas avoir de souvenirs de ma vie d’humain, j’avais eu la chance que Carlisle me raconte ma transformation et des bribes de mes derniers instants de vie humaine mais Alice, elle ne savait rien. Elle s’était fait une raison mais lorsque James avait révélé à Bella, certaines choses à son sujet, elle ne put réfréner son envie d’en savoir plus et s’était lancée dans de veines recherches sur son passé sans vraiment trop savoir ou chercher. Certes mon récit n’était pas une histoire merveilleuse mais la triste vérité de sa vie … malgré tout elle voulait tout savoir et m’obligea à lui raconter l’intégralité de mes découvertes.
Mon douloureux récit achevé, je ne pu m’empêcher de la prendre dans mes bras pour lui témoigner ma présence et mes regrets pour tout ce qui lui était arrivé … aussi étrange qui cela puisse paraître, elle était heureuse. - Merci, c’est un immense cadeau que tu viens de me faire … c’est dur à encaisser mais je sais enfin … Je peux maintenant expliquer cette amnésie et oublier tout ce qui me hantait sur mon passé … Je vais pouvoir aller de l’avant et trouver les ultimes traces de mon existence humaine … - Je redoutais tant de tout te raconter … je voulais t’épargner, cela m’a été pénible de te voir comme ça, cela m’a fait mal, ils ont été ignobles avec toi ! Dis-je en serrant les poings Elle me rassura immédiatement en resserrant ses mains sur les miennes, elle me regardait droit dans les yeux à présent : - Edward, nous avons tous vécu un moment ou une transformation difficile avant de devenir ceux que nous sommes aujourd’hui. Rosalie, Jasper, Carlisle ont réussi à vivre avec leur connaissance du passé et j’y arriverai aussi. Je le vivais si mal de ne pas savoir … Sans toi, je n’aurai jamais découvert tout ça … il était très important pour moi de l’apprendre, ne te reproche rien bien au contraire, je suis heureuse …vraiment ! - J’en suis soulagé alors … Elle posa son bras sur mon épaule et me déposa un léger baiser sur la joue pour mettre fin à cette discussion. Pour témoigner de sa joie, elle se mit à jouer du piano, un morceau mélodieux et joyeux … instinctivement je me mis à l’accompagner et nos quatre mains se mirent à jouer à l’unisson. La musique était un tel moyen d’exprimer nos sentiments que nous jouâmes pendant très longtemps, ce fut Esmée qui vint nous interrompre. Cette scène l’avait ému, elle avait eu tant de peine que je ne veuille plus toucher un piano que me redécouvrir avec Alice à composer des heures durant, n’avait pas de prix à ses yeux. Elle se réjouissait d'avoir conservé mon piano et de l’avoir installé dans cette pièce plutôt que de l'avoir vendu comme je lui avais suggéré au moment de notre départ. Elle vint naturellement poser ses mains réconfortantes sur mes épaules comme elle le faisait souvent et j’entonnais pour son plus grand plaisir sa mélodie préférée.
Chapitre 16 : Bourse
C'était le jour de repos de Carlisle aujourd'hui, pas de cours ni même de garde à l'hôpital. Nous en étions ravis tous les deux car cette journée allait nous permettre de nous retrouver et parler de tout ce qui s'est passé en mon absence. Je vins le rejoindre dans son magnifique bureau, il avait conservé sa très belle table en acajou et son éternel fauteuil en cuir que je lui connaissais depuis toujours. Carlisle était en pleine lecture d'un volumineux livre dont je distinguais à peine le titre … cela semblait fort intéressant car toutes les pensées de mon père y étaient accaparées.Cette pièce me fascinait toujours autant, tous ces livres sources de savoir, d'histoire, de croyances, m'invitant au respect. Je m'arrêtais quelques instants devant le fameux tableau représentant Carlisle et les Volturi tels des dieux grecs trônant sur un immense balcon de marbre. Aro, Marcus et Caius ainsi que mon père étaient sensés représenter les ténébreux protecteurs des arts italiens. En voyant ces vampires tyranniques je ne pu m'empêcher de repenser à la vision d'Alice … un frisson me traversa violemment et Carlisle me le fit remarquer : - Tout va bien Edward ?? S'inquiétait-il en refermant son livre … Je pu à cet instant en distinguer la couverture et j'en fus extrêmement surpris, c'était la Bible !! - Ce n'est rien, juste que ce tableau me met un peu mal à l'aise en ce moment … Il a plus ou moins un rapport avec une des visions d'Alice. T'en a t-elle parlé ?? Le questionnais-je afin d'avoir son avis à ce sujet - Oui … mais que très récemment d'ailleurs car durant ton absence, cette vision est restée très présente et Alice ne supportait plus de garder cela pour elle. Elle est venue m'en parler et elle a bien fait ! Me dit-il en me faisant signe de m'asseoir sur une des chaises face à son bureau. - Oui, elle a eu raison … Savoir que cette vision me poursuit toujours ne me rassure pas vraiment car je ne m'explique toujours pas pourquoi je voudrais tant mettre fin à mes jours ?? Lançais-je en m'asseyant Surtout que les esprits ne m'avaient rien laissé entrevoir à ce sujet, peut-être simplement parce que mon futur leur était inconnu. Je n'avais pas d'avenir … oui, je n'avais pas d'avenir sans Bella et ce serait certainement ce total manque d'engouement pour la vie sans elle qui me pousserait à en finir ? - Pour être franc je ne sais pas te répondre, Edward ! Nous avons tous eu tant de fois la preuve que les visions d'Alice s'avéraient exactes que nous avons à l'inverse oublié qu'elles pouvaient aussi se tromper. Je ne cherche pas à te dire d'ignorer ce qu'Alice a vu mais ne règle pas ton existence en fonction d'elle. - Tu as raison et je vais laisser faire le temps … De toute manière je n’avais pas vraiment le choix et puis attendre était devenu une deuxième nature chez moi … - Tu sembles avoir supporté cette … pénible solitude ? J'avoue ne pas avoir été très rassuré à l'idée de te voir partir seul, loin de nous mais je pense que rester à nos côtés n'aurait pas été forcément le meilleur choix non plus. Je suis vraiment heureux que tu sois venu nous rassurer, on se sentait si impuissant face à ta douleur. - Je survis plus que je ne la supporte … tu sais !! - Tu es toujours autant persuadé que ta rupture avec Bella était le meilleur choix pour vous deux ?? Me demanda-t-il perplexe - Je ne suis plus sûr de rien !! J’ai plus le sentiment que j’ai agi précipitamment et égoistement envers vous et surtout envers Bella. Je voulais tant la protéger que je n’ai pas pensé aux conséquences pour elle comme pour moi … Je ne préfère pas trop y penser car cela me fait beaucoup trop mal alors je reste focalisé sur Victoria pour le moment afin d’être sûr qu’elle n’importunera plus Bella et après … j’aviserai … - J'ai conscience que c’est un cap très difficile à passer pour toi mais tu y arriveras et sache que si tu devais changer d’avis cela ne serait pas un échec mais plus une leçon de vie. Le temps va faire son œuvre et tu sauras quoi décider. Toutefois je te trouve un peu plus serein, moins à fleur de peau, on dirait que cet éloignement t’a permis de réfléchir, je me trompe ?? - Non, tu as raison … Je dois avouer que cette errance a tout de même eu du bon, principalement parce que j'ai rencontré quelqu'un d'exceptionnel. C'est une jeune chaman … elle a l'étonnant don pour une humaine de percevoir l'humeur et les sentiments des gens. Elle a voulu m'aider et m'a fait découvrir les esprits de ses ancêtres et j'ai eu accès à quelque chose d'incroyable : la mémoire originelle, la force des esprits de la terre, de l'eau, de l’air et du feu … Carlisle était stupéfait, il buvait littéralement mes paroles, ses yeux étaient grands ouverts, signe de sa concentration et de son intérêt à mon récit. - Lors du rituel, une chose totalement incroyable s'est produite … j'ai pu serrer ma mère Elisabeth dans mes bras et au même moment tous mes souvenirs d'humains m'ont été offerts. Carlisle si subjugué par ce que je venais de lui révéler, ne peut se retenir de m'interrompre : - Tous tes souvenirs … tu te souviens de tout … totalement incroyable. Je n'avais jamais encore entendu pareille chose … Balbutia-t-il passionné - Elisabeth tenait d'ailleurs à te remercier de ton geste, … de m'avoir sauvé … et de ne plus jamais douter du fait que m'avoir transformé était la meilleure solution … lui murmurais-je la voix pleine d'émotion à l'idée d'annoncer cette incroyable rencontre à mon père totalement envahit de bonheur - J'avais toujours soupçonné qu'elle savait ce que j'étais … quelle femme surprenante… quel précieux cadeau … elle ne fait que confirmer ce que je savais déjà. Tu es un être totalement exceptionnel, Edward ! Dit-il les yeux brillants d'émotion - Tu comprendras que de voir ma mère, retrouver tous mes souvenirs de ma vie humain et d'avoir eu accès à l'époustouflante magie des indiens m'a forcément donné matière à réfléchir sur mon … âme. Et je pense que je n'étais pas vraiment dans la bonne direction avant ça … - Effectivement, c'est totalement stupéfiant … Je savais qu'ils avaient des pouvoirs totalement fascinants et je m'étais d'ailleurs abondamment documenté sur les esprits indiens au début de nos démêlés avec les Quileute mais je dois bien reconnaître qu'ils t'ont offert un cadeau inestimable surtout pour ceux de notre espèce … Ils ont ressenti que tu méritais d'avoir accès à leurs pouvoirs et que tu en étais digne !! - Carol semblait le penser aussi … Murmurais-je - Cela veut dire que tu fais un peu parti des leurs maintenant et qu'ils vont sans doute te réserver bien d'autres surprises … Mais qui est Carol ?? S’interrompais-t-il l’air surpris - Carol était la Chaman … un être totalement unique, j'ai eu une énorme chance de croiser son chemin. Grâce à elle, j’ai appris à un peu mieux apprivoiser ma douleur, elle a tenté de purifier mon esprit pour que je puisse y voir un peu plus clair. J'ai effectivement eu certaines réponses concernant des questions que je me posais sur ma relation avec Bella. Je sais à présent que Bella sera heureuse et qu'elle continuera sa vie … c'est le plus important !! Ma douleur … je devrais vivre avec même si je ne saurai jamais totalement la contrôler et ça n'importe quel esprit ne pourra rien n'y changer !! - Ne crois pas ça !! Après ce que tu viens de vivre, plus rien ne sera jamais pareil et dans des situations extrêmes il se pourrait qu'il y est toujours une issue inattendue ou un enchantement qui t'attende … me rassura Carlisle incroyablement transporté par mes révélations - Ouais, cela m'évitera sans doute de lire la bible !! Lui lançais-je en hochant la tête en direction du livre qui était toujours posé soigneusement devant lui - Peut-être ou peut-être pas, j'ai toujours pensé que la religion était la clé et bien à ta manière tu y es parvenu aussi mais avec la spiritualité des esprits, l'essence des origines de l'humanité … c'est encore mille fois plus précieux que la religion … ce n'est pas parce que nous ne sommes pas destinés au paradis que nous devons définitivement y renoncer ! - Tu m'étonneras toujours, tu débordes de sagesse … est-ce que je t'ai déjà dit que j'étais fier d'être ton fils !! Lui dis-je en me levant de mon siège pour me poster à côté de lui et lui poser ma main sur son épaule en signe de remerciement et de toute mon affection Il se leva et me prit chaleureusement dans ses bras très ému et pour me faire plaisir me demanda : - Veux-tu la voir maintenant ? - Alors, tu l'as ?? Lui demandais-je tout heureux - Je l'ai toujours eu, j'attendais juste le bon moment mais maintenant que tu connais son existence, tu peux la récupérer si tu le souhaites ?? - Non, non, elle est très bien là où elle est, tu me l'a donneras le moment venu … Lui concédais-je avec une pointe d’émotion car je n’étais même pas convaincu qu’elle quitterait l’endroit où il l’avait précieusement rangé. La verrais-je même un jour, je n’en savais rien mais une chose était sûre, je ne le découvrirai que lorsque j’aurai la certitude que cette bague ornerait le doigt de ma Bella pour … l’éternité ! - Soit … si c'est ce que tu veux !! J'étais vraiment heureux d'avoir pu me confier à Carlisle, le voir si enjoué de mes découvertes, il était toujours autant plein de sagesse, son inestimable expérience de près de quatre cents ans était un véritable joyau. Il avait pris le temps de mieux connaître notre espèce et tout ce qui nous entourait. Il ne voulait pas me croire quand je lui disais mais c'était lui l'être totalement et superbement exceptionnel, moi je n'étais qu'un maigre reflet de lui et encore pas toujours très réussi comme en ce moment … il n'y avait qu'à voir la façon dont j'avais abandonné Bella. Carlisle n'aurait jamais fait une chose pareille … mais ça je ne le saurai jamais car c'était moi l'être le plus abjecte sur terre ! Le reste de la journée s'était déroulé tranquillement, j'étais resté longuement avec Carlisle dans son bureau à lire et approfondir mes découvertes sur les esprits. Plus tard, Alice m'appela pour aller chasser, je n'avais pas faim car j'avais tant pris l'habitude de me nourrir irrégulièrement que ma soif n'était pas si intense qu'autrefois. Et puis, après l'épreuve de la hutte, j'avais appris à puiser dans mes plus maigres réserves et du coup à me passer de nourriture pour pas mal de temps. Je l'accompagnais tout de même pour lui faire plaisir et être en sa compagnie. Cela me paraissait étrange de rester au même endroit si longtemps, sans bouger, plus de traque, plus de rues bondées d'esprits humains tristes ou malheureux … je m'y étais habitué par la force des choses et puis rester sédentaire me rappeler trop ma vie auprès de Bella. L'idée de retourner au lycée au plutôt l'université car c'était ce que projeté Carlisle pour moi, lorsque j’en ressentirai l’envie mais cela ne me disait absolument rien !! Jamais sans Bella … ce ne serait plus jamais pareil ! Pour couper court à mon malaise, Isaac Randall avait contacté Jasper pour nous prévenir que tout était réglé plus tôt que prévu et qu'il nous attendait avec l'argent pour clore ses contrats. L'argent n'était pas un problème, les visions d'Alice dans le domaine boursier était toujours aussi infaillible et nous assurer un train de vie très confortable, nous avions de l'argent plus qu'il nous en était nécessaire. Nous étions donc de retour dans le Bronx, mais en pleine nuit cette fois et j'en fus soulagé car aucune odeur de cuisine ne se dégageait mais plutôt des pensées les plus coquasses de certains messieurs envers leurs femmes. Un mélange de fantasme et de rancœur nocturnes tourbillonnaient dans ma tête mais c'était toujours mieux que cette épouvantable odeur de nourriture. Isaac était très fier de lui, il s'était visiblement surpassé sur ce coup. Il fut plus à l'aise que la dernière fois en nous voyant et après nous avoir fait asseoir, il nous déballa son plan : - Tout d'abord, j'ai une bonne nouvelle, la Manitoba Conservation a accepté. Ils ont été étonnamment surpris par notre demande mais on reconnut que cette personne faisait un très bon travail. Ils ont accepté de passer son contrat de travail en durée indéterminée et pour presque rien … juste pour dire de ne pas faire ce changement de statut sans contrepartie. Ils m'ont demandé l'équivalent d'une année de salaire … quinze mille dollars !! Autant dire une misère, Carol n'était pas assez payé pour tous les risques qu'elle prenait mais j'étais satisfait que sa situation soit modifiée, j'espérais que cela l'aiderait et qu'elle pourrait continuer à pratiquer la chamanerie en parallèle de ce travail et demeurait dans cette ville qu'elle appréciait tant. - Bon travail Isaac … Le félicitais-je - Quant à la bourse et bien, il m'a fallu un peu plus de temps pour mettre en place un plan qui tienne la route et surtout que l'on ne remonte pas jusqu'à vous …Alors voilà mon plan : nous sommes un organisme bancaire du nom de la Pacific Northwest Thrust, spécialisé dans les allocations de bourse … ouais je sais, c'est un peu pompeux mais il fallait ça pour que cela fasse un brin authentique. Nous sommes garant d'une bourse un peu particulière, notre organisme récompense ceux qui ont été injustement oublié. Notre jeune protégée, si vous me permettait de l'appelée ainsi avait déjà demandé une bourse précédemment malheureusement classé sans suite. Nous lui ferons donc croire que c'est ce précédent refus qui lui a permis de percevoir notre bourse. Elle sera basée principalement sur l'emplacement géographique et le mérite. Notre protégée se situant justement dans une petite ville, elle fera partie d'office du panel, elle travaille bien aussi donc bingo … elle est l'heureuse élue !! S’exclama-t-il fier de lui - Et bien j'avoue que c'est bien ficelé et je ne pense pas que cela puisse éveiller les soupçons ! Le complimentais-je réellement surpris qu'il ait pensé à tous ces détails. C’était si étrange d’intervenir dans la vie de Bella de cette façon. - Reste une chose à régler … la somme prévue à cet effet !! Comme vous le suggériez, il nous faudrait un fond de départ puis une somme à verser tous les mois jusqu'à la fin de ses études ! Oui mais …quelle somme serait la bonne … trop ou pas assez ? Rien n’était assez pour Bella je lui aurai même donné un million de dollars s’il le fallait … Impossible, elle aurait tout de suite su que c’était moi … Je n’en savais rien, peut être que ce n’était pas une si bonne idée après tout ! Zut ! Je me sentais ridicule tout à coup … quel prix avait la réussite de Bella à mes yeux ?? - Et bien disons …vingt mille dollars au départ pour la motiver et qu'elle puisse choisir le collège qui lui chante et après cinq mille dollars par mois pour préparer l'université … je vous donne déjà cent mille dollars et vous placerez le reste … cela laissera du temps pour réajuster en fonction de ce qu'elle décidera … C’était difficile pour moi d'imaginer Bella poursuivant ses études sans moi à ses côtés … mais grâce à cette bourse je le serai quand même d'une certaine façon et cela me soulagé un peu. - Je serai l’unique contact de la banque, je serai donc automatiquement averti en cas de problème … et je vous informerai quand elle aura perçu son argent … - Très bien … Répondis-je en me raclant la gorge pour me donner un peu plus de contenance car savoir que bientôt Bella aurait connaissance de cette bourse me déstabilisait. J’avais peur …qu’elle accepte car cela voudrait dire qu’elle poursuivait effectivement sa vie et que je n’en faisais plus partie ou qu’elle refuse et dans ce cas, elle ne voudrait plus jamais entendre parler de moi … Elle était si perspicace que je redoutais sa réaction si elle devait me perçait à jour … Jasper et Isaac réglaient les derniers détails concernant le montant de sa commission et le versement de l’argent … un virement de compte à compte était prévu mais j’avais déjà coupé court à la conversation, mon esprit était bien trop pris en vagabondage … Mes affaires étant réglées, je pouvais me remettre en route. Alice était fin prête et trépignait d’impatience à l’idée de découvrir sa ville de naissance. Jasper ne pouvait l’accompagner tout de suite car il restait deux ou trois choses à régler avec Isaac apparemment mais cela le rassurait de savoir que je ferai le trajet avec elle par contre il lui promit de la rejoindre rapidement. Les traits d’Esmée dessinaient une peine insondable … elle ne voulait pas que je reparte même si elle savait inconsciemment que j’en avais besoin. Elle espérait que ce serait notre dernier au-revoir mais je n’en avais aucune certitude. Carlisle, lui était beaucoup plus détaché, notre dernière conversation l’avait rassuré et il était convaincu que tout se passerait bien. J’aimais penser comme lui mais là encore je n’avais aucune garantie sur l’avenir qui m’attendait. Ils nous serrèrent dans leurs bras une ultime fois et nous énumèrent une liste de recommandations dont la dernière reçut une vive réponse d’Alice : - Ne vous inquiétez pas … Edward a retrouvé son portable, je lui ai mis dans sa poche … il ne nous laissera plus sans nouvelles !! Hein, Edward … m’ordonna-t-elle en me donnant un léger coup de coude Je fis un sourire entendu pour les rassurer. Cette scène avait un douloureux goût de déjà vu et instinctivement je serrai fortement dans ma main mon plus fidèle allier, le bouchon en plastique que je surnommais secrètement « mon ami ».
Chapitre 17 : Erreurs et Conséquences
Alice ne pouvait s’empêcher de me faire la conversation, c’était plutôt agréable au début mais après plusieurs heures, cela commençait sérieusement à me taper sur le système. Je n’avais plus l’habitude d’avoir de la compagnie en permanence et Alice était réputée pour être un vrai moulin à paroles. Même si elle s’arrêtait de parler, c’étaient ces pensées qui prenaient le relais :
Comment va Esmée ?? Jasper me manque, j’espère qu’il va venir me rejoindre bientôt ?? …
Quand est-ce qu’Edward daignera desserrer sa mâchoire pour me dire un mot ??? Je me tournais vers elle pour lui assener un regard noir dont j’avais le secret d’autant plus que je commencer à avoir faim. Je n’avais plus très envie de rire … Nous étions partis depuis quelques jours déjà ou seulement, je ne savais plus trop quoi penser … Nous avions trainé car Alice voulait « visiter » et s’extasier de découvrir de nouvelles choses, je ne pouvais pas lui en vouloir et puis c’était moi qui lui avait demandé de l’accompagner. Elle n’était pas non plus pressée que je la laisse seule et ne se sentait pas prête à affronter cette nouvelle séparation. Je la redoutais aussi mais je tentais de le dissimuler autant que je le pouvais.
Nous étions à un peu plus de la moitié de notre périple, dans l’état du Tennessee. Nous avions enfin trouvé notre « garde mangé » grandeur nature. Nous étions arrivés au parc national des grandes montagnes fumeuses. Non seulement d’avoir un nom étrange et d’être un immense parc de plus de deux milles kilomètres carré, il était aussi très touristique. Nous allions devoir faire très attention car, nous étions fin décembre, il y avait affluence d’humains pour les vacances de fin d’année. Alice et moi, nous sentions un peu comme chez nous dans ce parc car bizarrement le climat était identique à celui que nous avions à Forks. Etrange, en effet car c’était une exception pour la région qui elle, était majoritairement chaude et sèche. Nous nous étions longuement attardés dans ce parc d’ailleurs, nous y étions si bien … la nostalgie nous avait rattrapé, nous avions un peu l’impression de revenir aux sources. Nous avions tellement tardé que Jasper nous avait déjà rejoins alors qu’il n’était prévu de retrouver Alice qu’aux abords de la rivière aux perles, à Jackson. J’eus rapidement la sensation que je devais me retirer et les laisser seuls, je ne trouvais pas vraiment ma place dans ce trio. Les voir si complices et heureux, me remémorais des souvenirs trop douloureux. Avec le temps d’ailleurs, chaque image ou pensée de Bella était un vrai coup d’épée dans ma poitrine mais paradoxalement c’était cette douleur qui me gardait en vie.
J’étais en manque d’elle, son odeur, son sourire, ses cheveux, sa peau, ses lèvres, sa voix … tout, tout me manquait. C’était à en devenir fou, je n’avais d’ailleurs pas pu demander de l’aide à « mon ami » pour tenter d’apercevoir ma Bella. En effet, Alice étant en permanence sur mon dos et ne voulant pas qu’elle découvre ma faiblesse, je n’osais le sortir de ma poche. Si Alice avait découvert ma stupide dépendance à ce morceau de plastique auquel j’avais prêté des vertus magiques, elle se serait réellement moquée de moi ou aurait eu peur pour mon état mental. Pourtant tout mon corps le réclamait, j’avais besoin de la voir …
Je m’étais isolé pour leur laisser un peu d’intimité et du même coup retrouver un peu la mienne. Je m’étais assis sur un tronc d’arbre qui jonchait sur le sol … je scrutais dans ma main ce bouchon en plastique tout déformé avec le temps à cause des innombrables pressions que je lui avais fait subir. Je le regardais intensément et le suppliais intérieurement de me venir en aide. Je n’avais rien à lui donner car j’avais tout perdu mais s’il pouvait avoir pitié d’un minable vampire aux abois, je lui promettais de le conserver éternellement plutôt que de le laisser mourir en étant détruit dans une de ces nombreuses usines de recyclage. J’avais fermé les yeux dans l’espoir que tous mes autres sens se mettraient en éveil. La dernière fois que j’avais vu Bella, j’avais pu la toucher, l’embrasser, la serrer dans mes bras … la magie m’avait transporté … alors si je n’avais droit qu’à un dixième de tout cela, ce serait déjà magnifique.
Je pouvais humer l’air environnant empreint d’humidité, entendre le vent faire craquer les branches des arbres nus …et sentir la brise caressait mon visage. J’avais gardé les yeux fermés, espérant toujours un quelconque signe d’une présence … au bout d’interminables secondes, je pu sentir une tête se poser sur mon épaule. J’en frissonnai de bonheur car je savais que c’était elle, le carillon de ses battements de cœur me le confirmait. Le vent porta son délicieux parfum à mes narines et une de ses mèches de cheveux vint me chatouiller la joue. J’inspirai à pleins poumons ce merveilleux arôme et m’en délectais. Elle s’approcha de moi pour me déposer plusieurs baisers le long de ma mâchoire crispée … sentir ses lèvres tièdes et délicates, effleurées ma peau glacée me rendait fou. Je n’avais qu’une envie, la serrer dans mes bras et l’embrasser avec fougue malheureusement pour moi elle avait disparu comme elle était venue … Ma drogue avait fait son effet … j’étais au nirvana mais la chute promettait d’être rude !
Alice et Jasper me proposèrent de les accompagner jusqu’à Jackson mais je refusais poliment car j’aspirais plutôt à me retrouver un peu seul. Il était temps que je retourne sur la piste de Victoria au Texas. Alice n’ayant pas réussi précisément à la localiser, j’allais devoir la chercher par moi-même, seulement à l’aide de mon odorat. Il me fallait donc ne plus trop tarder si je voulais avoir une chance de retrouver sa trace. Jusqu’à présent Alice avait toujours su localiser précisément Victoria mais étrangement, ces visions la concernant devenaient de plus en plus floues ou inexactes. Elle en concluait que la tueuse ne devait plus tant que ça se focaliser sur Bella et que ma traque touchait à sa fin … Alice s’en réjouissait alors que moi, j’étais un peu plus partagé.
Cette traque était certes contraignante mais elle avait le mérite de me garder éveillé. Si je devais m’arrêter de suivre Victoria, je n’aurai plus de but à atteindre … je n’aurai plus rien à faire, je risquerais de sombrer. Il ne me resterait alors, plus que deux choix pour continuer mon existence soit rester vivre auprès des miens à Ithaca soit retourner … à Forks pour supplier Bella de me reprendre à ses côtés … Ces deux hypothèses étaient inenvisageables, la première ne me conviendrait plus comme je venais de l’expérimenter récemment et l’autre était tout bonnement impossible car ce serait rompre ma stupide promesse … même si sa valeur se dévaluait au fil du temps.
Alice me fit promettre de la contacter en cas de problème ou tout au moins consulter régulièrement mes messages pour être sûr qu’il n’y ait pas de modifications dans ces visions. Jasper avait eut le temps de me glisser discrètement que l’argent de la bourse avait été viré sur le compte de Bella et que Isaac serait contacté dès qu’elle se manifesterait auprès de sa banque. Je ne m’expliquais pas vraiment pourquoi mais j’appréhendais sa réaction, j’avais envie qu’elle soupçonne quelque chose car ainsi elle ferait peut être un geste vers moi. D’un autre côté, pourquoi penserait-elle que je sois l’investigateur de cette bourse alors que je lui avais juré de ne plus me mêler de son existence … j’étais paumé, sur un fil près à basculer d’un côté comme de l’autre. Un signe du destin m’aiderait peut être ??
Alice faisait bonne figure mais elle s’inquiétait pour moi et appréhendait de ne pas me revoir. Cette vision de ma mort la hantait toujours … Je lui promis que je prendrais soin de moi et que l’on se téléphonerait au moindre problème. Elle en fut soulagée mais pas totalement malheureusement je ne pouvais rien lui promettre de plus. J’eus un sentiment de vide lorsque je la vis s’éloigner au bras de Jasper, mon cœur froid se serra car même si j’appréciais la solitude, je la redoutais tout autant.
Ils partirent vers l’est alors que moi, je continuais mon chemin vers le sud. J’avais décidé de regagner Dallas puisque c’était là que James avait rencontré Victoria. Je pensais qu’elle aimerait sans doute y faire un tour en souvenir de lui ?? N’ayant pas d’autre piste, je devais bien tenter celle là. Je fus vite arrivé à Dallas car je n’avais fait qu’un rapide crochet par Houston pour m’assurer qu’elle n’aurait pas décidé de s’y attarder un peu. J’étais dorénavant ralenti dans ma course car même fin décembre, le soleil est toujours de sortie dans le Texas. Cela allait sérieusement me retarder puisque je ne pourrai la pister que la nuit.
J’étais morose d’avoir laissé les miens et de me retrouver de nouveau livrer à moi-même. C’était ce à quoi j’aspirais pourtant mais je commençais à me lasser de tout et j’avais presque envie de tout arrêter … et pour couronner le tout aujourd’hui était un jour un peu spécial. C’était le réveillon du nouvel an … tous ces humains hystériques me taper déjà sur les nerfs !! Pourtant il fallait que je les affronte pour tenter de pister Victoria et j’aurai sans doute la chance de capter ses pensées si elle était toujours dans le secteur. Cette soirée était vraiment une aubaine pour elle mais un cauchemar pour moi. Des feux d’artifices et divers coups de fusil résonnaient dans la ville, les gens dansaient, riaient, s’embrassaient pour fêter cette nouvelle année. Toutes ces pensées, ces odeurs me désorientaient. Je captais toutes les bonnes résolutions de ces humains qui s’engageaient à faire de bonnes actions ou d’arrêter tel ou tel vice. Je n’arrivais toujours pas à comprendre cet engouement à se promettre des choses qu’ils ne respecteraient pas. Seule une partie de moi pouvait tout de même le concevoir, celle qui était persuadée que je tiendrais ma promesse de ne plus revenir dans la vie de Bella car l’autre mourrait d’envie de la rompre et de courir à chaque instant vers Forks… A l’avenir il ne faudra plus que je fasse de promesse que je ne pourrai pas tenir !! Malgré ce brouhaha incessant, je pouvais entendre distinctement les pensées de chacun et je savais reconnaître celles de Victoria aisément, elles avaient une sonorité différente. Je me mis donc en marche dans le Downtown de Dallas où se trouvaient les artères commerçantes et les boites de nuits. J’espérais la retrouver rapidement car ce jeu du chat et de la souris commençait réellement à m’exaspérer. Après avoir fouillé chaque centimètre du quartier sans résultat, je décrétais de changer de secteur pour me rendre vers l’est de la ville. La nuit était bien avancée lorsque j’arrivais à Fair park. Ce parc de la foire était un immense espace d’attractions avec notamment neuf musées sur l’histoire du Texas. Cet endroit était très prisé par les Texans car riche sur leurs origines et très dépaysant. Il y avait encore pas mal de monde qui profitait des manèges, d’ailleurs des salves de cris me firent sursauter … fort heureusement ce n’était que des éclats de voix qui émanaient du train fantôme. Victoria n’aurait tout de même pas osé attaquer devant tout ce monde ?? Quoique la connaissant un peu maintenant, elle était capable de tout juste pour s’amuser. J’étais donc quitte pour ratisser la foire à sa recherche. Je ne captais toujours rien et je commençais sérieusement à douter sur le fait qu’elle soit passée par ici. Cette foire était vaste remplie de coins et recoins où aurait pu se faufiler Victoria et attaquer en toute tranquillité … La musique assourdissante des attractions, les cris de joie et d’excitation des badauds m’emplissaient la tête ainsi que ces odeurs de confiseries et hot dog qui altéraient temporairement mon odorat. Bref, j’avais du mal à me concentrer ce qui était totalement nouveau pour moi mais d’ordinaire mes pensées me simplifiaient tellement les choses. Sans celles de Victoria, mon odorat faisait pâle figure et j’avais du mal à savoir ce que je devais faire. Tout à coup, un homme se posta devant moi … rectification un vampire se présenta devant moi, l’air très peu amical d’ailleurs. Très rapidement, je perçus une odeur qui m’était devenue familière …
Il était totalement empreint de l’odeur de Victoria !! Ces yeux rouges sang témoignaient de sa faim et de sa jeunesse. Il était seul, perdu, à peine crée qu’il était déjà livré à lui-même, du moins c’était ce qui me semblait. Ses pensées m’apprirent que Victoria l’avait crée et qu’il était devenu son nouveau compagnon. Elle n’était pas là mais il devait la rejoindre …elle lui avait confié qu’elle voulait quitter les Etats-Unis et découvrir un nouveau continent. Je trouvais tout cela très étrange mais je supposais qu’elle voulait lui imposer une épreuve pour le tester, voir s’il était digne d’elle en réussissant à la rejoindre. Nous étions en train de nous scruter mutuellement … je vérifiais rapidement qu’aucun badaud ne pouvait nous apercevoir ou être pris à parti par ce jeune tueur.
Il ne savait pas ce qu’il devait faire. Je ne voulais pas le tuer, je ne voulais plus ôter la vie à qui que ce soit même à un vampire nouveau né. Il fallait que je le résonne que je lui explique qu’il avait une autre alternative … mais il ne m’en laissa pas le temps car il sauta aussitôt sur moi. Il voulait brusquement se battre, il ne maitrisait aucune de ses réactions. Il était fort, très fort même et il empestait l’odeur de Victoria. C’était totalement déroutant mais cela me confirmait qu’il avait passé pas mal de temps à ses côtés. J’allais pouvoir l’utiliser, je ne devais pas le tuer … il m’offrait la chance de pouvoir la retrouver. J’allais le suivre et il me conduirait à elle. Je devais feindre d’avoir perdu pour qu’il pense qu’il avait gagné … je ne l’intéressai pas puisqu'il ne pouvait pas se nourrir avec moi, il voulait juste se bagarrer, tester sa force. Il ignorait encore comment s’y prendre pour me tuer donc je n’avais qu’à simuler et profiter de cette distraction. C’était un bon entraînement pour tester mes réflexes. Le combat dura un bon moment puis je sentis qu’il voulait en finir et m’assena un violent coup à la tête et m’envoya voler vingt mètres plus loin. Il ne vint pas vérifier si j’étais encore en état de me battre et se félicita d’être aussi fort et s’en alla. Victoria ne lui avait encore rien appris, il était paumé car théoriquement un nouveau né n’aurait jamais du me laisser vivant ! Il aurait du vouloir absolument m’étriper, m'arracher les membres et me brûler … bizarrement celui-ci n’en avait pas envie. Je me relevais rapidement sans aucune égratignure et me mis à la suivre d’assez loin pour pas qu’il ne remarque ma présence.
Ce jeune écervelé ne s’occupait pas de savoir s’il faisait jour ou nuit et continuer sa route. Par chance, il empruntait des chemins peu fréquentés et qui nous garantissait un peu plus de discrétion. Il avait régulièrement faim et s’arrêter souvent pour se nourrir.Nous furent rapidement arrivés au Mexique, désert, chaleur et soleil quasi permanent … que Forks me paraissait loin !La nourriture commençait à se faire plus rare pour moi par contre, ce climat et ces paysages plus désertiques ne s’y prêtaient pas. Je me nourrissais de bœufs, des rares élevages que l’on croisait. Ce n’était vraiment pas les meilleurs repas que j’avais mangé mais je n’avais que cela sous la main pour me maintenir en vie alors que lui n’avait que l’embarras du choix pour se servir dans tous les petits villages que l’on traversait. Il courait très vite et semblait sûr de sa destination pourtant je ne captais rien de tel dans ses pensées. A dire vrai elles ne se résumaient qu’à tuer pour manger … puis restait ensuite une énorme place pour la vénération sans borne qu’il portait à sa créatrice Victoria. Le Mexique fut traversé à un rythme impressionnant et nous entrâmes rapidement en Colombie où je découvris la ville de Bogota. Ville typique perchée à plus de deux mille mètres d’altitude, il y régnait plus de fraicheur que dans la vallée et j’appréciais un peu plus cet endroit. Mon acolyte était resté en centre ville alors que moi j’avais décidé de me retirer dans un quartier un peu plus calme non loin de là. La Candelaria, quartier certes touristique mais tellement empreint de calme et de paix que je m’y sentais bien. Cette course poursuite me déplaisait et j’avais hâte de savoir où elle allait m’emmener. Victoria s’était étrangement éloignée mais cela prouvait au moins une chose : elle avait définitivement oublié ma Bella et j’en étais infiniment soulagé.
Je désirais d’ailleurs profiter de ce répit pour partager un bref moment de bonheur avec ma Bella imaginaire. Je fouillais dans mes poches à la recherche de mon ami … je m’y repris par deux fois pour être certain d’avoir bien cherché mais à mon plus grand malheur, il n’était plus là !! J’avais perdu le seul et unique élément qui me permettait de résister à l’intolérable manque que j’éprouvais, il me permettait d’avoir ma dose de bonheur, celle qui m’était indispensable pour tenir le coup. J’avais envie d’hurler de rage … comment allais-je tenir sans lui !! J’avais du le perdre pendant ma stupide bagarre avec le nouveau né. Quel imbécile !! Je me mettais dans tous mes états pour un malheureux bouchon en plastique, oui … mais ce n’était pas n’importe quel bouchon en plastique. C’était le dernier vestige qui me restait de Bella. Ne plus l’avoir en ma possession équivalait à avoir perdu Bella définitivement. C’était intolérable, impensable … impossible !! Le peu de sérénité qui me restait s’était complètement évaporé … je n’avais plus envie de continuer ce manège à quoi bon maintenant que je savais Victoria loin de Bella, qu’elle ne sera plus un danger potentiel.
Que devais-je faire ?? Je restais immobile un très long moment en tentant de me convaincre que j’avais fait le bon choix. Je me repris quelques instants et décida de continuer ma poursuite même si je devais y laisser mes dernières forces. J’allais me laisser guider et je saurai sans doute quoi faire du moins, je l’espérais. Ayant mis beaucoup de temps à réagir, mon nouveau né en avait profité pour se volatiliser, il n’avait pas trainé, il était déjà repartit en direction du sud. Je me remis en route de mauvaise grâce mais j’étais beaucoup trop distrait, perturbé, torturé pour réellement me rendre compte que je perdais de plus en plus de terrain sur lui … nous avions maintenant largement empiété les terres brésiliennes … lorsque je réalisais qu’il m’avait semé !! J’avais véritablement perdu toute trace de lui. J’étais perdu, meurtri et anéanti … Alice l’avait vu d’ailleurs et m’appela quasiment aussitôt, je lui avais promis que je lui donnerai des nouvelles et comme à mon habitude je ne l’avais pas fait depuis plus d’un mois. Je ne souhaitais pas m’éterniser au téléphone, pourquoi avais-je laissé mon portable allumé ? -Edward, ça va ?? Je ne répondis que pas un bref son. - Je ne vois plus du tout Victoria, c’est comme si elle avait disparue … c’est étrange mais la seule explication possible c’est qu’elle soit enfin passée à autre chose. Je ne vois que ça … Tu ne penses pas ??S’exclama-t-elle perplexe - Peut-être oui… Bredouillais-je Je n'en savais fichtre rien et je n'en avais même plus à rien à faire …
- tu rentres hein ?? Me supplia-t-elle
- Je vais rester un peu ici … je crois … Lui annonçais d’une voix nonchalante - Que vas-tu faire à Rio, Edward ?? Rester enfermé à longueur de temps ?? Me demanda-t-elle nerveuse. Elle avait du mal à cacher son inquiétude.
- … J'en ai besoin Alice … ne t’inquiète pas, s’il te plait … La suppliais-je en espérant qu'elle me comprendrait
Rio … j'étais déjà si loin, je ne m'en étais même pas rendu compte … loin des miens de tout ce que j'aimais … mais à quoi bon y retourner de toute façon. La perspective de rester terré dans un endroit et attendre que le temps passe, me conviendrait très bien. Le soleil omniprésent ici m’y obligerait … et j’en serai ravi. Déçue par ma réponse, elle me passa Jasper … espérant qu’il me ferait sans doute changer d’avis. Ce fut tout le contraire en fait. Il y eu un long silence, le temps qu’il puisse s’isoler afin qu’Alice ne puisse entendre notre conversation. Il semblait mal à l’aise et avait quelques difficultés à s’exprimer et je ne fus même pas sûr de tout comprendre … - Edward … je suis désolé de t’informer que Bella … a refusé la bourse et a même clôturé son compte pour être certaine qu’elle ne recevrait plus d’argent. Elle a demandé à ce que l'on attribue cette bourse à un autre candidat …
Sa réaction était excessive comme je le craignais, elle m’avait sûrement démasqué. Elle était si perspicace qu'elle avait sans doute deviné que j'étais derrière cette histoire de bourse.
- Isaac a tout de même envoyé dans un premier temps un chèque pour vérifier qu'elle n'avait pas changé d'avis mais il n'a jamais été encaissé … on soupçonne qu'il ne le sera jamais c'est pourquoi Isaac a pris l'initiative de lui envoyer de l’argent liquide chez elle et depuis plus rien … Ce que je pouvais en conclure c’était qu’elle me détestait et ne voulait plus aucune intervention de ma part dans sa vie ! Elle me rejetait mais comment pouvais-je lui en vouloir je le méritais après tout ! J'avais été bien idiot d'espérer autre chose … je devais me résoudre à abandonner … ne plus insister, ne plus essayer d'interférer dans sa vie ! Elle avait cru à tous mes mensonges et les suivait à la lettre … même un peu trop peut être. Je devais en subir les conséquences et payer le prix fort de ma stupidité de l'avoir abandonné …
- Edward, je suis désolé, dois-je faire quelque chose d'autre ??
- Non merci Jazz, tu en as déjà beaucoup fait et je t'en remercie … je sais à quoi m'en tenir maintenant … bredouillais-je car j'avais du mal à articuler … Puis je raccrochais ne pouvant prononcer aucun autre mot. Je n'avais plus envie de rien … cette bourse état mon dernier espoir et cela avait échoué … Bella avait effectivement suivi mes conseils apparemment et poursuivait sa vie sans moi !! Elle avait la chance d'y parvenir semblait-il car moi je savais que je ne serai plus jamais bon à rien sans elle. J'étais totalement anéanti … La nuit était tombée, je n'avais plus le courage d'avancer. Je ne voulais plus bouger, je devais m'isoler avec ma souffrance, ne plus la faire subir à quiconque … J'étais au sud de Rio, j'entrais dans l'une de ses plus grandes Favela … Rocinha, la plus dangereuse aussi mais je n'en avais que faire tant que j'arrivais à m'y cacher sans être dérangé. Côtoyer toute cette misère me rappellerait toutes les merveilleuses choses que j'avais perdu par mon égoïsme et ma stupidité. J'avais trouvé l'endroit idéal pour me morfondre, un grenier d'un immeuble insalubre, surpeuplé mais je n'aspirai à rien d'autre … je ne souhaitais qu'être balloté par le temps et endurer ma souffrance … seul …
Chapitre 18 : l’Annonce
Février …
Mars …
Début Avril … J’étais seul depuis un bout de temps … Je ne savais même plus exactement depuis combien de temps exactement car j’étais dans un état proche de la catatonie. J’avais pour seule compagnie une colonie de rats bagarreurs et une multitude d’araignées envahissantes. Ces dernières avaient même un peu trop tendance à croire que je faisais parti du décor. Je restais si immobile que j’étais devenu un peu leur nouveau terrain de jeux … Cet endroit quoique immonde me convenait parfaitement, j’étais coupé du monde et personne n’aurait l’idée de venir me déranger ici. J’aurai presque pu oublier où je me trouvais si je n’avais pas constamment en tête les pensées et les paroles de mes voisins du dessous. Je comprenais l’espagnol mais je n’avais guère envie de découvrir les malheurs quasi quotidiens de ces humains. Ils parlaient si fort que leurs voix créaient un bruit de fond incessant mais avec le temps j’avais pris l’habitude et j’en faisais abstraction. La chaleur dans ces combles était oppressante et accentuait les relents d'odeurs de cuisine et de transpiration. J’avais l’impression que cette odeur s’était même incrustée sur ma peau et embaumée tout mon corps … Je m’étais complètement replié sur moi-même psychologiquement et physiquement. Mon esprit ne pouvait plus réfléchir ou raisonner correctement et je m’étais figé dans une posture sans pourvoir en bouger. J’avais mon front contre mes genoux et mes yeux étaient habitués à fixer le sol sous mes pieds. Je n’avais plus de but mais plutôt une seule envie tout à fait folle … la seule que mon esprit et mon corps tout entier étaient prêts à accepter : revenir à Forks ! Cette simple idée était tellement apaisante, c’était d’ailleurs cette seule pensée qui me permettait de résister, de ne pas être totalement écrasé par ma douleur. J’aurai pu la revoir me sourire, me tendre les bras, les larmes dans ses yeux me prouverait qu'elle me pardonnait et qu'elle m’acceptait de nouveau auprès d’elle. Revivre un instant inoubliable comme celui que j’avais eu le droit de vivre sous la hutte me donnait l’envie d’espérer. D’espérer oui … qu’elle puisse m’aimer encore et de regagner ma place dans sa vie. Mais malheureusement ce doux rêve n’avait pas de légitimité puisque je lui avais fais une promesse. Celle de ne plus revenir justement, de ne plus la mettre en danger. Elle avait droit au bonheur, à la vie à l’abri de toute crainte. Elle devait découvrir autre chose pour oublier qu’un jour elle avait désiré plus que tout, devenir un monstre. Elle méritait tant de choses mille fois mieux que moi. Elle allait se construire une nouvelle vie faite de ses amis et de sa famille où elle pourrait faire ce qu’elle voudrait puisque je ne serai plus auprès d’elle pour l’influencer. Elle avait d’ailleurs fait ce choix en décidant de refuser mon aide avec cette bourse. Elle ne voulait plus de moi dans sa vie … c’était ce que j’en concluais … L’évocation de cette séparation définitive me déchirait le cœur. Mon existence n’avait plus d’importance … je n’étais plus rien. A chaque fois que je pensais à elle, j’étais parcouru d’un immense frisson incontrôlable. Ce frisson qui avait un arrière goût de défaite, de torture, de perte irrévocable … Ce fut mon téléphone qui stoppa mes divagations. Il vibrait dans ma poche depuis plusieurs heures mais je n’avais pas la force de décrocher. Après moult tergiversations à savoir si je devais décrocher ou non, je le saisis tout de même pour voir qui m’appelait. Je ressenti instantanément un choc en voyant ce numéro … Je ne comprenais pas pourquoi Rosalie tenait tant à me parler. Je ne lui avais d’ailleurs pas adressé la parole depuis mon séjour à Denali. J’osais même penser que cela devait être elle, la plus heureuse dans toute cette histoire car Rosalie était non seulement débarrassée de Bella mais de moi par la même occasion. Cet appel m’inquiétait tout de même car habituellement c’était Alice qui me contactait, il devait s’être passé quelque chose à la maison. Je devais décrocher … - Quoi ?? Lâchais-je d’une voix tendue pour bien lui faire comprendre qu’elle me dérangeait - Ca alors !! Edward qui répond au téléphone. Je suis très honorée !! Lança-t-elle d’un ton désinvolte Dès que j’entendis le ton de sa voix, je compris tout de suite que ma famille allait bien. Elle devait juste s’ennuyer et pour passer le temps, elle s’était dit que m’appeler serait sans doute une bonne distraction. Mais ne pouvant pas capter ses pensées, il m'était difficile de savoir ce qu’elle mijotait. De toute façon, même en y ayant eu accès auparavant, je n’arrivais pas à comprendre comment elle fonctionnait. Elle était tout bonnement trop compliquée pour moi. Agacé, je raccrochais en hurlant Laissez-moi tranquille !! Ces trois mots résonnèrent contre les murs délabrés qui m'en renvoyèrent un écho. Bien évidemment, elle n’allait pas s’arrêter comme ça. Le téléphone vibra de nouveau.Prévoyait-elle de me harceler ainsi jusqu’à ce qu’elle m’ait délivré son message ? Connaissant la méchanceté de Rosalie par moment, je pouvais le penser. Se fatiguerait-elle si je la laissais poireauter ? Cette idée me fit sourire … et je lui accordais du même coup une deuxième chance. Je décrochais donc de nouveau mais en ayant malgré tout un ton volontairement désagréable : - Dépêches- toi … Trop heureuse sans doute d’avoir une nouvelle chance de cracher son venin, ses mots m’arrivèrent comme une claque en pleine figure - J'ai pensé que tu aurais voulu savoir qu’Alice était à Forks … M’assena-t-elle d’un ton narquois Mes yeux cessèrent instantanément de fixer le sol et se posèrent sur le mur fissuré qui se trouvait face à moi. Mes pensées avaient besoin de se remettre en ordre et je décidais d’en savoir plus avant de m’emporter. - Quoi ?? Lui demandais-je calmement en quête d’explication - Tu sais comment est Alice … elle pense qu’elle sait tout … comme toi !! Riait-elle Elle était loin d’être drôle mais elle s’en était rendue compte trop tard … trop tard pour revenir en arrière, sa nervosité était à présent perceptible. Ma fureur par contre s’amplifiait, non pas contre Rosalie … non, elle se serait pour plus tard. Ma rage était destinée à Alice … elle m’avait trahi !! Elle m’avait juré qu’elle resterait loin de Bella même si elle n’était pas d’accord avec moi mais elle me l’avait tout de même promis !! Trop persuadée que je rentrerai après la fin de ma traque suite à son absence inexpliquée de vision sur Victoria, elle avait du penser que je ne tiendrai pas le coup et que je voudrais rejoindre Bella. Elle devait espérer que je ne résisterai pas plus longtemps à la douleur de notre séparation. Elle avait d’ailleurs sans doute raison à ce sujet mais … Mais aussi difficile que cela puisse être, je résistais… alors que faisait-elle à Forks ?? Malgré ma fureur je ne pouvais pas me résoudre à lui en vouloir ou lui faire du mal pour me venger. Alice avait toujours su être proche de moi pour m’aider alors si elle avait fait ça c’était qu’elle avait une bonne raison. Elle avait peut être eu une vision malgré elle … ou alors … elle avait appris que j’avais tenté d’interférer dans la vie de Bella et elle le voulait elle aussi … pensant qu’elle en avait dorénavant le droit. Je restais figé repensant à toutes ces possibilités … mais Rosalie s’impatientait : - Tu es toujours là, Edward ?? Non je n’étais plus là … mes pensées étaient déjà à Forks auprès de Bella … si Alice y était, je pouvais aussi ! Je l’avais si souvent imaginé qu’il m’était difficile de ne pas l’espérer mais c’était encore une fois impossible, j’avais fait ma P…R …O… M… E… S… S… E absurde !! Elle méritait de vivre sa vie …sa vie était plus importante que tout le reste, c’est pourquoi je devais rester terré ici. Et Rosalie qui revenait à la charge, elle insistait : - Edward, tu n’as vraiment pas envie de savoir pourquoi Alice est là-bas ?? - Pas particulièrement. Lui répondis-je sèchement Elle semblait attendre mon consentement pour pouvoir me dire ce qu’elle désirait tant me dévoiler. - Naturellement, elle ne viole pas vraiment les règles. Je veux dire … tu nous avais seulement demandé de rester loin de Bella, n’est-ce pas ?? Le reste de Forks n’importe pas ? Mais qu’essayait-elle me dire à la fin. Je ne comprenais pas. Elle semblait insinuer que Bella était partie ? Partie mais pour où ?? Le seul endroit qui me venait à l’esprit c’était Phoenix, cette ville ensoleillée que Bella regrettait lorsque l’humidité et la grisaille de Forks lui devenait pénible. Elle avait du retourner vivre chez sa mère. C’était bien pour elle, cela devait signifier qu’elle allait de l’avant par contre j’avais un peu de mal à l’encaisser. C’était sans doute ce départ qui avait du la forcer à fermer son compte et refuser ma bourse puisqu’elle changer d’Etat … en fait, peut être que j’avais mal interprété ce refus. Je pensais qu’elle ne voulait plus entendre parler de moi mais au fond je n’avais pas encore la certitude qu’elle ne m’aimait plus … j’en fus presque heureux ! N’ayant pas de réponse de ma part, Rosalie eut un rire nerveux comme pour se donner du courage : - Ainsi tu n’as pas besoin d’être fâché contre Alice ! - Alors pourquoi m’as-tu appelé, Rosalie, si ce n’est pour faire en sorte que je lui en veuille ?? Pourquoi me tracasses-tu ?? - Attends !! S’exclama-t-elle sentant que j’allais à nouveau raccrocher. Ce n’est pas pour cela que j’appelle ! Etonnant, j’aurai pensé le contraire pourtant. - Alors pourquoi ?? Dis le moi rapidement et laisse-moi tranquille ! - Et bien … Hésitait-elle - Crache le morceau, Rosalie !! Tu n'as plus que dix secondes !! - Je pense que tu devrais revenir à la maison. Je suis fatiguée d'entendre Esmée se lamenter du fait que Carlisle ne sourit plus. Tu devrais t'en vouloir pour ce que tu leur as fait. Tu manques à Emmett tout le temps et cela me tape sur les nerfs. Tu as une famille !! Grandis et penses à autre chose que ta petite personne !! Me lança Rosalie avec un débit de paroles très rapide de peur que je l'interrompe. - Conseil intéressant, Rosalie !! Lui répondis-je ironiquement C'était difficile pour moi de l'admettre mais elle n'avait pas tout à fait tort sur un point. Je n'avais pas à faire souffrir Carlisle et Esmée ainsi. Je savais qu'ils étaient un peu moins inquiets après mon passage à Ithaca mais ils ne seraient jamais vraiment heureux tant que je ne serai pas de retour près d'eux. Je ne le savais que trop et Rosalie était sincèrement ignoble de jouer avec mes sentiments de cette façon. - Je pense à eux alors que toi, non !! Poursuivit-elle Tu ne te rends pas compte de la façon dont tu as blessé Esmée ou les autres ? Elle te donne plus d'amour qu'à n'importe lequel d'entre nous et tu le sais. Rentre à la maison … Je ne répondis pas volontairement car je sentais la colère monter en moi. - Je pensais que maintenant que cette histoire avec Forks était finie, tu reprendrais le dessus … Comment osait-elle parler de la femme de ma vie cette façon, comme s'il s'agissait d'une personne sans importance, insignifiante … Pour elle, c’était ce que Bella représentait à ses yeux alors que moi elle était toute ma vie. - Forks n'a jamais été le problème, Rosalie dis-je en tentant de garder mon calme ce n'est pas parce que Bella a déménagé en Floride que cela signifie automatiquement que je vais … écoute, je suis vraiment désolé mais c'est mieux pour tout le monde que je reste ici. - Heu … hésita-t-elle une nouvelle fois Elle me mentait ou me cachait quelque chose … qu'avait-elle à la fin ?? - Qu'est-ce que tu ne me dis pas Rosalie ? Esmée va bien ? Carlisle … - Ils vont très bien. C'est juste … et bien, je n'ai jamais dit que Bella était partie … Je ne pus répondre, trop concentré à me remémorer les paroles de Rosalie. Oui, elle avait bien dit que Bella était partie … Elle avait dit : tu nous avais seulement demandé de rester loin de Bella, n’est-ce pas ?? Le reste de Forks n’importe pas ? Puis elle avait aussi mentionné je pensais que maintenant que cette histoire avec Forks était finie… Bella n’était plus à Forks … pas à Phoenix mais que voulait-elle dire alors ??? Je commençais à paniquer. Rosalie haussa le ton et accéléra encore plus son débit de parole : - Ils ne voulaient pas te le dire mais je pensais que c’était stupide. Plus vite tu l’encaisseras, plus vite les choses redeviendront normales !! Pourquoi te laisser broyer du noir dans ton coin ? C’est fini … Cette fois, j’étais complètement paniqué car je ne pouvais et je ne voulais pas comprendre ce que Rosalie tentait maladroitement de me dire. C’était si évident pour elle que cela me faisait peur … - Edward ? - Je ne comprends pas ce que tu es en train de me dire, Rosalie !! M’exclamais-je la voix tendue Un long silence s’instaura comme si elle n’était plus tout à fait certaine de vouloir me révéler son secret … ce qui était si évident à ses yeux mais que je pressentais comme quelque chose de terrible pour moi. Puis elle lâcha enfin : - Elle est morte, Edward … Ces trois mots que je redoutais depuis que j’avais rencontré Bella m’arrivèrent comme un boulet de canon et me percutèrent littéralement … j’étais chancelant lorsque Rosalie m’assena le coup de grâce - Je suis désolée. Je pensais que tu avais le droit de savoir cependant, Bella … s’est jetée d’une falaise il y a deux jours. Alice l’a vue mais il était trop tard pour faire quoi que ce soit. Je pense qu’elle y serait retournée pour l’éviter si elle en avait eu le temps. Du coup, elle est partie là-bas quand même espérant pourvoir aider Charlie. Tu sais qu’elle l’appréciait … Je ne voulais pas en savoir plus, instinctivement j’avais déjà raccroché. Cela ne pouvait pas être vrai … Rosalie m’avait menti … non … non, elle semblait si soulagée de me l’annoncer pour qu’enfin son petit calvaire prenne fin … qu’elle m’avait forcément dit la vérité ! Mais pourtant les esprits m’avaient prédit que Bella serait heureuse, qu’elle se marierait alors pourquoi se serait-elle tuée ?? Cela ne pouvait pas être possible ? Ils ne pouvaient pas s’être trompés ? Non pas après tout ce qu'ils m'avaient fait découvrir, ils ne pouvaient pas m'avoir menti … Je devais en être sûr et je savais ce qu’il me restait à faire pour le savoir. Je composais nerveusement ce numéro que je ne pensais plus jamais appeler … et même après tout ce temps je le connaissais encore … Si c’était elle, je raccrocherais … Si c’était Charlie, j’obtiendrais l’information dont j’ai besoin pour y croire, grâce à un subterfuge. - Maison Swan ? Répondit une voix que je n’avais encore jamais entendue Ce n’était pas Charlie et encore moins Bella … je dus faire une pause avant de parler car cette voix m’avait déstabilisé. Je n’étais pas préparé à entendre une tierce personne … cela supposait trop de choses …je ne préférais même pas y songer. - Ici le Docteur Carlisle Cullen, imitant parfaitement la voix de mon père. Puis-je parler à Charlie ? - Il est absent me répondit cette voix qui était devenue subitement beaucoup moins agréable voir limite menaçante. Je m’en fichais malgré tout, trop pressé d’avoir ma réponse … - Et où est-il alors ? Exigeais-je impatient Il y eut un court silence comme si cet homme avait besoin de réfléchir, comme si il ne voulait pas répondre à ma question mais de mauvaise grâce je l’entendis me dire : - Il est à l’enterrement … Je coupais mon téléphone les mains tremblantes. J’étais hébété, je fixais toujours le mur en face de moi … je ne comprenais rien, je n’étais déjà plus rien avant ce coup de fil mais maintenant je n’avais plus aucune raison d’exister …
Chapitre 19 : VolterraJ’étais toujours prostré ne parvenant pas à bouger le moindre membre. Je ne réalisais pas encore … je n’y parviendrai même jamais. Je ne pouvais m’y résoudre … C’était impossible … Pourquoi Bella aurait-elle voulu en finir ?? J’étais parti pour son bonheur, pour qu’elle puisse s’épanouir loin de mon influence, ne plus avoir peur de l’avenir. Je m’étais sacrifié en vain, j’avais véritablement échoué car j’étais à l’agonie et Bella s’était tuée … Pourquoi avait-elle fait cela ?? Elle m’avait promis de ne rien faire d’imprudent … elle aussi avait failli à sa promesse …ahhhhh, j’avais envie d’hurler… Elle s’était jetée d’une falaise … tout comme Carlisle quand il avait voulu en finir après avoir découvert ce qu’il était et qu’il ne se supportait plus. Il pensait qu’en sautant il se noierait, il ignorait encore qu’il était immortel et qu’il ne risquerait pas de mourir de cette façon. Seulement Bella, elle, n’avait pas survécut … C’était peut être même cette histoire qu’il l’avait influencé … mes tremblements reprirent car c’était moi qui lui avait raconté et je me sentais atrocement fautif. Je repensais à ce qu’elle m’avait dit le jour de son anniversaire … lorsque que nous regardions Roméo et Juliette. A cette époque, j’avais osé envier Roméo ! Je l’enviais car il avait pu mourir facilement, juste en buvant une fiole de poison. Moi, je n’aurai jamais cette chance … celle de pouvoir mourir … au contraire, j’allais devoir provoquer ma mort, supplier que l’on me tue !! Bella aurait refusé cette idée car elle ne voudrait pas que je me détruise s’il devait lui arriver quelque chose … Cela n’avait plus aucune importance à présent … je ne méritais plus son amour, je l’avais quitté. Dorénavant je n’étais bon qu’à disparaître … pour toujours. Aussitôt la vision d’Alice me revint, celle qui me faisait si froid dans le dos … j’en comprenais tout le sens maintenant !! Elle aussi me confirmait que je devais me rendre en Italie ! Les visions d’Alice tentaient de nous prévenir depuis des mois mais nous n’avions pas compris l’ampleur du message … nous n’aurions jamais supposé que Bella se serait suicidé !! Je n’aurai jamais du partir de Forks, en la quittant j’étais si persuadé de la protéger que j’avais oublié qu’elle aussi pouvait se faire du mal. Comme je l’avais dis à Carlisle, je m’étais précipité et j’avais commis une grave erreur en quittant Bella … Je ne pourrai jamais supporter de vivre une minute de plus sur cette terre sans elle, je devais en finir au plus vite. Elle était morte par ma faute !! Si j’étais resté auprès d’elle, il ne lui serait jamais rien arrivé. Pourquoi n’étais-je pas resté humain ainsi j’aurai pu pleurer, sentir mon cœur s’arrêter de battre puis m’être arraché de la poitrine. J’avais le souvenir de la souffrance que j’avais enduré lors de ma transformation … et bien cette douleur n’était rien comparée à celle qui me submergeait à présent. Je n’avais qu’une solution pour la stopper, pour empêcher qu’elle ne m’envahisse encore plus … c’était de l’arrêter totalement en me supprimant. Je devais trouver la force de m’extirper de ce taudis pour affronter toutes les embûches qui pouvaient encore m’empêcher d’atteindre mon seul et unique but à présent : Mourir !! Je n’avais même plus faim … je n’avais plus aucune envie si ce n’est que de mourir …mourir ou mourir … Ce fut avec une certaine amertume que je quittais mon refuge …il avait été le berceau de ma souffrance et le témoin de mon deuil. Je devais quitter la torpeur de cet endroit pour affronter la mort. Il faisait nuit … j’avais du mal à marcher après tant de jours à être resté dans la même position. J’étais faible car je n’avais pas mangé depuis longtemps, mon dernier repas n’avait guère été copieux et encore moins appétissant … je ne préférais même pas y repenser. La première chose que je m’empressais de faire, fut de jeter mon portable dans une poubelle. En effet, il ne me servirait plus à rien … je savais tout ce que j’avais à savoir et je n’avais plus envie de parler aux miens. Ils ne comprendraient pas mon geste et voudraient m’en empêcher, c’était dur de partir comme ça sans leur dire adieu mais j’avais fais mon choix et je ne reviendrai plus en arrière, ma décision était prise et irrévocable !! J’avançais en trainant les pieds dans les rues de Rio, me dirigeant vers l’aéroport de la ville, qui devait se trouvait à une petite vingtaine de kilomètres de là. En temps normal, j’aurai atteint cet endroit en très peu de temps mais là, je n’étais que l’ombre de moi-même et j’avais du mal à avancer. L’avion était le meilleur moyen pour arriver rapidement à Volterra avant qu’Alice ne réalise ce que je m’apprêtais à faire. Elle le comprendrait que trop rapidement à cause de sa vision mais je ne voulais pas lui laisser une chance de me stopper, elle ou quiconque. Prendre un avion de ligne était impossible car je ne supporterais pas de capter les pensées de tous ses humains, d’entendre leurs cœurs battre, de sentir leurs différentes odeurs corporelles … cela aurait été beaucoup trop douloureux de les voir eux, tous vivants alors que Bella …et pour finir ma piètre apparence les auraient à coup sûr inquiétés. Mes yeux avaient perdu de leur éclat, la couleur noire avait remplacé l’habituelle couleur or de mes iris. Je ressemblais plus à un mort vivant qu’à un humain pourtant ce n’était plus Halloween ! Je n’aurai eu aucun échappatoire si ne j'étais pas parvenu pas à endurer tout ça, j’aurai été piégé avec eux dans cet espace clos, pendant plus de 10 heures. Non, j’allais devoir embarquer tel un passager clandestin … voyager comme un vulgaire colis … en soute d’un vol non commercial. Je n’étais plus qu’une coquille vide, sans âme, sans vie … J’arrivais tant bien que mal à l’aéroport, par chance le bâtiment dédié au fret aérien était moins sécurisé que l’aérogare pour les passagers. Je pus me faufiler assez facilement à l’intérieur pour observer le tri des colis afin de connaître leur destination. Il s’agissait d’embarquer dans le bon avion car c’était l’Italie que je visais, pas l’Alaska ! Fort heureusement pour moi, il n’y avait qu’un seul avion pour l’Italie ce soir là, cela réduisait les chances de me tromper. Je sautais dans l’un des chariots pleins de colis qui se dirigeait sur les pistes. J’étais entouré de fournitures de bureau, de pièces automobiles et même de cadeaux, facilement identifiables car décorés avec soin par des mains que je supposais être celles d’enfants. Arrivé au pied de l’avion, le plus dur allait être d’entrer dans la soute, sans être vu. Cela allait requérir toutes mes forces afin d’y pénétrer à une vitesse vampirique car ce serait ma seule chance. Je regardais rapidement autour de moi pour connaître le nombre de témoin potentiel. Je n’avais pas choisi le bon chariot car j’étais dans l’un de ceux qui devait être vidé manuellement. Un homme était déjà en train de déposer les colis sur un tapis les emmenant vers la soute. Il le faisait pour chaque colis un à un, pas toujours avec précaution mais il le faisait puisque c’était son boulot. Alors qu’à l’avant de la soute, un autre homme chargeait au chariot élévateur la marchandise en container. Zut ! J’aurai du plutôt me cacher dans l’un de cela pour éviter tout risque. Heureusement je n’étais pas dans le premier chariot donc j’allais avoir le temps de profiter d’un moment d’inattention pour pouvoir courir directement dans la soute. Je n’étais d’ordinaire pas très patient mais je l’étais encore moins à présent, j’avais une telle hâte d’en finir que rien n’allait assez vite à mon goût. Cet homme était d’une lenteur effroyable mais par chance, il aimait aussi régulièrement s’arrêter pour aller discuter avec un de ses autres collègues qui s’occupait du remplissage du kérosène dans l’avion. Je profitais ainsi de ce moment d’inattention pour me glisser dans la soute. Une fois à l’intérieur, je me cachais derrière l’un des containers pour être certain de ne pas être repéré. Puis une interminable attente commença … le chargement fut encore long, j’avais fait l’essentiel, il ne me restait plus qu’à patienter mais je n’y parvenais pas, j’aurai déjà voulu y être. Je ressentis comme une énorme satisfaction lorsque les roues de l’avion quittèrent la piste et que les moteurs de ce gros porteur se mirent à plein régime … cette soute était bruyante, je n’avais quasiment pas de place, juste de quoi m’asseoir entre deux containers mais elle était mon ticket vers l’enfer alors j’étais satisfait. Durant tout le vol, je ne cessais d’imaginer de quelle façon je devrais m’y prendre pour mettre en rogne les Volturi. J’avais bien pensé tuer des pauvres innocents mais c’était au dessus de mes forces. Les Volturi étant très protecteurs à l’égard de leur ville je devais donc agir de manière répréhensible pour qu’ils acceptent de me tuer pour se venger … Oui mais à part tuer que pourrais-je faire de pire pour les agacer ?? Et tuer je n’en étais définitivement pas capable … j’allais être certainement obligé de les supplier pour qu’ils accèdent à ma demande. Je me prosternerais à leurs pieds s’il le fallait, je n’avais plus rien à perdre même mon honneur ne valait plus rien ! Je devais d’abord les rencontrer avant de tenter quoique ce soit et après j’aviserai en fonction de leur assentiment ou non … Après un long vol sans encombre, l’avion se posa enfin à Rome …Dans mes souvenirs, lorsque Carlisle me racontait son passé auprès des Volturi, j’avais cru comprendre que Volterra se trouvait non loin au nord de Rome. Cette idée me soulagea car je voyais la fin de mon calvaire et de mon agonie se profiler. Pour quitter l’avion, j’avais choisi l’option du container cette fois, je fus donc déposé sans difficulté directement dans l’aérogare, dans la zone de transit. Une immense zone remplit de colis ou caisses en tout genre qui me permit de m’éclipser sans aucun problème. Il ne me restait donc plus qu’à faire le reste du trajet en courant, du moins presque en courant car mes forces se réduisaient à mesure que le temps passait. Après une course éreintante, je parvins enfin jusqu'à Volterra, cette petite ville perchée en haut d'une colline qui surplombait l'une des plus belles vallées de Toscane. Elle était encerclée par des remparts et plusieurs tours mais principalement dominée par une énorme forteresse. Cette forteresse Médicéenne, non seulement d'être l'ancienne prison était devenue le repère des Volturi. Je me promenais à présent dans les rues de cette ville chargée d'histoires anciennes et passionnantes. Tant de drames antiques s'étaient déroulaient ici et je n'allais pas échapper à la règle, Volterra serait bel et bien le théâtre qui représenterait ma mort ! La ville était en effervescence, des préparatifs battaient leurs pleins. Des drapeaux rouges et des fanions de la même couleur étaient disposés dans chaque rue de la ville. Une fête se préparait et je sus rapidement de laquelle il s'agissait grâce à une gigantesque banderole qui trônait devant la grande forteresse. Je ne pus retenir un rictus en lisant cette fameuse banderole, elle annonçait la Saint Marcus … la voir installait justement devant le repère des Volturi ne pouvait qu'être une ironie !! En effet, la saint Marcus était sensée symbolisait la disparation des Vampires de Volterra grâce à l'action d'un certain missionnaire, le père Marcus, il y avait plus de cinq mille ans. Les gens d'ici le célébraient en martyr le pensant mort, en exécutant sa quête mais s'ils savaient qu'il sévissait depuis tout ce temps en tant que vampire lui même et qu'il était l'un des dirigeants de la dynastie la plus prestigieuse de cette même espèce, qu'en penseraient-ils ?? Certainement un peu plus que de l'ironie à mon avis. Cette fameuse fête allait peut être m'aider en plus, oui … mes options de meurtres étant définitivement anéanties il ne me restait pas énormément d'autres choix. J'avais bien songé à me bagarrer avec la garde ou un truc un peu plus fou comme soulevait une voiture devant tout le monde, un peu comme un super héros … C'était d'ailleurs comme cela que m'imaginait Bella et j'eus instantanément un immense tiraillement dans la poitrine en pensant à l'amour de ma vie. Elle me manquait à un tel point que même mon ami disparut lui aussi n'aurait rien pu y changer, j'étais définitivement perdu … je ne la reverrai plus, je ne pourrai plus la serrer dans mes bras, l'embrasser, sentir son parfum, entendre sa voix, lui caresser les cheveux ou lui fredonner sa berceuse … et le pire c'était que j'étais presque convaincu que j'allais la rejoindre au paradis car j'avais enfin gagné mon ticket grâce aux esprits. J'avais la folie de croire que j'allais la rejoindre de l'autre côté et que l'on ne serait plus jamais séparés et libre de s'aimer … Je prenais mon rôle de Roméo un peu trop au sérieux car dans mes brefs moments de lucidité, je me souvenais que trop bien que je n'étais qu'un pauvre vampire, idiot de s'être épris d'une humaine et qu'il avait été assez bête de la laisser se tuer … non je n'aurai jamais accès au paradis, j'étais damné quoiqu'en dise Carlisle ou les esprits. Ainsi ma décision était prise … j'allais agir de manière excentrique comme un superman pour être sûr de me faire démasqué et être arrêté par les Volturi. J'étais donc en train de chercher l'endroit idéal mais ce n'était pas encore le moment opportun, la nuit tombait et mon plan devait être quelque peu décalé, j'avais besoin d'opérer le jour. Je sentais une présence qui me suivait depuis quelques temps déjà et observait mes moindres gestes … je compris aussitôt qu'Ils m'avaient repérer ! Je n'avais pas l'intention de m'esquiver et je laissais mon pisteur venir à ma hauteur. Le jeune homme était dissimulé sous une immense cape, il était grand et avait sensiblement la même carrure imposante qu'Emmett, il me fit signe de le suivre. Je ne parvenais pas à entrevoir son visage mais son regard lui en disait long … il ne m'appréciait pas car j'étais un danger pour sa ville et sa dynastie. Je le suivis donc avec méfiance toutefois, dans ce dédale de petites rues sombres et inhospitalières. Nous fûmes rapidement rejoins par un autre vampire qui se plaça derrière moi, il devait s'assurer que je ne veuille pas changer d'avis et leur fausser compagnie. Ils m'emmenèrent jusqu'à leur forteresse, aménagée en bureau apparemment comme l'indiquait la plaque étincelante de courtier en assurances près de l'immense porte d'entrée. Nous entrâmes dans un immense hall aménagé avec beaucoup de luxe et de goût d'où émanait une joyeuse musique d'ambiance, histoire que cela fasse plus authentique et accueillant. Nous nous dirigeâmes ensuite, mes deux acolytes et moi vers un ascenseur qui nous emmena rapidement vers une autre réception encore plus chic que la précédente. Cette pièce était décorée avec beaucoup de goût, de très beaux tableaux représentant des paysages toscans y étaient exposaient, de grands canapés en cuir clair étaient installés de tel sorte que l'endroit paraisse intime et cossu. Une odeur de fleurs fraîchement coupées inondait la pièce, il y en avait plusieurs dizaines dans de grands et étincelants vases de cristal. Plus loin je pus distinguer derrière un haut comptoir en acajou une réceptionniste … une humaine étrangement, une belle femme semblait-il nullement mal à l'aise dans ce monde qui n'était et ne devrait pas être le sien mais elle n'aspirait qu'à devenir comme eux … comme nous, vampire !! Elle savait qu'elle pouvait mourir à tout moment dès qu'Ils l'auraient décidé mais elle le prenait avec beaucoup de détachement et cela la satisfaisait malgré tout ! Sa détermination me rappelait celle de Bella … cette volonté de devenir un monstre envers et contre tout. J'eus de nouveau une terrible douleur dans la poitrine, j'avais si mal, il fallait que j'en finisse au plus vite. Cette femme nous accueillit avec un large sourire et s'adressa au premier vampire : - Bonsoir Félix, Aro vous attend … - Merci Gianna ! Lui répondit-il en la regardant fixement et lui rendit son sourire. Il enleva du même coup sa capuche et je pus enfin distinguer son visage. Il avait les cheveux noirs coupés très court et un visage à faire craquer toutes les femmes même avec ses yeux rouges sang. Il jouait avec elle et il aimait ça, il savait qu'un jour, elle deviendrait son repas. Ce Félix continua ensuite son chemin jusqu'à une double porte située au fond de cette pièce. Nous continuâmes notre longue marche jusqu'à un énième hall qui nous conduisit jusqu'à une immense salle en pierre, sombre et inhospitalière cette fois. Nous étions visiblement dans les entrailles de la forteresse !! Cette antichambre était plus modeste et éclairée principalement par de longues meurtrières. Il y avait devant moi trois trônes en bois massif, j'avais l'impression d'être dans une cour royale … les Volturi ne faisaient décidément pas les choses à moitié ! Félix se tourna vers moi et me lança : - Reste là !! Les maîtres arrivent … Il se recula et se posta derrière moi à côté du deuxième vampire qui s'appelait Démétri, c'était comme cela que l'avait nommé Félix dans ses pensées en tout cas. L'immense porte aux poignées gainées d'or sur ma gauche s'ouvrit et parut un trio de vampires que je reconnus instantanément suivi de deux jeunes vampires qui semblaient être leurs gardes du corps. Ces deux enfants car c'était vraiment ce à quoi ils me faisaient penser avec leur petite taille et leur visage de chérubin devaient avoir d'immenses talents pour assurer l'escorte de la dynastie Volturi. Aro, Marcus et Caius s'installèrent dans leurs trônes respectifs et les deux jeunes s'installèrent aux côtés de Caius. Aro était surexcité par ma venue alors que Marcus et Caius m'ignoraient totalement. Les deux jeunes étaient aux aguets et surveillaient mes moindres mouvements. Aro était encore plus fascinant que sur les peintures ou reproductions que j'avais vu de lui, il portait une longue et ample tunique noire qui accentuait la blancheur extrême de sa peau. Ces cheveux longs noirs encerclaient son visage et dévoilaient ses yeux rouges sang. Sa prestance m'impressionnait, il émanait de ce vampire une force inexplicable. Il se leva et s'avança vers moi, il n'arriva pas à masquer sa joie et sa satisfaction de me voir devant lui. Il semblait savoir qui j'étais, c'était troublant … - A qui ai-je l'honneur ?? Je n 'ai pas encore eu l'occasion de te rencontrer ?? Que puis-je faire pour toi cher Ami ?? Me questionna-t-il insatiable - Je suis Edward Cullen … le fils de Carlisle ! Et je suis venu jusqu'à vous car j'ai une requête à vous formuler ! - Totalement incroyable, mon ami Carlisle t'envoie ?? S'exclama-t-il - Non pas tout à fait … Répondis-je mal à l’aise - Et comment va-t- il ?? La dernière fois que je l’ai vu, son aversion pour notre alimentation naturelle, avait largement dépassé les limites du tolérable. Nous n’avons d’ailleurs jamais réussi à nous entendre à ce sujet … où vit-il à présent ? - Il vit avec ma famille près de New York … Répondis-je en restant volontairement évasif - Tu as bien dis famille ?? Carlisle s’est crée sa dynastie, il serait parvenu à réussir son rêve fou de se trouver des congénères susceptible de partager sa vision de l'existence ?? - Oui, Carlisle a su nous enseigner sa vision des choses et nous sommes plusieurs ainsi à avoir choisi une autre alternative que la vôtre ! - Yotalement fascinant … mais dans ce cas que fais-tu ici si ton existence est aussi parfaite que tu sembles le présenter ?? Me demanda-t-il en me regardant fixement, il semblait attendre le moment opportun pour me réserver quelque chose. Je sentais à quel point il était intrigué et il voulait lire en moi. - Je suis venu vous supplier de me tuer … murmurais-je en le regardant fixement à mon tour - En voilà une idiotie !! S'exclama-t-il en ricanant - Je n'ai plus rien à faire ici bas … j'ai perdu la seule chose au monde qui donnait un sens à ma vie … - Quelle théâtralité Edward !! Un vampire que veut se tuer, on croit rêver !! Rigola-t-il en se tournant vers sa cour pour obtenir leur assentiment - Tu as vraiment piqué ma curiosité ! Me permettrais-tu de le découvrir par moi-même ?? Reprit-il - Non, je ne préfère pas … Lui répondis-je sèchement et en reculant d'un pas Il semblait avoir un pouvoir puissant et je craignais qu'il ne s'en serve pour nuire à ma famille. Je ne voulais pas qu'il accède à mes souvenirs, à ma vie auprès de Carlisle, je voulais les préserver par peur qu'il ne veuille s'en servir contre eux - Tu ne me laisses pas le choix dans ce cas !! M'assena-il d'un ton menaçant cette fois et se tourna vers la petite silhouette frêle qui se tenait près de Caius et du jeune garçon qui aurait pu être son frère jumeau. Cette très jeune fille, au corps androgyne et aux cheveux châtains coupés très courts, me souriait. Elle me regarda fixement avec ces immenses prunelles foncées de sang. - Jane … peux-tu faire changer d'avis notre jeune Ami s'il te plait ?? Lui montrer que sa requête ne pourra pas être étudiée correctement tant que nous n'aurons pas toutes les raisons de ce geste … farfelu !! - Bien évidement, Maître !! Répondit-elle d'une voix enfantine Jane s'en félicitait. Elle était heureuse de me démontrer qu'elle avait bien gagné sa place auprès des plus grands vampires de l'histoire mais aussi de mériter une fois encore l'admiration sans faille que lui portait son mentor, Aro. Son jumeau dont je connaissais le nom maintenant, Alec posa une main sur son épaule en guise d'encouragement. Je n'eus pas le temps de réagir que j'étais déjà plaqué au sol … tordu par l'épouvantable douleur que m'infligeait cette dénommée Jane. Tout mon corps me brûlait comme s'il était irradié par des milliards de décharges électriques. Je souffrais horriblement mais si cela pouvait me tuer sur le champ, je n'avais plus qu'à me laisser faire sans résister. Et ce fut justement mon manque de réaction qui agaça Aro … - Arrête Jane, je crois qu'Edward a enfin compris !! Lança-t-il comme pour me supplier de lui donner accès à ce qu'il voulait. Il s'approcha de moi et me tendit la main pour m'aider à me relever … encore tout grogui je l'attrapais et compris trop tard qu'il avait eu ce qu'il voulait. Il était véritablement entrain de revivre toute mon existence … de mes souvenirs humains que j'avais récemment découvert à ma transformation puis mon amour et ma relation avec Bella … Il lisait en moi comme dans un livre ouvert et connaissait à présent la moindre de mes pensées. Il avait effectivement un pouvoir totalement époustouflant … il en était lui même ébahi et un immense sourire irradia son visage. - Ta famille … plus particulièrement Alice avec ses visions et toi avec ton incroyable faculté de pouvoir lire les pensées, vous êtes tous des êtres totalement fascinants. Et cette humaine … que dire de Bella … sentir l'odeur envoûtante de son sang, ton désir pour elle, ton amour immodéré !! Je n'avais encore jamais rien vu de tel. Et c’était bien évidemment le seul être sur terre pour lequel tu ne pouvais pas lire les pensées. Totalement impensable. Ce n’était peut être pas n’importe quelle humaine après tout. Elle devait avoir un certain pouvoir, j’aurai vraiment aimé la rencontrer … … - Alors quelle est votre décision ?? Le coupais-je n'y tenant plus - Ne sois pas si impatient … Je comprends aisément la douleur qui t'habite, mais de là à vouloir en finir, il ne faut pas exagérer. Je dois aussi consulter Marcus et Caius pour une décision de cette importance. En attendant, Félix et Démétri que tu connais déjà, vont t'escorter dans le hall où tu attendras notre jugement … - Très bien … Consentis-je à contre coeur. Aro sortit de la pièce accompagné de ses disciples et gardes du corps. Moi, j'étais condamné à m'armer d'un peu de patience, quoiqu'ils décident, j'en finirais de toute façon.
Chapitre 20 : Retrouvailles
J'étais en train d'attendre depuis bien trop longtemps à mon goût, dans cet endroit qui leur servait de réception. L'humaine Gianna n'avait nullement peur de moi et me fixer lourdement se demandant ce que je fichais encore là. Pourquoi j'étais si mal habillé comparé à l'élégance coutumière de tous les Volturis. Tous étaient vêtus avec tant de raffinement que je passais pour un misérable malheureux vêtu de haillons. Mon apparence déplorable était accentuée par mes profondes cernes mauves témoignant de ma malnutrition. Félix était en train de la courtiser et elle consentait à ce macabre jeu en répondant par quelques gloussements. Démétri, lui était assis face à moi dans l'un des canapés, il me regardait fixement l'air dédaigneux. Félix et lui se moquaient de moi, ils ne comprenaient pas du tout que je puisse vouloir en finir à cause d'une misérable humaine. Ils me détestaient aussi car ils avaient remarqué à quel point leur maitre m'avait témoigné de l'intérêt, beaucoup trop même. Ils avaient peur que je leur fasse de l'ombre en quelque sorte … Alec vint enfin nous chercher pour nous avertir qu'Aro était prêt. Ils m'escortèrent une nouvelle fois dans cette salle de conseil et Aro m'avisa rapidement de sa décision : - Edward, mon cher Ami, je crains de ne pourvoir donner suite à ta requête ! Tu as un tel pouvoir que ce serait un vrai gâchis de te supprimer. Viens plutôt te joindre à nous, tu nous serais très utile !! Je sentis instantanément quatre paires d'yeux qui me regardaient fixement, Jane, Alec, Félix et Démétri redoutaient ma réponse. - Merci de ton offre, Aro, mais je ne peux pas l'accepter … - C'est ton choix et je le respecte, je ne peux définitivement pas me résoudre à te tuer … pas maintenant car tu ne mérites nullement ce châtiment ! J'estime beaucoup trop Carlisle pour envisager de te faire le moindre mal. En revanche si tu te rends coupable ne serait-ce d'un seul crime sur nos terres et bien là je ne répondrais plus de rien !! Me menaça-t-il Ayant lu mes pensées, il savait pertinemment que je ne m'arrêterais pas à leur décision et que je ferai tout pour en finir. Ces menaces étaient censées me faire réfléchir et accepter sa proposition. Il voulait me faire croire qu'ils s'en prendraient à ma famille si je tentais quoique ce soit mais ils ne feraient rien, c'était juste une menace pour tenter de me rallier à leur cause. - Merci de m'avoir reçu Aro et je retiens ton conseil … - Voilà qui est mieux … il ne me reste plus qu'à te souhaiter une bonne continuation et de profiter de nos festivités pour t'amuser !! Ricana-t-il Je ne répondis pas cela n'en valait plus la peine … Au diable ses avertissements, je ne changerais pas mes plans ! Félix et Démétri décidément inséparables, m'accompagnèrent à l'entrée de la forteresse. Ils étaient très heureux de se débarrasser enfin de moi mais ne comptaient pas me laisser seul très longtemps. Leur mission était d'épier mes moindres faits et gestes. Félix me lança sur un ton menaçant une énième recommandation : - N'oublie pas, on a des lois ici alors tâche d'en enfreindre aucune si tu ne veux pas de problème !! Il m'ouvrit la porte et me poussa dehors, c'était l'aube et le soleil se levait … sur cette journée qui devait marquer la fin de ma misérable existence.
Mon plan était ficelé à présent, je n'allais pas jouer à superman car mes misérables forces ne me permettraient même pas de soulever une petite cuillère. J'avais un plan B et il ne me demanderait pas le moindre effort. Révéler qui j'étais devant des centaines d'humains, montrer mon corps blanc brillant de mille feux … serait une belle fin, théâtrale à souhait, un côté de ma personnalité qu'Aro ne semblait guère apprécier. Ce n'était certainement pas le seul d'ailleurs mais même lorsque j'étais humain, j'avais déjà ce penchant bien prononcé. J'allais devoir attendre que le soleil soit à son zénith pour entrer en scène mais où allais-je pouvoir m'exposer. La place la plus réputée de la ville, celle où j'étais quasiment sûr que le cortège de pèlerins de la saint Marcus emprunterait. Oui bien sûr !! La place des Priori … avec sa tour Crénelé … la tour était assez haute et dominait la place, ce serait l'emplacement parfait pour attendre la mort. Je n'avais plus qu'à me cacher en attendant pour ne pas éveiller les soupçons de mes guetteurs. Savoir ma fin si proche me rendait tout de même nostalgique des miens, j'étais parti sans leur dire au revoir. Une fois encore j'avais agi sur un coup de tête et j'espérais qu'ils me le pardonneraient, qu'ils arriveraient à comprendre l'insoutenable peine qui m'avait poussé à vouloir en finir. Je n'avais plus qu'à souhaiter qu'un jour, j'aurai la chance de leur expliquer. Je n'avais qu'une hâte, ne plus souffrir, ne plus avoir à vivre dans un monde où Bella n'était plus. J'aurai peut être même l'incroyable bonheur de la revoir avant de brûler en enfer … J'étais aussi pressé de voir ce que les esprits me réservaient une nouvelle fois si tant était qu'ils me réservaient quelque chose !! Les dernières heures s'écoulèrent péniblement … Je me dirigeais doucement vers la place des Priori, le monde commençait à s'acculer au pied de la tour. J'avais réussi à m'y glisser en esquivant temporairement mes gardes du corps. A cet instant précis, soit à quelles petites secondes de ma délivrance, je repensais à Roméo … J'allais enfin pouvoir en finir comme lui, je n'avais malheureusement pas eu la chance d'embrasser ma promise une dernière fois, sentir son odeur, toucher ses lèvres si fines … Le premier carillon qui annonçait midi résonna … j'enlevais ma chemise et la laissa tomber à mes pieds. J'avançais doucement vers les escaliers qui m'amèneraient jusqu'à la terrasse de la tour. J'avais fermé les yeux pour mieux profiter de mes derniers instants, j'ouvrais mes bras tel une offrande que je faisais à dieu ou aux esprits. J'étais en paix, heureux en écoutant le carillon égrenait les derniers coups … Je sentais déjà la chaleur du soleil qui se reflétait sur le pavé, venir me réchauffer la peau. Il ne restait plus qu'un pas et la lumière aurait raison de moi mais au moment où je m'apprêtais à poser le pied par terre quelque chose me percuta … instinctivement mon bras l'immobilisa. J'ouvris les yeux surpris pour dévisager la personne qui osait mettre fin à mon bonheur. L'avant dernier carillon retentit et j'ouvris les yeux … la chaleur et la magie des esprits devait déjà m'avoir enveloppé car c'était Bella … ma Bella qui se trouvait contre moi. J'étais stupéfait et je la dévisageais longuement, il n'y avait pas de doute c'était bien elle !! - Etonnant … Carlisle avait raison. Souriais-je émerveillé - Edward !! Haleta-t-elle Il faut que tu regagnes la pénombre. Bouge !! Quoi ?? Pourquoi voulait-elle que je recule ?? N'était-elle pas là pour m'aider à mourir pour m'accompagner un bout de chemin vers le Paradis … Oui le paradis puisqu'elle était de nouveau à mes côtés. Je posais ma main sur sa joue, elle était douce et chaude comme lorsqu'elle m'était apparu sous la hutte. Les esprits m'offraient de nouveau un cadeau magnifique : nous allions être réunis dans la mort. Son coeur battait la chamade comme si elle avait peur … j'entendais de nouveau ce merveilleux son. Son parfum était parvenu à mes narines, intact à celui que j'avais en souvenir. - Je n'en reviens pas que ça ait été aussi vite … chuchotais-je en humant ses cheveux de mes lèvres. Je n'ai rien senti. Ils sont décidément très forts. En effet, la dernière fois dans la hutte, j'avais senti la force des esprits me traverser et je savais que la magie opérait mais là je n'avais rien vu venir. Carlisle était persuadé que les esprits m'accompagnaient dorénavant et n'avaient sans doute plus besoin d'autant d'énergie pour entrer en communion avec moi. Ils voulaient sans doute me faire vivre un dernier moment formidable avant que les Volturi ne m'achèvent. Où alors c'était un ultime cadeau avant de plonger en enfer … Son odeur était toujours aussi envoûtante que je ne pus m'empêcher de repenser une nouvelle fois à Roméo … j''avais maintenant la chance d'embrasser une dernière fois celle que j'aimais, de sentir son exquis parfum … - La mort qui a sucé le miel de ton haleine, n'étend pas son empire encore sur ta beauté … murmurais-je dans l'ultime carillon de midi - Tu as exactement la même odeur que d'habitude. C'est donc ça l'enfer ? Tant pis !! Je l'accepte. - Je ne suis pas morte ! S'emporta-t-elleEt toi non plus !! S'il te plait Edward, fichons le camp d'ici !! Ils ne doivent pas être loin … Elle essaya de se dégager de mon étreinte, je fronçais les sourcils ne comprenant pas ce qu'elle venait de me dire. - Plait-il ? - Nous sommes vivants, pour l'instant. Mais il faut que nous décampions avant que les Volturi … Comment était ce possible ?? Elle était vivante … elle était vivante devant moi !! Je venais enfin de comprendre que les esprits n'y étaient pour rien, Bella était belle et bien devant moi saine et sauve. Ma détresse, mon manque de force et ma malnutrition avait altéré mes sens et j'étais parti dans un profond délire que l'inquiétude extrême de ma bien-aimée avait fort heureusement stoppé. Elle était venue ici au péril de sa vie pour me protéger, pour m'empêcher de mourir. Bella avait agi comme Carol ou Alice l'auraient fait. Elle venait de me prouver qu'elle m'aimait depuis le début, elle était là pour moi … Elle était merveilleuse mais véritablement en danger maintenant. Je ne pouvais pas me laisser aller à nos retrouvailles même si je rêvais de l'embrasser et de la serrer dans mes bras une nouvelle fois !! La savoir vivante et près de moi m'avait redonné des forces insoupçonnées … elle avait redonné vie à tout mon être … Je l'attirais brutalement en direction de la ruelle à deux pas de nous. Je la collais dos au mur et je me postais devant elle pour la protéger de l'arrivée de Félix et Démétri qui n'avaient rien perdu de la scène. Je pris les devants en espérant les amadouer : - S, messieurs lançais-je en tentant de rester calme. Il semble finalement que je n'aurai pas besoin de vos services aujourd'hui. Cependant, je vous saurai infiniment gré de remercier vos maîtres pour moi. - Pouvons-nous converser en des lieux plus appropriés ? Chuchota Félix d'une voix menaçante - Cela ne sera pas nécessaire Félix, je connais vos instructions et je n'ai enfreint aucune loi ! Lui répondis-je sèchement - Félix voulait seulement souligner la proximité du soleil … intervint Démétri pour calmer le jeu. C'était l'une des premières fois que j'entendais le son de sa voix et s'interposer ainsi face à Félix. -Cherchons un abri plus adapté … Lâcha Félix - Je vous suis … Cédais-je espérant ainsi laisser une chance à Bella de s'enfuir. Je me tournais d'ailleurs rapidement vers elle pour lui dire Bella, retourne donc sur la place et profite des festivités. - Non, que la fille vienne !! Exigea Félix qui avait du mal à cacher sa joie de voir mon compte régler définitivement sous les yeux de Bella Je ne pouvais pas laisser se passer une telle chose, Bella ne devait pas assister à cela … - Pas question ! M'imposais-je d'un ton glacial Bella avait senti mon agressivité et me suppliait de ne pas faire de gestes inconsidérés et je pus lire sur ses lèvres un Non qui dans un autre moment m'aurait totalement fait craquer. Je lui répondis de la même façon un chut de manière à ce qu'elle reste sage. - Pas ici, Félix !! Intervint Démétri et dit à mon attention Aro, désire juste s'entretenir de nouveau avec toi, puisque tu sembles finalement décidé de ne pas nous forcer la main. - Très bien … acquiesçais-je, mais la fille reste libre. - J'ai bien peur que ce soit impossible, il y a des règles à suivre. S'impatienta Félix - Dans ce cas, j'ai bien peur, moi, de ne pouvoir accepter l'invitation d'Aro, Démétri. - C'est aussi bien … ne put s'empêcher d'ajouter Félix, qui ne se cachait plus pour me témoigner son dédain. - Aro sera déçu … soupira Démétri - Je suis persuadé qu'il s'en remettra !! Ripostais-je Félix et Démétri m’encerclèrent pour me faire comprendre que je n’avais plus le choix, je devais les suivre. Je ne bronchais plus de peur qu’ils ne s’en prennent à Bella. Mais au moment où ils s’apprêtaient à me pousser dans la venelle sombre devant nous, je perçus des pas légers et graciles … Je les aurais reconnus d’entre tous, c’était ceux de ma sœur Alice. Je tournais la tête dans sa direction, imité par mes deux acolytes. Elle ne put s’abstenir de faire de l’humour, elle était décontractée et jouait sur le fait qu’avec son arrivée je n’étais plus seul mais nous étions à forces égales. Elle était heureuse que Bella soit intervenue à temps mais elle regrettait aussi de ne pas encore connaître les conséquences de mon acte désespéré. Elle n'arrivait pas à déterminer quelle serait la réaction des Volturri. - Allons, allons, un peu de tenue !!! Il y a des dames, ici. Lança-t-elle en venant se poster près de moi. Félix et Démétri voulaient déjà en découdre mais Alice les en dissuada : - Nous ne sommes pas seuls … Une famille nous observait avec insistance, ne comprenant pas pourquoi j’étais torse nu et que je protégeais Bella de mes assaillants. Ils craignaient qu’une bagarre n’éclate. Mais Démétri les regarda d’un air menaçant pour tenter de les faire fuir, sans succès. Il me lança rapidement après : - S’il te plait, Edward, sois raisonnable. - Oui. Nous allons partir tranquillement chacun de notre côté et l’affaire en restera là !! Tentais-je pour en finir au plus vite - Ecoute, soupira Félix agacé à présent, nous ne voulons que l’opportunité de discuter en paix. L’attroupement de badauds augmentait et tous aussi anxieux concernant notre groupe. Je sentais Bella qui les regardait avec inquiétude, elle semblait avoir peur pour eux. Elle allait leur crier quelque chose mais ce serait beaucoup trop dangereux pour eux comme pour nous. Je devais l’en dissuader et lui fit part de ma désapprobation : - Non ! Lui dis-je en serrant les dents Félix ne put réfréner un sourire face à mon dévouement pour Bella, mon attachement à cette humaine le faisait rire, il trouvait cela si stupide. Soudain la voix haut perchée de Jane retentit : - Ca suffit !! Elle s’approcha jusqu’à nous et instantanément Félix et Démétri se radoucir, leur supériorité était rétablie. C’était peine perdue pour partir, sa présence m’obligeais à les suivre, je n’avais plus d’autre choix, j’étais résigné … - Jane ! Soupirais-je à son encontre - Suivez-moi !! Nous ordonna-t-elle de sa voix enfantine Elle s’enfonça dans la venelle et Félix nous fis signe de la suivre un sourire victorieux sur le visage. Alice ne broncha pas non plus, je lui avais demandé de ne rien tenter, il y avait trop de risque. J’enlaçais la taille de Bella pour qu’elle soit le plus près possible de moi. J’avais besoin de son contact pour réaliser qu’elle était de nouveau à mes côtés et pour me donner les forces nécessaires pour supporter les moments difficiles qui nous attendaient. Je sentais qu’elle avait besoin de comprendre ce qu’il se passait mais je ne pouvais rien lui dire car nous étions d'une part espionnés et d'autre part, je redoutais aussi ce qui allait nous attendre. Je lui fis cependant un léger signe de tête qu’elle comprenne que nous devions être résignés. Je voulais tout de même la mettre un peu plus à l’aise malgré tout et je fis mine d’entamer la conversation avec ma sœur : - Eh bien, Alice, j’imagine que ta présence ici ne devrait pas me surprendre … - Je me suis trompée, il fallait que je répare mon erreur … Effectivement elle s’était trompée et cela aurait pu nous couter tous, très cher, je bouillonnais de questions mais je fis comme si cela n’avait aucune importance pour ne pas éveiller l’attention de nos geôliers. - Que s’est-il passé ?? - C'est une longue histoire. Pour résumer, Bella a bien sauté d’une falaise mais elle ne tentait pas de se suicider. Il se trouve juste qu’elle est versée dans les sports extrêmes, ces derniers temps. Aussitôt je captais les pensées d’Alice où je découvris les innombrables allées / retours aux urgences, les dangereuses balades en moto, le retour de Laurent et Victoria, son amitié avec …les loups garous ?? C’était donc ça le grand secret des Quileutes … leur transformation en loup. Pour survivre Bella avait été obligée de supporter leur présence pour qu’ils la protègent ! Par ma faute Bella avait du encore plus affronter le danger et pire que tout, elle devait côtoyer de sales cabots !! Oh il s’était passé tellement de choses, j’avais eu tort sur toute la ligne mais qu’avais-je fait ?? J’étais véritablement ignoble et nul dans tous les domaines car même Victoria m’avait dupé. J'avais mis véritablement la vie de Bella en danger par mon absence, il s'était passé exactement le contraire de ce que j'espérais. J'aurai pu la perdre pour toujours par ma faute. Et encore Alice ne me donnait qu'un léger échantillon de mes sept mois d'absence … je redoutais le pire. Ce n'était ni le moment ni l'endroit pour me poser milles questions mais il était nécessaire que je reparle de tout cela avec Alice puis Bella un peu plus tard … certaines mises au point s’imposaient ! Mon apparente décontraction liée à nos retrouvailles s’était volatilisée, mes torts et mes regrets m’avaient rattrapés et je ne pus lâcher qu’un simple Hum en guise de réponse. Nous étions à présent dans l’obligation de prendre un passage souterrain et Bella n’était pas à l’aise dans l’obscurité. Elle s’était arrêtée nette devant l’ouverture noire et étroite que l’on devait emprunter. Alice passa devant elle pour le réceptionner mais elle n’avait toujours pas bougé d’un pouce, elle était prostrée. Je me devais de la rassurer. - N’aie pas peur. Alice va te rattraper en bas. Lui murmurais-je J’aurai préféré le faire moi-même pour avoir la chance de la prendre dans mes bras et la protéger mais avec la présence de Félix et Démétri, il fallait mieux rester prudent. Je l’aidais donc à se glisser dans le conduit et elle se laissa tomber dans les bras d’Alice. Elle semblait terrorisée mais ne disait rien, elle était forte pour masquer ces émotions. Elle m’impressionnait. Je fus rapidement près d’elle pour l’enlacer de nouveau. Il faisait sombre et Bella n’y voyait sans doute pas très bien car elle trébucha à plusieurs reprises. Cette noirceur intensifiait la tension et le moindre bruit nous rendaient nerveux. J’étais focalisé sur les battements de cœur de Bella qui confirmait sa peur. Je voulais la rassurer, lui témoigner ma présence que j’espérais apaisante, pour cela j’avais une main solidement ancrée à sa hanche et l’autre qui caressait tour à tour le contour de sa bouche ou de sa joie. Je ne pouvais pas me retenir de humer l’odeur de ses cheveux et d’embrasser son front car cela me donnait le courage d’avancer. Je voulais donner l’apparence d’un vampire fort et vigoureux comme celui que Bella avait toujours connu et aimait mais je n’avais plus autant de force que je l’imaginais. J’avais véritablement besoin d’elle pour exister et tenir debout. La température dans ce souterrain était fraiche et humide. Je sentais que Bella commençait à trembler puis ses dents se mirent à claquer. Elle était trempée et frigorifiée et devait geler sur place et encore plus à mon contact. Je décidais de m’éloigner d’elle à contre cœur d’ailleurs et lui saisi la main. Un léger grognement me parvint ressemblant à un Non, puis Bella m’attira de nouveau vers elle. J’avais tellement envie d’être auprès d’elle que je ne pouvais pas me résoudre à m’éloigner et lui tenir tête. Elle m'avait tellement manqué que je ne pouvais plus rester loin d'elle … je ne le pourrai même plus jamais d'ailleurs. Ma vie dorénavant si Bella l'acceptait, était de rester à ses côtés pour l'aimer, la protéger et la chérir … et je ne lui ferai plus jamais aucune promesse que je ne pourrais tenir. Plus jamais … Elle avait besoin de se réchauffer mais j’étais aussi froid que cet endroit. Je la frictionnais autant que je pus pour tenter de lui procurer un peu de chaleur. Nous étions enfin arrivés au bout du tunnel, cette marche avait été éprouvante et beaucoup trop longue au goût de Félix qui n’avait pu retenir une multitude de soupirs en guise d’ennui.Une porte grillagée était ouverte devant nous d’où émanait de la lumière. Nous étions arrivés par une porte dérobée qui menait au hall d’entrée que j’avais découvert la veille. Je me crispai aussitôt en serrant les mâchoires avec le sentiment que notre fin approchait en entendant la porte se refermait lourdement derrière nous.
Chapitre 21 : Verdict
Nous traversâmes le hall d’accueil jusqu’à l’ascenseur où nous attendais Jane. Nous débouchâmes donc dans la salle où se trouvait Gianna, fidèle au poste et toujours aussi aimable. - Bonjour Jane ! Lui dit-elle avec un sourire exquis - Gianna … Lui répondit cette dernière avec un léger hochement de tête Jane poursuivit sa route jusqu’au hall devançant la salle du conseil pendant que Félix une nouvelle fois, adressa un magnifique clin d’œil à Gianna que celle-ci accueillit comme à la coutumée par un gloussement de plaisir. A l’entrée du hall, nous attendait déjà Alec. Jane et lui s’embrassèrent sur la joue avec beaucoup d’affection puis il lui dit en nous regardant : - Ils t’ont envoyé en chercher un et tu reviens avec deux … et demi ! Reprit-il en dévisageant Bella … Beau travail ! Jane ne put se retenir de rire, un rire de satisfaction bien évidemment. - De retour parmi nous, Edward. Bienvenue, tu m’as l’air de meilleure humeur !! Poursuivit-il - Ne te fie pas aux apparences … Lui répliquais-je sèchement Alec riait à son tour et examinait littéralement Bella. - C’est donc çà, la cause de tous ces soucis ?? Se moqua-t-il surpris J’avais envie de l’étriper pour avoir dit pareille chose, comment osait-il ? Je ne pus lui lancer qu’un sourire forcé mais méprisant. - Va comprendre !! Rajouta sans finesse Félix Ce dernier commençait sérieusement à me taper sur les nerfs et n’y tenant plus, je me tournais vers lui en grondant furieusement. Alec en sourit, il trouvait cette remarque vraiment très drôle et me fit signe de le suivre. - Patience !! Me souffla Alice en m’effleurant le coude. Elle savait la haine que j’éprouvais pour Félix à présent et me conseillait de ne rien faire d’absurde. Elle me lança un regard d’une telle intensité que je ne pouvais que suivre sa mise en garde. J’inspirais profondément pour tenter de m’apaiser quelque peu et pivotait en direction d’Alec. - Aro sera ravi de te revoir annonça celui-ci ironiquement - Ne le faisons pas attendre ! Suggéra Jane J’acquiesçais cette fois par un hochement de tête, n’étant guère capable de prononcer le moindre mot sans cracher ma colère. Alec et Jane, entrèrent dans le hall main dans la main et nous amenèrent ainsi jusqu’à la salle de conseil. Seul Aro nous attendait. Il se tourna vers nous dès notre entrée dans la pièce et accueillit sa jeune protégée avec une joie non dissimulée. - Jane, ma chère, tu es revenue !! Il s’avança jusqu’à elle et prit son visage d’enfant entre ses mains pour embrasser délicatement ses lèvres pulpeuses puis recula. - Oui, maître. Je l’ai ramené vivant, comme vous le souhaitiez. Dit-elle en souriant - Ah, Jane, tu es d’un tel réconfort pour moi !! S’extasia-t-il Il se tourna ensuite vers nous le sourire aux lèvres. - Et voici Alice !! Et Bella !! Se réjouissait-il en tapant des mains Quelle merveilleuse surprise ! Merveilleuse ! Il s’adressait à elles comme si elles étaient des amies de longues dates. Il s’en donnait le droit puisqu’il les avait découvert dans mes pensées. Puis il demanda à Félix : - Sgentil, annonce à mes frères que nous avons de la compagnie. Je suis sûr qu’ils ne voudraient manquer cela pour rien au monde. - Entendu, maitre … Accepta ce dernier.En passant près de moi il ne put se retenir de me fusiller du regard pour me mettre en garde. Dès qu’il en aurait l’occasion il me réduirait en pièce et moi, je mourrai d’envie de lui rendre la pareille. - Tu vois, Edward, que t’avais-je dit ? N’es-tu pas heureux que je ne t’aie pas accordé ce que tu demandais hier ? Fanfaronnait Aro - Je le suis, Aro, en effet …Lui répondis-je en serrant un peu plus vivement la taille de Bella. J’avais si peur pour elle, qu’il lui arrive quoi que ce soit par ma faute. - J’adore quand ça se termine bien Soupira-t-il. C’est tellement rare. Mais j’exige de connaître comment c’est arrivé. Alice ? Ton frère semble te considérer comme infaillible. Pourtant, il y a eu erreur. - Oh, je suis loin d’être infaillible ! Riposta ma sœur en lui adressant un sourire des plus enjôleurs, feignant d’être à l’aise car elle redoutait la courtoisie bien trop exagérée d’Aro. Comme vous le constatez, je provoque autant de problèmes que j’en résous. - Tu es trop modeste ! La réprimanda ce dernier. J’ai assisté à des exploits autrement surprenants et j’avoue que je n’ai jamais rien observé d’aussi remarquable que ton talent. Formidable !! Alice me questionnait du regard et ses questions assaillaient mes pensées. Comment Aro pouvait-il savoir tout cela ? Comment pouvait-il la connaître ?? Avais-je eu la bêtise de tout lui raconter ??? Aro devina notre connivence et s’empressa de s’excuser - Je suis navré. Nous n’avons pas été présentés dans les formes, n’est-ce pas ? C’est juste que j’ai l’impression de déjà te connaître. Or, j’ai tendance à aller trop vite. Ton frère nous a fait nous rencontrer hier, d’une manière très particulière. C’est que, figure-toi, je partage un peu du don d’Edward, bien que mon pouvoir soit limité, ce qui n’est pas son cas. Conclua-t-il ostensiblement envieux Il voulait se montrer inoffensif aux yeux d’Alice et me faire paraître pour plus fort que lui mais ce n’était pourtant pas le cas, je devais le corriger et du même coup expliquer ses pouvoirs à ma sœur : - Limité et néanmoins beaucoup plus puissant ! Expliquais-je sèchement. Aro, a besoin de contact physique pour lire les pensées d’autrui, mais il entend bien plus de choses que moi. Tu sais que je ne distingue que ce qui passe dans le cerveau de quelqu’un à un moment donné. Aro, lui, capte tout ce qui a jamais meublé l’esprit d’une personne. Je lui fis part par la pensée cette fois de la façon dont Aro s’y était pris pour avoir toutes ces informations et ce que j’avais ressenti. Alice souleva ses délicats sourcils pour me remercier de ses précisions, elle savait à quoi s’en tenir à présent. Elle allait être encore plus sur ses gardes et je le lui confirmais que c’était effectivement préférable par un léger hochement de tête que j’espérais discret mais…. Mais Aro une fois encore nous avait démasqué et en fit allusion : - Cependant, être capable de lire à distance … ce serait tellement pratique !! Félix revint enfin accompagné de Caius et Marcus. Aro s’adressa à eux aussitôt : - Marcus ! Caius ! Regardez ! Bella est vivante, finalement et Alice l’a accompagnée !! N’est-ce pas fantastique ? S’exclama-t-il comme un enfant. Il le faisait fréquemment d’ailleurs depuis que je l’avais rencontré. Cette fois encore ses deux compères ne semblaient pas nous manifester autant d’intérêt que pouvait le faire leur frère. L’ennui était plutôt ce qui les caractérisait le mieux, du moins je le supposais. Aro n’en fit pas de cas et repris : - L'histoire de nos jeunes amis m’intrigue. J’aimerais tant en saisir les raisons ! Marcus se leva et vint à la hauteur d’Aro et lui effleura la paume de sa main. Cela ne présageait rien de bon, je reniflais nerveusement car je ne connaissais pas encore le pouvoir de Marcus et je le redoutais un peu. Aro haussa les sourcils de surprise mêlé d’émerveillement. - Merci Marcus. Voilà qui est plutôt intéressant. Dit-il en direction de ce dernier puis se tournant vers nous, il ne put retenir quelques marmonnements : - Stupéfiant … vraiment stupéfiant. J’avais découvert le pouvoir de Marcus et ce qui venait de se passer au travers des pensées d’Aro mais Alice agacée de ne pas savoir, me suppliait de lui expliquer. Je me tournais donc légèrement dans sa direction et lui dit à demi voix pour que Bella puisse aussi entendre l’importance de cette révélation : - Marcus détecte les relations. Il a été ahuri par l’intensité de la nôtre, à Bella et moi. Mais Aro intervint : - Tellement pratique … répéta-t-il en faisant référence à notre conversation par la pensée puis reprit cette fois sur ce qu’il venait de découvrir Il en faut pas mal pour surprendre Marcus, Croyez-moi. C’est juste si délicat à comprendre, même maintenant …Comment supportes-tu de rester aussi près d’elle ? Me demanda-t-il dubitatif, en fixant mon bras entourant fermement la taille de Bella. - Cela exige plus d’efforts qu’il n’y paraît … répondis-je mais ces efforts me paraissaient complètement dérisoires comparés à la vie sans elle. - N'empêche … la tua cantante ! Quel gâchis ! - Je préfère considérer que c’est le prix à payer … ripostais-je avec un rire sec - Un prix extrêmement élevé ! Objecta Aro - Un coût d’opportunité. Il s’esclaffa avant de reprendre - Si je ne l’avais pas humée au travers de ta mémoire, je n’aurais pas cru que l’appel d’un sang pût être aussi puissant. Je n’ai jamais rien éprouvé d’aussi intense moi-même. La plupart d’entre nous seraient prêts à beaucoup pour un tel cadeau et pourtant, toi … - Je le gaspille … dis-je en terminant la phrase à sa place sur un ton sarcastique. J’avais répondu ce qu’il voulait entendre et non pas ce que j’éprouvais pour Bella. L’attirance de son sang avait été l’une des raisons de mon départ mais à présent après l’avoir imaginé morte, de ne plus pouvoir lui dire je t’aime, de ne plus pouvoir la serrer dans mes bras … et bien son sang ne me faisait plus le même effet. J’ai été sevré en quelque sorte car mon amour pour elle avait complètement occulté tout le reste. Son sang resterait toujours unique à mes yeux mais il ne me ferait plus jamais perdre les pédales comme cela m’était déjà arrivé à son anniversaire. Cette douloureuse période était définitivement terminée pour moi, je pouvais entamer autre chose si Bella l’acceptait … - Ah ! Rigola Aro. Comme mon ami Carlisle me manque ! Tu me fais penser à lui. Si ce n’est qu’il n’était pas aussi en colère que toi. - Carlisle m’est supérieur dans bien des domaines. - Je n’aurais surtout pas cru qu’il pût être dépassé pour ce qui est de la maîtrise de soi mais il ne t’arrive pas à la cheville, là ! - Vous exagérez …Lui répondis-je impatient qu’il en finisse et qu’il nous dise enfin ce qu’il comptait faire de nous. - Je suis heureux de sa réussite. Les souvenirs que tu as de lui sont un cadeau pour moi, bien qu’ils m’ébahissent. Je suis ahuri de constater à quel point me … ravissent ses succès dans la voie si peu orthodoxe qu’il s’est choisie. Je m’attendais à ce qu’il s’épuise avec le temps. Son projet de trouver des congénères qui partageaient son étrange vision de l’existence m’a bien amusé et pourtant je suis content de m’être trompé. Ne réagissant pas il poursuivit son monologue - Quand même, le contrôle que tu as sur toi ! J’ignorais qu’une telle force existât. T’habituer en dépit de l’appel d’une telle sirène, résister, pas une fois mais encore et encore … Ne l’aurais-je pas senti en personne que je serais resté sceptique. Je commençais vraiment à perdre patience, j’avais hâte d’en finir … - Rien que me rappeler combien elle t’attire me donne soif ! Ricana-t-il Je craignais qu’il veuille s’en prendre à Bella et me raidit aussitôt, prêt à réagir à toute attaque. - Tranquillise-toi. Je ne lui veux aucun mal. Cependant, je suis vraiment curieux d’un détail. S’interrogea-t-il en regardant Bella avec beaucoup d’intérêt - Puis-je ? Lui demanda-t-il en levant la main - Posez-lui la question directement. Lui répondis-je et je captais rapidement ses pensées pour tenter de savoir ce qu’il manigançait. Il voulait tester son pouvoir sur Bella pour vérifier si elle restait illisible comme elle l’était pour moi. Normalement c’était sans danger … - Bien sûr !! Quelle impolitesse de ma part !! Bella, dit-il en se tournant vers elle, je suis fasciné que tu sois la seule à résister à l’impressionnant talent d’Edward. Il est tellement passionnant de découvrir pareil phénomène. Comme nos dons sont similaires par bien des côtés, je me demandais si tu aurais la gentillesse de m’autoriser à vérifier si, pour moi aussi, tu es … illisible ! Bella attendait mon approbation, elle ne savait pas ce qu’elle devait faire. Aro ne voulait que tenter une expérience, s’il y avait le moindre risque Alice me l’aurait déjà dit. Je consultais d’ailleurs brièvement cette dernière pour en être sûr et elle me confirma très rapidement que Bella allait très bien s’en sortir. Ce fut donc rassuré que je lui fis signe d’accepter l’offre d’Aro. Elle s’approcha tremblante et lui tendit la main que ce dernier attrapa. Rapidement Aro douta car rien ne lui parvenait de l’esprit de Bella, tout restait vide devant ses yeux. Il était totalement incrédule face à cet obstacle tout nouveau pour lui. Il était totalement sous le charme de son étonnante capacité à ne rien laisser transparaître. Il ne parvenait pas à comprendre pourquoi elle restait si opaque à son pouvoir pourtant si puissant. - Très intéressant … Fit-il remarquer en se reculant, pensif. J’étais fier que Bella ait réussi, je savais qu’elle était particulière pour moi mais elle s’avérait l’être aussi pour d’autres vampires. Toutefois j’aurai bien aimé avoir accès à ses pensées ne serait-ce que quelques instants, il y avait tant de choses que je désirais savoir. D’un autre côté, si je devais avoir accès à ses pensées un jour, je ne voulais pas les lire au travers de mon pire ennemi. Je préférerais ne jamais les connaître plutôt que quiconque puisse les découvrir. Ce serait alors un tel cadeau que je ne souhaiterai nullement le partager. Aro garda le silence un moment en nous regardant Alice, Bella et moi et son ton jovial avait largement disparu. Il ne supportait pas du tout cet affront comment une humaine osait elle pour reprendre exactement ses propos. Il secoua la tête vivement et se tourna vers Jane : - Une première !! J’aimerai savoir si elle également immunisée contre nos autres talents … Jane, très chère ?? - Non !! Hurlais-je Jane ne devait surtout pas s’en prendre à Bella, elle allait la faire horriblement souffrir, elle pourrait même en mourir. Alice m’attrapa par le bras pour tenter de me calmer mais ma colère occultait tout le reste et je me libérais de son emprise. Je ne pouvais défaire mon regard d’Aro pour lui témoigner ma haine, mon dégoût. Pourquoi persistait-il à s’en prendre à Bella ?? Elle avait réussi son test alors pourquoi s’acharnait-il ?? Jane lui sourit et s’avança : - Maitre ?? La sollicitude ainsi que l’air narquois de Jane me firent littéralement grogner et à cet instant j’aurai tout donné pour avoir le pouvoir de cette gamine et abattre toute ma colère sur son maître. Je sentais Félix qui ne demandait qu’à en découdre avec moi, il en riait déjà mais Aro le toisa de telle sorte que ce Goliath recula en boudant, tel un gamin. Aro s’enquit donc auprès de Jane : - Je me demandais juste, ma charmante, si Bella était immunisée contre toi ? Aussitôt je lâchais Bella pour me poster devant elle et la protéger de l’horrible pouvoir de Jane. Je ne pouvais me résoudre à attendre à ce qu’elle s’en prenne à Bella, je devais attaquer avant elle, l’attaque n’était elle pas la meilleur défense ? Au moment où j’allais me jeter sur elle, Alice se mit à crier, elle venait de voir ce que j’allais faire mais c’était déjà trop tard … je gisais au sol tordu de douleur. La souffrance était mille fois plus violente que la première fois mais cela m’était bien égal tant que cela protégeait Bella. Même si j’étais épuisé, j’avais tout de même assez de force pour résister. Je ne devais pas craquer sinon Jane s’en prendrait automatiquement à elle et c’était exclu !! Soudain Bella hurla : - Stop !! Elle voulut s’interposer mais fort heureusement Alice l’emprisonna dans ses bras. Cette scène avait ravi Aro qui s’adressa à sa protégée : - Jane ! La gamine se tourna vers lui et ma souffrance prit fin aussitôt mais Aro lui demandait maintenant de s’en prendre à Bella. Cette dernière ne pouvait d’ailleurs défaire ses yeux de mon corps gisant sur le sol. Je me relevais aussitôt pour tenter de la rassurer sur mon état, nos regards se croisèrent, elle s’interrogeait sur ce qu’elle devait faire si elle aussi allait souffrir. J’étais très anxieux de la réaction de Bella face au pouvoir de Jane et je voulais la prévenir mais rien ne se passa … Jane était focalisée sur elle mais son pouvoir n’avait aucun effet sur ma bien aimée. La gamine était vraiment contrariée car aucune douleur ne se manifesta malgré toute sa concentration. Je ressenti un immense soulagement et je vins aussitôt retrouver ma place auprès de Bella. Aro se mit à rire mais Jane sifflait de rage et ne rêvait plus que d’une chose, étriper Bella pour l’avoir fait échouer face à son maître. - Ne sois pas fâchée, très chère … La consola Aro en posant une main sur son épaule. Elle nous prend tous au dépourvu. Jane n’était pas du tout de cet avis et se manifesta encore plus violemment face à Bella. - Ha ! Ha ! Ha ! Rigola-t-il de nouveau. Tu as été très courageux, Edward, de supporter cela en silence. J’ai prié Jane de m’appliquer son traitement, un jour, par simple curiosité. Je t’admire. Je me serai fait un plaisir de lui infliger moi-même si je l’avais pu tellement il me dégoûtait. - Et maintenant, qu’allons nous faire de vous ? Soupira Aro Alice et moi nous raidirent instinctivement à ses paroles mais Bella, elle se remit à trembler. Nous étions tous les trois fébriles, cloués aux lèvres d’Aro pour attendre son verdict ! - J’imagine qu’il est inutile d’espérer que tu aies changé d’avis ? Me demanda ce dernier avec un pointe d’espoir dans la voix Ton don serait un complément merveilleux à notre petit groupe. Je fis mine d’hésiter juste pour le plaisir de voir Jane et les autres grimacer. - Je n’aime mieux pas … Répondis-je en pesant mes mots - Et toi Alice ? Cela te dirait de te joindre à nous ? - Non merci. - Et toi Bella ? A quoi pensait-il bon sang ?? A quoi jouait-il ?? Je lâchais aussitôt un sifflet de mécontentement. Bella resta interdite face à cette question, elle aussi. Etonnamment ce fut Caius qui intervint, chose étrange car je ne l’avais jamais vu prendre la parole jusqu’ici : - Quoi ? S’exclama-t-il - Voyons, Caius, tu as constaté son potentiel ? Répliqua Aro avec affection Depuis Jane et Alec, je n’ai vu de talent aussi prometteur. Tu imagines un peu les possibilités, une fois qu’elle sera des nôtres ? Jane n’appréciait guère la comparaison et moi je bouillais littéralement qu’il ose lui proposer un tel choix. De nouveau un énorme grognement sortit de ma poitrine pour témoigner de mon mécontentement. Bella était effrayée et répondit dans un souffle : - Non merci … - Quel dommage ! Quel gaspillage ! Se plaignit Aro - Se joindre à vous ou mourir, hein ? Crachais-je. C’est bien ce à quoi je m’attendais quand nous avons été amenés ici. Si c’est ça, vos règles !! Je cherchais volontairement à faire réagir Caius car c’était lui que risquerait de poser le plus de problème … je pouvais lire dans ses pensées qu’il ne souhaitait pas voir partir Bella vivante !! Aro, lui était plus nuancé ainsi en les opposant quelque peu, j’aurai une chance de savoir la vérité. - Bien sûr que non ! Nous étions déjà réunis ici, Edward, pour guetter le retour de Heidi, pas le tien !! S’écria Aro, ahuri. - Aro !! Intervint Caius comme je l’attendais. Les lois l’exigent !! - Comment ça ?? Ripostais-je en le toisant. J’allais réussir à le faire parler, il allait devoir dire à haute voix ce qu’il comptait réserver comme sort à Bella. Caius tendit un doigt vers elle et lâcha sa vérité : - Elle en sait trop. Tu as dévoilé nos secrets. - J'ai repéré quelques humains dans votre mascarade ! Lui lançais-je pour le moucher - En effet… La différence, c’est qu’une fois qu’ils ne nous sont plus utiles, ils nous servent de repas. Ce qui n’est pas le sort que tu réserves à celle-ci. Si elle nous trahissait, serais-tu prêt à la détruire ? Je ne pense pas. - Jamais je ne … Intervint Bella mais Caius la stoppa net d’un regard Puis il reprit : - De même, tu n’as pas l’intention d’en faire une des nôtres. Elle représente donc un point faible. Pour cela, seule sa vie mérite d’être sacrifiée. Rien que la sienne. Toi, tu peux partir, si tu le veux. Je montrais les dents en guise de réponse. - C'est bien ce que j’avais cru comprendre… Conclua-t-il avec une légère pointe d’ironie dans la voix Félix se trémoussait, il ne tenait plus en place et était prêt à bondir pour se battre mais Aro le stoppa, mécontent de la tournure de la discussion : - A moins que … que tu n’acceptes de lui offrir l’immortalité. Quelle question ?? Cette fameuse question qui nous poursuivait Bella et moi depuis le début de notre relation. J’avais longtemps combattu contre cette idée et aujourd’hui encore j’avais de réels doutes sur ce que je devais faire. J’avais si peur qu’elle gâche sa vie d’humaine, qu’elle perde son âme … mais sa présence à mes côtés me prouvait qu’elle était toujours prête à en prendre le risque et qu’elle n’y perdrait peut être même jamais son âme. Carol m’avait fait changer ma vision des choses à ce sujet. Alors l’hypothèse de transformer Bella n’était peut être plus tout à fait exclu. Par contre, si je prenais l’engagement auprès d’Aro, je ne pourrai pas y déroger, je serai dans l’obligation d’agir un jour au l’autre … le plus tard possible toutefois. Bella méritait encore de vivre de beaux et bon moments en tant qu’humaine. - Et si c’était le cas ? Répondis-je après ma brève hésitation - Eh bien, tu serais libre de rentrer chez toi et de transmettre mes salutations à mon ami Carlisle. Souriait-il de nouveau. En revanche, j’ai bien peur que tu ne sois obligé d’être sincère en nous promettant cela. Précisa-t-il soudainement moins assuré Il me tendit alors sa main pour en avoir confirmation. Je dévisageais Bella en repensant à l’idée qu’elle puisse être à mes côtés pour toujours mais qu’elle devrait d’abord mourir pour cela. Je ne pouvais promettre une telle chose, je n’étais pas encore prêt. Je venais de la retrouver, je ne voulais pas déjà prendre une si grave décision. Elle me dévisageait à son tour, inquiète de mon silence et me supplia : - Je t’en supplie, sois sincère. Je ne pouvais pas laisser libre accès à Aro sur mes pensées car il verrait mes doutes et nous serions perdu, que devais-je faire ?? Alice me demanda de la laisser faire sans m’interposer. Pour cela, elle s’avança vers Aro sans un mot et lui tendit sa main. Ce dernier la prit avec avidité puis baissa la tête pour mieux se concentrer sur ce qu’Alice allait bien pouvoir lui montrer. Alice resta longuement immobile face à Aro qui partagea alors sa vision. Cette vision m’était familière … elle l’avait déjà eu. Alice était en train de leurrer Aro et j’en étais soulagé pour nous tous. Elle lui montrait une vision qu’elle avait eut il y avait bien longtemps. Je n’étais pas encore très proche de Bella à cette époque là, cette vision datait du lendemain du jour où je lui avais sauvé la vie. Le jour où Tyler avait failli la tuer avec sa camionnette à cause du verglas, j’avais été obligé d’intervenir. Le fait de lui avoir sauvé la vie avait décuplé mon attirance pour elle et Alice eut rapidement une vision où elle vit Bella se promenant main dans la main avec ma sœur. Bella avait alors les yeux de la même couleur que les miens ou ceux d’Alice, des iris couleurs or … elle voyait Bella devenir un vampire. Ce fut cette vision qui m’avait obligé à m’exiler à Denali à cette époque mais je n’avais pas résisté bien longtemps à l’incroyable attraction que son sang puis son amour avaient eu sur moi !! Cette vision étant ancienne, il ne s’agissait pas inévitablement de l’avenir de Bella mais ça, Aro l’ignorait. Les visions d’Alice étaient si subjectives et elle maitrisait aussi parfaitement son ton pour révéler ou non ce qu’elle voyait. Il allait y croire et c’était tout ce qui comptait. Ce dernier s’esclaffa enfin, heureux de cette découverte. - C’était fascinant ! - Ravie que ça vous ait plus. Rétorqua ma sœur sèchement - Voir ce que tu as vu, surtout ce qui n’est pas encore arrivé … - Mais qui ne manquera pas de se produire …Insista-t-elle pour être sûre qu’il l’avait bien cru. - Oui, oui cela parait évident. A mon avis, il n’y a plus de problème. Aussitôt je pus lire toute la déception sur les visages de Caius, Félix et Jane qui auraient aimé pour deux d’entre eux goûter au sang de Bella à l’odeur si divine et le troisième, Félix, pour ne pas le nommer, aurait adoré me mettre une raclé. - Aro ! Se manifesta Caius insatisfait - Calme-toi, cher Caius. Envisage les possibilités !! Ils ne se joignent pas à nous aujourd’hui, cela ne nous empêche pas d’espérer pour l’avenir. Pense à la joie que la jeune Alice à elle seule apporterait à notre maisonnée …Par ailleurs, je suis très curieux de voir comment Bella va tourner. Alice avait réussi, Aro y croyait. Nous étions libres … - Nous sommes donc libres de nous en aller ? Demandais-je en tentant de dissimuler mon empressement à vouloir en finir. Il était temps de partir car je percevais toutes les pensées de ces vampires qui guettaient l’arrivée de leur festin. Heidi devait leur rapporter leur nourriture et il était nettement préférable que Bella n’assiste pas à cela. - Oui, oui … acquiesça enfin Aro. Mais revenez nous voir. Votre visite a été absolument captivante - Et de notre côté, nous viendrons chez vous … S’empressa d’ajouter Caius. Histoire de vérifier que vous avez rempli votre part du contrat. A votre place, je ne tarderai pas trop. Nous ne donnons pas de deuxième chance. Crispé, je consentis par un simple signe de tête. Cette menace n’avait pas trop de crédit à mes yeux mais j’avais plus peur de la réaction qu’elle produirait sur Bella. Elle risquerait de s’en servir et il me serrait difficile de lui opposer beaucoup de résistance, faute d’arguments. Fort heureusement cette menace ne ressemblait guère à un ultimatum et me laissait donc largement le temps de prendre ma décision. L’urgence était ailleurs, nous devions nous en aller, ils étaient tous affamés à présent. - Patience Félix … me confirma Aro. Heidi ne va plus tarder. - Dans ce cas, mieux vaut que nous prenions congé tout de suite ! - Oui, bonne idée. Les accidents sont toujours possibles. Cependant, attendez la nuit en bas. Si ça ne vous ennuie pas, bien sûr. - Evidemment …consentis-je Aro fit signe à Félix et ce dernier s’approcha en retirant son manteau. - Tiens … prends ça. Tu es un peu trop repérable. A jouta Aro J’étais toujours torse nu et cela aurait pu faire mauvais effet dans la rue face à tous ces badauds. - Il te va bien … soupira-t-il après que je l’ai eu enfilé. Ce manteau signifiait appartenir à la famille des Volturri et il aurait tant aimé que j’en fasse partie. Ses pensées me laissaient deviner qu’il n’y renoncerait jamais complètement. - Merci Aro. Nous patienterons en bas. - Au revoir mes jeunes amis. Allons-y, m’empressais-je de dire à Bella. Nous devions nous éloigner au plus vite car Heidi approchait avec son lot d’innocents …
Chapitre 22 : Retour vers ForksDémétri nous indiqua de le suivre et nous empruntâmes le même chemin que lors de notre arrivée. Alice vint à ma hauteur et murmura comme je le craignais : - Nous avons trop tardé … Bella en fut effrayée sans trop comprendre de quoi il s’agissait. Des bavardages nous parvinrent alors devant nous. Ils étaient nombreux, une bonne quarantaine de personnes de tous âges et tous sexes. Démétri nous fit signe de nous écarter pour les laisser passer car ils étaient tous très attendus. Bella les détailla les uns après les autres, son visage se transforma sous l’horreur de cette scène et ses yeux se remplirent de larmes. Elle venait de comprendre ce qui allait se produire et instinctivement j’attirais son visage contre mon torse pour la réconforter et tenter de l’apaiser. Nous nous rendions dans la salle de réception où nous allions devoir attendre mais sur notre chemin, nous croisâmes Heidi. C’était elle qui avait servi d’appât pour le festin de ce soir comme celui de tous les autres jours d’ailleurs. Elle avait tous les atours pour remplir cette tâche délicate. Elle se dépêcha de rattraper ses proies après avoir promis à Démétri qu’elle lui en garderait quelques uns. Malheureusement nous avions étions trop lents car au moment de pénétrer dans la salle de réception nous pouvions déjà entendre les hurlements de toutes ces malheureuses victimes. Démétri nous laissa donc dans cet endroit où je vis Gianna, encore et toujours fidèle au poste. Il nous lâcha tout de même une dernière recommandation : - Ne partez pas avant la nuit. Gianna ne fit pas trop part de sa surprise et comprit rapidement que ses maîtres nous avaient relâchés à en juger le manteau que Félix m’avait donné. Si je l’avais sur le dos c’était que j’en avais le droit, il m’avait été offert et du coup ses pensées passèrent à autre chose. J’en profitais ainsi pour m’occuper … enfin, de ma Bella, nos retrouvailles avaient été si rapides, elles avaient un goût d’inachevé. - Ca va ? Lui demandais-je doucement pour ne pas attirer l’attention de Gianna, une nouvelle fois. J’étais inquiet pour elle car elle venait d’assister à une scène horrible qui aurait crée les pires cauchemars à n’importe qui. Je m’en voulais terriblement qu’elle était été obligée d’assister à tout cela … Alice s’inquiétait elle aussi et intervint : - Aide-là à s’asseoir avant qu’elle ne défaille. Elle n’en peut plus. Effectivement Bella n’allait pas bien du tout, elle tremblait de tout son corps, même ses dents claquaient. Elle était en état de choc. Ces claquements résonnaient dans cette vaste pièce et ils auraient presque but recouvrir la musique d’ambiance que les hauts parleurs diffusaient. - Chut, Bella, Chut … Lui murmurais-je en l’emmenant vers l’un des canapés le plus éloigné des oreilles curieuses de Gianna. - Elle est en train de craquer, tu devrais peut-être la gifler … suggéra Alice Quelle idée stupide !! Moi, faire du mal à Bella, j’en avais déjà bien assez fait !! C’était du réconfort dont elle avait besoin. D’énormes sanglots envahirent sa poitrine, elle ne tenait même plus debout. - Ca va aller, tu es en sécurité, ça va aller … tentais-je de la calmer Je la pris sur mes genoux et l’enveloppa dans le manteau qu’Aro avait eu la bonne idée de me donner. En effet, il me permettait de protéger quelque peu Bella de la froideur de ma peau. - Ces pauvres gens ! S’exclama-t-elle - Je sais … marmonnais-je - C’est atroce. - Oui. Je regrette que tu aies assisté à ça. Elle appuya sa tête contre mon torse et s’essuya les yeux avec un pan du manteau. Elle respira profondément pour essayer de se calmer. Ses sanglots commencèrent à s’espacer puis doucement à baisser en intensité. - Désirez-vous que je vous apporte quelque chose ? S’enquit Giannaavec sa politesse habituelle. Elle était curieuse de savoir pourquoi Bella était dans cet état. - Non ! Lui répondis-je sèchement pour lui faire comprendre qu’elle nous dérangeait Elle s’éloigna sans se départir de son sourire. - Elle est au courant de ce qui se passe là-bas ? Demanda Bella une fois que Gianna fut suffisamment éloignée de nous. Elle semblait se ressaisir un peu puisqu’elle avait besoin de parler de nouveau. Sa curiosité reprenait le dessus … - Oui - Se doute-t-elle qu’ils la tueront un jour ou l’autre ? - Elle sait que c’est une possibilité. Elle espère seulement qu’ils décideront de la garder … - Elle désire devenir comme eux ? S’interrogea-t-elle Je lui fis un signe de tête en guise de réponse et j’attendais avec impatience sa réaction car ce côté de la personnalité de Gianna m’étonnait aussi. Cette motivation, ce désir de devenir l’une des nôtres … Bella avait la même ! Comment réagirait-elle ? - Comment peut-elle souhaiter cela ?? S’interrogea-t-elle une seconde fois Comment supporte-t-elle de voir ces gens s’engouffrer dans cet endroit maudit et vouloir participer à … la fête ? Je fis une petite moue car visiblement Bella ne semblait pas considérer que son envie de devenir un vampire était identique à celle de Gianna. Pour elle cette dernière était un monstre car elle supportait les atrocités de ses maitres sur les humains … Bella avait raison mais au final si Gianna et Bella devenaient des vampires, leurs désirs insatiables de nouveaux nés, seraient malheureusement identiques … L’idée d’imaginer ma Bella en monstre sanguinaire me déplaisait tant qu’il serait effectivement difficile pour moi de prendre cette terrible décision. Mais bizarrement les sanglots de Bella reprirent et elle s’écria : - Oh, Edward !!! - Qu’y a-t-il ? M’inquiétais-je en lui frottant le dos. Elle semblait allait mieux il y avait quelques secondes et maintenant elle pleurait. Elle était encore sous le choc. Puis elle enroula ses bras autour de mon cou et se serra contre moi. Quel bonheur de sentir de nouveau son corps contre le mien, ses mains chaudes qui caressaient mon cou. Son contact m’avait tellement manqué … c’était si agréable de la retrouver. - Suis-je complètement dérangée d’être heureuse en cet instant ? Je l’étais aussi, heureux, et du même coup je resserrai notre étreinte comme pour me prouver qu’elle était bien près de moi, dans mes bras … juste pour vérifier que ce n’était plus une de mes hallucinations. - Non, je sais exactement ce que tu éprouves. Nous avons des tas de raisons de nous réjouir. Pour commencer, nous sommes en vie. - Oui, c’est une bonne raison. - Et réunis …Ajoutais-je - Et, avec un peu de chance, nous serons encore vivants demain. - Espérons-le. - Les prévisions vont dans ce sens …Intervint Alice et ajouta avec un plaisir non dissimulé. Je dois voir Jasper dans moins de vingt-quatre heures. L’endroit n’était pas du tout propice à se laisser aller mais j’étais tellement heureux que Bella soit de nouveau à mes côtés que je ne pouvais me résoudre à ne pas la contempler. Redécouvrir chaque partie de son visage et de son corps, pour vérifier que je n’avais rien oublié … elle me regardait à son tour avec tant de douceur. - Tu as l’air épuisée … Lui chuchotais-je en caressant d’un doigt, ces cernes - Et toi assoiffé … Répondit-elle en fixant les miennes si prépondérantes Elle devait craindre ma réaction, il s’était passé tellement de temps, tellement de choses depuis l’incident de son anniversaire qu’il était totalement surprenant pour moi que Bella puisse encore y songer. J’avais tellement changé sur ce point, au moins. - Ce n’est rien. La rassurais-je - Sûr ? Sinon je m’assois près d’Alice - Ne soit pas ridicule ! Je n’ai jamais eu un tel contrôle de cet aspect de ma personnalité qu’à cette heure. Puis elle resta un long moment blottie contre moi, ne disant rien, profitant certainement du calme retrouvé pour savourer notre libération. Je n’arrivais pas à regarder autre chose qu’elle et ses yeux chocolat. A cet instant, je n’avais qu’à lire dans ses yeux pour savoir qu’elle était heureuse tout comme je l’étais. Alice voulait organiser notre retour et elle allait s’occuper de récupérer les affaires de Bella puis voler une nouvelle voiture pour rejoindre l’aéroport. Je n’étais pas en état de parcourir la distance en courant et Bella avait besoin de se reposer donc le trajet en voiture était nettement préférable. Une fois, ces détails réglés, Alice me demanda soudain : - qu’est-ce que c’était que cette allusion à une chanteuse ? - la tua cantante ? - oui. - c’est ainsi qu’ils appellent une personne dont l’odeur produit un certain effet, à l’instar de celle de Bella sur moi. Elle est ma chanteuse, parce que son sang chante pour moi. Alice ne put se retenir de rire et trouver que les italiens avaient toujours eu des expressions très raffinées … Mes anciens instincts d’humain reprenaient le dessus car j’avais une envie quasi insatiable de la toucher soit en déposant mes lèvres sur son front ou le long de son nez soit en embrassant ses cheveux. J’avais besoin d’être en contact permanent avec sa peau tiède si douce et d’humer le délicieux parfum de ses cheveux. Comment avais-je réussi à vivre loin d’elle ?? Je n’y étais pas parvenu, bien évidemment mais comment avais-je pu m’éloigner aussi longtemps d’elle ?? Cette séparation avait été la pire bêtise de toute mon existence, elle aurait pu nous coûter la vie à tous les deux. Le temps passait si vite quand j’étais près d’elle, même dans cet endroit que j’avais hâte de quitter, que je fus presque surpris de voir arriver Alec, rassasié et les prunelles luisantes. Alice et moi, nous restâmes sur nos gardes au début, de peur qu’Aro n’ait changé d’avis, j’en avais même instinctivement serré plus vivement Bella dans mes bras. Fort heureusement, Alec voulait juste nous confirmer que nous étions libres de partir, Alice et moi en furent aussitôt soulagés. - vous êtes libres de partir à présent mais nous vous prions de ne pas vous attarder en ville. Annonça ce dernier avec un brin de sympathie dans la voix. Son récent repas y était pour beaucoup. - pas de souci. Rétorquais-je avec froideur car je n’avais guère oublié son hostilité à mon égard mais aussi son arrogance et son mépris envers Bella. Alec nous sourit puis disparut. Pendant que je déposais Bella au sol et l’aidais à se remettre debout, Gianna nous expliqua comment sortir de cet endroit. Nous suivîmes un long couloir qui nous emmena jusqu’au ravissant hall d’accueil que j’avais découvert la veille. En sortant de la forteresse, je repensais à l’état dans lequel je me trouvais lorsque j’y étais entré le soir précédent. Beaucoup de choses avaient changé depuis … dont certaines auraient des conséquences, à n’en pas douter. La nuit commençait à tomber, les festivités battaient encore leurs pleins. Tous ces humains étaient déguisaient avec de longues capes noires et même certains enfants arboraient des crocs en plastique d’un blanc étincelant. Tout cela m’énervait, cette vision réductrice de notre espèce. Autant par moment, je me considérais comme un monstre mais certainement pas comme une bête de foire. Le mythe du comte Dracula était totalement pathétique. Ridicule ! C’était le terme que j’avais marmonné instinctivement à la vue de tous ces badauds déguisé en pseudo vampires de pacotille … Alice s’était éclipsée et Bella le remarqua rapidement, je lui expliquais qu’elle était partie récupérer leurs affaires et nous trouver une voiture pour filer vers l’aéroport. La sortie de la ville fut visiblement pénible pour Bella, elle était épuisée. Je la pris régulièrement dans mes bras pour qu’elle puisse se reposer un peu. Cela nous permettait aussi de marcher un peu plus vite car même avec des forces diminuées, j’étais encore plus rapide que Bella. Notre traversée de la ville fut assez longue pour qu’Alice ait le temps de nous dégoter une voiture. Elle était apparemment déçue … je pus lire dans ses pensées qu’elle était arrivée avec Bella ce matin dans une magnifique Porsche alors que la voiture qu’elle venait de voler n’avait pas du tout le même charme. Elle restait incroyable, même dans une situation pareille, Alice ne pouvait se défaire de ses envies de belles choses ou de luxe. Elle nous attendait et je m’installais rapidement, à mon plus grand plaisir, sur la banquette arrière auprès de Bella. Etre éloigné ne serait ce que d’un mètre était inenvisageable ! Je n’aurai d’ailleurs pas pu être attentif à ma conduite puisque je n’avais d’yeux que pour elle. - désolée, s’excusa Alice en désignant la voiture, je n’ai pas eu beaucoup de choix. - ne t’inquiète pas, riais-je en repensant à sa dernière pensée. On ne peut pas toujours rouler en 911 Turbo. - je devrais peut-être songer à m’en procurer une légalement … c’était fabuleux. Soupira-t-elle - je t’en offrirai une à noël. Je lui devais bien ça. Elle me remercia, elle était aux anges. - jaune, alors … S’empressa-t-elle de me préciser Bella était enveloppée dans mon manteau, sa chaleur irradia rapidement mon torse ce qui nous procura instantanément une sensation de bien être. Elle allait pouvoir se reposer, et moi, j’allais avoir tout le loisir de pouvoir la regarder dormir. - tu peux dormir maintenant. C’est fini. Lui murmurais-je - je ne veux pas. Je n’ai pas sommeil. Elle n’avait pas sommeil certainement à cause de toutes ses émotions, le bercement de la voiture devrait l’apaiser et l’endormir. Elle avait besoin de dormir après tant de péripéties, elle était si fatiguée. J’approchais mes lèvres de son cou délicat et l’embrassa sous l’oreille, espérant l’avoir désarçonnée quelque peu puis insista. - essaie quand même. Elle secoua la tête de gauche à droite comme une enfant pour me manifester sa désapprobation. - tu es toujours aussi têtue, hein ? Oh oui !! Têtue, elle l’était car à aucun moment elle ne ferma les yeux durant tout le trajet jusqu’à notre arrivée à l’aéroport de Florence. Alice en profita pour m’acheter des vêtements car le manteau des Volturi gisait déjà au fond d’une poubelle. Le trajet Florence / Rome fut lui aussi très rapide et nous nous préparions pour notre traversée Rome / Atlanta puis Atlanta / Seattle. J’osais espérer que cette fois Bella se laisserait aller au repos surtout qu’Alice avait fait les choses en grand en réservant des places en première classe. L’hôtesse était aux petits soins pour nous … à dire vrai aux petits soins de Bella plutôt, puisque c’était la seule de nous trois à se restaurer ou boire. Bella en profita et lui demanda un coca-cola. Je lui fis part de mon mécontentement car d’une part elle ne tolérait pas la caféine et ce n’était pas non plus trop souhaitable pour permettre au corps de se reposer - Je refuse de dormir … protesta-t-elle. Si je ferme les yeux maintenant, des images horribles vont défiler dans ma tête. Je risque d’avoir des cauchemars. Je n’avais pas le courage de discuter cet argument car il me renvoyait à mes erreurs … Voir ces gens puis les entendre hurler pourraient effectivement hanter ses prochaines nuits mais dorénavant je serai toujours là pour la réconforter à moins que … à moins qu’elle ne me demande de partir. Etrangement nous avions beaucoup de temps devant nous pour parler, je m’attendais à un flot de questions, à des reproches … mais là encore comme lors de mon départ, elle ne disait rien ! Elle était là dans mes bras, visiblement heureuse mais je ne savais rien d’autre sur ce qu’elle ressentait à présent et je n’osais pas lui demander. Elle ne semblait pas vouloir en parler pour le moment alors j’attendrai … Je profitais pleinement d’être près d’elle. Entendre le son mélodieux des battements de son cœur, mes doigts caressant le moindre centimètre de son doux visage. Et des baisers par dizaines dans la paume de ses mains, au creux de ses poignets, sur ses joues, son front, et ses cheveux … mais il n’y avait qu’un seul endroit que je n’osais pas embrasser, c’était ses lèvres ! Elle ne m’avait d’ailleurs pas embrassé une seule fois depuis nos retrouvailles et j’avais du mal à comprendre pourquoi. Cela me faisait peur aussi car sans doute avait-elle une raison à m’invoquer mais qu’elle me réservait pour plus tard. Elle avait peut être quelqu’un d’autre dans sa vie et elle n’était venue que pour me sauver … J’avais bien eu une vision de son avenir dans la hutte, Bella allait se marier … cela pouvait être un autre que moi ? Impossible, je n’y survivrai pas, si elle devait se marier, ce ne serait qu’avec moi ! Je venais de la retrouver, je ne voulais pas la perdre une seconde fois. Je ne savais pas comment je réagirais si elle m’apprenait qu’elle aimait un autre homme … je commençais à paniquer à cette simple pensée ! Ou alors je l’avais fait tellement souffrir qu’elle voulait prendre son temps dorénavant … Il m’était aussi difficile d’imaginer que je puisse vivre de nouveau à Forks sans Bella à mes côtés. Arhhh …ce silence allait me rendre dingue ! Je devais tout de même essayer de ne pas penser à tout ça car je ne voulais pas gâcher nos retrouvailles. Pourquoi me faire tant de mal alors que je ne savais rien. Je sentais comme une épée de Damoclès au dessus de ma tête et cela me perturbait énormément. Je devais avant tout profiter de l’instant présent, même si j’avais la tête envahie d’interrogations. Bella était fatiguée quoiqu’elle en dise et ce ne serait guère le bon moment pour aborder tous ces sujets même si j’en mourrai d’envie. Elle continua le reste du vol à siroter des sodas tout en prenant garde de ne pas trop s’éloigner de moi. Il fallait que nos peaux restent en contact tel des aimants. A aucun moment, elle ne ferma les yeux …mais sa fatigue se faisait plus pesante et je redoutais le moment où Bella allait s’écrouler d’épuisement. Alice, quant à elle, était toute à son bonheur de pouvoir parler à Jasper et réconforter toute notre famille. Oui, notre famille, j’avais aperçu dans les pensées de ma sœur que nous allions avoir droit à tout le comité d’accueil à notre arrivée. Je redoutais les réactions d’Esmée et Carlisle, je les avais sûrement déçus avec ma pitoyable réaction. Retrouver toute ma famille au grand complet … notamment Rosalie !! Aussitôt un frisson de haine me traversa … si elle n’avait pas osé m’appeler … rien de tout cela ne se serait passé. Elle avait risqué la vie de ma sœur et de Bella pour affronter les Volturri, j’aurai beaucoup de mal à lui pardonner. En agissant ainsi, Rosalie avait joué le rôle de l’épidémie de peste dans Roméo et Juliette, elle l’avait interprété à la perfection. En effet, frère Laurent avait fait porter une lettre à Roméo pour le prévenir que Juliette avait bu une potion la faisant passer pour morte mais qu’elle se réveillerait au matin auprès de lui. Or, une épidémie de peste empêcha le messager de porter ce message à Roméo et ce dernier se tua pensant sa belle, morte … Rosalie en me contactant avait empêché Alice de pouvoir vérifier si sa vision était exacte à savoir si Bella était toujours de ce monde. Alice ne voulant pas m’alarmer, avait préféré s’assurer de l’exactitude de sa vision car elle se doutait que trop de ce que je pourrai faire si Bella était effectivement morte. Si Rosalie ne s’était pas précipité à m’appeler, les choses auraient été différentes… L’avion amorça sa descente sur Seattle. J’appréhendais quelque peu de revoir les miens après ma longue absence et mon périple en Italie mais la perspective de passer la quasi-totalité de mon temps près de Bella, me donnait la force d’affronter les prochaines heures à venir. Toute ma famille était effectivement là pour nous accueillir. Jasper fut le premier que j’aperçus, il fixait le flot des passagers qui sortaient du hall des arrivées. Je pouvais d’ores et déjà capter ses pensées … il était enfin heureux de retrouver sa belle, c’était la première fois qu’il s’était inquiété à ce point pour elle, qu’il avait eu peur de la perdre sans pouvoir faire quoique ce soit. Il avait cru devenir fou … Jasper et moi n’avions jamais été aussi proches qu’à cet instant. Nous avions retrouvés nos deux âmes sœurs. Jasper m’aperçut et me fit un signe de tête pour me saluer car une fois ma sœur devant lui plus rien n’avait d’importance. L’amour qui se dégageait d’eux était tout simplement magnifique. Ils restèrent longuement l’un face à l’autre, seules leurs mains entrelacées témoignaient de l’intensité de leurs émotions. Carlisle et Esmée étaient en retrait dans un coin plus sombre de l’aérogare. Nous avancions péniblement Bella et moi, ma main ancrée à sa taille. Elle était à présent véritablement épuisée et ne tenait plus debout mais je n’étais pas en meilleure forme car ma faim commençait à me rattraper. J’avais une douleur lancinante dans la gorge qui me rappelait que je devais me nourrir prochainement avant de devenir complètement fou, ma période d’abstinence n’avait que trop duré semblait-il, mon corps avait besoin de se régénérer. Esmée prit aussitôt Bella dans ses bras et la serra très fort contre elle en lui murmurant à l’oreille - merci, vraiment merci … Puis elle se tourna vers moi, le regard plein d’amour, cet amour maternel que je lui avais toujours connu. Elle se jeta littéralement à mon cou pour m’exprimer à quel point elle était soulagée, heureuse et comblée de me revoir en vie mais rapidement elle ne peut se retenir de me gronder. - ne me refais jamais ça ! Me lança-t-elle - désolé, maman … m’excusais-je sincèrement Puis Carlisle s’approcha à son tour et s’adressa à Bella : - Merci, Bella, nous te sommes redevables. - mais non … Marmonna-t-elle Esmée la rattrapa car la fatigue et le manque de sommeil se manifestait enfin chez Bella et elle ne tenait presque plus debout. Esmée me le reprocha d’ailleurs. - Elle dort debout, ramenons-la vite à la maison. Ma mère m’aida alors à soutenir Bella jusqu’au parking où était garé notre voiture. Je n’aurai pas du être surpris de voir Rosalie et Emmett qui nous y attendait justement. Je me raidis aussitôt ce qui réveilla quelque peu Bella qui avait de plus en plus de mal à garder les paupières ouvertes, elle luttait contre le sommeil. Esmée ayant senti ma réticence, m’incita au calme. - du calme … elle est très mal ! Me murmura-t-elle - elle peut ! Répliquais-je aussitôt - ce n’est pas sa faute … Intervins Bella, la voix ensommeillée - laisse-lui une chance de s’amender ! Me supplia Esmée. Nous monterons avec Alice et Jasper. Mon regard ne pouvait se défaire du visage inhabituellement penaud de ma blonde et stupide sœur. Elle était réellement mal à l’aise et regrettée amèrement son geste. - s’il te plaît … M’encouragea Bella Si Bella était prête à supporter l’hostilité de Rosalie envers elle, je supposais que je le devais aussi. Sans cacher mon manque d’entrain, je conduisais Bella vers la voiture. Emmett et Rosalie s’installèrent à l’avant sans un mot tandis que je m’installais à l’arrière avec Bella. Elle somnolait déjà, sa tête lovée contre mon torse. La voiture démarrait à peine que Rosalie s’empressa de me parler : - Edward … - je sais … Lui répliquais-je sèchement, je venais de lire ses pensées donc je savais à quoi m’en tenir. Elle regarda ensuite Bella : - Bella ? L’appela-t-elle doucement Mon amour dormait à moitié et fit un sursaut en entendant son prénom et ouvrit les yeux : - Oui ?? Répondit-elle hésitante - je suis sincèrement désolée, Bella. Je suis malheureuse comme les pierres depuis que cette histoire a commencé et je te suis extrêmement reconnaissante d’avoir été assez courageuse pour sauver mon frère après ce que j’ai fait. Je t’en prie, accepte de me pardonner. Rosalie était sincère même si elle n’avait pas réussi à se départir de son ton guindé et quelque peu méprisant. - bien sûr, Rosalie … Bredouilla Bella Elle était surprise par les paroles de ma sœur et semblait même heureuse qu’elle tenta de bredouiller d’autres mots : - tu n’y es pour rien du tout. C’est moi qui ai sauté de cette fichue falaise. Evidemment que je te pardonne … Cette démarche était touchante et je reconnaissais bien là, Bella et sa générosité. - ça ne compte pas, elle n’est pas consciente !! Rigola Emmett - je suis parfaitement consciente … Rétorqua-t-elle à demi endormie. - laissons-la dormir …Insistais-je J’étais un peu plus à l’aise à présent mais pour combien de temps car je n’allais pas tarder à affronter Charlie. Je ne m’attendais pas à un accueil en fanfare mais je redoutais sa réaction. J’allais bientôt le savoir car nous arrivions déjà à Forks. Nous étions devant la maison de Bella et son père nous attendait déjà sur le perron après avoir entendu approcher notre voiture. Il était à la fois mort d’inquiétude pour sa fille et emplit de haine à mon égard. Il me tenait responsable de la terrible période qu’avait vécu Bella en mon absence … et j’eu rapidement des bribes d’images reflétant la douleur et l’état de ma bien aimée durant notre séparation. Ce fut une douche froide instantanée … J’ouvris la portière, il était déjà là et hurlait : - Bella ! - Charlie … murmura-t-elle en tentant de se réveiller - chut ! Tout va bien. Tu es chez toi, en sécurité. Dors ! Lui murmurais-je pour l’apaiser - je suis estomaqué que tu aies le cran de te montrer ici ! Beugla-t-il à mon encontre - arrête, papa … Tenta-t-elle d’intervenir mais sa voix endormie était mal assurée - qu’est-ce qu’elle a ? S’inquiéta-t-il - elle est juste très fatiguée, Charlie. Laissez-la se reposer, s’il vous plaît. Le rassurais-je - ne me dis pas ce que je dois faire ! Et donne la moi !! Bas les pattes !!! S’emporta-t-il Je voulus lui donner Bella mais cette dernière s’accrochait littéralement à moi. Son père tirait aussi fort qu’elle ne voulait pas me lâcher. - ça suffit, papa !! Lança-t-elle avec un peu plus d’insistance. Si tu dois être en colère, sois le après moi, ajouta-t-elle. - je te garantis que tu n’y couperas pas !! Rentre à la maison. - bien. Pose-moi. Me demanda-t-elle en soupirant Je la déposais délicatement sur le sol mais rapidement je la vis vaciller et j’eus juste le temps de la rattraper pour pas qu’elle ne s’effondre. - autorisez-moi au moins à la monter dans sa chambre. Ensuite, je partirai. Lui demandais-je car je ne pouvais pas me résoudre à laisser Bella de cette façon, sans aucune explication. - non ! Cria-t-elle paniquée - je ne serai pas loin … Lui murmurais-je à l’oreille pour que son père ne puisse pas entendre A contre cœur, Charlie consentit à me laisser monter Bella dans sa chambre. La fatigue extrême de sa fille eut raison de sa colère et il jugeait préférable que je l’aide à monter vu son état. Elle était épuisée mais terrifiée de me voir m’en aller une nouvelle fois. Ses doigts étaient crispés au col de ma chemise comme pour tenter de me retenir. La voir dans cet état me fit prendre encore plus conscience de toute la douleur que je lui avais fais endurer. Les pensées de son père avaient été accablantes … j’avais été un véritable monstre de l’avoir abandonnée ainsi. Elle s’était retrouvée seule, anéantie par le chagrin et en danger. Comment allais-je pouvoir me rattraper, me faire pardonner ?? Me pardonnerait-elle ?? La joie de nos retrouvailles fut aussitôt occultée par la découverte de sa terrible souffrance et il allait falloir que j’apprenne à vivre avec cela dorénavant. Chapitre 23 : Vérité
Je la regardais dormir paisiblement depuis un bon moment … elle était si belle que je ne me lassais pas de redécouvrir ses mimiques pendant son sommeil. Je n’aurai d’ailleurs jamais du cesser de la regarder dormir mais le mal était fait et j’allais devoir m’en expliquer. Charlie était venu vérifier si Bella était toujours là et si elle dormait tranquillement. L’absence de sa fille l’avait réellement anéanti et il avait eu très peur de ne pas la revoir. Sous sairs de père distant, Charlie était un homme aimant prêt à tout pour le bonheur de sa fille. Il me tenait pour entièrement responsable de l’agonie de sa fille pendant les sept mois qu’avait duré mon absence. Il n’était pas prêt d’ailleurs à me pardonner, il s’inquiétait même encore de me revoir auprès de Bella après l’avoir fait tant souffrir. J’étais assis sur le bord du lit de Bella afin de mieux la contempler et être assez proche d’elle pour lui caresser légèrement le front ou quelques mèches de ses cheveux de temps à autre, rien de plus de peur de la réveiller. Charlie s’était lui aussi endormi et ses ronflements se dispersaient dans la maison silencieuse. Seules les vibrations de mon téléphone dénaturaient cette douce ambiance. C’était Alice : - Tu veux que je vienne ? Me demanda-t-elle sans me laisser le temps de répondre. Elle va dormir encore très longtemps alors va te nourrir pour retrouver des forces et paraître un peu plus présentable. Je ne te l’avais pas encore dit mais ces cernes mauves violacées sont horribles … - Je veux rester près d’elle. Répondis-je en murmurant. J’en ai besoin … et si elle se réveille, elle sera terrorisée si je ne suis pas à ses côtés. - Edward, elle va dormir, elle n’en saura rien mais en revanche elle appréciera sans doute que tu paraisses en meilleure forme. Je peux rester près d’elle au cas où mais je t’assure qu’elle dormira encore à ton retour … - Non c’est gentil Alice mais c’est à ses côtés que j’ai envie d’être, ma fatigue je peux encore la surmonter un peu. Le plus important pour moi maintenant c’est Bella … Ma gorge me tiraillait toujours autant mais j’étais nettement capable de tolérer cette douleur, elle n’était rien comparée à la culpabilité qui me rongeait intérieurement. - Très bien, je voulais juste m’assurer que tu allais bien. Ne t’inquiète pas tout se passera pour le mieux …Conclua-t-elle avec une légère ironie dans la voix - Merci Alice. La remerciais-je me doutant qu’elle me cachait quelque chose. Toutes mes pensées étaient focalisées sur Bella et notre prochaine conversation. Cette fameuse explication que j’attendais avec impatience mais que je redoutais tout autant. J’avais très peur qu’elle m’annonce qu’elle était passée à autre chose ou qu’elle m’abandonne à son tour … Plusieurs heures passèrent au fil de la respiration et des quelques cauchemars de mon amour. Après le deuxième violent cauchemar, j’avais pris la décision de me coucher près d’elle et la prendre dans mes bras pour la rassurer et tenter de calmer ses mauvais rêves empreints d’Italie et de mon absence. J'avais pris soin de laisser une couverture entre nous afin de ne pas trop la refroidir pour ne pas la réveiller. Puis elle commença à bouger légèrement et se mit à inspirer profondément. C’était un signe de son réveil, je lui caressais le front doucement pour lui témoigner ma présence à ses côtés. Elle ouvra ses paupières puis souffla en plaquant aussitôt ses poings sur ses yeux. Cette réaction me surprit, j’étais inquiet, je lui avais fait peur sans doute. Puis elle rouvrit les yeux pleins de surprise. - Je t’ai fais peur ? M’inquiétais-je C’était tout à fait plausible car je devais faire peur à voir, avec ces énormes cernes mauves sous mes yeux noirs, j’aurai peut être du aller me nourrir comme me l’avait suggéré Alice. Elle cligna de nouveau des yeux et murmura avec une voie encore endormie - Oh Flûte ! - Qu’y-a-t-il, Bella ? M’angoissais-je - Je suis morte, hein ? Je me suis noyée. Zut de zut ! Charlie ne va pas s’en remettre. Je grimaçais légèrement de peur de ne pas comprendre ce qu’elle disait. Pourquoi se pensait-elle morte ? - Tu es vivante, Bella. - Dans ce cas, pourquoi je n’arrive pas à me réveiller ? - Tu es réveillée, Bella. - A d’autres ! C’est ce que tu voudrais que j’avale. Et après, quand je me réveillerai pour de bon, ce sera encore pire. Si je me réveille, s’entend. Ce qui ne se produira pas, parce que je suis morte. C’est affreux. Pauvre Charlie ! Renée, Jake … Elle s’interrompit visiblement horrifiée. Pourquoi insistait-elle sur le fait qu’elle soit morte, j’étais effrayé à l’idée d’en être la principale cause. - J'ai bien peur que tu me prennes pour un cauchemar … Lâchais-je avec un sourire lugubre. Mais explique-moi un peu pourquoi on t’a envoyée en enfer. Te serais-tu rendue coupable de meurtres en mon absence ? - Il faut croire que non. Si j’étais en enfer, tu ne serais pas là. Je soupirai car je venais de comprendre pourquoi elle me racontait tant de choses incohérentes, Bella n’avait pas les idées claires, elle manquait encore de sommeil. - Tout ça est-il arrivé ? Pour de vrai ? Me demanda-t-elle - Ca dépend de ce à quoi tu te réfères. S’il s’agit du fait que nous avons failli être massacrés en Italie, alors oui. - l’Italie ! Comme c’est bizarre !! Savais-tu que je n’étais jamais allée plus à l’est qu’Albuquerque ? - Rendors-toi ! Tu racontes n’importe quoi ! Râlais-je en levant les yeux au ciel - Je n’ai plus sommeil !! Quelle heure est-il ? J’ai dormi longtemps ? Riposta-t-elle en reprenant visiblement ses esprits - Environ quatorze heures. Il est une heure du matin. - Et Charlie ? Me demanda-t-elle en s’étirant - Il dort. Autant te prévenir, je suis en train d’enfreindre les règles. Pas techniquement, puisqu’il m’a interdit de jamais repasser le seuil de sa maison et que je suis entré par la fenêtre … n’empêche, ses intentions étaient claires et nettes. - il t’a banni de chez nous ? S’écria-t-elle furieuse - tu t’attendais à autre chose ? L’interrogeais-je mais cette question m’était plus particulièrement destinée en réalité. La haine de Charlie était justifiée mais me peinait aussi car elle me rappelait mon irréparable erreur et toutes ces conséquences. - C’est quoi l’histoire ? Me demanda-t-elle curieuse - Comment ça ? - Qu’est-ce que je raconte à Charlie ? Quelle est mon excuse pour avoir disparu … combien de temps déjà ? - Trois jours. A dire vrai … Ajoutais-je, je comptais un peu sur toi pour trouver une explication qui sonne juste. Moi, je sèche. Terminais-je en souriant Bella avait toujours tant d’imagination qu’elle nous serait très utile dans le cas présent. - Super. Lâcha-t-elle visiblement moins ravie - Espérons qu’Alice inventera quelque chose …Tentais-je de la rassurer J’espérais la mettre à l’aise pour l’inciter à me parler, j’avais hâte de savoir où elle en était vis-à-vis de moi … de nous, après tout le mal que je lui avais fait endurer en mon absence. - y a-t-il une raison pour laquelle le danger ne peut pas te résister comme moi je le fais ? - le danger n’essaye pas … Marmonna-t-elle - évidemment, il semble que tu recherchais activement le danger. A quoi pensais-tu Bella ? J’ai interrogé les pensées de ton père et celle d’Alice et j’ai découvert un nombre incalculable de fois où tu as atterris aux urgences. Ai-je précisé que j’étais furieux contre toi. La grondais-je d’une voix sincèrement peinée plutôt que furieuse. - pourquoi ? Ce ne sont pas tes affaires … Répliqua-t-elle embarrassée - en réalité, je me rappelle ta promesse de ne rien faire de dangereux. - et toi …n’avais-tu rien promis …à propos de ta non-interférence ? Répliqua-t-elle aussitôt Je commençais à être sur une pente savonneuse. Bella était soupçonneuse. - A cet instant où tu as manqué à ta parole … j’ai respecté ma part du contrat. - oh, vraiment ? Trois mots Edward : Pacific Northwest Trust Ces trois mots m’était effectivement familier, trop familier même. Bella avait donc découvert que j’avais manigancé cette histoire de bourse. Je ne pouvais pas me résoudre à lui dire la vérité à ce sujet puisqu'elle ne semblait pas très heureuse de mon initiative. Je le savais déjà du reste puisqu’elle l’avait refusé. Faire le mort serait sans doute plus prudent … - est-ce supposé signifier quelque chose pour moi ? Lui demandais-je le plus naturellement du monde …peut être même un peu trop sans doute - c’est juste insultant ! Combien crois-tu que je sois stupide ? Se plaigna-t-elle - je n’ai aucune idée de ce dont tu me parles, Bella ? - Peu importe … Céda-t-elle Quelque peu vexée, elle changea totalement de sujet : - dis-moi un peu, à quoi as-tu consacré ton temps, jusqu’à il y a trois jours ? - à rien de bien passionnant …. Marmonnais-je quelque peu surpris par cette question - ça ne m’étonne pas ! Grommela-t-elle - pourquoi cette tête ? - eh bien … si tu étais un rêve, c’est exactement ce que tu aurais répondu. Mon imagination doit s’épuiser. - si je te raconte tout, admettras-tu enfin que tu n’es pas en train de faire un cauchemar ? Lui demandais-je. L’un des cauchemars comme de ceux qu’elle avait fait cette nuit encore. - un cauchemar ? Bon d’accord. Vas-y. - j’ai … chassé. - tu n’as rien de mieux à me proposer ? Cela ne prouve en rien que je ne délire pas. Etait-il bon que je lui raconte tout ? Qu’avait-elle besoin d’entendre ?? Si je lui en disais trop, elle serait paniquée et si je ne lui en disais pas assez, elle ne me croirait pas. J’avais tellement envie de l’embrasser à cet instant pour lui prouver que je l’aimais comme un fou mais serait-ce suffisant … serait-ce ce qu’elle voudrait ? Je ne savais pas comment m’y prendre. J’avais eu tout faux jusqu’à aujourd’hui alors pourquoi cela changerait-il ? J’allais commencer doucement pour voir sa réaction et si elle était prête à m’écouter … - Je n’ai pas chassé pour me nourrir … je me suis essayé à … traquer. Je ne suis d'ailleurs pas trop doué pour ça. C’était le moins que je puisse dire puisque je m’étais fait berner par Victoria et son nouveau-né. Il avait eu l’ordre de m’éloigner le plus loin possible de Forks pour que Victoria et son émissaire Laurent passent à l’action … - Et qu’est-ce que tu traquais ? - Rien de bien important … Répondis-je du tac au tac mais en n’étant plus tout aussi sûr de ce que je faisais. Peut-être que Bella comprendrait mieux les choses et mon malaise si je lui parlais de ma traque et de Victoria. Je me sentais tellement fautif que j’avais du mal à organiser mes paroles et rester cohérent … - Je ne pige pas. Me dit-elle comme pour me confirmer que je devais me lancer dans mes explications en passant outre mes peurs et mes appréhensions. - Je … je te dois des excuses. Non, je te dois tellement plus ! Mais il faut que tu saches …que je ne me doutais absolument pas …je ne me suis pas rendu compte du bazar que je laissais derrière moi. Je te pensais en sécurité ici. Saine et sauve. Je n’imaginais pas que Victoria reviendrait. J’avoue que lorsque je l’ai vue, la première fois, j’ai plus prêté attention aux pensées de James qu’aux siennes. Je n’ai pas compris qu’elle était du genre à réagir ainsi. Ni qu’elle lui était aussi attachée. J’ai deviné pourquoi depuis : elle avait tellement foi en lui qu’elle n’envisageait pas qu’il puisse échouer. Sa confiance exagérée m’a dissimulé l’ampleur de ce qu’elle éprouvait pour lui, m’a empêché de mesurer la profondeur de leurs liens. Non que j’ai des excuses pour t’avoir laissée affronter seule cette situation. Quand j’ai entendu ce que tu disais à Alice, et qu’elle avait elle-même présagé, quand j’ai découvert que tu avais du t’en remettre à des loups-garous immatures, versatiles, les pires créateurs qui soient en dehors de Victoria …Un frisson de haine me parcourra à l’évocation de nos deux ennemis. Je t’en prie crois-moi si je te dis que je n’avais pas du tout prévu cela. J’en suis malade, jusqu’au plus profond de mon être. Même aujourd’hui, alors que je te tiens dans mes bras. Je suis un misérable d’avoir … - Stop !! Me coupa-t-elle Je la regardais redoutant sa réponse, espérant qu’elle puisse imaginer ne serait-ce le dixième de la souffrance et de la culpabilité que j’éprouvais à cet instant afin qu’elle puisse me croire. Elle arborait un visage serein - Edward … - Edward, reprit-elle, il faut que tu arrêtes ça tout de suite. Tu n’as pas le droit de penser ainsi. Tu ne peux laisser cette … culpabilité … régir ton existence. Il est impossible que tu endosses la responsabilité des choses qui m’arrivent. Tu n’y es pour rien. Ma vie est comme ça, un point c’est tout. Donc, la prochaine fois que je trébuche devant un bus ou tout autre incident de la même eau, tu es priée d’admettre que tu n’as pas à en éprouver des regrets. Inutile de filer en Italie simplement parce que tu te sens mal de ne pas m’avoir sauvée. Même si j’avais plongé de cette falaise pour me suicider, cela aurait relevé de mon choix, pas ta faute. Je sais qu’il est dans ta nature de prendre systématiquement le blâme sur toi, mais tu ne peux laisser cette tendance te mener à de tels extrêmes ! C’est irresponsable ! Pense à Esmée et Carlisle …Termina-t-elle au bord des larmes Une étrange fureur s’empara de moi à ses mots. Elle ne m’avait pas écouté ou alors m’avait-elle mal compris. - Isabella Marie Swan … penses-tu vraiment que j’ai demandé aux Volturi de me tuer parce que j’éprouvais de la culpabilité ? - ce n’est pas le cas ? - j’avais des remords. Des tonnes. Bien plus que tu ne serais capable d’imaginer. - ben alors … qu’est-ce que tu racontes ? Demanda-t-elle surprise Effectivement, elle ne m’avait pas compris, j’avais du mal m’exprimer ou j’avais sans doute parlé trop vite … cela me rendait fou j’avais l’impression de tourner autour du pot. J’allais tenter une nouvelle fois de m’expliquer … - Bella … Je me suis rendu auprès des Volturi parce que je te croyais morte ! Quand bien même n’aurais-je eu aucune part de responsabilité dans ta mort … Je frissonnai une nouvelle fois à cette pensée …quand bien même n’y aurais-je été pour rien, je serais allé en Italie. Certes j’aurai dû me montrer plus prudent, j’aurais dû parler directement à Alice plutôt que prendre pour argent comptant ce que Rose m’avait rapporté, mais qu’étais-je censé croire quand le garçon a lâché que Charlie était à l’enterrement ? Quelles chances avais-je de deviner la vérité ? Les chances, sont toujours contre nous et nous apprenons de nos erreurs. Je ne critiquerai plus jamais Roméo. - Je ne saisis toujours pas … répondit-elle. Qu’est-ce que ça aurait changé ? - Quoi ? - Si j’étais morte ? Pourquoi ne comprenait-elle pas ? J’avais l’impression d’avoir été clair pourtant. Que n’arrivait-elle pas à comprendre ? Je devais m’y prendre autrement et lui rappeler pourquoi j’avais agi ainsi … elle avait peut-être oublié … - tu as donc oublié ce que je t’ai dit ? - il n’y a pas de danger. Me rétorqua-t-elle - j’ai l’impression qu’il y a méprise, Bella … Lui confessais-je en caressant sa lèvre inférieure avec mon pouce puis je fermais les yeux un court instant pour trouver les bons mots, ceux qu’elle aurait du se souvenir … mais visiblement elle avait retenu les mauvais. Ceux que je lui avais assenés lorsque j’avais menti. Voilà pourquoi elle ne comprenait pas mes explications … elle pensait réellement que je ne l’aimais plus …. - Je pensais avoir été clair. Je ne pourrais pas vivre dans un monde où tu n’existerais plus, Bella. - Là, tu …Tu m’égares Il fallait rétablir la vérité maintenant … elle ne devait plus croire à cet abominable mensonge. - Je sais mentir, Bella, j’y suis obligé … Elle se pétrifia aussitôt. Je la secouais doucement pour la faire réagir - Laisse-moi terminer ! Je sais mentir, n’empêche, tu m’as cru si vite !! Ca a été … horrible. Elle resta toujours interdite, faisant mine de ne pas réagir. - dans la forêt, quand je t’ai fait mes adieux …J’ai bien vu que tu ne renoncerais pas à moi. Je ne voulais pas agir ainsi, j’avais le sentiment que ça me tuerait, mais je savais aussi que si je n’arrivais pas à te persuader que je ne t’aimais plus, tu ne tarderais que plus à poursuivre le fil de ton existence. J’espérais que si tu pensais que moi, j’étais passé à autre chose, ce serait plus facile. - la rupture brutale …Marmonna-t-elle visiblement plus attentive à mes révélations à présent - Oui. Et pourtant, je n’avais pas songé que ce serait aussi simple ! Je m’étais dit que ce serait impossible, que tu serais tellement sûre de la vérité que je serais contraint de mentir comme un arracheur de dents pendant des heures afin de semer le doute en toi. J’ai menti, et je le regrette. Je suis désolée de t’avoir blessée, et je le suis parce que cela n’a servi à rien. Je suis navré de n’avoir pu te protéger de ce que je suis. J’ai menti pour te sauver, et ça n’a pas marché. Excuse-moi. En même temps, comment as-tu pu me croire ? Après les milliers de fois où j’avais dit t’aimer, comment as-tu pu laisser un mot briser la foi que tu avais en moi ? J’étais inquiet, Bella ne réagissait toujours pas à mes paroles …elle ne me croyait toujours pas. - j’ai lu dans tes yeux que tu pensais profondément que je ne voulais plus de toi. La chose la plus absurde, la plus ridicule qui soit. Comme si je pouvais exister sans toi ! J’étais entrain de lui avouer tout mon amour pour elle mais elle restait toujours prostrée, à ne rien dire. Je la secouais une nouvelle fois pour la faire réagir, jouait-elle la comédie où était-elle sous le choc et l’émotion de mes propos. - Voyons, Bella ! A quoi penses-tu ? Lui demandais-je d’une voix teinté d’inquiétude Elle se mit à pleurer et de grosses larmes coulèrent le long de ses joues. Je ne savais pas encore si c’était des larmes de joie ou d’adieux mais je n’allais pas tarder à le savoir car je n’en pouvais plus de guetter sa moindre réaction. - Tu es insupportable ! Riais-je nerveusement pour conserver un peu de contenance De quelle façon faut-il que je m’exprime pour que tu me croies ? Tu ne dors pas, tu n’es pas morte non plus. Je suis bien là et je t’aime. Je t’ai toujours aimée et je t’aimerai toujours. J’ai pensé à toi, j’ai imaginé tes traits durant chaque seconde de mon absence. Quand je t’ai dit que je ne voulais plus de toi, c’était le pire des blasphèmes. Elle secoua juste le menton en guise d’assentiment … Je paniquais car je venais de lui déclarer mon amour et elle ne réagissait toujours pas. J’avais envie de la prendre dans mes bras pour lui témoigner tout ce qu’elle provoquait sur moi, je n’en pouvais plus d’être si proche d’elle alors qu’elle ne me croyait pas. - tu penses que je mens encore, hein ? Pourquoi arrives-tu à croire le mensonge et pas la vérité ? - ton amour pour moi n’a jamais eu de sens … je l’ai toujours su. Lâcha-t-elle d’une voix brisée - je vais te prouver que tu es éveillée, ripostais-je agacé Je pris son menton entre mes mains malgré sa réticence. Cette dernière me perturbait du reste car elle pouvait signifiait tant de choses … - s’il te plait, non … Me supplia-t-elle en détournant la tête Mes lèvres s’arrêtèrent à deux centimètres des siennes quelque peu choqué. Elle ne s’était jamais dérobé face à mes baisers au contraire c’était plutôt elle qui prenait les initiatives. - pourquoi ? - quand je reviendrai à moi … d’accord quand tu me quitteras de nouveau … se corrigea-t-elle en voyant mon désaccord, j’aurai assez de mal sans cela. Je me reculais aussitôt, peiné par son refus et effrayé aussi. Une fois encore je ne pouvais pas l’embrasser … que cela signifiait-il ? Elle en aimait un autre et du coup je ne pouvais plus la toucher. J’étais perdu et je mourrai envie de comprendre … - hier, quand je t’ai touchée, tu t’es montrée si … hésitante, retenue et pourtant la même. Pourquoi ? Est-ce que j’arrive trop tard ? Parce que je t’ai blessée ? Parce que tu es passée à autre chose, comme je te le souhaitais ? Ce serait …(invivable, intolérable, impossible pour moi mais …) légitime et je ne contesterais pas ta décision. Alors, s’il te plaît, ne m’épargne pas. Dis-moi juste maintenant si tu peux encore m’aimer ou non, malgré tout ce que je t’ai imposé. Dis- moi … - tu parles d’une question idiote … - réponds-y. S’il te plaît. Elle me fixa longuement avec un air peu aimable mais murmura enfin ce que je désirais entendre depuis nos retrouvailles : - je ressentirai toujours la même chose pour toi. Bien sûr que je t’aime, tu n’y changeras rien. - c’est tout ce que j’avais besoin d’entendre … La remerciais-je, heureux d’enfin connaître ses sentiments à mon égard. Soulagé d’un poids énorme car elle m’aimait toujours … Je ne pouvais plus résister à l’envie de l’embrasser. Mes lèvres se plaquèrent avidement sur les siennes. Mes mains parcoururent son corps tandis que les siennes redécouvraient mon visage. Elle me rendit mon baiser avec la même intensité, avec la même fièvre qui l’habitait avant. J’avais retrouvé ma Bella au travers de ce baiser. Son cœur battait la chamade. J’étais comblé de retrouver son corps, ses lèvres que je ne cessais de répéter son prénom pendant les rares moments où Bella avait besoin de reprendre sa respiration. Je n’avais jamais été aussi heureux qu’à cet instant. Bella avait visiblement besoin de se reposer un moment, je m’étais peut être trop laissé emporté par mon désir pour elle. J’avais oublié qu’elle restait fragile et qu’un seul geste un peu trop passionné pourrait avoir de graves conséquences. Pendant que ma belle retrouvait son souffle, je posais délicatement mon oreille sur son cœur juste pour le bonheur de l’entendre battre pour moi. - à propos … je n’ai pas l’intention de te quitter … Elle ne répondit pas … Fallait-il encore lui prouver mon amour ? Elle n’était encore sûre de rien. Comment pouvais-je lui en vouloir du reste, des baisers aussi intenses soient-ils n'étaient pas nécessairement une preuve absolue que je lui disais la vérité. Je plongeais mes yeux dans les siens et repris de nouveau : - je ne partirai nulle part sans toi. Je m’en suis allé uniquement parce que je voulais que tu aies la chance de vivre une existence normale et humaine. L’effet que j’avais sur toit était catastrophique. Je te mettais en danger, je t’arrachais au monde qui est le tien, je risquais ta vie à chaque instant. Cela devait cesser, et le seul moyen était que je te délaisse. Si je n’avais pas pensé que tu serais mieux sans moi, je ne me serais jamais éloigné. Je suis bien trop égoïste. Toi seule pouvais être plus importante que mes désirs … mes besoins. Or, je désire et j’ai besoin d’être avec toi. Je sais que je n’aurai plus la force de repartir. J’ai trop d’excuses pour rester, Dieu merci ! Apparemment, tu n’es pas fichue de rester en sécurité que je sois près ou loin de toi. - pas de promesse, s’il te plait … Elle était totalement incroyable et têtue comme une mule …elle ne voulait toujours pas y croire. Je sentais un brin de colère montait en moi. - penses-tu que je mente ? - Non ! Objecta-t-elle. Tu es sans doute sincère… maintenant. Mais demain, quand tu repenseras à toutes les raisons qui t’ont poussé à fuir ? Ou le mois prochain, quand Jasper n’arrivera pas à se maitriser ? Cette dernière remarque me fit tressaillir mais tout avait changé depuis et je revivais ce moment d’une autre façon, même Jasper était différent. - tu as longtemps mûri ta décision de t’en aller, hein ? A l’époque ? reprit-elle Tu finiras par faire ce que tu estimes bien. - je n’ai pas autant de détermination que tu m’en prêtes. Le bien et le mal ont perdu de leur signification pour moi. Je revenais vers toi, de toute façon. Avant que Rosalie lâche la nouvelle, j’avais déjà dépassé l’idée d’essayer de vivre au jour le jour, même. Chaque heure était un combat. Ce n’était plus qu’une question de temps et j’aurais cogné à ta fenêtre en te suppliant de me reprendre. Si tu le veux, je suis prêt à te supplier à présent. - sois sérieux. - je le suis ! M’énervais-je. Voudrais-tu s’il te plait me faire le plaisir d’écouter ce que je m’efforce de te dire ? Autorise-moi à t’expliquer ce que tu représentes pour moi. Je m’interrompis un court instant pour être certain d’avoir toute son attention. - avant toi, Bella, ma vie était une nuit sans lune. Très noire, même s’il y avait des étoiles, des points de lumière ou de raison … Et puis, tout à coup, tu as traversé mon ciel comme un météore. Soudain tout brûlait, tout brillait, tout était beau. Quand tu as disparu, quand le météore est tombé derrière l’horizon, tout s’est de nouveau assombri. Rien n’avait changé, sauf que mes yeux avaient été aveuglés par la lumière. Je ne distinguais plus les étoiles et la raison ne signifiait plus rien. - tes yeux s’ajusteront à l’obscurité …Marmonna-t-elle - Ils n’y arrivent pas, c’est bien ça le problème. - à quoi te servent tes fameuses distractions, hein ? Je fus pris d’un rire sans joie, la nervosité avait repris le dessus, je pensais avoir réussi à convaincre Bella mais ce n’était pas encore suffisant, semblait-il. Elle avait étrangement bien retenu mes mensonges tant et si bien qu’elle n’était plus capable d’écouter la vérité. Il m’avait été très facile de lui mentir mais cela s’avérait terriblement compliqué pour rétablir la pure vérité. Je devais me résigner, je l’avais trahi, son pardon allait prendre du temps mais j’allais parvenir à lui prouver que je l’aimais plus que tout … j’y arriverai. - elles sont juste un élément du mensonge. Rien n’est venu me distraire de … de mon agonie. Mon cœur n’a pas battu en presque quatre vingt dix ans, mais là, c’était différent. C’était comme s’il m’avait été arraché, comme si j’étais vide. Comme si tout ce que j’avais en moi était resté avec toi. - c’est drôle. - drôle ? M’étonnais-je - étrange. Je pensais que ce phénomène n’affectait que moi. Parce que moi aussi je me suis éparpillée en mille morceaux. Voilà longtemps que je n’ai pas réussi à respirer à fond. Elle emplit au même instant ces poumons comme si elle réapprenait à respirer. Si respirer avait été une nécessité pour moi, j’aurai réagi de la même manière car je commençais à en comprendre la symbolique. Bella avait envie de me croire. Son espoir, lui donner envie de respirer et de vivre de nouveau mais seulement grâce à la promesse de me savoir pour toujours à ses côtés … que je ne l’abandonnerai plus jamais. Puis elle reprit : - Quant à mon cœur j’ai bien cru qu’il était définitivement perdu. Cette lueur d’espoir me rassurait, j’avais maintenant une chance qu’elle puisse me croire et j’en étais un peu soulagé. C’était déjà un début … Pour confirmer ce bonheur naissant, je reposais mon oreille contre son sein puis je fermais les yeux au son de la douce mélodie de son cœur. En même temps, Bella enfouit ses joues dans mes cheveux ce qui me procura une sensation très agréable, un frisson de plaisir parcoura tout mon corps. - la traque n’a donc pas constitué une grosse distraction ? Me demanda-t-elle J’étais heureux que sa curiosité resurgisse, c’était bon signe … son intérêt à mon égard témoignait de son envie de me croire. - non … soupirais-je. De plus, ça n’a jamais été une distraction, rien qu’une nécessité. Et encore le mot nécessité n’était pas assez fort pour décrire ce que cette traque avait représenté pour moi. Une survie … plutôt, c’était celui là, le mot le plus approprié. C’était cette course après Victoria qui m’avait obligé à tenter de continuer mon existence. - qu’est-ce que ça signifie ? - que, même si je ne m’étais pas attendu à ce que Victoria représente un quelconque danger, il était hors de question que je la laisse …(te tuer allais-je dire, mais si les loups ne l’avaient pas éloignée, elle y serait parvenue à cause de mon lamentable échec). Comme j’ai dit, j’ai été nul. Je l’ai pourchassé jusqu’au Texas, puis je me suis laissé détourner par une fausse piste qui m’a amené au Brésil, alors qu’en réalité elle revenait ici. Je n’étais même pas sur le bon continent ! Pendant ce temps, mon pire cauchemar … - tu as traqué Victoria ? S’exclama-t-elle étrangement surprise A quoi aurais-je pu occuper mon temps à part me terrer dans un trou ou traquer cette meurtrière. Bella avait tellement cru mes mensonges qu’elle avait du m’imaginer au bras de je ne sais quelle femme ou autre chose du même genre. Elle devait du penser que j'étais heureux loin d'elle. Elle s’était persuadée que j’étais parti car je m’étais lassé d’elle et que j’avais tourné la page d’un trait. Elle était apparemment très loin de s’imaginer que j’ai pu poursuivre Victoria dans le but de la protéger. - pas très brillamment. Ne t’inquiète pas, désormais, je me débrouillerai mieux. Elle contaminera plus l’air en le respirant très longtemps. Je comptais bien réparer mon erreur et je réglerais son compte à Victoria. Je ne pouvais pas laisser ce danger planer une fois de plus au dessus de la tête de Bella. - c’est … exclu !! Bredouilla-t-elle - pour elle, c’est trop tard. Si elle m’a échappé, une première fois, plus maintenant, pas après que … - Ne viens-tu pas de me jurer que tu ne m’abandonnerais plus ? Me coupa-t-elle aussitôt Voilà qui n’est pas franchement compatible avec une expédition de chasse, non ? Un grondement sourd monta du fond de ma gorge, signe d’un énervement certain. Elle faisait mine de ne pas me croire il y a peu et voilà qu’elle me renvoyait mes propos en pleine figure. Elle avait l’art de me faire tourner en bourrique ! Toutefois, je ne changerais pas d’avis, cette meurtrière restait une priorité. - je tiendrai ma promesse, Bella. Mais Victoria doit mourir. Très vite ! - inutile de se précipiter …Objecta-t-elle. Elle ne reviendra peut-être pas. Jake l’a sans doute effrayée définitivement. Il n’y a aucune raison de la pourchasser. De plus, j’ai un problème plus important sur les bras qu’elle. De quoi pouvait-elle parler ? Quelles étaient nos autres ennemis ? Qui pouvait-elle craindre au point de penser que Victoria n’était pas une priorité. Ceux que je ne connaissais pas encore apparemment … - c’est vrai …Admis-je. Les loups-garous. - je ne parlais pas de Jacob, râla-t-elle. Ce à quoi je pense dépasse largement une poignée de jeunes animaux qui se fourrent dans toutes sortes d’ennuis. Elle était visiblement amie avec ces chiens et plus particulièrement avec ce Jacob. Je n’aimais pas beaucoup ça … J’aurai aimé lui dire mais à quoi bon, ce n’était pas le meilleur moment. Mes dents claquèrent instinctivement en signe de protestation et je tentais du coup, une autre piste : - vraiment ? Alors est ce fameux problème ? Qu’est-ce qui te donne l’impression que le retour de Victoria serait de la petite bière, en comparaison ? - très bien, disons alors qu’il ne viendrait qu’en deuxième position dans l’ordre de mes soucis. - mouais … Acquiesçais-je soupçonneux. Je commençais à comprendre à qui elle faisait allusion. Elle osait y songer comme je l’avais crains. - Il y a ceux qui ne manqueront pas de venir me chercher. Je ne pu retenir un soupir … de soulagement car sa peur n’était pas correctement fondée mais par contre elle tout à fait maitrisable pour moi. Je pouvais ainsi aisément la rassurer. - les Volturi ne sont pas le premier de tes soucis ? - ça n’a pas l’air de te bouleverser beaucoup. - Nous avons amplement le loisir d’y réfléchir …répondit-je calmement. Le temps a une tout autre signification pour eux comme pour toi et même moi. Ils comptent les années comme toi les jours. Je ne serais pas surpris que tu aies trente ans avant qu’ils ne se souviennent de toi. Bella eut aussitôt les yeux inondés de larmes. - n’aie pas peur … je les empêcherai de te faire du mal. - tant que tu seras là ! Répliqua-t-elle Encore et toujours ses doutes … me referait-elle confiance un jour ? Je pris son doux visage entre mes paumes et lui jura : - je ne te quitterai plus jamais … - mais tu as parlé de trente ans ! Gémit-elle en laissant couler ses larmes. Ça veut dire quoi ? Que tu vas rester mais que tu me laisseras vieillir ? C’est ça ? - Exactement ! Répondis-je. Je n’ai pas le choix. Je ne peux pas vivre sans toi et je refuse de te priver de ton âme. En lui disant cela je lui cachais volontairement mes réelles motivations car elles étaient tout autre depuis ma rencontre avec Carol. Cette dernière avait réussi à me prouver qu'il était effectivement possible que je puisse avoir une âme comme beaucoup d'êtres surnaturels voilà pourquoi l'argument de l'âme de Bella ne tenait plus. Ce serait plus celui de lui ôter la vie alors qu'elle avait encore plein de choses à vivre. L'imaginer en monstre sanguinaire était vraiment difficile pour moi. Je n’étais pas encore prêt à voir Bella transformée en nouveau né. Nous avions encore du temps devant nous pour cela et elle méritait encore de vivre et d’accomplir sa vie. - Est-ce vraiment … - oui ? - qu’en sera-t-il lorsque je serai si vieille qu’on me prendra pour ta mère ? - je m’en fiche … Lui murmurais-je en séchant ses larmes avec mes baisers. Elles avaient un léger goût salé étonnamment appétissant. Tu seras toujours la plus belle créature de mon univers. Bien sûr, si tu …mûrissais plus que moi, si tu exigeais plus, je le comprendrais. Et je te promets que je ne m’opposerais pas à ce que tu me quittes. C’était prendre un énorme risque mais j’étais prêt à le courir si cela m’assurait son bonheur. Elle était en droit d’attendre autre chose, d’aimer, de découvrir le plaisir charnel que je ne pourrais malheureusement jamais lui accorder tant qu'elle serait humaine. - tu te rends compte que je finirai par mourir, n’est-ce pas ? - je te suivrai dans la tombe aussi vite que possible. - tu es complètement cinglé. - Bella ! C’est notre seule manière de … Rester ensemble allais-je dire mais Bella m’avait coupé et s’emportait littéralement - faisons machine arrière un instant ! Tu n’as quand même pas oublié les Volturi ? Je n’ai pas le droit de rester humaine. Ils me tueront. Même s’ils ne songent pas à moi avant que j’ai trente ans, tu crois vraiment qu’ils me laisseront passer à travers les mailles du filet ? - Non … Admis-je mais … - mais ? - j’ai quelques plans en réserve … Fanfaronnais-je - et ces plans tournent autour d’une idée centrale, me garder humaine ? Me lança-t-elle sur un ton acide - évidemment ! M’emportais-je à mon tour Nous restâmes un long moment à nous affronter du regard. Elle inspira profondément et repoussa mes bras de manière à pouvoir s’asseoir. - souhaites-tu que je m'en aille ? Lui demandais-je L'idée qu'elle puisse me dire de partir était très douloureuse mais lui imposer ma présence n'aiderait en rien à me faire pardonner. - Non … C'est moi qui m'en vais ! Lança-t-elle S'en aller mais pour aller où à cette heure de la nuit ? Quelle idée pouvait-il encore lui passer par la tête ? J'avais quelque peu oublié l'espièglerie de ma bien aimée. Elle me déroutait toujours autant. Bella était en train de chercher tant bien que mal ses chaussures dans l'obscurité de sa chambre. - puis-je me permettre de te demander où tu vas ? - chez toi ! Chez moi ?? Mais pour quoi faire ? Elle m'intriguait une nouvelle fois. Pour lui épargner toute bosse ou bleu en effectuant ses recherches, je lui tendis ce qu'elle cherchait en me levant de son lit. - tiens, les voici. On peut savoir comment tu as l'intention de t'y rendre ? - avec la Chevrolet. Lança-t-elle tout naturellement - ça risque de réveiller Charlie … Tentais-je de la dissuader - je sais. Honnêtement je m'en moque. Il va déjà me punir pendant des semaines alors … - non. C'est à moi qu'il en veut. - tu as une meilleure idée ? Je suis toute ouïe ! - reste ici ! Lui répondis-je comme une évidence - des clous ! Mais je t'en prie, pars devant. Elle se dirigea vers la porte si bien que je du me poster devant elle pour lui bloquer le passage. Furieuse, elle se tourna vers la fenêtre … Elle était bien capable de sauter s'il le fallait. Je ne devais pas prendre ce risque cela n'était pas prudent et puis il n'y avait rien de mal à l'emmener voir ma famille. Du moins, je le pensais … - Très bien … je t'y emmène ! Grondais-je résigné - A ta guise. De toute façon il vaudrait mieux que tu sois là-bas également. - Pourquoi donc ? Lui demandais-je intrigué - Parce que tu es une vraie tête de mule. Au passage, conseil d'amie, tu devrais apprendre à t'ouvrir l'esprit. - Sur quoi ? - Cette histoire n'est plus de ton ressort. Tu n'es pas le centre du monde, tu sais ? Si tu dois attirer les Volturi dans les parages parce que tu refuses bêtement de me transformer, il me semble que ta famille a le droit de dire son mot. - Son mot sur quoi ? Lui demandais-je sur un ton peu amène, sentant la colère monter en moi Je savais qu'elle se servirait de ce prétexte mais je ne me doutais pas qu'elle l'utiliserait à ce point là ! - Ma mortalité. Je vais la mettre au vote ! Conclua-t-elle victorieuse
Chapitre 24 : Le vote
Dire que je n'étais pas content serait un euphémisme … j'étais dans une colère noire que Bella veuille faire intervenir ma famille dans cette histoire. Cela dit, elle n'avait pas tout à fait tort, notre histoire impliquait tout le monde surtout maintenant que j'avais ouvertement déclaré que je ne pouvais plus vivre sans elle. C'était plutôt la manière dont elle allait si prendre qui me déplaisait le plus car on aurait peu régler cela tout autrement en prenant une décision plus posée et réfléchie … c'était compter sans Bella ! Je la pris dans mes bras et je sautais par la fenêtre. La colère avait complètement estompé ma fatigue, mes forces étaient revenues d'elles mêmes sous l'effet de l'adrénaline. Nous étions maintenant sur la terre ferme devant chez elle … - Allez, grimpe sur mon dos … Lui lâchais-je rageur Sitôt installée, je me mis à courir. Rapidement nous nous enfonçâmes dans la forêt sombre et silencieuse. Celle là même qui m'avait tant manquée … elle n'existait nulle part ailleurs. Aucun endroit au monde ne valait cette région constamment humide et parfois inhospitalière car c'était désormais ici que mon coeur était accroché et pour l'éternité. Ma colère s'estompa au fur et à mesure que je progressais en direction de ma maison. Je ne pouvais résolument pas lui en vouloir, nous avions été trop longtemps séparés pour prendre le risque de l'être une nouvelle fois et sans doute définitivement si je persistais dans ma bêtise. C'était si agréable de sentir sa chaleur irradier mon corps … elle avait lové son menton dans le creux de mon épaule et collé sa joue contre mon cou. Elle déposa ses lèvres douces et tièdes sur ma joue. Cette tendresse finit de me radoucir. Je ne pourrai jamais lui résister, je l'aimais bien trop pour cela. - Merci … Dois-je comprendre que tu as décidé que tu étais bien éveillée ? Elle accueillit ma question par un rire franc et naturel. - Pas vraiment. Répondit-elle D'ailleurs, je n'essaie pas de me réveiller. Pas cette nuit. - Un jour ou l'autre, je regagnerai ta confiance … Murmurais-je peiné. Même si cela doit être ma dernière action - J'ai confiance en toi. M'affirma-t-elle. C'est en moi que je ne crois pas. - Pardon ? Instantanément j'avais ralenti ma course pour me mettre à marcher, mon cerveau avait mal assimilé cette dernière phrase. Aussitôt Bella tenta de s'expliquer : - Eh bien … disons que je ne suis pas sûre d'être à la hauteur. De te mériter. Rien en moi ne devrait être capable de te retenir. Sur le coup de ses paroles, je m'étais arrêté pour déposer Bella au sol. Je la pris dans mes bras tout contre moi. Après avoir longuement hésité à me croire voilà qu'elle se mettait à douter d'elle même. Je l'avais bel et bien anéantie par mon absence, elle avait été ébranlée au point de douter de tout. Quel beau gâchis ! J'emploierai dorénavant tout mon temps à regagner sa confiance et retrouver la sienne. - Ton emprise sur moi est définitive et incassable … N'en doute jamais. Murmurais-je en caressant sa joie du dos de ma main N'en doute plus jamais aurais-je du insister. - Tu ne m'as toujours pas dit … - Quoi ? - Quel est ton plus grand souci. - Devine ! Rétorqua-t-elle en caressant mon nez du bout du doigt Je savais déjà ce qu'elle pensait de Victoria, des loups garous et des Volturi … il ne restait plus qu'une seule réponse possible que je pris comme un coup d'épée dans le coeur. - Je suis pire que les Volturi … finis-je par lâcher douloureusement. J'imagine que j'ai mérité cela. Je l'avais mérité en effet, être le grand souci de Bella était la plus éprouvante et difficile conséquence de toutes mes erreurs. - Le pire que les Volturi puissent faire, c'est me tuer. Toi, tu as le loisir de me quitter. En comparaison, les Volturi, Victoria … ce n'est rien. Mon départ et mes mensonges avaient sérieusement ébranlé la confiance que Bella me portait. C'était atroce de penser qu'elle puisse douter de moi … J'étais véritablement abattu et je n'arrivais pas à lui cacher. - Ne sois pas triste … Chuchota-t-elle affectueusement en effleurant mon visage - Si j'avais le moyen de te convaincre que je ne t'abandonnerai jamais ! J'imagine qu'il ne reste plus qu'à compter sur l'œuvre du temps, pour ça. - D'accord … Acquiesça-t-elle visiblement séduite par ma proposition Cela ne soulageait en rien ma peine mais si cela pouvait lui redonner le sourire et bien je m'en contenterai. - Puisque tu restes me rendras-tu mes affaires ? Me demanda-t-elle d'une telle manière qu'elle tentait là, de me faire sourire à mon tour Je ne pus me retenir de rire tellement je la voyais arriver avec ses gros sabots mais elle était touchante … elle ne supportait pas de me voir triste et cela comptait énormément pour moi. - Elles sont toujours chez toi. Je t'avais promis la paix et l'oubli et ça n'a pas été très fair-play de ma part, c'était infantile et idiot même, mais je voulais laisser une trace de moi. Le CD, les photos, les billets d'avion sont ta chambre, sous une latte du plancher. Une part de moi même à cette période, avait espéré qu'un jour elle puisse les retrouver pour peut être me recontacter. Je n'avais pu me résoudre à détruire tous ces souvenirs de notre bonheur à deux et j'avais bien fait. Il n'y avait pas de quoi être fier de moi car cela avait contribué à la faire souffrir de les avoir caché … J'avais décidément été bien mauvais dans ma tentative de séparation. - Quoi ? S'exclama-t-elle visiblement ravie par cette nouvelle - J'ai le sentiment … reprit-elle, bien que je n'en sois pas certaine, que je m'en doutais depuis le début. - De quoi donc ? Lui demandais-je véritablement intrigué - Une part de moi, mon subconscient peut-être, n'a jamais cessé de croire que tu ne te fichais pas entièrement que je vive ou meure. C'est sûrement pourquoi j'entendais ces voix. Il y eut un court silence car l'évocation de ces voix me rappelait étrangement quelque chose, j'avais besoin d'en savoir un peu plus avant d'en conclure quoique ce soit. - Des voix ? L'interrogeais-je - Juste la tienne. Ce serait un peu long à raconter. Soudainement cette révélation m'inquiétait quelque peu comme si je redoutais que Bella ne soit devenue folle à son tour comme moi je l'étais devenu … - J'ai du temps à revendre !! L'encourageais-je à tout me raconter - C'est assez minable. Je patientais en attendant ses explications qui promettaient d'être des plus intéressantes. J'étais entrain de réaliser que Bella et moi avions sans doute vécut des expériences similaires pour nous permettre de supporter notre douleur, notre manque mutuel. - Tu te souviens de ce qu'Alice a dit des sports extrêmes ? - Tu as sauté d'une falaise pour t'amuser. - Euh … oui. Avant ça, il y a eu la moto … - Plait-il ? Je comprenais mieux maintenant les allers/retours à l'hôpital, elle avait du adorer la moto en à juger le nombre de fois où elle avait terminé aux urgences. Je n'appréciais pas qu'elle ait prit autant de risques surtout qu'Alice ne me l'avait pas montré dans sa vision retraçant les innombrables péripéties de Bella en mon absence. - Ah. Il faut croire qu'Alice ne t'a pas mis au courant. - En effet - Eh bien … figure-toi que j'ai découvert que … quand je me mettais dans une situation dangereuse ou stupide, mes souvenirs de toi étaient plus clairs …Avoua-t-elle. Je me rappelais ta voix quant tu étais en colère, je l'entendais comme si tu t'étais tenu juste à côté de moi. En général, je m'efforçais de ne pas penser à toi, mais ça, ça n'était pas trop douloureux. Comme si tu ne voulais pas que j'aie mal. Et je me demande si la raison pour laquelle j'arrivais à te percevoir aussi clairement n'était pas, malgré les apparences, que j'avais toujours su que tu n'avais jamais cessé de m'aimer … - Tu … tu as risqué … ta vie pour … m'entendre ? Bégayais-je Ce nombre incalculable de chutes à motos était du à son abus de visions auditives … juste pour avoir le bonheur d'entendre ma voix. Elle comme moi n'avions jamais cessé de nous aimer et nos expériences quelque peu surnaturelles étaient là pour en témoigner. J'étais heureux, comblé par cette incroyable découverte, je voulais lui faire part de mon ami mais elle ne m'en laissa pas le temps … - Chut ! Une seconde. Il me semble que je suis en train d'avoir une révélation, là !! - Oh !! Reprit-elle - Bella ? - Oh ! D'accord ! Je vois. - C'est ta révélation ? - Tu m'aimes !! S'émerveilla-t-elle Cette judicieuse remarque me fit sourire, celle que j'attendais depuis le début, celle que je redoutais de ne plus entendre dans sa bouche faute de pouvoir lui prouver. - Oui, je t'aime. Lui confirmais-je très solennellement Elle était si belle, si radieuse à cet instant précis … je pris son visage entre mes mains et je l'embrassais avec toute la tendresse, la passion et l'amour que j'éprouvais pour elle. Puis je posais mon front contre le sien pour savourer ce moment de bonheur et d'infini soulagement. J'avais très envie de lui faire partager mon incroyable expérience aussi, histoire de définitivement la convaincre que je n'avais jamais cessé de l'aimer, si j'en avais encore besoin. - tu as été meilleure que moi, à ce petit jeu … - quel jeu ? - survivre. Toi, au moins, tu as fait des efforts. Tu t'es levée le matin, as essayé de te comporter normalement avec Charlie, tu as suivi le canevas bien ordonné de ton existence. Moi, quand je ne partais pas en chasse, j'étais complètement … bon à rien. Je ne pouvais pas être en compagnie des miens, de personne. A ma grande honte, je suis obligé d'avouer que je me suis plus ou moins roulé en boule en laissant le chagrin me ballotter de toutes parts. C'était autrement plus minable que d'entendre des voix. - une voix ! Me corrigea-t-elle Elle me fit rire car cette précision avait effectivement son importance d'autant plus que cela me confirmait qu'elle comprendrait certainement ce que je m'apprêtais à lui révéler. - Bella … je comprends parfaitement ce que tu as pu vivre … car j'ai vécu une expérience similaire … Je m'arrêtais de parler volontairement pour guetter sa réaction - Ah bon ?! S'exclama-t-elle surprise - J'avais conservé depuis notre première conversation à la cantine, le bouchon de la bouteille d'eau minérale qui tu avais bu ce jour là. Je l’avais gardé précieusement depuis, en souvenir de cette journée qui marquait les prémices de notre relation… Lorsque je suis parti, je l'avais dans ma poche et le savoir près de moi me donner l'impression de t'avoir encore à mes côtés. Puis un jour, ne supportant plus de ne pas te voir, je l'ai serré si fortement dans ma main que quelque chose de fabuleux s'est produit. Tu m'es apparue tel un ange devant moi … en l'espace de quelques secondes je pouvais de nouveau te sentir, te voir ou te toucher. C'est un vulgaire bout de plastique qui m'a permit de ne pas trop rapidement sombré. J'avais le sentiment de devenir fou mais je m'en moquais tant qu'il comblait l'énorme manque que je ressentais … Elle me fixait complètement subjuguée par ce que je venais de lui dévoiler. Elle comprenait à présent que je ne lui mentais plus en lui affirmant que je n'avais jamais cessé de l'aimer. Elle devait se douter que je n’aurai jamais pu inventer une histoire pareille, cela ne pouvait qu’être vrai ! J'avais visiblement fini de la convaincre et conforter sa révélation. - Oh … Lâcha-t-elle sans pouvoir prononcer aucun autre mot. Puis son insatiable curiosité reprit tout de même le dessous : - Et tu l’as encore sur toi ? Puis-je le voir ? Me demanda-t-elle curieuse - Malheureusement je l’ai perdu …c’est d’ailleurs cette perte qui a accentué mon envie de me terrer …car sans son aide j’étais encore moins capable d’exister … Je ressaierais un peu plus fort mon étreinte pour la sentir encore plus proche de moi, ravi de lui avoir fait partager une des incroyables expériences que j’avais pu vivre pendant notre séparation. Elle n'osa pas me poser d'autres questions, elle semblait définitivement convaincue de ma sincérité et de mon irrévocable amour. Il était temps de repartir et la maison n’était plus très loin, nous pouvions continuer à pied. - Tu sais avec ça, je me borne à te faire plaisir … Lui dis-je en désignant notre demeure un peu plus loin devant nous. Ce qu’ils diront ne comptera pas. - Ils sont aussi concernés que toi. Me réaffirma-t-elle C’était ce qu’elle pensait mais j’étais convaincu que ma famille ne prendrait pas partie dans notre histoire. Carlisle me laisserait décider seul comme cela avait toujours été le cas jusqu’ici et il n’y avait pas de raison que cela change … du moins je le pensais. Nous arrivions devant le porche de la maison où Esmée était en train de s’affairer. Elle avait une truelle à la main et s’occupait de réparer les vitres de notre porte d’entrée. Elles avaient été visiblement brisées mais j’en ignorais encore la raison et à priori, je n’allais pas tarder à le savoir à en juger les pensées de ma mère qui pestait intérieurement à mon sujet. Pendant que nous montions les marches, Bella me demanda avec une pointe d’espoir dans la voix : - tout le monde est là ? - oui, ils sont tous là. Lui confirmais-je Une fois devant Esmée, Bella eut l’air mal à l’aise, gênée même. Etait-elle au courant de ce qui avait causé ces dégâts ? - Oh, désolée Esmée ! Je suis réellement désolée pour la fenêtre ! J’étais en train de … - Ne t’inquiète pas pour ça Bella … L’interrompit-elle en riant. Alice m’a raconté l’histoire et je dois t’avouer que je ne peux pas t’en vouloir d’avoir agi de cette manière. La rassura ma mère tout en me fusillant du regard. J’eu accès à ses pensées où elle me reprochait d’avoir tenté d’interférer dans la vie de Bella d’une manière aussi éhontée. Agacée par les envois d’argent de Isaac causés par la fermeture de son compte et ne pouvant se résoudre à brûler une telle somme d’argent, Bella avait préféré nous les restituer mais la seule adresse quelle connaissait était celle-ci. La porte cassée était apparemment encore une preuve malencontreuse de la gaucherie maladive et du degré de colère qui habitait ma bien-aimée. Cette histoire de bourse avait pris des proportions insoupçonnées et tout le monde en avait déduit que j’en étais bel et bien l’investigateur. A quoi bon leur confirmer ou leur démentir, je laissais planer le doute espérant que tout cela se tasserait rapidement. Nous entrâmes donc dans la maison où tout avait déjà était rangé, dépoussiérait par Esmée en un temps record puis chacun avait repris possession de ses lieux. Carlisle s’était réfugié dans son bureau, Rosalie dans le garage où elle bichonnait ses voitures, Emmett était en train de jouer à la dernière console à la mode dans sa chambre, tel le vrai gamin qui l’était et enfin Alice et Jasper, isolés tous les deux, tout à la joie de leurs retrouvailles. Je n’eus presque pas à les appeler puisque chacun avait déjà détecté la présence de Bella car même si son sang ne me procurait plus les mêmes pulsions destructrices, ce dernier restait toujours appétissant et facilement détectable pour tous les membres de ma famille. Carlisle fut le premier à nous rejoindre et vint rapidement à la rencontre de Bella : - Bienvenue Bella ! Que pouvons-nous pour toi ce matin ? Vu l’heure, j’imagine qu’il ne s’agit pas d’une simple visite de courtoisie ? Lui demanda-t-il amicalement - j’aimerai parler à tout le monde en même temps, si ça vous convient. C’est important. Mon père me dévisagea curieux, ne comprenant pas les raisons de notre venue nocturne si impromptue. Il ne soupçonnait rien apparemment et risquait d’être surpris mais accepta la requête de Bella. - naturellement. Installons- nous dans la pièce d’à côté. Il nous précéda pour nous conduire jusqu’à notre salle à manger, tout en prenant soin d’allumer toutes les lumières sur son passage afin de mettre en confiance Bella. Il redoutait que cet endroit ne lui rappelle de trop mauvais souvenirs. Carlisle tira une des huit chaises entourant notre imposante table et invita Bella à s’asseoir. Mon père s’assit à sa droite et moi à sa gauche puis le reste de ma famille arriva tranquillement, tous intrigués par ce conseil de famille un peu spécial. Une fois, tout le monde à sa place, Carlisle se tourna vers Bella : - la parole est à toi ! Je sentais que Bella était nerveuse, elle déglutit pour ce donner le courage de parler devant tous ces yeux qui la scrutaient d’étonnement. Je lui pris la main sous la table et lui caressa doucement pour l’encourager et lui manifestait mon soutien. J’appréhendais leurs réactions et espérait qu’ils ne prendraient pas de décision stupide même si je restais assez confiant quant à l’issu du vote. - bien … Se lança-t-elle. J’espère qu’Alice vous a tout raconté de ce qui s’est passé à Volterra ? - je n’ai rien omis ! Jura-t-elle - et ce que je t’ai confié en chemin ? - aussi. - parfait. Alors, nous sommes tous sur la même longueur d’onde. J’étais suspendu aux lèvres de Bella redoutant quelque peu que ma famille puisse consentir à approuver son entêtement. - bref, j’ai un problème … Reprit-elle. Alice a promis aux Volturi que je deviendrai l’une des vôtres. Ils comptent envoyer quelqu’un pour s’en assurer, et je suis à peu près certaine que ce n’est pas une bonne nouvelle, et qu’il vaudrait mieux l’éviter. Vous voici donc tous impliqué, et j’en suis désolée. Cependant, si vous ne voulez pas de moi pas de moi, je n’ai pas l’intention de m’imposer, quelle que soit la volonté d’Alice à ce sujet. Esmée ouvrit la bouche car elle voulait lui dire qu’elle faisait déjà partie de la famille mais Bella l’arrêta d’un geste. - laissez-moi terminer, s’il vous plait. Vous savez tous ce que je souhaite. Et je suis persuadée que vous êtes également au courant de ce qu’en pense Edward. J’en conclus que la seule façon juste de nous décider et de voter. Si vous choisissez de ne pas m’accueillir … j’imagine que je retournai seule en Italie. Il m’est impossible de les laisser approcher d’ici. Je grondais littéralement à l’évocation de cette dernière phrase. Bella et moi avions un autre point commun, la théâtralité !! Rien ne l’obligeait à retourner en Italie car les Volturi ne se soucieraient d’elle que d’ici quelques années ce qui nous laissait largement le temps d’appréhender les choses. Pourquoi voulait-elle alerter tout le monde sur une urgence qui ne l’était pas ? Je commençais à croire que cela représentait l’argument rêvait pour obtenir ce qu’elle me réclamait depuis très longtemps. Elle s’y accrochait et embobinait ma famille par la même occasion car je sentais que doucement elle parvenait à faire douter les miens. - sachant donc que, quoi qu’il arrive, je ne vous mettrai pas en danger, je vous demande de voter oui ou non à la proposition suivante : puis-je devenir un vampire ? Bella se tourna vers Carlisle en lui indiquant d’un geste de la main qu’il pouvait se prononcer. Sentant que ma famille risquait de me trahir, je devais tenter quelque chose … proposer une alternative. Je ne pouvais pas me résoudre à voir Bella obtenir ce qu’elle désirait aussi facilement, seulement en jouant sur la probable venue des Volturi. - une minute … Intervins-je Elle n’était visiblement pas très heureuse de me voir intervenir. Elle me toisait littéralement du regard. Je pris mon air le plus innocent possible et resserra un peu plus fort sa main dans la mienne comme pour lui faire comprendre que je savais parfaitement ce que je faisais. - je tiens à ajouter quelque chose avant que vous ne vous prononciez. Elle soupira mais n’y prêtant pas attention, je commençais à m’expliquer : - pour ce qui est du danger auquel fait allusion Bella, j’estime qu’il est inutile de s’angoisser outre mesure. J’avais un peu de mal à cacher mon excitation car je m’apprêtais à leur révéler ma botte secrète … une chose très importante que j’avais découverte chez les Volturi et que je n’avais encore raconté à personne, même pas à ma sœur. Je comptais leur dire un peu plus tard mais là, la situation m’obligeait à agir rapidement et contrer les plans de Bella du mieux que je le pouvais. Je comptais beaucoup sur ce plan pour gagner du temps et planifier la possible transformation de Bella dans bien plus longtemps qu’elle ne l’envisageait. - voyez-vous, ce n’est pas pour rien que j’ai refusé la poignée de main d’Aro à la fin de notre entretien. Ils n’ont pas pensé à tout, et je ne tenais pas à les mettre sur la voie. Lançais-je un sourire aux lèvres et satisfait de mon petit effet … - Et ? S’enquit Alice qui avait un peu de mal à me suivre pensant que dorénavant elle connaissait tout ce qu’il y avait à savoir sur les Volturi. - Les Volturi sont beaucoup trop sûrs d’eux, non sans raison. Quand ils veulent retrouver une personne, cela ne leur est jamais très difficile. Tu te rappelles Démétri ? (Dis-je à l’attention de Bella. Elle frémit à l’évocation de ce prénom et je supposais que la réponse était oui) Son talent est de mettre la main sur les gens, c’est pourquoi ils le gardent. J’avais d’ailleurs eu du mal à trouver le talent qu’il recelait. J’avais été bien trop importuné par Félix pour me concentrer sur Démétri mais par la suite quand il avait été question de faire du mal à Bella, je mettais un peu plus attarder sur chacun. - durant tout notre séjour là-bas, repris-je. J’ai scanné le cerveau de chacun afin d’y déceler ce qui pourrait nous sauver. C’est comme ça que j’ai vu la façon dont fonctionnait le don de Démétri. C’est un traqueur, un chasseur mille fois plus talentueux que l’était James. Ses aptitudes sont bien supérieures aux miennes et à ce qu’Aro lui-même est capable de faire. Il attrape la …saveur ? Je ne sais trop comment décrire ça …la teneur de l’esprit de sa proie et il la suit. Ca marche sur des distances inimaginables. Sauf qu’après la petite expérience d’Aro avec Bella … - tu penses qu’il ne sera pas en état de me localiser …Termina-t-elle à ma place - j’en suis sûr … Claironnais-je quelque peu, heureux de voir que Bella ait compris ma théorie. Il se repose entièrement sur ce sens-là. Quand il ne réussira pas avec toi, ils seront tous aveugles. - en quoi cela résout-il le problème ? M’interpella-t-elle - c’est évident ! Alice saura me prévenir de leur visite, je te cacherai, ils n’arriveront à rien …M’enthousiasmais-je littéralement, sûr de moi. Ce sera comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Bien joué ! Captais-je dans les pensées de mon frère Emmett qui semblait être le seul à partager ma vision des choses, semblait-il. Je ne pus m’empêcher de rire avec lui de notre complicité retrouvée. Il m’avait tant manqué que j’étais sincèrement heureux qu’il puisse accepter mon idée. - Il n’empêche qu’ils te trouveront, toi !! Rétorqua Bella, bien décidé à avoir le dernier mot. - Je sais me défendre … Me vexais-je quelque peu - génial, le plan ! Renchérit Emmett en rigolant Mon frère s’approcha de moi et nos mains s’entrechoquèrent en guise de connivence. - Non ! Siffla Rosalie mécontente - c’est hors de question ! Rajouta Bella trop heureuse de s’être trouvée une alliée - pas mal !! Approuva Jasper à l’idée de livrer quelques combats contre les Volturi - imbéciles ! Maugréa Alice, énervée par notre stupidité Esmée préféra ne rien dire mais le regard menaçant qu’elle venait de me lancer était très explicite et ne présageait rien de bon dans la suite du vote. Mes fanfaronnades n’allaient apparemment pas durer … Bella se redressa sur sa chaise, énervée elle aussi que j’ai réussi à captiver l’assemblée. - très bien, reprit-elle. Edward vous a suggéré une alternative. Votons. Elle se tourna vers moi et me demanda : - veux-tu de moi dans ta famille ? - pas comme ça … Répliquais-je conscient que la situation tournait en ma défaveur. Tu resteras humaine. M’entêtais-je Elle fit mine de ne pas être affectée et se tourna vers Alice : - Oui ! Lui confirma ma sœur, elle attendait cela depuis très longtemps depuis le jour où elle avait eu cette vision. Elle ne pouvait donc décemment pas voter contre. - Oui ! Répondit Jasper d’un ton grave lorsque Bella lui demanda. Sa décision était basée sur le fait qu’une fois Bella devenue vampire, elle ne représenterait plus aucune tentation. Il ne pourrait plus lui faire de mal car même s’il avait prit énormément sur lui, le sang de Bella restait toujours aussi envoûtant. Il ne voulait plus prendre de risque et savoir Bella rapidement transformée, l’arranger. Puis elle se tourna vers Rosalie, qui était mal à l’aise et s’en mordillait les lèvres. Elle hésitait et avait peur de blesser Bella par sa réponse mais elle n’envisagea pas de voter oui car pour elle, devenir un vampire ne devrait pas être un rêve en soit. - non ! Lâcha ma soeur, enfin. Bella ne réagissait pas certainement parce qu’elle s’attendait à cette réponse de la part de Rosalie mais sans doute pas pour les mêmes raisons. Elle continua donc son tour de table en se tournant vers Emmett lorsque ma sœur leva la main, elle éprouvait le besoin de se justifier. C’était un bon début pour l’amélioration des futures relations entre elle et Bella, cela prouvait que Rosalie était prête à faire des efforts pour accepter ma bien-aimée. - laisse-moi m’expliquer … Mon vote ne signifie pas que je répugne à t’accepter comme sœur. C’est juste que … cela n’est pas la vie que je me serais choisie, et j’aurais aimé que quelqu’un ait pu me l’épargner. Bella opina et se tourna de nouveau vers mon frère : - pour sûr !! S’exclama-t-il. On trouvera bien une occasion de flanquer une trempe à ce Démétri ! Emmett, quant à lui, avait voté oui car il connaissait mon amour sincère pour Bella et ne comprenait pas mon obstination à ne pas vouloir la transformer. Il se disait qu’en me forçant la main, elle deviendrait plus rapidement la petite sœur qu’il aimait déjà. Ce fut à Esmée de parler et sa réponse ne m’étonna guère car elle appréciait sincèrement Bella et était convaincue que c’était la femme qu’il me fallait à mes côtés pour toujours. - c’est oui, Bella, naturellement. Je te considère déjà comme un membre de la famille. - merci, murmura ma bien-aimée avec une légère pointe d’émotion et se tourna vers Carlisle. Ce dernier me regarda comme pour me faire part que sa décision était déjà prise et qu'il n'avait malheureusement pas le choix et ne pouvait se permettre de se cantonner à mon avis. Pour lui, la situation avait évolué et il ne voulait plus prendre de risque inutilement. - Edward … me dit-il presque comme une dernière prière pour vérifier que je n'avais toujours pas changer d'avis après le vote massif de ma famille. - non … grondais-je les mâchoires serrées par la déception que les miens ne m'aient pas suivi et que Bella ait enfin obtenu ce qu'elle voulait de cette manière. - c'est la seule solution sensée, insista mon père pour expliquer son vote. Tu as décidé de ne pas vivre sans elle et cela ne me laisse pas le choix. Sous l'effet de la colère, je lâchais la main de Bella et me levait brutalement de ma chaise pour m'éloigner le plus vite possible de cette pièce où avait été scellé le destin de ma bien aimée. Je rageais que tous soient contre moi, j'étais dos au mur et je ne maitrisais plus rien. - tu as deviné ma réponse, Bella … soupira Carlisle - merci … marmonna-t-elle heureuse Sa joie amplifiait ma colère et pour me soulager, je pris la première chose que me passait sous la main et la fit valser à terre. Un bruit fracassant se fit entendre égal à l'humeur dans laquelle je me trouvais. Tous se réjouissaient et Bella les remercia à son tour, je n'avais pas envie d'assister à cela, j'allais sortir pour me calmer et éviter de casser d'autres objets de la maison mais je fus stoppé net en entendant Bella interpeller ma soeur : - Bon, Alice, décréta-t-elle, où souhaites-tu que nous nous installions ??? La terreur de ma soeur était proportionnelle à ma fureur. Alice ne souhaitait pas le faire et en était même complètement effrayée, elle avait peur de tuer Bella et ne pouvait pas s'y résoudre. - NON, NON, NON !! Hurlais-je en revenant à toute vitesse dans la salle à manger pour me planter devant Bella. - tu es folle ? As-tu complètement perdu l'esprit ? Repris-je en hurlant de plus belle Elle n'était plus du tout décidée à m'écouter et posa ses mains sur ses oreilles en reculant. - Hum … Marmonna Alice. Bella ? Je ne pense pas être déjà prête pour ça. Il faut que je me prépare … - Tu as promis ! Lança Bella en colère à son tour - je sais, mais … sérieusement, Bella ! Je n'ai pas la moindre idée de la façon de ne pas te tuer ! - tu en es capable. J'ai confiance en toi. Renchérit-elle Je grondais littéralement à présent et Alice était paniquée, ne sachant plus quoi dire pour apaiser la situation. Bella appela Carlisle à son secours mais je ne comptais pas rendre les armes si facilement. Pourquoi sa vie ne signifiait-elle rien ou si peu de choses qu'elle devait se précipiter pour mourir ? Elle avait eu ce qu'elle voulait alors pourquoi se dépêcher? J'attrapais fermement le menton de Bella d'une main en la forçant quelque peu à me regarder cette fois pour ne pas qu'elle puisse se dérober face à mon regard noir … et de l'autre je fis signe à mon père de ne pas approcher. Mais mon père m'ignora et dit : - je suis à même de le faire ! Il n'y aurait aucun risque que je perde le contrôle. - bien … tenta-t-elle de répondre d'un son légèrement déformé par ma main Soit si mon père passait outre mon opposition je devais me résigner mais je pouvais et je devais encore gagner un peu de temps … il fallait que je trouve quelque chose !! - un instant ! M'interposais-je toujours posté entre eux deux. Il n'y a aucune raison de s'y mettre tout de suite. -et il n'y en a aucune de retarder les choses non plus ! Contra Bella une nouvelle fois - pour ce qui me concerne, j'en vois plusieurs. - ça ne m'étonne pas ! Cracha-t-elle. Et maintenant lâche moi ! Je relâchais son visage et croisa mes bras sur ma poitrine, heureux de pouvoir rétablir un peu d'ordre et reprendre la situation en main. - dans environ trois heures … Charlie sera ici, te cherchant ! Et il est bien capable de débarquer avec toute son escouade. - ce qui ne fait jamais que trois quidams … rétorqua-t-elle de mauvaise grâce - dans l'intérêt général, la discrétion s'impose ! Grondais-je les dents serrées Je me tournais ensuite vers mon père : - je suggère que nous remettions notre conversation à plus tard, au moins jusqu'à ce que Bella passe son bac et quitte la maison de Charlie. - c'est une requête raisonnable, Bella … Commenta mon père, enfin revenu à la raison. - je vais y réfléchir. Décréta-t-elle avec une petite moue boudeuse qui me faisait littéralement craquer. Je savais que j'avais enfin marqué le point final. Je n'avais pas réussi à lui faire conserver son humanité aussi longtemps que je le souhaitais mais j'avais au moins gagné du temps pour elle et j'en étais vraiment heureux. Elle me remercierait un jour car je savais qu'elle parlait sur le coup de l'émotion et de la joie de nos retrouvailles et s'était persuadée qu'en devenant un vampire, je ne la quitterai plus. Cette échéance allait lui permettre de réfléchir plus mûrement, c'était une bonne chose. Et moi, j'allais devoir trouver un subterfuge pour nous faire gagner encore plus de temps. - je te ramène… Lui dis-je content de moi et de nouveau détendu. Juste au cas où Charlie se lèverait tôt. - Après le bac ? S'enquit Bella auprès de Carlisle - tu as ma parole. Lui promis mon père Elle était visiblement ravie et sourit en inspirant profondément pour réaliser un peu mieux ce qu'elle venait d'obtenir. Elle se tourna ensuite vers moi : - très bien, tu peux me raccompagner Je la pris dans mes bras et nous quittâmes rapidement la maison avant que mon père ne puisse s'engager ou promettre d'autre chose … Il en avait bien assez fait …
Chapitre 25 : La demande
Le trajet du retour fut aussi rapide que silencieux. J'étais plongé dans mes pensées. Je ne pouvais me retenir de tourner le problème dans tous les sens car paradoxalement, j'étais extrêmement partagé. Déçu, d'une part car Bella avait enfin obtenu ce qu'elle voulait et d'une manière qui me déplaisait amèrement mais d'autre part je ressentais une immense … joie. Joie de savoir que Bella allait enfin partager mon existence et être à mes côtés pour l'éternité. Partager mon existence … enfin pour cela il faudrait qu'elle soit … oui … c'était ce dont je désirais le plus. Après tout, Bella réalisait son rêve le plus cher en devenant vampire alors pourquoi ne réaliserais-je pas le mien ? Oui, j'allais lui demander ce qui pour moi signifiait tout … ce qui symboliserait mon engagement auprès d'elle. Cela témoignerait de toute la confiance, le respect et l'amour que j'avais pour elle et qu'elle aurait pour moi … pour l'éternité ! J'escaladais le mur de la maison de Bella sans m'arrêter puis la déposai sur son lit en dénouant ses bras qui enlaçaient mon cou. Je ne pris même pas le temps de l'embrasser tellement j'étais absorbé par mes réflexions. J'approchais sans doute de la réalisation de mon rêve le plus cher. Celui que je n'espérais plus exaucer … Bella me regardait d'un air soupçonneux et ne put se retenir de me le faire remarquer : - Quoi que tu sois en train de comploter, ça ne marchera pas … M'avertit-elle - Chut ! Je réfléchis. La taquinai-je - Pff ! Soupira-t-elle en tombant sur son lit pour ensuite se cacher sous sa couette. Je ne pouvais pas me résoudre à rester loin d'elle, encore moins si je ne pouvais pas la regarder. Je m'assis donc sur son lit à ses côtés et j’ôtai doucement la couverture afin de la voir de nouveau. Combien de fois l'avais-je imaginée, avais-je désiré revoir ses traits délicats. Beaucoup trop à mon goût, j'avais du retard à rattraper. Rien ne devait plus m'empêcher de profiter de ses yeux, de son sourire même pas cette mèche de cheveux rebelle qui lui caressait la joue. - Si ça ne t'embête pas, je préfèrerais que tu ne me caches pas ton visage. Il m'a manqué plus que je ne suis capable de le supporter. Et maintenant … dis-moi quelque chose … Lui demandai-je en repoussant cette mèche capricieuse. - Quoi ? - Si tu pouvais avoir ce que tu désires le plus au monde, n'importe quoi, qu'est-ce que ce serait ? - Toi ! - Je te parle de quelque chose que tu n'as pas déjà ! M'impatientai-je - Je voudrais que … ce ne soit pas à Carlisle de s'en charger. Je voudrais que tu me transformes … M'avoua-t-elle légèrement anxieuse, appréhendant sans doute ma réaction Je tenais une occasion en or pour gagner du temps … pour nous faire gagner du temps ! Pour qu'elle puisse vivre encore plein de bons moments auprès des siens en tant qu’humaine car après, sa vie sociale serait nettement plus limitée. Et puis elle était si jeune, elle avait encore quelques expériences importantes à vivre. Moi, j'avais besoin de me préparer car l'idée qu'elle veuille que je la transforme me plaisait particulièrement mais je la redoutais en même temps par peur de lui faire mal mais pas seulement. Il y avait le fait de lui prendre la vie …. Cela m'était totalement insupportable. J'avais aussi la crainte de perdre le contrôle en buvant son sang si délicieux. Je savais que ce dernier pouvait me faire devenir complètement dingue. Je serais capable de me contrôler mais il me fallait encore et toujours de la préparation. Voilà pourquoi, j'avais moi aussi besoin de temps pour m'y préparer. Alors gagner des mois ou des années pour notre futur bonheur, j'allais tout faire pour y parvenir. - Quel prix serais-tu prête à payer pour ça ? Lui demandai-je - N'importe lequel !! S'exclama-t-elle complètement surprise par ma question - Cinq ans ? Suggérai-je hésitant car elle trouverait cela bien trop long sans doute mais j'espérais, l'important était de la faire patienter Son air horrifié me confirma qu'elle n'était pas d'accord avec ce délai. - Tu as dit n'importe lequel !! Lui rappelai-je - Oui, mais tu profiteras de ce délai pour trouver une façon de t'esquiver. Il faut que je batte le fer tant qu'il est chaud. Et puis, être humain est trop dangereux, pour moi en tout cas. Alors tout sauf ça. - Trois ans ? Lançai-je toujours hésitant - Non ! - Ce sacrifice ne vaut donc rien à tes yeux ? Du temps, elle ne semblait pas vouloir nous en donner. Pourquoi avais-je la désagréable impression de jouer au marchand de tapis à cet instant précis. Nous parlions de sa vie comme si il ne s'agissait que d'un vulgaire bout de tissu. Allait-elle retrouver un semblant de raison ? - Six mois ? Lâcha-t-elle enfin - Tu peux mieux faire !! Soupirai-je en levant les yeux au ciel - Un an, alors. Je n'irai pas plus loin ! Lança-t-elle comme une véritable femme d'affaires - Deux. Tentai-je malgré tout - Pas question. Dix-neuf ans, je devrais le supporter, mais il est exclu que j'approche des vingt. Si tu dois rester ado toute ta vie, alors moi aussi. Cela ne valait plus la peine d'insister, je n'obtiendrai rien de plus, un an, c'était peu mais j'allais devoir composer avec. Cela me laissait tout de même assez de temps pour exaucer mon vœu le plus cher. Oui mais pour cela je devais imposer une condition car je n'envisageais pas de transformer Bella sans qu'elle ne soit officiellement liée à moi ! J'y avais mûrement réfléchi pendant ma longue absence et j'y tenais énormément. - Très bien … acceptai-je après mon court moment de réflexion. Oublions les délais. Si tu veux que je me charge de … alors j'émets une condition. - Laquelle ? - Epouse-moi d'abord. - OK … soupira-t-elle. Suis-je sensée rire ? Qu'avais-je dit de drôle ? Certes ce n'était pas la déclaration que j'imaginais, ce n'était pas aussi romantique que je l'aurais voulu mais cela n'était tout de même pas nul au point d'être drôle. - Tu m'offenses, Bella … Bougonnai-je. Je te demande ta main, et toi, tu prends ça pour une plaisanterie. - Sois sérieux, Edward. - Je le suis à cent pour cent ! Protestai-je. - Arrête tes âneries ! Objecta-t-elle. Je n'ai que dix-huit ans. - Et moi, presque cent dix ! Il est temps que je me range des voitures. Elle tourna la tête en direction de la fenêtre, elle voulait me cacher son angoisse mais je la sentais qui émanait d'elle. Je n'avais pas besoin de lire ses pensées. Il y avait des expressions ou des attitudes chez Bella qui trahissaient ses pensées. Elle était visiblement angoissée par ma demande mais j'avais du mal à le concevoir. Je pensais à l'inverse, qu'elle aurait été tout heureuse. Combien de fois avais-je capté dans les pensées des femmes humaines, leur désir irrépressible pour le mariage. La robe blanche, l'engagement, le don de soi pour l'être aimé … autant de symboles que j'appréciais et que j'aurais souhaité que Bella partage avec moi. Je m'attendais à des cris de joie, qu'elle me saute au cou de bonheur de nous savoir pour toujours liés. Au lieu de cela, j'avais été percuté par son silence et ses angoisses ! Je savais qu'elle avait toujours des réactions différentes des autres humains mais là c'était le bouquet. Elle semblait avoir peur mais de quoi … Elle n'avait pas peur de mourir en devenant un vampire mais elle semblait redouter le mariage ou alors seulement de m'épouser … moi ! Elle n'en avait peut être pas envie ? - Ecoute … le mariage n'est pas franchement en tête de liste dans mes priorités. Pour Charlie et Renée, ça a été une expérience plutôt fatale. - Très intéressant, cet adjectif ! - Tu m'as comprise. - Ne me dis pas que tu as peur de t'engager !! M'écriai-je surpris que mes soupçons puissent être fondés. - Ce n'est pas ça, esquiva-t-elle. J'ai … c'est Renée, qui m'inquiète. Elle a des préjugés plutôt ancrés sur ce qui est du mariage avant la trentaine. - Elle préfèrerait que tu sois damnée à jamais plutôt que tu te maries, c'est ça ? Ricanai-je sans joie - Je ne rigole pas. - Bella, comment peux-tu comparer le degré d'engagement qu'impliquerait un mariage à la perte de ton âme ? Si tu n'as pas le courage de m'épouser, alors … Je ne te transformerai pas allais-je dire mais elle me coupa net. - Très bien ! Et si je l'avais ce cran ? Si je te demandais de m'emmener à Las Vegas sur le champ, deviendrais-je pour autant vampire dans les trois jours ? Non, bien sûr que non car ce chantage qu'elle pensait que je lui imposais n'avait nul court mais je savais qu'elle tenait trop à ce que ce soit moi plutôt que Carlisle. Son entêtement allait me profiter pour une fois, j'allais moi aussi obtenir ce que je voulais. Je souriais pleinement à cette possibilité. J'étais encore plus confiant car je me souvenais bien de la vision que j'avais eue dans la hutte où je voyais Bella se marier. A un certain moment j'avais soupçonné qu'elle se marierait avec un autre mais je savais à présent qu'elle serait ma femme !! Je devais m'armer de patience mais j'avais acquis la certitude que Bella s'appellerait bientôt Bella Cullen, à mon plus grand bonheur !! - Bien sûr. Ne bouge pas, je vais chercher la voiture. Dis-je en feignant de croire son coup de bluff. - Nom d'une pipe ! Marmonna-t-elle. D'accord, je te donne dix-huit mois. Elle se dérobait … tout cela pour éviter de se marier avec moi mais je n'arrivais pas à savoir si elle me taquinait ou si elle parlait sérieusement. - Non, non … Je tiens à ma condition. M'esclaffai-je - Dans ce cas, je prierai Carlisle de s'y coller après mon bac. - Si c'est vraiment ce que tu veux ! M'exclamai-je en haussant les épaules comme si elle avait gagné. Mais en fait, j'allais être le vainqueur sur ce coup là et j'en étais sincèrement heureux - Tu es impossible ! Un vrai monstre !! Grommela-t-elle - C'est pour ça que tu ne veux pas te marier avec moi ? Lui demandai-je en me penchant sur elle pour croiser son regard et tenter de l'amadouer. Je m'approchai de son oreille pour lui embrasser tendrement le haut de son cou. Après plusieurs baisers, elle semblait enfin un peu plus disposée à m'écouter : - S'il te plaît, Bella … Lui chuchotai-je suavement à l'oreille Elle secoua la tête comme pour retrouver ses esprits … j'avais marqué des points … - Aurais-tu mieux accueilli ma demande si j'avais eu le temps d'acheter une bague ? - Non ! Pas de ça ! Cria-t-elle presque comme si elle était écœurée - C'est malin ! Tu as réveillé Charlie !! La taquinai-je car son père était déjà debout et s'apprêtait à lui rendre une petite visite pour s'assurer qu'elle était toujours dans son lit. - Oups ! - Il faut que je me sauve … Lançai-je volontairement pour la tester, voir si elle voulait que je reste encore auprès d'elle Je vis tout de suite à son regard que j'avais tapé dans le mille … j'exultais … J'entendais presque la marche nuptiale qui carillonnait dans ma tête !! - Serait-ce infantile de ma part si je me cachais dans le placard ? - Bien sûr que non. Reste. Je t'en supplie … Je ne pus réfréner un sourire et courus aussitôt me cacher dans le placard avant que Charlie n'ouvrit la porte de sa chambre. - Bonjour, papa ! S'exclama-t-elle pour accueillir son père aussi naturellement que possible, faisant mine de se réveiller. - Oh, salut Bella … Répondit-il gêné. Je ne savais pas que tu étais réveillée … - Si. J'attendais justement que tu te lèves pour prendre une douche ! Dit-elle en sautant de son lit. - Une seconde !! Lança-t-il en allumant la lumière Il avait besoin de clarifier certaines choses. - Parlons un peu, d'abord … enchaîna-t-il. Au travers des pensées de Charlie, je devinais largement la colère qui l'envahissait. A dire vrai, c'était surtout contre moi qu'il l'était. Il ne supportait pas l'idée que je puisse être de retour auprès de sa fille et toujours dans son cœur. Pour lui, je n'étais qu'un faux-jeton et je n'étais revenu que pour mieux anéantir Bella une seconde fois. Leur conversation en était venue à la chute de la falaise et encore à ce Jake ou Jacob. Charlie l'appréciait beaucoup et pour lui c'était clair, Jacob était l'homme qu'il fallait pour Bella, un jeune homme nature, joyeux et qui avait su redonner le goût de vivre à ma bien aimée. Charlie semblait même penser que Bella et Jacob étaient devenus très proches. C'était la raison pour laquelle il venait de s'écrier : Jamais sous mon toit ! Lorsque sa fille lui avait annoncé que désormais je serais toujours là où elle serait. Elle lui avait même demandé de se calmer envers moi sous peine qu'elle ne déménage. Peut-être que si Charlie apprenait la véritable identité de Jacob soit un cabot puant, il me respecterait sans doute un peu plus. Et Bella, quels sentiments avait-elle réellement pour lui ? Alice m'avait fait remarquer que le clébard et ma bien-aimée étaient effectivement très, voire trop proches. Devais-je considérer Jacob comme un rival ? La vision de ce jeune homme timide et gringalet comme lors du bal de promo, avait du mal à me faire croire qu'il puisse être un véritable loup garou. Il semblait si frêle et inoffensif mais déjà bel et bien attiré par ma belle. Charlie quitta donc la chambre en colère en claquant la porte mais visiblement prêt à faire des efforts pour sa fille malgré tout. Je sortis rapidement de ma cachette pour m'installer sur le rocking-chair de Bella pour mieux la regarder se lever de son lit car elle voulait aller se rafraichir. - Désolée … Me murmura-t-elle en faisant référence à la fureur de son père à mon égard -Sa colère contre moi est légitime … Chuchotai-je. S'il te plait, ne te brouille pas avec lui à cause de moi. - Ne t'inquiète pas. Souffla-t-elle en rassemblant ses affaires pour aller se laver. Je ferai ce qu'il faut, sans pousser le bouchon. A moins que tu sois en train de suggérer que je n'ai nul endroit où aller ? - Tu serais prête à vivre dans une maison pleine de vampires ? La taquinai-je -C'est sûrement l'endroit le plus sûr pour quelqu'un dans mon genre. De plus, si Charlie me jette dehors, le délai du bal n'aura plus lieu d'être. Ajouta-t-elle en riant. Ma mâchoire se serra instinctivement car elle n'avait toujours pas renoncé. - Toujours aussi avide de tomber dans la damnation éternelle, hein ? - Tu sais que tu ne crois pas à ces histoires … - Vraiment ? Relevai-je surpris. A quoi faisait-elle allusion, encore ? Pourquoi doutait-elle de ma supposée damnation ? Je n'avais d'ailleurs jamais réfuté cette thèse devant elle même si je n'avais plus autant de certitudes à ce sujet qu'auparavant. - Non. - Si tu pensais avoir perdu ton âme, Reprit-elle aussitôt, alors, à Volterra, tu aurais immédiatement saisi ce qui se passait au lieu de t'imaginer que nous étions morts tous les deux. Ce qui ne s'est pas produit, puisque tu as marmonné « Carlisle avait raison ». Tu n'as pas renoncé à tout espoir ! Conclut-elle triomphante. J'étais estomaqué qu'elle ait remarqué tous ces détails. Elle était décidément très perspicace à un tel point que je n'avais aucun argument pour la contre dire. Oui de l'espoir, j'en avais plein depuis ma découverte sous la hutte et mes conversations avec Carol. J'avais peur qu'en l'avouant trop rapidement à Bella, elle ne veuille être transformée encore plus tôt. - Alors … enchaina-t-elle, continuons d'espérer ensemble. Même si ça n'a pas beaucoup d'importance pour moi. Si tu restes, je n'ai pas besoin de paradis. Sur ces merveilleuses paroles, je me levai pour la rejoindre et prendre son doux visage entre mes mains. Je voulais la remercier de me comprendre aussi bien. Elle n'avait pas mon pouvoir de lire dans les pensées mais elle y parvenait divinement bien quand il s'agissait des miennes. Elle était extraordinaire et j'en étais immensément ému. Je voulais qu'elle sache à quel point je l'aimais … je plongeais mes prunelles dans les siennes en espérant que le noir qu'elles arboraient ne lui ferait pas peur. - A jamais … jurai-je sous le coup de l'émotion - Je n'en demande pas plus. Elle se hissa sur la pointe des pieds afin de déposer ses fines lèvres sur les miennes. Ce baiser fut tendre et délicat, nous étions tous les deux conscients d'avoir franchi un cap. Pour elle, la confirmation de sa transformation comme elle l'avait toujours espérée et pour moi, la concrétisation de notre inconditionnel amour par notre prochaine union.
Chapitre 26 : le Traité
Les semaines passèrent et tout retrouva à peu près sa place … celle d'avant notre départ, à deux exceptions près. Je pensais à Charlie et … Jacob, le premier car il me détestait par dessus tout, même s'il avait accepté de faire des efforts pour sa fille et le deuxième car il hantait l'esprit de Bella à longueur de temps. Elle tentait bien de me le dissimuler mais je la connaissais trop pour ne pas savoir qu'elle s'inquiétait pour lui. Charlie nous avait imposé des heures de visite et je ne pouvais être avec Bella qu'au lycée, à son travail ou dans les murs de leur maison. Aucun imprévu n'était toléré. Heureusement que j'avais encore accès à sa chambre pendant le sommeil de son père car notre frustration n'aurait été que plus grande encore. Pour ce qui était de Jacob, Bella profitait de mes rares absences pour tenter de joindre le cabot, en cachette … elle avait renoncé à m'en parler car j'avais du mal à cacher ma haine viscérale contre ces loups-garous. Je sentais bien que son angoisse pour son ami s'amplifiait au fil du temps. Carlisle, quant à lui, avait été réintégré très facilement à l'hôpital, trop heureux de son retour, ses collègues n'avaient pas osé s'étonner ouvertement qu'Esmée n'ait pas apprécié le soleil et la chaleur de Los Angeles. Comment pouvait-on plus aimer la pluie que le soleil ? Oui, mais Forks était pour nous, un paradis. Tous les miens étaient heureux de revenir, d'y retrouver ses habitudes et d’être enfin tous réunis. Carlisle avait tout de même eu une légère amertume de quitter son poste de professeur à Cornell car il aimait vraiment y enseigner. Il avait même dans l'idée de se rechercher un poste équivalent près chez nous, si son emploi du temps le lui permettait. Enseigner, il aimait ça car cela lui permettait de transmettre ses connaissances et de laisser une trace de son existence sur cette terre. Esmée, quant à elle, après avoir refait deux ou trois choses dans la maison, détériorées par notre absence, s'était décidée à se trouver un nouveau chantier dans la région. Ma mère ne supportait pas de rester inactive. De mon côté, je ne leur avais pas encore annoncé mon intention d'épouser Bella car je préférais encore laisser un peu de temps à ma belle pour bien se faire à cette idée. Alice ne m'avait pas encore asticoté à ce sujet mais je savais de part ses sourires en coin, qu'elle avait deviné mes intentions. J'avais repris le chemin du lycée partagé entre plaisir et agacement. Le plaisir de passer tout ce temps près de Bella et agacé de revoir tous ses vils humains notamment ce fameux Mike Newton. A mon grand étonnement, il avait pris ses distances avec Bella. J'avais lu dans ses pensées qu'il ne l'a trouvée plus autant à son goût principalement après l'épisode léthargique et quasi suicidaire que Bella leur avait montré en mon absence. Revoir ses images, m'avait une nouvelle fois anéanti car je prenais encore plus conscience du mal que je lui avais infligé. Tout le monde le savait et me le martelait inconsciemment au travers de leurs pensées. C'était là, l'un de mes nombreux châtiments et je l'acceptais sans broncher si cela pouvait soulager Bella d'un dixième de ce qu'elle avait enduré. J'étais dans les mêmes cours que ma bien-aimée afin de rattraper le retard que j'avais pris à cause de ma longue absence. Bella aussi devait revoir ses priorités car le voyage en Italie n'avait pas aidé à faire remonter sa moyenne. Elle s'en moquait quelque peu, voire un peu trop même à mon goût car elle restait persuadée qu'elle serait transformée juste après son diplôme. C'était sans compter sur mon obstination et mon envie de la voir devenir ma femme. Sujet d'ailleurs qu'elle n'osait plus évoquer devant moi de peur de me voir débarquer avec une bague et faire ma demande à son père. Je l'alimentais régulièrement de divers dossiers de candidatures des facultés environnantes même si pour la plupart les délais étaient déjà bien dépassés. Avec l'aide d'Isaac et de quelques billets, certains établissements étaient prêts à tout!! Elle devait avoir la chance d'aller dans la fac qu'elle méritait alors qu'elle semblait se cantonner à celle d'Alaska, toujours dans l'optique d'être transformée avant d'y aller. Je n'avais pas imaginé que nous puissions rencontrer un quelconque obstacle dans la réalisation de notre projet. Nous nous étions très peu préoccupés de nos voisins Quileute et avions oublié les fondements de leur meute. J'étais tellement centré sur mon bonheur retrouvé que j'avais temporairement occulté que nous puissions être observés et menacés mais nous allions être rappelés à l'ordre. L'information m'était tombée sur la tête tel un couperet … C'était un samedi après-midi comme les autres, enfin comme ceux depuis nos retrouvailles. J'étais parti chercher Bella à la sortie de son travail. Contrairement à d'habitude, elle paraissait extrêmement énervée et j'en eus confirmation quand elle entra dans la voiture et claqua brutalement la porte en râlant : - C'est tout bonnement mal élevé ! Insultant, ni plus ni moins ! Je n'avais pas la moindre idée de ce qui pouvait la mettre dans cet état, j'aurais bien pensé à son père mais je sus rapidement que je me trompais … - Billy a dit qu'il ne voulait pas me parler !! Il était là, mais il ne s'est pas donné la peine de faire trois pas pour prendre l'appareil. D'habitude, son père prétend qu'il est absent, qu'il est occupé, qu'il dort, que sais-je encore ? D'accord, je suis consciente qu'il me raconte des craques, mais au moins, ça reste une façon correcte de gérer les choses. Je te parie que Billy me hait lui aussi. C'est vraiment injuste !! Elle me parlait de Jacob. Elle avait tenté de l'appeler de la boutique et avait obtenu une fin de non recevoir d'où sa colère. - Pas toi, Bella … Répondis-je doucement pour l'apaiser. Personne ne te déteste - Dans ce cas, c'est drôlement bien imité ! Marmonna-t-elle boudeuse en croisant ses bras sur sa poitrine - Jacob est au courant de notre retour, et je suis certain qu'il en a déduit que j'étais avec toi. Or, il ne s'approchera pas de moi. Son hostilité est trop profondément enracinée. Lui expliquai-je en lui caressant la joue délicatement. J'espérais que la fraicheur de ma peau calmerait un peu sa fureur. - C'est idiot ! I Il sait très bien que vous n'êtes pas … comme les autres vampires. - Ce n'est pas une raison pour ne pas garder ses distances. Lâchai-je naturellement comme pour expliquer ma propre attitude envers sa meute. - Bella, repris-je, nous sommes ce que nous sommes. J'arrive à me contrôler, je doute que ce soit son cas. Il est très jeune (l'image du garçon gringalet me revint en tête). Une rencontre aurait toutes les chances de tourner au pugilat, et je ne suis pas certain que je saurais l'arrêter avant de le t … avant de lui faire du mal. Ca te rendrait malheureuse, et je ne veux pas que ça arrive. - Edward Cullen … Chuchota-t-elle.Etais-tu sur le point de dire « le tuer » ? - Je m'efforcerais … vraiment … de me retenir … finis-je pas admettre. Je devais bien tenter de le faire au nom de l'amitié que Bella portait à ce cabot. Je ne l'avais même jamais rencontré depuis sa transformation. Il était peut être possible que je supporte sa présence sans que je ne ressente un besoin incontrôlable de l'étriper. Mon périple m'avait au moins appris à gagner en patience et en maîtrise de soi. Et puis Carol m'avait aussi dit que j'avais beaucoup à apprendre des Quileute, même si à l'époque je n'avais pas relevé cette affirmation car je ne pensais jamais les revoir. Je ne pouvais me résoudre à oublier ce qu'elle m'avait confié. Carol m'avait apporté tellement de choses que je ne pouvais pas penser que cette révélation n'avait pas un sens précis, elle aussi. - Crois-moi, déclara Bella, vous n'êtes pas près de vous bagarrer, alors inutile de s'inquiéter. Bon, Charlie surveille la pendule, alors mieux vaudrait que tu me ramènes au bercail avant que je ne m'attire de nouveaux ennuis pour être rentrée en retard. Malheureusement, je ne captais pas la même chose dans les pensées de Charlie et … Jacob. Qui semblait décidé à se montrer et à nous poser des problèmes. - Trop tard, Bella … Murmurai-je. Tu as déjà de nouveaux ennuis. Elle se rapprocha de moi, inquiète. Elle agrippa mon bras et tenta de regarder dans la même direction que moi. Son cœur battait rapidement preuve de son anxiété. Je l'étais moi-même à l'idée que Jacob Black veuille me rencontrer. - Quoi ? Que se passe-t-il ? M'interrogea Bella. Je respirais profondément car je sentais la colère m'envahir. Je tentais de la dissimuler à Bella pour ne pas l'alarmer encore plus. - C'est Charlie … Mon père ? Piailla-t-elle - Charlie … ne va sans doute pas te tuer, mais il y songe sérieusement. Lui annonçai-je aussi calmement que possible après avoir remarqué la superbe moto rouge qui trônait devant sa maison. - Qu'est-ce que j'ai encore fait ? Me demanda-t-elle alors qu'elle n'avait pas encore remarqué l'engin rutilant qui était garé à côté de la voiture de son père. - Non ! S'écria-t-elle Pourquoi ? Pourquoi Jacob m'a-t-il fait ce coup-là ? De grosses larmes se mirent à couler le long de ses joues. Ces dernières étaient même rouge vif sous l'effet de la colère. - Il est encore là ? Siffla-t-elle. - Oui. Il nous attend. Je lui indiquai d'un signe, la direction dans laquelle se trouvait Jacob, il était un peu plus loin dans la forêt mais il braillait tellement fort au travers de ses pensées que j'avais l'impression qu'il était à côté de moi. Bella descendit aussitôt de la voiture, les poings serrés mais je la voyais toujours tel un petit chaton mécontent. Je l'attrapai fermement par la taille pour l'empêcher d'aller plus loin. - Lâche-moi ! Brailla-t-elle. Je vais le massacrer ! Le sale traître ! -Charlie risque de t'entendre. Et une fois qu'il t'aura fait rentrer à la maison, il est capable de t'y boucler en murant la porte. - Laisse-moi régler son compte à Jacob, ensuite je gérerai Charlie. Elle se débattait pour essayer de se libérer. - C'est moi que Jacob Black souhaite rencontrer. C'est pourquoi, il est encore ici. Cette simple phrase l'arrêta net, mettant même fin à ses envies de meurtre. Elle se calma instinctivement. - Pour discuter ? Demanda-t-elle naïvement. - Plus ou moins … - Plutôt plus ou plutôt moins ? - Ne t'inquiète pas, la rassurai-je en caressant ses cheveux. Il n'est pas venu se bagarrer. Plutôt en qualité de … porte-parole de la meute. - Oh !! J'entendais Charlie qui hurlait derrière sa fenêtre, se demandant ce que Bella et moi fichions encore dehors. Malgré tout, je ressaierai ma main autour de la taille de Bella pour la guider jusque dans la forêt. Elle voulait revoir Jacob et elle devait entendre ce qu'il avait besoin de nous dire. Sa fameuse mise en garde ! - Dépêchons-nous. Charlie s'impatiente ! Lui rappelai-je Nous arrivâmes rapidement devant ce jeune … non plus, garçon mais homme. Il avait une taille impressionnante. Il était devenu nettement plus grand que moi. Il nous regardait l'air rageur … la rage de savoir Bella à mes côtés plutôt qu'aux siens. La rage de me savoir de retour pour mieux anéantir ma bien-aimée une nouvelle fois. Il avait les poings serrés, sur ses gardes mais je détectais tout de même une pointe de joie dans ses pensées. Celle de voir Bella saine et sauve et de croire que Charlie arriverait enfin à nous séparer, grâce à la moto qui devrait être la raison toute trouvée. - Bella … La salua-t-il en hochant la tête sans quitter une seule fois mon regard. - Pourquoi ? Chuchota-t-elle d'une voix un peu plus apaisée mais émue. Comment as- tu pu me faire ça, Jacob ? - C'est pour ton bien … Rétorqua-t-il - Pardon ? Tu tiens donc à ce que Charlie m'étrangle ? Où préfères-tu qu'il ait une attaque comme Harry ? Quelle que soit ta rage à mon encontre, tu n'avais pas le droit de lui infliger cela. Il tressaillit à ses mots car il était déçu qu'elle puisse douter de lui à ce point-là. Il se disait que je l'avais de nouveau aveuglée. Bella se trompait largement quand elle pensait qu'il l'avait trahie … Non, il l'appréciait beaucoup trop pour cela. Il voulait au contraire redonner une chance à leur amitié de continuer mais il était trop fier pour le lui avouer. Je devais rétablir la vérité et je dis donc à Bella ce que les pensées de Jake exprimaient : - Il n'a cherché à blesser personne. Il voulait juste que tu sois confinée à la maison pour passer moins de temps avec moi … Murmurai-je Il en fut mécontent et me toisa du regard. - Nom d'un chien, Jake ! Je suis déjà punie. Pourquoi penses-tu que je n'ai pas débarqué à La Push afin de te botter les fesses pour t'apprendre à esquiver mes appels téléphoniques ? - C'était pour ça ? Lâcha-t-il en serrant les dents. - Il a cru que je t'empêchais d'y aller, pas Charlie ! Expliquai-je une nouvelle fois - Arrête ça ! Hurla-t-il à mon intention, énervé que je puisse si facilement lire ses pensées. - Bella n'a pas exagéré quand elle a évoqué tes … aptitudes, gronda-t-il. Tu dois donc avoir déjà deviné pourquoi je suis ici. - Oui. Mais avant que tu commences, je tiens à dire quelque chose. Jacob s'attendait à une réaction agressive de ma part et nullement ce à quoi je m'apprêtais à lui annoncer : - Merci … Je ne te remercierai jamais assez. Je te serai redevable pour le reste de mon … existence. Surpris, il ne comprit pas tout de suite à quoi je faisais allusion. Il regarda Bella pour tenter de comprendre à quoi je jouais. Je dus donc rajouter aussi sincèrement que la phrase précédente : - Tu as maintenu Bella en vie … Quand moi, je l'avais … désertée. J'avais vu dans ses pensées encore plus clairement que celles de Charlie, l'état de catatonie dans lequel se trouvait Bella et que jour après jour grâce au soutien de Jacob, elle était redevenue vivante. C'était dur à admettre car cela expliquait le lien qui les unissait mais je lui étais redevable pour ce qu'il avait fait. - Edward … Intervint Bella. Je lui fis un signe de la main pour lui dire que je n'avais pas encore fini. - Je ne l'ai pas fait pour toi … riposta Jacob qui avait enfin compris mes propos. - Je sais. Cela ne réduit en rien la gratitude que j'éprouve. Je voulais que tu saches. S'il y a quoi que ce soit que j'aie le pouvoir de … Ses pensées étaient très explicites à ce sujet : Barre toi, laisse la tranquille ! - Cela ne dépend pas de moi … Lui répondis-je tout en essayent de rester courtois - De qui, alors ? Me demanda-t-il surpris. - D'elle. Lui répondis-je tout naturellement en regardant Bella dans les yeux. J'apprends vite, Jacob Black, et je ne répète jamais mes erreurs. Je suis ici jusqu'à ce qu'elle m'ordonne de m'en aller. - Jamais !! Murmura Bella après avoir compris de quoi nous parlions. - Tu voulais autre chose, Jake ? Reprit-elle. Tu m'as fourrée dans de sales draps, mission accomplie. Charlie pourra toujours essayer de m'expédier dans un lycée militaire, cela ne m'empêchera pas de rester près d'Edward. Contre ça, personne ne peut rien. Alors autre chose ? - Je souhaite juste rappeler quelques clauses du traité à ton buveur de sang d'ami, lança-t-il à mon intention. Si cet accord n'existait pas, je n'hésiterais pas une seconde à l'égorger sur le champ … Précisa-t-il sur un ton outrageusement orgueilleux. - Quelles clauses ? Répliqua aussitôt Bella - Nous n'avons pas oublié … Assurai-je au cabot. J'avais juste sous-estimé la rancœur de Jacob Black et le fait qu'il ferait tout pour nous mettre des bâtons dans les roues. Jacob répondit à Bella, fier de produire son petit effet sur elle car il connaissait ses intentions de devenir l'une des nôtres mais il redoutait aussi qu'elle puisse toujours le vouloir : - Le traité est clair. Si l'un d'eux mord un humain, la trêve est rompue. Et je précise bien : mordre. Pas tuer. - Cela ne te concerne en rien ! ragea aussitôt Bella. - Un peu que … Il devint rapidement incontrôlable sous l'effet de la fureur car il venait de comprendre que sa mise en garde n'était plus des paroles en l'air mais un réel avertissement. Il savait à présent que Bella avait arrêté sa décision et il ne le supportait pas mais pas du tout ! Il se mit à trembler et fut prit de violents spasmes. Il était à deux doigts de se transformer mais il parvint tout de même à se maîtriser, conscient de l'inquiétude qu'il causait à Bella. Il avait aussi très peur de m'attaquer involontairement sous l'effet de la colère. Bella s'avança d'un pas mais je me plaçai devant elle pour la protéger redoutant toujours une attaque. - Attention ! Il ne se contrôle plus ! - Jamais je ne lui ferais de mal !! cracha-t-il à mon intention une nouvelle fois. Charlie était sur le perron et s'était mit à hurler après sa fille : - Bella ! Rentre à la maison tout de suite ! - Flûte … marmonna-t-elle. Jacob se détendit aussitôt en voyant la moue de Bella et réalisant qu'il lui avait causé de nouveaux ennuis. - Je suis désolé … Il fallait que j'agisse. Que j'essaie … - Merci beaucoup. Lui répondit-elle d'une voix si émue qu'elle estompa le côté sarcastique initialement prévu. Bella s'était déjà engagée sur le chemin du retour mais j'avais une dernière requête à formuler au cabot : - Juste une dernière chose, nous n'avons découvert nulle trace de Victoria sur notre territoire. Et vous ? - La dernière fois, c'est quand Bella était … partie. Nous lui avons laissé croire qu'elle avait réussi à s'introduire chez nous ; nous l'avons encerclée, prêts à la piéger … puis elle a filé comme une furie. Pour autant que nous sachions, elle a flairé l'odeur de votre petite femelle et a pris peur. Depuis, elle n'a pas remis le pied sur nos terres. - Quand elle reviendra, oubliez-la. Elle n'est plus de votre ressort. Nous … Les cris de fureur de Charlie, me coupèrent : - Bella ! J'ai vu sa voiture, je sais que tu es quelque part dans le coin. Si tu n'es pas à la maison dans une minute … - Allons-y … décrétai-je, car Charlie était vraiment hors de lui et risquait de m'interdire définitivement l'accès à sa maison Bella ne l'entendait pas de cette oreille et me jouait une scénette avec son cabot. J'avais du mal à l'avouer mais il tenait beaucoup … beaucoup trop à Bella. Elle semblait perdue elle-aussi vu la tristesse qu'elle arborait. Je commençais à comprendre l'importance qu'avait Jacob Black aux yeux de Bella et cela me terrifiait. C'était peut-être l'une des raisons pour lesquelles, elle ne voulait pas se marier avec moi. Oui, elle n'était pas prête car ce cabot la faisait douter. Je sentis aussitôt un immense frisson de rage me parcourir l'échine … lorsqu'il lui tendit la main et qu'elle fit de même pour le toucher. J'obligeai du même coup Bella à reculer mais plus sèchement que je ne l'aurais souhaité car j'avais du mal à contenir mon énervement. Elle n'était d'ailleurs pas d'accord avec moi : - Laisse-moi … M'ordonna-t-elle, Tout va bien. - Non ! Lui rétorquai-je dans la foulée. - Lâche-la !! Gronda le cabot totalement en colère à présent. Elle le veut !! Il avança rapidement devant nous en frissonnant une nouvelle fois de tous ses membres. Je fis reculer Bella car je sentais qu'il perdait le contrôle une fois encore. Je me plaçai devant elle pour la protéger. - Non ! Edward … S'énerva-t-elle. - Isabella Swan !! Hurla son père. - Arrête ! Charlie est en train de devenir fou. Vite !! La suppliai-je Elle me tirait par la manche pour me faire comprendre qu'elle acceptait enfin de rentrer et j'en fus quelque peu soulagé. Nous reculâmes tous les deux, ma main enfermant solidement sa taille et mon regard ne lâchant pas celui de Jacob. Je la collais contre moi pour la réconforter car contrairement à ce qu'elle aurait pu penser, je comprenais le tiraillement qu'elle était en train de vivre. Elle était clairement partagée entre lui et moi. C'était là encore, un de mes nombreux châtiments mais celui-ci avait un goût très amer et c’était un prix très, voire trop élevé à payer. Nous avions à présent face à nous, un Charlie totalement écarlate et je sentis Bella replier ses épaules comme pour mieux se protéger des réprimandes de son père. Je resserrai légèrement mon étreinte pour lui témoigner ma présence et en embrassant ses cheveux, je lui murmurai trois mots qui étaient lourds de sens pour moi : Je suis là ! Et je souhaitais ardemment l'être pour toujours … quoiqu'en dise Charlie, les Quileute ou Jacob Black … A SUIVRE
Dimanche 27 Juin 2010Poster un commentaire
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